Tribulations d'un couple heureux!

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Népal: Des treks, oui… Mais pas que!

Katmandou, Népal. Nous y arrivons le 9 septembre en début d’après-midi après avoir fui l’effervescence continuelle de la surpeuplée Inde voisine. Bon, comme toute arrivée dans un nouveau pays ne peut se faire sans accroc, il fallut qu’on y ait droit! Cette fois c’est tombé sur Astrid. Ou plutôt sur son passeport mexicain. Impossible pour les agents de l’immigration de le scanner. Ils s’y sont repris à une bonne trentaine de reprises. Rien n’y fit. On leur expliqua que ce même passeport avait servi en Inde et dans de nombreux autres pays. Rien. Un agent nous lança même un « c’est un passeport suspect ». Au bout d’un moment, leur supérieur vint à notre rencontre pour nous avouer qu’il s’agissait  d’un problème de machine et que le plus simple serait d’utiliser le passeport américain à la place du mexicain. Résignés, nous obtempérons. Bizarre quand même!

Mais cet accroc ne nous empêchera pas de profiter pendant 2 jours et demi de la capitale. Comme tout bon touriste, nous avons pris nos bases dans le quartier de Thamel, bien connu pour ses centaines (milliers?) de boutiques vendant de l’artisanat local, des vêtements népalais/tibétains/hippies ou encore du matériel de montagne de contrefaçon. Bien connu également pour ses vendeurs de rue te proposant du haschich devant chaque hôtel ou des treks dans LE massif de l’Himalaya! Mais Katmandou, ce n’est pas que Thamel. Fort heureusement! En micro (transport en commun des locaux), en tuk tuk électrique ou à l’aide de nos petites gambettes nous parcourrons l’ouest et le sud de la ville visitant au passage le temple Swayambhu, le Garden of Dreams, le Katmandou Durbar Square, le Patan Durbar Square ainsi qu’une bonne centaine de petites ruelles résidentielles et de grosses artères commerciales où les dégâts causés par le séisme de 2015 demeurent encore bien visibles.

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Il est temps de dire au revoir à Katmandou. Nous y reviendrons au terme de notre périple népalais pour profiter des aubaines commerciales et poursuivre notre visite des environs. Mais pour l’instant, direction Lumbini!

Après un long voyage en bus pour le moins chaotique nous y arrivons. Pourquoi long? Car au lieu de 7h il nous en aura fallu 14 pour arriver à destination. Pourquoi chaotique? Fin de saison des moussons oblige, les routes sont dans un état déplorable et les éboulements sont monnaie courante. L’un deux, juste devant nous (et assez impressionnant!!) nous a bloqué pendant près de 2 heures. Pourquoi Lumbini? Car c’est l’un des lieux saints du Bouddhisme. Et pour cause, c’est ici qu’est né, il y a près de 2500 ans, Siddartha Gautama, plus connu sous le nom de Bouddha!

Nous y passerons une journée à marcher sous un soleil de plomb. Du site archéologique où l’endroit exact de la naissance a été conservé jusqu’à la Pagode de la Paix érigée par les japonais en passant par les nombreux stupas des monastères allemands, français, vietnamiens etc… Un vaste domaine entièrement consacré à la méditation et à la spiritualité, loin de la version occidentalisée du Bouddhisme parfois influencée par le consumérisme. (voir article).Un chic type ce Bouddha quand même! Mais bon, trop de spiritualité tuant la spiritualité ;.), nous continuâmes notre visite des environs en marchant dans le village voisin. Les sourires et les regards redeviennent alors, contrairement au Nord de l’Inde, sincères et curieux. Agréable. Cerise sur le gâteau, nous nous arrêtons pour grignoter un morceau et l’hôte des lieux nous invite dans son salon où il fait un peu plus frais et où s’amusent ses enfants. Un très bon moment. Simple mais tellement appréciable!

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Nous partons le lendemain au petit matin en direction de Tansen. Tansen, c’est un petit village se situant à mi-chemin entre Lumbini et Pokhara, dans une zone montagneuse au climat tempéré. YÉÉÉÉÉÉ! Tellement content de voir des montagnes!

À Tansen, il n’y a pas de touristes. Du moins, pas de touristes étrangers. C’est une bonne chose. Ça laisse présager une certaine authenticité. Le revers de la médaille… c’est que tout est affiché en népalais! C’est cool… mais du coup… pas facile de trouver un hôtel! C’est en marchant à travers le dédale de ruelles particulièrement inclinées de cette petite ville que nous tombons sur un « home stay » tenu par Man Mohan. Man Mohan, c’est un professeur d’économie à la retraite qui tient, en compagnie de sa femme et de l’une de ses filles une sorte d’office de tourisme informel et met à disposition des quelques rares visiteurs croisant son chemin 2 chambres. Nous y resterons 3 nuits. Nous y apprendrons à préparer la spécialité nationale, le Dahl Bat, avec Jenny, sa fille. Nous arpenterons les collines alentours, notamment la fameuse Srinagar Moutain qui surplombe la ville et qui offre un panorama splendide. D’un côté sur la vallée. De l’autre sur le massif de l’Annapurna. Nous visiterons le vieux temple hindou construit en 1806 et mettant en relief (littéralement parlant) le kamasutra sur ses nombreuses boiseries. Nous découvrirons la fabrique de « jarres » métalliques, spécialité de la région. Et enfin nous nous perdrons ci et là entre maisons colorées et forêt de sapins. Toujours accompagnés par les chants/sermons/musiques du festival dédié à Ganesh. De 6h du matin à 21h, sans interruption… Sympa au début. Moins à la fin ;.).

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Le 17 au matin, nous faisons nos adieux à Man Mohan et sa famille et prenons le chemin de Pokhara, située au Nord Est de Tansen. 130km réalisés en… 6h des plus chaotiques. Ayant préféré l’option locale (Bus Tata coloré où plus rien ne tient d’aplomb… surtout pas les sièges ;.)) à l’option touristique (Grand car avec clim) pour parcourir ce tronçon de route complètement défoncé par la mousson, nous avons souffert. Seuls les paysages grandioses et la présence d’enfants super enjoués à nos côtés nous offrirent quelques moments de répit et de bonheur au cours de ce périple!

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Pokhara, nous y arrivons enfin! 3ème agglomération du pays, Pokhara est une ville touristique (point de départ de nombreux treks oblige) posée au bord d’un petit lac et entourée de montagnes mythiques culminant pour certaines d’entre elles à plus de 8000m.

Alors manque de chance (il faut bien que ça nous tombe dessus un jour ou l’autre), les moussons qui pourtant étaient censées prendre fin depuis quelques jours/semaines font des heures sup’. Résultat des courses, tous les sommets sont recouverts d’épais nuages menaçants laissant éclater de temps à autres d’impressionnants coups de tonnerre. Des pluies torrentielles, et mortelles, s’abattent également quotidiennement sur la ville. On n’avait pas vu ça depuis 14 ans ici. C’est gris, c’est pluvieux. Bref, ça aurait pu être mieux ;.). Mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’est ma petite Astrid qui jubile à l’idée d’annuler nos projets de treks dans le massif de l’Annapurna. Son amour pour les randos d’altitude n’étant pas, et c’est un euphémisme, sa tasse de thé…

Nous marcherons toutefois énormément. Dans la ville tout d’abord, ou plutôt les villes : la touristique (LakeSide) et la locale (New Road etc…) où nous tomberons tantôt sur une manifestation politique bien encadrée par des policiers surprotégés, tantôt sur un petit marché où, une fois n’est pas coutume, je me ferais littéralement arnaquer par une petite mamie vendant du sel rose de l’Himalaya. Je ne m’attarderai pas sur le sujet ;.)

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Nous entreprîmes également une rando sur deux jours (1er jour : Pedhi-Dhampus-Australian Camp – plus de 1000m de dénivelé ascendant / 2ème jour : Australian Camp-Kadé-Naudada… écourté pour cause de pluie soutenue). Au cours de celle-ci nous fîmes notre première expérience sangsue…  Elles pullulent en cette époque. Je fus initié au vin local, une espèce d’eau de vie de mil. Pas trop fort…. Mais pas trop bon ;.) Et nous aurons également l’occasion de prendre le petit déjeuner chez une famille de Kadé… avec du miel maison s’il vous plaît!

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Après avoir été rejoints, pour notre plus grand plaisir, par nos acolytes Anne et Matthieu (voir notre article sur l’Inde : Aggra, Amritsar), nous allons multiplier les découvertes. Rando à la Pagode de la Paix puis aux Devis Falls (3-4 heures). Lever de soleil à Sarangkot, face à l’Annapurna, puis marche de 3-4 heures vers Naudada. Restos en veux-tu en voilà etc…

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Avant de quitter Pokhara et de poursuivre notre route en compagnie de nos amis vers Gorkha, plus à l’Est, j’aimerais vous recommander deux endroits : Notre Guest House : Penguin Guest House à Lakeside. Une chambre correcte avec ventilo et eau chaude pour 500 roupies la nuit (4 euro). Mais surtout, un proprio au top, Ashok. Ancien guide local proche de la soixantaine, il fut d’une précieuse aide au moment de programmer nos randos… et il le fit toujours avec plaisir et avec le sourire.

Mais aussi le petit resto Anisha, presque en face de la Guest House, tenu par « my friend » lui aussi ancien guide reconverti dans la restauration. Sa cuisine est de qualité, ses prix sont abordables, l’ambiance de son établissement est roots et lui-même ainsi que son épouse sont de bons vivants, tout ce qu’il y a de plus agréable!

À Gorkha, le timing et le climat semblèrent s’acharner une fois de plus sur nous. Nous arrivâmes le lundi à 15h au terme de 3-4 heures de trajet plutôt tranquille. Le musée de la ville, principale attraction de cette cité autrefois la plus puissante du royaume du Népal, ferme le lundi à… 14h30 pour ne rouvrir que le mercredi matin! Qu’à cela ne tienne, nous prendrons notre mal en patience en déambulant dans les rues fortement inclinées de la ville. C’était sans compter sur le soleil de plomb… puis sur le brouillard, le lendemain matin, lorsque nous entreprîmes « l’ascension » de l’escalier menant à l’ancien palais de Gorkha surplombant la ville. 45 minutes au cours desquelles il nous fut impossible de profiter du paysage tant la brume était épaisse.

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Tant pis, nous aurons toutefois pu apprécier la gentillesse des gens et en apprendre davantage sur l’histoire de cette petite ville. Car Gorkha est chargée d’histoire! Il y a près de 300 ans en effet, le pays était divisé en 50 petits États. Gorkha était l’un d’eux. C’est à cette époque que le roi de Gorkha, Prithivi Narayan Shah, réussit à unifier les 50 États pour ne former qu’un seul et unique royaume : Le Royaume du Népal. Il est à noter que la dynastie Shah règne encore de nos jours, de façon toute symbolique, au Népal.

Autre fait historique faisant la fierté de Gorkha : les guerriers de cette ville! Connus comme les Gurkhas, ces guerriers sont reconnus à travers le monde pour leur courage, leur discipline, leur couteau caractéristique (le Kukhuri ou Kukri)… et leurs résultats! Chaque année, près de 300 Gurkhas sont enrôlés dans l’Armée Britannique et dans la Police de Singapour. Ces guerriers ont également combattu au cours des deux guerres mondiales, de la guerre du Golfe etc…

Le voyage se poursuit. Prochaine étape : Bhaktapur, ville située à 13km à l’Est de Katmandou. Cette citée fondée au 12è siècle, dont le cœur historique est classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 79, a également été fortement éprouvée par le séisme de 2015. Bien que la majeure partie des édifices soit restée debout, les lézardes sont légions et les chantiers de reconstruction fort nombreux. Mais tout ceci n’enlève pas le charme certain de cette ville qui, bien qu’elle soit extrêmement touristique, demeure joviale et accueillante. Comme ses habitants!

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Après 3 jours passés à Bhaktapur (dans la très recommandée et abordable Khwopa Guest House : http://khwopa-guesthouse.com.np/) , coup de tonnerre!! ;.) Matt et Anne, avec qui nous avons passé les 10 derniers jours à visiter, crapahuter, manger (et pas qu’un peu) et faire l’apéro… partent voler de leurs propres ailes pour quelques jours. Nous les reverrons bien entendu, et il vaut mieux pour eux ;.) à Katmandou avant leur départ pour l’Iran!

Mais comme l’Univers ne semble pas vouloir nous laisser voyager seul… Il nous a mis, ou plutôt remis, Nuria sur notre route! Nuria, c’est notre copine catalane rencontrée à Zanzibar quelques mois plus tôt. Un vrai plaisir de la revoir la Nuria. Elle et ses comparses de voyages: Silvia, Juan Jo, Montserrat et Juan, viennent d’arriver au Népal et ont un itinéraire bien établi. Coup de chance on partage le même au cours des deux prochains jours. C’est donc tous les 7 que nous prenons de la hauteur pour arriver à Nagarkot, à seulement 20km de là. Pourquoi Nagarkot? Car c’est l’un des principaux point de vue de l’Everest à proximité de la capitale. Nous ne pouvions en effet partir du Népal sans avoir admiré le plus haut sommet du monde!

Mais puisque la guigne semble nous poursuivre, là encore, pas le moindre sommet à l’horizon. La faute une fois de plus à une météo capricieuse. Tant pis, nous aurons passé une excellente après-midi et une excellente soirée chez Dhurba, notre hôte d’un soir. Dhurba est un ancien guide à qui on a malheureusement dû amputer une jambe suite à une expédition dans l’Himalaya. Mais loin d’être abattu, il s’est largement investi dans le développement social et éducatif de son village, et accueille de nombreux volontaires internationaux dans sa maison, transformée pour l’occasion en HomeStay. Je vous invite vivement à aller chez lui. Non seulement pour lui, mais également pour la vue splendide de sa maison sur la vallée et l’Himalaya (enfin… quand il n’y a pas de nuages…) et enfin pour le prix! (500 roupies, soit 4,50 euro la nuit. Soit moitié moins que le moins cher des hôtels environnants). Pour contacter Dhurba, deux solutions: Facebook: https://www.facebook.com/dhurbakb ou par téléphone: 984-148-8096. Petite anecdote intéressante concernant Dhurba, il y a quelques années, il s’est fait tatouer FREE TIBET sur le bras gauche… Ce qui lui valut 10 jours de prison à Lumbini (Le petit Népal a sans doute eu peur d’énerver la grande Chine voisine)! Il du donc effacer le tatouage en question. Il n’en fut rien. Il le transforma ironiquement, remplaçant TIBET par un dessin de Ganesh (voir photo)!

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Après avoir tenté à nouveau notre chance de voir l’Everest au petit matin, sans plus de succès, et après avoir partagé un bon petit déj (avec fromage Manchego et jambon cru espagnol s’il vous plait!) avec nos amis ibériques, nous nous séparons! Un gros bisou, et un au revoir, sans doute plus vite que l’on ne le croit ;.)… et nous voilà en route pour notre dernière destination avant le départ: Boudhanath ou Bodnath, lieu sacré du bouddhisme se situant dans la banlieue de Katmandou.

Le stupa de Bodnath, l’un des plus grands du Népal a été construit selon les historiens au 14ème siècle de notre calendrier. Selon les légendes locales, il aurait été bâti il y a plus de 2000 ans puis restauré dans les années 1300… Je vous invite toutefois à consulter le lien Wiki suivant pour en savoir plus sur la version « officielle ». Pour ma part, je ne vous partagerai que quelques photos! Vous noterez là encore notre malchance ;.) Après les nuages, ce sont les échafaudages qui nous gâchent la vue! Mais tant pis, nous avons tout de même apprécié!p1160874 p1160878 p1160882 p1160891 p1160897

Et voilà! Notre périple népalais touche à sa fin. Plus que quelques jours à Katmandou pour réaliser les quelques emplettes manquantes, faire les papiers nécessaires à la poursuite du voyage, visiter les derniers recoins de la ville encore inconnus (notamment la fameuse Freak Street qui accueillit des milliers de hippies européens et américains dans les années 60 et 70 en raison de son commerce légal de drogues dures) et abattre une importante masse de travail. Car ça aussi ça fait partie de notre voyage! Ah, petite recommandation pour les adeptes de « bols chantants himalayens »: la boutique de Ronish! Un jeune passionné qui n’a pas hésité à prendre 30 minutes de son temps pour nous faire quelques séances gratuites de relaxation et méditation à l’aide de son produit gagne-pain. Pour contacter Ronish, vous pouvez soit l’ajouter à Facebook, soit lui envoyer un mél: ronishtm777@gmail.com … Et puis tant qu’on en est aux recommandations à Katmandou: le restaurant de l’hôtel Potala, en plein coeur de Thamel est magique! Un super service, une bouffe incroyable et des prix tout à fait corrects! Et pour dormir, le Thamel White Lotus Guest House vous offrira une chambre avec le strict minimum, en plein coeur de Thamel et au meilleur prix (700 roupies après d’âpres négociations).

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Alors au terme d’un périple d’un mois, le Népal, c’est comment? Et bien nous avons vraiment « kiffé ». Un dépaysement salutaire après notre aventure indienne. Loin des clichés proposés par National Geographic, Arte ou autres médias (trekks de plusieurs jours/semaines dans l’Himalaya, Sherpas, Yaks etc…), nous avons vécu une expérience particulièrement enrichissante. Nous sommes allés à la rencontre d’une population souriante et véritablement gentille. Bien sûr quelque fois intéressée par les roupies remplissant nos poches, mais de manière générale sincère et toujours prête à aider ou à prêter main forte. Un comble dans ce pays relativement pauvre qui a tellement souffert au cours des dernières années (notamment en 2015 avec les séisme). Un comble? Pas tant que ça finalement. L’éducation semble être au cœur de toutes les attentions. Que ce soit l’éducation parentale (tous les enfants nous saluaient en joignant leurs mains, en souriant et en s’écriant: Namaste!), scolaire (les élèves paraissent assidus et les professeurs, du moins ceux que nous avons rencontrés, semblaient être fort compétents), mais également spirituelle (la philosophie bouddhiste très présente au Népal inculque des valeurs de partage, de respect et d’ouverture d’esprit qui paraissent fortement encrées dans le quotidien des locaux). Ah et même l’éducation technologique!!! Le seul site internet qui est offert de manière illimitée par le premier opérateur mobile du pays n’est autre que…. Wikipédia!

Alors oui, on a eu un temps de chien pendant ce mois népalais. Mais qu’est qu’on a kiffé!

 

L’Inde, loin de tous les préconçus…

Avant d’atterrir à Mumbai (anciennement Bombay), nous étions quelque peu dans l’expectative. Nous nous attentions à tout… et à rien sur les 30 jours à venir. Il faut dire qu’au fil des semaines nous en avons entendu des histoires sur ce pays. Tantôt magiques. Tantôt misérables. Tantôt extraordinaires et tantôt épouvantables. Aux dires des voyageurs rencontrés, il semblerait que l’Inde soit vouée à être adulée ou détestée.

Nos premiers contacts, tant au sortir de l’aéroport qu’à l’arrivée à l’auberge de jeunesse ne furent pas des plus chaleureux ni des plus souriants. Mais pas de quoi nous effrayer.

Dès nos premières heures nous fîmes la connaissance de Julien et d’Ishmeet. Le premier, français parcourant le monde en vue de produire un documentaire dédié à la place des femmes dans l’espace public. La seconde, une jeune indienne, dentiste de profession  fortement engagée dans la lutte pour le droit des femmes et des LGBT en Inde.

Ensemble nous sillonnerons Mumbaï deux jours durant. En trains surpeuplés. En Taxis. En Ola. En Uber et en Autos (TukTuk). Au menu, visite de la principale mosquée de la ville, du principal temple hindou ainsi que la participation à une « messe » dominicale dans un temple sikh. Mais également grimpette aux caves bouddhistes de Kanheri situées dans un parc national aux abords de la ville. Celles-ci ont été creusées et décorées il y a plus de 2000 ans… et sont malheureusement désormais en libre accès. Et nombreux étaient les locaux à ne donner que peu d’importance à l’histoire en ce dimanche.

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Ah et bien sûr, pour épancher notre soif, nous eûmes droit à deux brasseries locales. En toute honnêteté, rien d’exceptionnel, mais dans un pays où il semble n’y avoir qu’une seule marque de bière commerciale (King Fisher. Et pour cause, une majeure partie de la population de boit pas d’alcool), nous ne pouvons que saluer cette initiative locale!

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Après avoir dit au revoir à Julien qui partait pour d’autres reportage ainsi qu’à Ishmeet qui reprenait le boulot en pleine fête nationale (le 15 août est le jour de l’indépendance), nous partîmes à la découverte du vieux Mumbay, avec ses bâtiments majestueux mêlant différents styles architecturaux! Du grand. Du beau. En compagnie de James, un anglais partageant notre dortoir, nous passâmes près d’une journée à déambuler dans les rues de ce quartier. Certaines surpeuplées (fête nationale oblige) d’autres bien esseulées où seuls quelques joueurs de cricket se lançaient la balle entre les taxis.

Ça y’est, le temps est venu pour nous de dire ciao à Mumbai. Une ville qui nous faisait peur. Une ville dont nous nous rappellerons désormais avec nostalgie tant elle a su nous séduire grâce à ses charmes culturels et son effervescence sociale! Après un dernier café en soirée avec Zach et compagnie (un groupe d’étudiants internationaux venus passer un an à l’université de Pune), nous prîmes la direction de la gare de bus pour embarquer direction Goa!

Après une looooonnnnnggguuuue nuit dans le bus nous arrivons à destination vers 11h. Pourquoi si longue? Et bien parce qu’en pénétrant dans le bus et en voyant des compartiments avec des lits, la clim, la tv et tout le tsin tsouin nous avons en effet piaffé d’impatience et avons grimpé comme deux lémurs endiablés dans notre chambre, prêts à partir pour une bonne nuit de sommeil! Mais ça c’était sans compter le lit trop petit, la clim qui nous crachait de l’air moisi en plein dans le museau et surtout la route qui semblait n’être faite que de nids de poules et de dos d’âne. Résultat, tu restes tendu toute la nuit pour ne pas tomber, tu sors de là avec la crève et des fourmis dans les jambes… Pourtant qu’elle était belle cette petite cabine! (Tellement belle qu’on décidera malgré tout de retenter l’aventure… pour notre plus grand plaisir).

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Bon ça y’est. Nous sommes à Goa. Mais ce qu’on ne nous avait pas dit c’est que Goa,  c’est pas une ville. Mais une région! Et pas si petite. Tant mieux, ça ne nous donnera que plus de choses à voir! Premier objectif, Varca à quelques 30 minutes de transport public de Margao, là où nous avait laissé le bus. Nous prenons nos aises dans notre piole réservée via AirBnB… et…black out total pendant 4h. Une sieste salutaire. Au réveil, on trouve un bon petit bouiboui pour s’enfiler un excellent Biryani ainsi qu’un Thali et on en profite pour louer un scooter pour les deux prochains jours… car il y en a du pays à visiter!

Et en effet, nous passerons les deux journées suivantes à sillonner le Sud Goa en scoot. De Margao à Palolem en passant par la plage cachée de Kola, un temple hindou perché sur une colline où seuls jouaient quelques singes ou bien encore le vieux fort portugais de Cabo da Rama. Et l’héritage portugais, parlons-en justement. Dans toute cette région, la présence architecturale portugaise est omniprésente. À travers les 23395374 églises (j’exagère quelque peu) qui jalonnèrent notre parcours mais également par les nombreuses bâtisses coloniales imposantes et somptueuses aux façades colorées défraîchies. La présence portugaise qui dura près de 450 ans se trahit également par les noms de quelques rues ou de certains villages (qui pour la plupart possèdent également une orthographe indienne). Les noms de famille de certains locaux laissent également deviner les racines latines de la région (Ramires, Da Costa, Fernandes…). Mais ici s’arrête l’influence portugaise. Plus personne ne parle la langue. La gastronomie proposée semble ignorer l’héritage lusophone (ah pardon, il subsiste quelques producteurs de vin qui commercialisent un breuvage tout à fait décent). Rien, plus rien dans la vie de tous les jours ne rappelle que pendant près d’un demi millénaire, cette région était l’une des plus prospères de l’empire portugais. Hormis peut-être la religion, mais là encore, l’inquisition portugaise fut telle, que les catholiques du coin semblent avoir adopté une sorte de catholicisme hybride acceptant quelques spécificités de la culture hindou.

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Il est également important de noter qu’ici, l’ambiance est beaucoup plus tranquille pour les femmes. Hommes et femmes se côtoient et s’interpellent sans soucis. Pas de files d’attente pour tel ou tel sexe. Les jeunes sont en short et il est possible d’acheter du vin ou de la bière sans trop batailler. Pour certains cette attitude décomplexée viendrait de l’influence latine. Pour d’autres l’environnement « vacancier » en serait la raison. Toujours est-il qu’on s’y est plu dans cette région!

Même constat les trois jours suivants, plus au Nord, à Panjim (Panaji) puis à Old Goa où subsistent encore de nombreux édifices religieux dont certains datant des années 1500!

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Mais le temps passe, et notre eVisa ne nous offrant qu’un temps limité sur le territoire, nous devons nous activer et poursuivre notre périple. Prochaine étape : Fort Kochi dans l’état du Kerala, à une nuit de train couchette au sud.

Autant Goa attire en cette époque de l’année un tourisme principalement indien, autant Fort Kochi fait la part belle aux étrangers. On n’aime pas trop ça mais bon tant pis. Après tout, qu’on le veuille ou non, nous sommes des touristes…

Fort Kochi, à la différence de Goa a une histoire partagée entre les portugais, les hollandais et les anglais, sans pour autant renier ses racines hindoues. Les juifs ont également joué un rôle important dans le développement de cette ville où la plus ancienne synagogue du pays a d’ailleurs été construite et où existe toujours un « Jew Town » ainsi qu’un cimetière juif.

Cette diversité culturelle a donné à cette ville de bord de mer un charme tout particulier. Un charme que nous avons apprécié en flânant ci-et-là, sous une chaleur humide relativement intense. Le long de la plage où sont perchés les « filets chinois », à travers les rues du marché aux épices, dans les pièces du musée hollandais transformé en musée ou encore dans la salle de théâtre pour assister à une représentation « très touristique » de Kathakali, l’art théâtral de l’état du Kerala. Ah et comment oublier notre ciné boolywood ! Dans un cinéma vétuste à 20 roupies l’entrée (30 centimes)  où tournaient en permanence une bonne vingtaine de ventilos, nous avons assisté à un véritable spectacle ! Nous ne comprenions rien au film qui était en malayalam (langue du Kerala) mais voir les spectateurs rire aux éclats, applaudir voire même se lever et siffler… c’était ça le spectacle ! Le film qui parlait de fantômes devait toutefois en valoir la peine puisque, les nerfs à vifs, certains spectateurs se sont laissés allés à fumer quelques splifs !

Là encore nous nous y plaisions à Fort Kochi. Mais cette fois, ce n’est pas vraiment le temps qui nous a poussé à partir vers notre prochaine destination, mais plutôt le côté mercantile de la ville. La nourriture y est beaucoup plus chère qu’ailleurs. Les commerçants qui t’attendent dans la rue te parlent en 75 langues différentes pour te vendre ZE bibelot ou ZE saree, et les chauffeurs d’Autorickshaw (tuk-tuk) te proposent des tours gratuits de la ville si tu acceptes de visiter quelques boutiques. Il semblerait que même si tu n’achètes rien ils reçoivent une commission. Tantôt en liquide tantôt en essence. Bref, si agréable que soit Kochi, nous nous devions de changer d’air. Direction Pondichéry, à une nuit de bus à l’Est.

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Alors attention, autant dire que cette nuit de bus était 5 étoiles. Rien à voir avec la première! Le compartiment était un poil plus long, la clim était diffuse et agréable et surtout nous ne dormions pas à même le cuir mais sur un petit drap tout propre ;.). Mais disons le franchement, la route n’était pas aussi dégueulasse et le chauffeur pas aussi sauvage que lors de notre première expérience! Bref, une nuit presque inoubliable ;.)

Nous arrivons à 5h du mat’ à Pondichéry (ou Pondicherry ou Puducherry). La ville commence déjà à s’animer. Après quelques négociations avec un autorickshaw (qui passa tout de même de 450 à 100 roupies), nous prenons la route vers Ram Guest House, dans le quartier français. Avant d’arriver à destination, nous faisons une halte café afin de ne pas se pointer chez notre hôte à une heure indécente. On attaque la file d’attente, et là, soudainement, le vieux monsieur un peu joufflu qui était devant nous commence à s’exprimer en français. Ah, pour info, Pondichéry était l’un des 5 comptoirs français de l’Inde, et de loin le plus important. Comptoir rendu en 1952 sans effusions de sang et après d’âpres négociations pour offrir aux pondichériens quelques avantages non négligeables une fois intégrés au giron indien, du moins c’est ce que nous racontera plus tard Kanen, notre hôte. Pour plus d’infos à ce sujet : Super Wiki!!!

Kanen justement, nous le retrouvons après avoir fait nos adieux à Boubou, notre « collègue de café ». Boubou nous raconta qu’il naquit à Pondichéry mais vécu la plus grande partie de sa vie en France. Il coule désormais une retraite heureuse sur la terre de son enfance.

Après avoir pris nos aises (traduisez : jeter nos affaires et tout déballer en vrac) nous rejoignîmes Kanen. Kanen est fils de pondichériens tamouls (ethnie présente dans tout le Sud de l’Inde ainsi qu’au Sri Lanka). Lorsque la France s’est retirée du comptoir, elle a offert aux pondichériens la possibilité de choisir entre la nationalité française ou l’indienne. Ses grands-parents ont choisi la nationalité française (la majorité des locaux opta pour l’indienne). Son père s’engagea dans l’armée de l’air française et lui intégra quelques années plus tard l’industrie aéronautique. Il décida toutefois de venir s’installer à Pondichéry pour reprendre les affaires familiales. Et tant mieux! Cela nous permettra de faire sa connaissance ainsi que celle de toute sa famille!

Mais pour commencer, visite de la ville! Sur ses conseils, nous sillonnerons de long en large le cœur historique de Pondichéry : Temple Manakular Vinayagar qui vénère le Dieu hindou Ganesh, le fameux éléphant bleu (un véritable éléphant maquillé et portant des bijoux reçoit les offrandes des croyants à l’entrée du temple et les bénits avec la trompe. S’il s’agit d’herbes ou de fruits, il les mange. Si c’est de l’argent il le lance derrière lui pour son « accompagnant ». Pauvre animal), le Bharathi park, la Basilique du Sacré Cœur, l’Ashram de la Mère et de Sri Aurobindo, les rues Romain Rolland et Dumas où se trouvent les plus belles bâtisses de style colonial, la Promenade, le Café (établissement ouvert 24/24 et offrant du café de qualité dans une maison coloniale située sur la plage) etc… Nous ne manquerons pas non plus les attractions commerciales de la ville, notamment le Grand Bazar où la boutique Arul propose des étoffes colorées de la meilleure qualité et à des prix défiants toute concurrence.

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Nous rentrons à la tombée de la nuit vers l’auberge. Kanen qui se trouvait dans les parages nous propose de le suivre à quelques pâtés de maison où se déroule une fête en l’honneur d’un Dieu hindou (n’allez pas me demander le nom…) censé partir en balade une fois par an à travers la ville. De la musique traditionnelle (avec notamment la flûte/trompette utilisée par les dresseurs de serpent), des danseuses en furie, un char multicolore tiré à travers les rues… ainsi qu’une pinata à tous les 100m. Mais attention, à la différence des pinatas mexicaines, celle-ci ajoute un peu de difficulté au « batteur ». 4 comparses lui versent en effet à un rythme effréné des seaux d’eau en pleine poire! Le pauvre. Il lui faudra 20 minutes de lutte acharnée pour venir à bout de la malheureuse pinata. Il est passé à deux doigts de la noyade le bougre! Et pendant ce temps-là, la fête continue à arpenter les rues et ce, jusqu’au petit matin! Et nous, étant les seuls touristes, forcément nous sommes partis… trempés jusqu’aux os! Mais qu’est-ce qu’on s’est amusé. Les gens étaient une fois de plus super ouverts avec nous. Souriants, sympathiques et il faut l’avouer, un peu taquin au moment de lancer le seau d’eau ;.).

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Et comme si ça ne suffisait pas, Kanen nous invita, après une douche bien méritée, à rejoindre sa famille qui célébrait l’anniversaire d’Amou, sa femme.

Ce vendredi 26 août se termina de la plus belle des manières. En croquant un gâteau au chocolat ;.)

Il nous reste encore quatre jours pour profiter de Pondi et de ses environs (le seul train direct pour Agra partant le mercredi à 9h… et arrivant le jeudi à 23h30!!!). Nous passerons en revue les étoffes d’Aroul et de Velu, les deux plus belles étales du marché Goubert. Nous arpenterons les rues Gandhi et Mission lors du très couru Sunday Market, nous arrangerons l’envoi de cartes postales ainsi que d’un gros « colis souvenir » (il semblerait que Pondi soit l’unique ville indienne à partir de laquelle on puisse envoyer un paquet vers l’extérieur sans trop de soucis. « Diaspora » installée en France oblige). Nous visiterons un petit village à quelques dizaines de km de la ville, encore et toujours grâce à la gentillesse de Kanen (on y rencontrera des gens fort sympathiques, pour la plupart producteurs laitier. Je me suis bu une bonne rasade de lait cru tout droit sorti des mamelles de ces magnifiques bovins aux cornes peintes de toutes les couleurs). Nous ferons la connaissance de nouveaux franco-pondichériens autour d’une (ou plutôt plusieurs) KingFisher. Et enfin, nous nous rendrons à Auroville, à 8km de Pondi.

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Alors Auroville c’est quoi?

Auroville, c’est une communauté spirituelle fondée en 1968 par La Mère, Mirra Alfassa de son nom de naissance. Cette française est considérée, à l’instar de son partenaire spirituel Sri Aurobindo, comme une véritable icône dans la région. Leur tombeau, se trouvant dans l’Ashram de Pondichéry, est quotidiennement visité par des centaines voire des milliers de touristes venus du monde entier.

Mais revenons à Auroville. Composée de plus de 2000 personnes issues de 43 pays différents (dont 900 indiens), cette communauté s’étend sur plus de 4900 acres et offre un cadre de vie essentiellement basé sur la spiritualité : depuis l’école jusqu’au fameux Matrimandir (grande boule dorée où les gens viennent méditer). On y trouve également quelques petits restos (végétariens bien évidemment), des cafés, des quartiers résidentiels constitués de maisons écologiques et construites selon un principe d’autosuffisance (nous avons toutefois quadrillé la zone en moto afin d’en visiter un… sans succès!)… et bien d’autres choses qui cadrent parfaitement avec l’idée préconçue de communauté yogi!

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Bref, bien que l’initiative propose une alternative de vie intéressante et structurée aux personnes en mal de spiritualité, il n’en demeure pas moins que ces derniers s’échappent d’un système… pour entrer dans un autre tout aussi imparfait. Témoignages à l’appui!

Ah et pour l’anecdote, La Mère est également citée dans un passage du second ou troisième tome de la trilogie des Fourmis, de Bernard Weber. Il y fait mention que cette dernière ne serait pas morte d’une mort tout à fait naturelle. Son entourage aurait accéléré le processus en la cloîtrant dans sa chambre afin de faire d’elle une divinité dans les plus brefs délais. Version bien évidemment démentie par les membres de la communauté… Quant à la vérité… elle court toujours!

Comment ai-je pu oublier de parler de notre mode de locomotion en ce mardi 30 août? Je me suis fait plaisir! J’ai enfin loué la mythique Royal Enfield pour barouder toute la journée! Avec Astrid, nous avons enfourché la belle et fougueuse Bullet 500 pour nous rendre à Auroville. Avant même d’y arriver… bouuuuuffff tout s’arrête. Problème électrique sans doute. Et dès lors, avarie sur avarie. Le moteur ne tourne pas à plein régime. La pauvre bécane ne fait que brouter, et, pour couronner le tout, nous rentrons sous des trombes d’eau (encore et toujours la mousson).

Il va sans dire que j’ai su montrer mon mécontentement au loueur de moto. Celui-ci ne me croyant pas le moins du monde essaya la moto. Et à, ô Karma (c’est de circonstance), elle s’éteint. Et demeure inconsciente. Je récupère donc une grosse partie de mon dépôt et retourne, tout trempé, à l’hôtel. Car ce soir, Kanen, Ammou et toute la famille nous attendent pour notre dernier dîner. Un bon repas végétarien avec moult dosas, chiapatis, sauces… ponctué par une bonne glace butter scotch!

Et voilà, il est temps pour nous de quitter Pondichéry et la famille de Kanen. Car pour nous, ces deux là sont désormais indissociables. Nous aurons passé une excellente semaine en leur compagnie et espérons de tout cœur pouvoir partager à nouveau quelques repas ou quelques bières en leur compagnie, où que ce soit sur cette petite planète! En attendant, nous ne pouvons que recommander celles et ceux qui pensent à visiter Pondichéry de vous arrêter chez RAM GUEST HOUSE (No: 546, Mahatma Gandhi Road, Puducherry, téléphone: 0413 222 0072).  Vous en serez plus que satisfaits!

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Mercredi 31 août, 9h00. Kanen nous a accompagnés à la gare pour un dernier au revoir. Nous embarquons 5 minutes plus tard pour Agra, à quelques 35 heures de là où nous attend le merveilleux Taj Mahal. 35 heures, ça peut paraître long. Mais 35 heures en seconde classe sans A/C, ça se passe plutôt rapidement! Les gens sont en effet d’une amabilité déconcertante. Étant les seuls touristes du wagon et sans doute de cette classe, on a eu droit à plusieurs causettes, dont la plupart, on ne se mentira pas, totalement incompréhensibles! Tant pis, c’est rigolo! Je parlais en français, lui en indi et à la fin on rigolait! Tel autre nous offrait un thé masala, tel autre des bonbons aux épices etc… bref, un voyage très agréable que nous recommandons vivement à tous les touristes pas pressés!

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Bon ça y’est, on est arrivé!

Arrivés oui, mais à 23h45. Donc pas le temps de trainasser. Il nous faut rapidement trouver un hôtel. Car bien évidemment, nous n’avons rien réservé! Donc au premier tuk tuk venu, nous nous aventurons à demander le prix pour nous emmener à quelques encablures de l’une des portes d’accès au Taj Mahal afin d’être aux premières loges aux aurores dès le lendemain.

Il nous dit qu’il n’y a pas de soucis, que ça coûtera 140 roupies (prix vérifiés par le guichet prépayé) et qu’il connaît un petit hôtel à 500 roupies la nuit à 1 minute de marche de la West Gate! On s’écrie : Génial!!! Puis il rajoute… malheureusement le Taj Mahal est fermé chaque vendredi (l’équivalent du dimanche pour les musulmans), il vous faudra donc attendre jusqu’à samedi… et là on s’écrie : et merde!!!

Tant pis, Saber nous explique tout au long du chemin qu’il y a plein de choses à visiter dans la ville. Agra Fort, Baby Taj, Mehtab Bagh etc… et que, moyennant 600 roupies il se ferait plaisir de nous y emmener le lendemain.

C’est ce que nous ferons! En effet ces quelques lieux offrent un panorama magnifique, proposent une architecture Moghol typique et sont imprégnés d’histoire. Une très belle journée, bien loin des commentaires pourtant si négatifs que nous avions entendu jusqu’à présent concernant Agra.

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Petite bière en soirée sur le toit de l’hôtel avec le coucher de soleil sur le Taj Mahal. Une bonne nuit de sommeil, et cette fois-ci, nous sommes fins prêts à nous présenter à 5h45 à l’entrée du palais pour profiter de l’expérience au maximum sans être importunés par une nuée de touriste! Et c’est en effet ce qu’il se passa. (ah, pour info, les sacs sont interdits. Il vous faudra les laisser à l’hôtel… au risque de devoir vous taper un aller-retour express à l’aube ;.)). Nous fîmes la connaissance d’Anne et de Matthieu, deux strasbourgeois en trip en Asie depuis 8 mois, avec qui nous partagerons la visite. Et il faut le reconnaître, la visite vaut le coup! Certes elle coûte désormais 1000 roupies par étranger, mais l’œuvre, tout bonnement impressionnante, en vaut clairement la chandelle.

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Voilà, il ne nous reste qu’à profiter tranquillement de nos dernières heures à Agra avant de prendre le train pour Varanasi (également appelée Bénarès), à l’Est.

 

Vârânasî. Nous y sommes. En plein cœur de la vieille ville. Après avoir cheminé tant bien que mal avec notre bardas dans le dédale de rues étroites où se côtoient des milliers de personnes, des centaines de vaches, quelques chiens, autant de chèvres et surtout un nombre incalculable de 2 roues aux klaxons bien affûtés… nous arrivons enfin à notre auberge, Sankhata Guest House.

Un petit thali bien mérité plus tard, nous nous décidons à visiter la ville. Et quelle ville!! La principale ville sainte de l’hindouisme (ville du dieu Shiva) et de surcroît l’une des plus vieilles agglomérations habitées au monde! Les premiers écrits attestant de son existence remontent en effet à plus de 5000 ans!

Les hindous de toute l’Inde, et même du Népal viennent y mourir afin de mettre un terme au cycle des réincarnations et ainsi atteindre le nirvana. Pour nous expliquer tout le processus et nous faire découvrir les richesses cachées de la vieille ville, nous « embauchons » Martin. Martin, c’est un local s’exprimant dans un français impeccable, ayant déjà vécu en France et dont tous les habitants nous ont parlés. Les commentaires internet sont également assez élogieux à son égard. Et en effet ses explications historiques et spirituelles ajoutées à sa connaissance des moindres recoins de la vieille ville nous auront permis d’apprécier au mieux les lieux.

Petit bémol néanmoins, les crues du Gange étant encore à un niveau assez élevé (15m!!) à cause des moussons, il nous sera impossible de visiter les Ghats, ces escaliers qui descendent jusqu’aux berges du fleuve sacré. Il y en a 84 à Vârânasî. Mais à toute bonne chose malheur est bon. Du fait de ces aléas climatiques, les touristes ne sont pas légions. Les rues sont donc plus tranquilles et les prix plus facilement négociables.

Mais revenons à ce qui fait véritablement le « charme » de Vârânasî : Ses morts! Bien que cela puisse paraître morbide, il n’en est rien ici. Les larmes sont d’ailleurs proscrites, au risque de voir l’âme du défunt ne pas atteindre le nirvana.  Martin nous expliqua, en arrivant au Grand Burning Ghat (qui avait été remonté pour l’occasion) que plus de 400 corps étaient brûlés quotidiennement en ce lieu. Le « processus », si mes souvenirs sont exacts, se déroule ainsi. Les proches du défunt, qui sont uniquement des hommes (les femmes étant interdites à cause d’une histoire s’étant déroulée il y a près de deux siècles. Une femme aurait sauté dans le bûcher pour accompagner son mari au nirvana…. Mouais… j’y crois pas trop trop mais bon) portent un brancard en bambou où repose le corps qui est vêtu différemment selon l’âge et le sexe de la personne décédé. Tout cela se fait au son des mantras récités à tue-tête « Ram Nam Satya hei », parfois accompagnés de musiciens, à travers les ruelles descendant vers le Gange. Une fois arrivés à proximité du bûcher, ils doivent acheter les 300 kg de bois nécessaires à la crémation. Selon les moyens de la famille, les types de bois varient. Certains, comme le bois de sentelle coûtent une véritable fortune. Le corps est ensuite baigné dans le Gange, puis séché. Pendant ce temps-là, le fil aîné, ou à défaut le mari ou le frère, ou l’oncle… (jamais une femme, sauf en ultime recours. Extrêmement rare cela va sans dire…), s’habille de blanc et se rase la tête. Le corps (sans le brancard en bambou qui ne brûle pas) est ensuite mis sur le bûchet où brûlent déjà près d’une dizaines d’autres corps. À partir de là et ce jusqu’à ce que les cendres soient jetées dans le Gange, ce sont les intouchables qui prennent le relais. Cette caste, si injustement traitée de partout en Inde, semble jouir ici d’un statut différent. Par exemple, le chef des intouchables est le responsable du « feu sacré ». Ce feu sacré brûle à Vârânasî depuis plus de 5000 ans et sert à « allumer » chacun des corps disposés sur le bûchet. Il fend également le crâne du défunt à l’aide d’une hachette, non pas pour libérer son âme tel qu’il est souvent dit par erreur, mais pour éviter que sous l’effet de la chaleur le crâne n’explose. Une fois la crémation terminée, ce qui prend tout de même 3 heures, les cendres et restes de corps pas totalement calcinés sont jetés dans le fleuve sacré. Les intouchables sont ensuite autorisés à récupérer les bijoux qui reposent dans les cendres.. Les intouchables de Vârânasî ont ainsi la réputation d’être particulièrement riches.

Il est important de noter qu’en période de crues, tous les corps, quelle que soit la richesse de leur famille ou leur caste sont brûlés sur le même bûchet, les espaces dédiés à la crémation manquants. Le reste du temps, une distinction est néanmoins faite.

Autre chose d’importance dont nous a fait part Martin. 5 catégories de « morts » sont directement jetées dans le Gange, sans passer par la crémation, car considérés comme purs. Il s’agit des enfants de moins de 10 ans, des femmes enceintes, des sâdhus (les prêtres hindous vêtus d’orange ayant dédié leur vie à la méditation), des personnes mortes suites à une morsure de serpent (animal de Shiva) ainsi que des lépreux. Ces derniers sont donc lestés de pierres puis jetés au centre du Gange.

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Voilà, après cette visite émotionnellement intense, le passage au temple népalais (construit au 16è siècle pour que le roi hindou du Népal vienne y finir ses jours), ou encore la découverte du « semble-t-il » temple où aurait séjourné Shiva il y a plus de 5000 ans peuvent paraître anodins. Ils n’en demeuraient pas moins inintéressants.

Pour finir la soirée en beauté, un bon lassi à la grenade… et hop, au pieu!

Le lendemain, dès les premières lueurs du soleil, nous arpenterons à nouveau, juste tous les deux, les ruelles particulièrement étroites de la ville pour y faire des rencontres, principalement animales et architecturales, impromptues! Les relations humaines étant malheureusement biaisées dans cette ville où, à cause du tourisme de masse, le blanc est une nouvelle fois considéré comme un petit porte-monnaie sur pattes. Dommage, on aurait pu penser que dans une ville si spirituelle, l’aspect matériel n’aurait que peu d’importance. Il n’en est rien. Tant pis.

Le 6 au matin, nous nous rendons à la gare pour prendre le train direction Amritsar, à l’extrême ouest du pays, à la frontière avec le Pakistan. Un trajet de 24h nous attend. Le train a malheureusement 7 heures de retard. Et autant vous dire que 7h à attendre sur le quai avec à chaque seconde un homme qui s’arrête et scrute de manière plus qu’insistante Astrid… c’est toute une expérience. On début, on s’en amuse, on le regarde, il tourne les yeux, puis continue son cinéma, et ce, à seulement 2m de nous. Il en vient un autre, puis un autre. Les regards ne sont malheureusement pas toujours teintés de curiosité. Certains sont carrément dégueulasses. Pourtant Astrid, prévenue de l’attitude peu délicate de la majeure partie des hommes du nord de l’Inde était habillée de manière tout à fait décente. Malgré cela, rien n’y fait. L’amusement passe et laisse place à l’énervement. Nous voulons bien faire preuve d’ouverture d’esprit et tenter d’appréhender au mieux la culture locale… on arrive bien vite à se fatiguer. L’un d’entre eux, particulièrement insistant s’est même assis en face de nous. Je commence à m’énerver, et là, une vingtaine de personnes arrivent. Non pas pour calmer le jeu. Juste pour assister au spectacle et prendre des vidéos. Astrid me dit de me calmer et de demander tout simplement aux policiers passant par-là de mener au loin cet énergumène.  Mais il semblerait que les policiers n’en aient strictement rien à foutre. La seule solution pour ne pas exploser, c’est triste, mais c’est de s’en aller. Bien que ce sentiment de dégoût fût particulièrement prononcé ce matin-là, Astrid m’avoua qu’elle l’avait très fréquemment ressenti depuis notre arrivée dans le Nord, à Agra.

C’est d’ailleurs une question que nous nous sommes posée à plusieurs reprises. Comment la culture hindoue, pourtant à l’origine du kamasutra ou encore du yoga tantrique peut-être si fermée au point de ne pas pouvoir embrasser sa femme dans la rue? Comment une culture si spirituelle peut-elle générer autant de frustration sexuelle?

Bref… Notre train, initialement prévu à 9h27 pour arriver près de 24h plus tard (8h55), partira finalement à 16h30 pour arriver 30h plus tard! Et bien que ce ne soit pas le premier retard auquel nous devons faire face au cours de notre grand voyage, loin s’en faut (merci Arik Air ;.)), c’est celui qui bouscule sans doute le plus nos plans.

En effet, il se trouve que l’agent de l’immigration ayant tamponné notre passeport se soit trompé. Au lieu d’écrire 10 septembre pour la date d’expiration du visa, il a écrit 19. Or il s’avère que c’est bel et bien le 10 qui prévaut! Donc notre programme de visite de Daramsalah, Manali, Leh etc… dans le baba! Il nous faut déguerpir de l’Inde au plus vite, au risque d’avoir quelques soucis ultérieurs pas forcément désirés (amendes, non permission de décoller, interdiction de territoire…). Tant pis, ces quelques destinations feront l’objet d’un prochain voyage. Mais pour l’instant, il va nous falloir profiter à fond d’Amritsar, dernière agglomération indienne visitée et ville sainte de la religion Sikh!

Nous y arrivons donc  le 7 à 23h. Le train pour Delhi où nous attend l’avion direction Katmandou part le 8 à 19h30. Top départ! À peine arrivés, nous retrouvons avec grand plaisir Anne et Matthieu à l’hôtel AJ Golden Crescent, à quelques centaines de mètre DU symbole de la ville, le fameux Golden Temple! Après avoir rapidement englouti un casse dalle nous partons visiter le Temple. Du moins son environnement, car les visites ne reprennent qu’au petit matin. Le temps pour nous d’apprécier le majestueux spectacle offert par le Temple illuminé se reflétant sur l’étang sacré l’entourant et dans lequel se « baignent » de nombreux Sikhs. C’est beau. Vraiment beau!

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Retour à l’hôtel où nous refaisons le monde jusqu’ 2h30 avec nos comparses du jour!

Le 8, réveil à 8h pour aller visiter l’intérieur du Temple. Pourquoi 8h? Pour éviter les grosses chaleurs et les files d’attente interminables. L’intérieur est tout aussi majestueux, sinon plus, que l’extérieur. Les incrustations de pierres précieuses dans le marbre mais également dans l’or ne sont pas sans rappeler les décorations du Taj Mahal. Les deux monuments ont d’ailleurs été construits à la même époque (17è siècle). Pour en savoir davantage sur l’histoire de ce temple, et de manière plus générale sur la religion Sikh, issue de l’hindouisme et de l’islam, je vous invite à cliquer sur les liens suivants : Temple d’Or et Sikhisme.

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À la sortie du temple, nous retrouvons Anne et Matthieu pour aller visiter le Jallianwala Bagh, un mémorial où, il y a près de 100 ans, en 1919, le général Dyer ordonna à ses soldats de tirer sur la foule présente en ces lieux, foule qui défilait pourtant de manière pacifique pour célébrer le festival de la nouvelle année, le « Vaisakhi ». Les impacts de balle sur les murs encore debout témoignent de ce sinistre épisode.

Nous nous dirigeâmes ensuite vers le marché aux tissus où les étales, tous plus colorés les uns que les autres, semblent bien tranquilles en ce jeudi matin. Et ce ne sera pas nous qui viendrons brouiller cette quiétude… enfin c’est ce qu’on s’était dit… jusqu’à ce qu’au sortir de l’un des seuls bars de la ville (après avoir enfilé quelques bières glacées plus que méritées), Astrid et Anne ne tombent nez à nez avec une friperie de kurtas (vêtements indiens typiques). Elles en profitèrent tellement que nos deux acolytes en ratèrent presque leur bus qui partait vers le Nord. Un ciao ciao express, un RDV au Népal dans 2 semaines, et hop, nous revoilà tous seuls… prêts à filer vers la fameuse Wagah Border, à quelques 30km de la ville.

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Là-bas, chaque jour, au coucher du soleil, se tient une cérémonie incroyable. L’armée indienne d’un côté et l’armée pakistanaise de l’autre se prêtent à une espèce d’affrontement sonore, gestuel et vestimentaire. Une sorte de hakka! La foule côté indien se comptait par milliers. Du côté pakistanais, seules quelques centaines de personnes avaient fait le déplacement, la faute sans doute à la crainte de voir se reproduire l’attentat de 2014 qui avait fait ici même, côté pakistanais, 60 morts.

Les gens s’enflammaient! Ça criait, ça rigolait, ça chantait, ça transpirait le patriotisme. Bref, ce fut un moment véritablement inattendu, tant par l’ampleur du phénomène que par le show offert par la dizaine de militaires en tenue d’apparat. À peine le « coup de sifflet final » ayant retenti (traduisez par-là l’ouverture des deux barrières, le serrage de main entre les deux armées, la baisse des deux drapeaux puis la fermeture des deux barrières), nous courrons vers le taxi qui doit nous amener, en trombes, vers la gare. Nous y arrivons 5 minutes avant le départ. Nous prenons place. Et voilà, notre périple indien touche à sa fin. Plus qu’un trajet jusqu’à l’aéroport international de Delhi et nous voici déjà prêts à débuter notre seconde expérience asiatique. Le Népal!

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Alors au terme d’un périple de 30 jours, que pense-t-on de l’Inde? Ben… On a aimé! Pas super hein la réponse? Vous vous attendiez sans doute à un « wooowwww magique!!! » ou à un « ahhhhh c’était tellement sale, misérable et dégoûtant »… et bien nous aussi on pensait cela au moment de décoller de Cape Town pour Mumbaï. On nous avait pourtant prévenus. L’Inde, tu l’adores ou tu la détestes! Et bien pour nous, ce ne sera ni l’un ni l’autre. On a beaucoup aimé l’histoire du pays, sa spiritualité, son architecture, sa gastronomie. On a beaucoup moins aimé, de manière générale, les relations humaines dans le Nord du pays, les paysages (pour relativiser, nous n’avons vu qu’une infime partie du pays, mais au cours de nos loonnnggsss trajets en train, rien de grandiose ne nous a marqué. Le Rajasthan et l’extrême Nord (Ladack etc…) devant offrir davantage sur ce plan) ou encore la bureaucratie (du visa jusqu’à l’achat d’une carte SIM en passant par le loooong enregistrement à chaque nouvel hôtel). En outre, il y a un « je ne sais quoi » qui fait que nous sommes contents de quitter ce pays. L’effervescence populaire avec son lot de stress, de nuisances sonores et de tas de déchets décorant les rues? Peut-être. L’attitude des hommes à l’égard d’Astrid? Peut-être aussi. L’omniprésence du curry et des épices? Ça non, en aucun cas ;.).

Ah, et petit détail également d’importance pour les personnes, qui, comme moi, requièrent un internet de qualité pour pouvoir travailler tout en voyageant : le réseau internet indien est le pire (à égalité avec la Tanzanie) que nous ayons utilisé jusqu’à présent. Un comble pour cette nation pourtant reconnue pour la qualité de ses entreprises IT et la compétence de ses ingénieurs informatiques et développeurs web. Ce critère n’entre toutefois pas en compte dans notre « ressenti » général du pays.