ROYALITO
Tribulations d'un couple heureux!

benares

L’Inde, loin de tous les préconçus…

Avant d’atterrir à Mumbai (anciennement Bombay), nous étions quelque peu dans l’expectative. Nous nous attentions à tout… et à rien sur les 30 jours à venir. Il faut dire qu’au fil des semaines nous en avons entendu des histoires sur ce pays. Tantôt magiques. Tantôt misérables. Tantôt extraordinaires et tantôt épouvantables. Aux dires des voyageurs rencontrés, il semblerait que l’Inde soit vouée à être adulée ou détestée.

Nos premiers contacts, tant au sortir de l’aéroport qu’à l’arrivée à l’auberge de jeunesse ne furent pas des plus chaleureux ni des plus souriants. Mais pas de quoi nous effrayer.

Dès nos premières heures nous fîmes la connaissance de Julien et d’Ishmeet. Le premier, français parcourant le monde en vue de produire un documentaire dédié à la place des femmes dans l’espace public. La seconde, une jeune indienne, dentiste de profession  fortement engagée dans la lutte pour le droit des femmes et des LGBT en Inde.

Ensemble nous sillonnerons Mumbaï deux jours durant. En trains surpeuplés. En Taxis. En Ola. En Uber et en Autos (TukTuk). Au menu, visite de la principale mosquée de la ville, du principal temple hindou ainsi que la participation à une « messe » dominicale dans un temple sikh. Mais également grimpette aux caves bouddhistes de Kanheri situées dans un parc national aux abords de la ville. Celles-ci ont été creusées et décorées il y a plus de 2000 ans… et sont malheureusement désormais en libre accès. Et nombreux étaient les locaux à ne donner que peu d’importance à l’histoire en ce dimanche.

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Ah et bien sûr, pour épancher notre soif, nous eûmes droit à deux brasseries locales. En toute honnêteté, rien d’exceptionnel, mais dans un pays où il semble n’y avoir qu’une seule marque de bière commerciale (King Fisher. Et pour cause, une majeure partie de la population de boit pas d’alcool), nous ne pouvons que saluer cette initiative locale!

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Après avoir dit au revoir à Julien qui partait pour d’autres reportage ainsi qu’à Ishmeet qui reprenait le boulot en pleine fête nationale (le 15 août est le jour de l’indépendance), nous partîmes à la découverte du vieux Mumbay, avec ses bâtiments majestueux mêlant différents styles architecturaux! Du grand. Du beau. En compagnie de James, un anglais partageant notre dortoir, nous passâmes près d’une journée à déambuler dans les rues de ce quartier. Certaines surpeuplées (fête nationale oblige) d’autres bien esseulées où seuls quelques joueurs de cricket se lançaient la balle entre les taxis.

Ça y’est, le temps est venu pour nous de dire ciao à Mumbai. Une ville qui nous faisait peur. Une ville dont nous nous rappellerons désormais avec nostalgie tant elle a su nous séduire grâce à ses charmes culturels et son effervescence sociale! Après un dernier café en soirée avec Zach et compagnie (un groupe d’étudiants internationaux venus passer un an à l’université de Pune), nous prîmes la direction de la gare de bus pour embarquer direction Goa!

Après une looooonnnnnggguuuue nuit dans le bus nous arrivons à destination vers 11h. Pourquoi si longue? Et bien parce qu’en pénétrant dans le bus et en voyant des compartiments avec des lits, la clim, la tv et tout le tsin tsouin nous avons en effet piaffé d’impatience et avons grimpé comme deux lémurs endiablés dans notre chambre, prêts à partir pour une bonne nuit de sommeil! Mais ça c’était sans compter le lit trop petit, la clim qui nous crachait de l’air moisi en plein dans le museau et surtout la route qui semblait n’être faite que de nids de poules et de dos d’âne. Résultat, tu restes tendu toute la nuit pour ne pas tomber, tu sors de là avec la crève et des fourmis dans les jambes… Pourtant qu’elle était belle cette petite cabine! (Tellement belle qu’on décidera malgré tout de retenter l’aventure… pour notre plus grand plaisir).

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Bon ça y’est. Nous sommes à Goa. Mais ce qu’on ne nous avait pas dit c’est que Goa,  c’est pas une ville. Mais une région! Et pas si petite. Tant mieux, ça ne nous donnera que plus de choses à voir! Premier objectif, Varca à quelques 30 minutes de transport public de Margao, là où nous avait laissé le bus. Nous prenons nos aises dans notre piole réservée via AirBnB… et…black out total pendant 4h. Une sieste salutaire. Au réveil, on trouve un bon petit bouiboui pour s’enfiler un excellent Biryani ainsi qu’un Thali et on en profite pour louer un scooter pour les deux prochains jours… car il y en a du pays à visiter!

Et en effet, nous passerons les deux journées suivantes à sillonner le Sud Goa en scoot. De Margao à Palolem en passant par la plage cachée de Kola, un temple hindou perché sur une colline où seuls jouaient quelques singes ou bien encore le vieux fort portugais de Cabo da Rama. Et l’héritage portugais, parlons-en justement. Dans toute cette région, la présence architecturale portugaise est omniprésente. À travers les 23395374 églises (j’exagère quelque peu) qui jalonnèrent notre parcours mais également par les nombreuses bâtisses coloniales imposantes et somptueuses aux façades colorées défraîchies. La présence portugaise qui dura près de 450 ans se trahit également par les noms de quelques rues ou de certains villages (qui pour la plupart possèdent également une orthographe indienne). Les noms de famille de certains locaux laissent également deviner les racines latines de la région (Ramires, Da Costa, Fernandes…). Mais ici s’arrête l’influence portugaise. Plus personne ne parle la langue. La gastronomie proposée semble ignorer l’héritage lusophone (ah pardon, il subsiste quelques producteurs de vin qui commercialisent un breuvage tout à fait décent). Rien, plus rien dans la vie de tous les jours ne rappelle que pendant près d’un demi millénaire, cette région était l’une des plus prospères de l’empire portugais. Hormis peut-être la religion, mais là encore, l’inquisition portugaise fut telle, que les catholiques du coin semblent avoir adopté une sorte de catholicisme hybride acceptant quelques spécificités de la culture hindou.

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Il est également important de noter qu’ici, l’ambiance est beaucoup plus tranquille pour les femmes. Hommes et femmes se côtoient et s’interpellent sans soucis. Pas de files d’attente pour tel ou tel sexe. Les jeunes sont en short et il est possible d’acheter du vin ou de la bière sans trop batailler. Pour certains cette attitude décomplexée viendrait de l’influence latine. Pour d’autres l’environnement « vacancier » en serait la raison. Toujours est-il qu’on s’y est plu dans cette région!

Même constat les trois jours suivants, plus au Nord, à Panjim (Panaji) puis à Old Goa où subsistent encore de nombreux édifices religieux dont certains datant des années 1500!

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Mais le temps passe, et notre eVisa ne nous offrant qu’un temps limité sur le territoire, nous devons nous activer et poursuivre notre périple. Prochaine étape : Fort Kochi dans l’état du Kerala, à une nuit de train couchette au sud.

Autant Goa attire en cette époque de l’année un tourisme principalement indien, autant Fort Kochi fait la part belle aux étrangers. On n’aime pas trop ça mais bon tant pis. Après tout, qu’on le veuille ou non, nous sommes des touristes…

Fort Kochi, à la différence de Goa a une histoire partagée entre les portugais, les hollandais et les anglais, sans pour autant renier ses racines hindoues. Les juifs ont également joué un rôle important dans le développement de cette ville où la plus ancienne synagogue du pays a d’ailleurs été construite et où existe toujours un « Jew Town » ainsi qu’un cimetière juif.

Cette diversité culturelle a donné à cette ville de bord de mer un charme tout particulier. Un charme que nous avons apprécié en flânant ci-et-là, sous une chaleur humide relativement intense. Le long de la plage où sont perchés les « filets chinois », à travers les rues du marché aux épices, dans les pièces du musée hollandais transformé en musée ou encore dans la salle de théâtre pour assister à une représentation « très touristique » de Kathakali, l’art théâtral de l’état du Kerala. Ah et comment oublier notre ciné boolywood ! Dans un cinéma vétuste à 20 roupies l’entrée (30 centimes)  où tournaient en permanence une bonne vingtaine de ventilos, nous avons assisté à un véritable spectacle ! Nous ne comprenions rien au film qui était en malayalam (langue du Kerala) mais voir les spectateurs rire aux éclats, applaudir voire même se lever et siffler… c’était ça le spectacle ! Le film qui parlait de fantômes devait toutefois en valoir la peine puisque, les nerfs à vifs, certains spectateurs se sont laissés allés à fumer quelques splifs !

Là encore nous nous y plaisions à Fort Kochi. Mais cette fois, ce n’est pas vraiment le temps qui nous a poussé à partir vers notre prochaine destination, mais plutôt le côté mercantile de la ville. La nourriture y est beaucoup plus chère qu’ailleurs. Les commerçants qui t’attendent dans la rue te parlent en 75 langues différentes pour te vendre ZE bibelot ou ZE saree, et les chauffeurs d’Autorickshaw (tuk-tuk) te proposent des tours gratuits de la ville si tu acceptes de visiter quelques boutiques. Il semblerait que même si tu n’achètes rien ils reçoivent une commission. Tantôt en liquide tantôt en essence. Bref, si agréable que soit Kochi, nous nous devions de changer d’air. Direction Pondichéry, à une nuit de bus à l’Est.

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Alors attention, autant dire que cette nuit de bus était 5 étoiles. Rien à voir avec la première! Le compartiment était un poil plus long, la clim était diffuse et agréable et surtout nous ne dormions pas à même le cuir mais sur un petit drap tout propre ;.). Mais disons le franchement, la route n’était pas aussi dégueulasse et le chauffeur pas aussi sauvage que lors de notre première expérience! Bref, une nuit presque inoubliable ;.)

Nous arrivons à 5h du mat’ à Pondichéry (ou Pondicherry ou Puducherry). La ville commence déjà à s’animer. Après quelques négociations avec un autorickshaw (qui passa tout de même de 450 à 100 roupies), nous prenons la route vers Ram Guest House, dans le quartier français. Avant d’arriver à destination, nous faisons une halte café afin de ne pas se pointer chez notre hôte à une heure indécente. On attaque la file d’attente, et là, soudainement, le vieux monsieur un peu joufflu qui était devant nous commence à s’exprimer en français. Ah, pour info, Pondichéry était l’un des 5 comptoirs français de l’Inde, et de loin le plus important. Comptoir rendu en 1952 sans effusions de sang et après d’âpres négociations pour offrir aux pondichériens quelques avantages non négligeables une fois intégrés au giron indien, du moins c’est ce que nous racontera plus tard Kanen, notre hôte. Pour plus d’infos à ce sujet : Super Wiki!!!

Kanen justement, nous le retrouvons après avoir fait nos adieux à Boubou, notre « collègue de café ». Boubou nous raconta qu’il naquit à Pondichéry mais vécu la plus grande partie de sa vie en France. Il coule désormais une retraite heureuse sur la terre de son enfance.

Après avoir pris nos aises (traduisez : jeter nos affaires et tout déballer en vrac) nous rejoignîmes Kanen. Kanen est fils de pondichériens tamouls (ethnie présente dans tout le Sud de l’Inde ainsi qu’au Sri Lanka). Lorsque la France s’est retirée du comptoir, elle a offert aux pondichériens la possibilité de choisir entre la nationalité française ou l’indienne. Ses grands-parents ont choisi la nationalité française (la majorité des locaux opta pour l’indienne). Son père s’engagea dans l’armée de l’air française et lui intégra quelques années plus tard l’industrie aéronautique. Il décida toutefois de venir s’installer à Pondichéry pour reprendre les affaires familiales. Et tant mieux! Cela nous permettra de faire sa connaissance ainsi que celle de toute sa famille!

Mais pour commencer, visite de la ville! Sur ses conseils, nous sillonnerons de long en large le cœur historique de Pondichéry : Temple Manakular Vinayagar qui vénère le Dieu hindou Ganesh, le fameux éléphant bleu (un véritable éléphant maquillé et portant des bijoux reçoit les offrandes des croyants à l’entrée du temple et les bénits avec la trompe. S’il s’agit d’herbes ou de fruits, il les mange. Si c’est de l’argent il le lance derrière lui pour son « accompagnant ». Pauvre animal), le Bharathi park, la Basilique du Sacré Cœur, l’Ashram de la Mère et de Sri Aurobindo, les rues Romain Rolland et Dumas où se trouvent les plus belles bâtisses de style colonial, la Promenade, le Café (établissement ouvert 24/24 et offrant du café de qualité dans une maison coloniale située sur la plage) etc… Nous ne manquerons pas non plus les attractions commerciales de la ville, notamment le Grand Bazar où la boutique Arul propose des étoffes colorées de la meilleure qualité et à des prix défiants toute concurrence.

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Nous rentrons à la tombée de la nuit vers l’auberge. Kanen qui se trouvait dans les parages nous propose de le suivre à quelques pâtés de maison où se déroule une fête en l’honneur d’un Dieu hindou (n’allez pas me demander le nom…) censé partir en balade une fois par an à travers la ville. De la musique traditionnelle (avec notamment la flûte/trompette utilisée par les dresseurs de serpent), des danseuses en furie, un char multicolore tiré à travers les rues… ainsi qu’une pinata à tous les 100m. Mais attention, à la différence des pinatas mexicaines, celle-ci ajoute un peu de difficulté au « batteur ». 4 comparses lui versent en effet à un rythme effréné des seaux d’eau en pleine poire! Le pauvre. Il lui faudra 20 minutes de lutte acharnée pour venir à bout de la malheureuse pinata. Il est passé à deux doigts de la noyade le bougre! Et pendant ce temps-là, la fête continue à arpenter les rues et ce, jusqu’au petit matin! Et nous, étant les seuls touristes, forcément nous sommes partis… trempés jusqu’aux os! Mais qu’est-ce qu’on s’est amusé. Les gens étaient une fois de plus super ouverts avec nous. Souriants, sympathiques et il faut l’avouer, un peu taquin au moment de lancer le seau d’eau ;.).

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Et comme si ça ne suffisait pas, Kanen nous invita, après une douche bien méritée, à rejoindre sa famille qui célébrait l’anniversaire d’Amou, sa femme.

Ce vendredi 26 août se termina de la plus belle des manières. En croquant un gâteau au chocolat ;.)

Il nous reste encore quatre jours pour profiter de Pondi et de ses environs (le seul train direct pour Agra partant le mercredi à 9h… et arrivant le jeudi à 23h30!!!). Nous passerons en revue les étoffes d’Aroul et de Velu, les deux plus belles étales du marché Goubert. Nous arpenterons les rues Gandhi et Mission lors du très couru Sunday Market, nous arrangerons l’envoi de cartes postales ainsi que d’un gros « colis souvenir » (il semblerait que Pondi soit l’unique ville indienne à partir de laquelle on puisse envoyer un paquet vers l’extérieur sans trop de soucis. « Diaspora » installée en France oblige). Nous visiterons un petit village à quelques dizaines de km de la ville, encore et toujours grâce à la gentillesse de Kanen (on y rencontrera des gens fort sympathiques, pour la plupart producteurs laitier. Je me suis bu une bonne rasade de lait cru tout droit sorti des mamelles de ces magnifiques bovins aux cornes peintes de toutes les couleurs). Nous ferons la connaissance de nouveaux franco-pondichériens autour d’une (ou plutôt plusieurs) KingFisher. Et enfin, nous nous rendrons à Auroville, à 8km de Pondi.

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Alors Auroville c’est quoi?

Auroville, c’est une communauté spirituelle fondée en 1968 par La Mère, Mirra Alfassa de son nom de naissance. Cette française est considérée, à l’instar de son partenaire spirituel Sri Aurobindo, comme une véritable icône dans la région. Leur tombeau, se trouvant dans l’Ashram de Pondichéry, est quotidiennement visité par des centaines voire des milliers de touristes venus du monde entier.

Mais revenons à Auroville. Composée de plus de 2000 personnes issues de 43 pays différents (dont 900 indiens), cette communauté s’étend sur plus de 4900 acres et offre un cadre de vie essentiellement basé sur la spiritualité : depuis l’école jusqu’au fameux Matrimandir (grande boule dorée où les gens viennent méditer). On y trouve également quelques petits restos (végétariens bien évidemment), des cafés, des quartiers résidentiels constitués de maisons écologiques et construites selon un principe d’autosuffisance (nous avons toutefois quadrillé la zone en moto afin d’en visiter un… sans succès!)… et bien d’autres choses qui cadrent parfaitement avec l’idée préconçue de communauté yogi!

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Bref, bien que l’initiative propose une alternative de vie intéressante et structurée aux personnes en mal de spiritualité, il n’en demeure pas moins que ces derniers s’échappent d’un système… pour entrer dans un autre tout aussi imparfait. Témoignages à l’appui!

Ah et pour l’anecdote, La Mère est également citée dans un passage du second ou troisième tome de la trilogie des Fourmis, de Bernard Weber. Il y fait mention que cette dernière ne serait pas morte d’une mort tout à fait naturelle. Son entourage aurait accéléré le processus en la cloîtrant dans sa chambre afin de faire d’elle une divinité dans les plus brefs délais. Version bien évidemment démentie par les membres de la communauté… Quant à la vérité… elle court toujours!

Comment ai-je pu oublier de parler de notre mode de locomotion en ce mardi 30 août? Je me suis fait plaisir! J’ai enfin loué la mythique Royal Enfield pour barouder toute la journée! Avec Astrid, nous avons enfourché la belle et fougueuse Bullet 500 pour nous rendre à Auroville. Avant même d’y arriver… bouuuuuffff tout s’arrête. Problème électrique sans doute. Et dès lors, avarie sur avarie. Le moteur ne tourne pas à plein régime. La pauvre bécane ne fait que brouter, et, pour couronner le tout, nous rentrons sous des trombes d’eau (encore et toujours la mousson).

Il va sans dire que j’ai su montrer mon mécontentement au loueur de moto. Celui-ci ne me croyant pas le moins du monde essaya la moto. Et à, ô Karma (c’est de circonstance), elle s’éteint. Et demeure inconsciente. Je récupère donc une grosse partie de mon dépôt et retourne, tout trempé, à l’hôtel. Car ce soir, Kanen, Ammou et toute la famille nous attendent pour notre dernier dîner. Un bon repas végétarien avec moult dosas, chiapatis, sauces… ponctué par une bonne glace butter scotch!

Et voilà, il est temps pour nous de quitter Pondichéry et la famille de Kanen. Car pour nous, ces deux là sont désormais indissociables. Nous aurons passé une excellente semaine en leur compagnie et espérons de tout cœur pouvoir partager à nouveau quelques repas ou quelques bières en leur compagnie, où que ce soit sur cette petite planète! En attendant, nous ne pouvons que recommander celles et ceux qui pensent à visiter Pondichéry de vous arrêter chez RAM GUEST HOUSE (No: 546, Mahatma Gandhi Road, Puducherry, téléphone: 0413 222 0072).  Vous en serez plus que satisfaits!

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Mercredi 31 août, 9h00. Kanen nous a accompagnés à la gare pour un dernier au revoir. Nous embarquons 5 minutes plus tard pour Agra, à quelques 35 heures de là où nous attend le merveilleux Taj Mahal. 35 heures, ça peut paraître long. Mais 35 heures en seconde classe sans A/C, ça se passe plutôt rapidement! Les gens sont en effet d’une amabilité déconcertante. Étant les seuls touristes du wagon et sans doute de cette classe, on a eu droit à plusieurs causettes, dont la plupart, on ne se mentira pas, totalement incompréhensibles! Tant pis, c’est rigolo! Je parlais en français, lui en indi et à la fin on rigolait! Tel autre nous offrait un thé masala, tel autre des bonbons aux épices etc… bref, un voyage très agréable que nous recommandons vivement à tous les touristes pas pressés!

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Bon ça y’est, on est arrivé!

Arrivés oui, mais à 23h45. Donc pas le temps de trainasser. Il nous faut rapidement trouver un hôtel. Car bien évidemment, nous n’avons rien réservé! Donc au premier tuk tuk venu, nous nous aventurons à demander le prix pour nous emmener à quelques encablures de l’une des portes d’accès au Taj Mahal afin d’être aux premières loges aux aurores dès le lendemain.

Il nous dit qu’il n’y a pas de soucis, que ça coûtera 140 roupies (prix vérifiés par le guichet prépayé) et qu’il connaît un petit hôtel à 500 roupies la nuit à 1 minute de marche de la West Gate! On s’écrie : Génial!!! Puis il rajoute… malheureusement le Taj Mahal est fermé chaque vendredi (l’équivalent du dimanche pour les musulmans), il vous faudra donc attendre jusqu’à samedi… et là on s’écrie : et merde!!!

Tant pis, Saber nous explique tout au long du chemin qu’il y a plein de choses à visiter dans la ville. Agra Fort, Baby Taj, Mehtab Bagh etc… et que, moyennant 600 roupies il se ferait plaisir de nous y emmener le lendemain.

C’est ce que nous ferons! En effet ces quelques lieux offrent un panorama magnifique, proposent une architecture Moghol typique et sont imprégnés d’histoire. Une très belle journée, bien loin des commentaires pourtant si négatifs que nous avions entendu jusqu’à présent concernant Agra.

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Petite bière en soirée sur le toit de l’hôtel avec le coucher de soleil sur le Taj Mahal. Une bonne nuit de sommeil, et cette fois-ci, nous sommes fins prêts à nous présenter à 5h45 à l’entrée du palais pour profiter de l’expérience au maximum sans être importunés par une nuée de touriste! Et c’est en effet ce qu’il se passa. (ah, pour info, les sacs sont interdits. Il vous faudra les laisser à l’hôtel… au risque de devoir vous taper un aller-retour express à l’aube ;.)). Nous fîmes la connaissance d’Anne et de Matthieu, deux strasbourgeois en trip en Asie depuis 8 mois, avec qui nous partagerons la visite. Et il faut le reconnaître, la visite vaut le coup! Certes elle coûte désormais 1000 roupies par étranger, mais l’œuvre, tout bonnement impressionnante, en vaut clairement la chandelle.

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Voilà, il ne nous reste qu’à profiter tranquillement de nos dernières heures à Agra avant de prendre le train pour Varanasi (également appelée Bénarès), à l’Est.

 

Vârânasî. Nous y sommes. En plein cœur de la vieille ville. Après avoir cheminé tant bien que mal avec notre bardas dans le dédale de rues étroites où se côtoient des milliers de personnes, des centaines de vaches, quelques chiens, autant de chèvres et surtout un nombre incalculable de 2 roues aux klaxons bien affûtés… nous arrivons enfin à notre auberge, Sankhata Guest House.

Un petit thali bien mérité plus tard, nous nous décidons à visiter la ville. Et quelle ville!! La principale ville sainte de l’hindouisme (ville du dieu Shiva) et de surcroît l’une des plus vieilles agglomérations habitées au monde! Les premiers écrits attestant de son existence remontent en effet à plus de 5000 ans!

Les hindous de toute l’Inde, et même du Népal viennent y mourir afin de mettre un terme au cycle des réincarnations et ainsi atteindre le nirvana. Pour nous expliquer tout le processus et nous faire découvrir les richesses cachées de la vieille ville, nous « embauchons » Martin. Martin, c’est un local s’exprimant dans un français impeccable, ayant déjà vécu en France et dont tous les habitants nous ont parlés. Les commentaires internet sont également assez élogieux à son égard. Et en effet ses explications historiques et spirituelles ajoutées à sa connaissance des moindres recoins de la vieille ville nous auront permis d’apprécier au mieux les lieux.

Petit bémol néanmoins, les crues du Gange étant encore à un niveau assez élevé (15m!!) à cause des moussons, il nous sera impossible de visiter les Ghats, ces escaliers qui descendent jusqu’aux berges du fleuve sacré. Il y en a 84 à Vârânasî. Mais à toute bonne chose malheur est bon. Du fait de ces aléas climatiques, les touristes ne sont pas légions. Les rues sont donc plus tranquilles et les prix plus facilement négociables.

Mais revenons à ce qui fait véritablement le « charme » de Vârânasî : Ses morts! Bien que cela puisse paraître morbide, il n’en est rien ici. Les larmes sont d’ailleurs proscrites, au risque de voir l’âme du défunt ne pas atteindre le nirvana.  Martin nous expliqua, en arrivant au Grand Burning Ghat (qui avait été remonté pour l’occasion) que plus de 400 corps étaient brûlés quotidiennement en ce lieu. Le « processus », si mes souvenirs sont exacts, se déroule ainsi. Les proches du défunt, qui sont uniquement des hommes (les femmes étant interdites à cause d’une histoire s’étant déroulée il y a près de deux siècles. Une femme aurait sauté dans le bûcher pour accompagner son mari au nirvana…. Mouais… j’y crois pas trop trop mais bon) portent un brancard en bambou où repose le corps qui est vêtu différemment selon l’âge et le sexe de la personne décédé. Tout cela se fait au son des mantras récités à tue-tête « Ram Nam Satya hei », parfois accompagnés de musiciens, à travers les ruelles descendant vers le Gange. Une fois arrivés à proximité du bûcher, ils doivent acheter les 300 kg de bois nécessaires à la crémation. Selon les moyens de la famille, les types de bois varient. Certains, comme le bois de sentelle coûtent une véritable fortune. Le corps est ensuite baigné dans le Gange, puis séché. Pendant ce temps-là, le fil aîné, ou à défaut le mari ou le frère, ou l’oncle… (jamais une femme, sauf en ultime recours. Extrêmement rare cela va sans dire…), s’habille de blanc et se rase la tête. Le corps (sans le brancard en bambou qui ne brûle pas) est ensuite mis sur le bûchet où brûlent déjà près d’une dizaines d’autres corps. À partir de là et ce jusqu’à ce que les cendres soient jetées dans le Gange, ce sont les intouchables qui prennent le relais. Cette caste, si injustement traitée de partout en Inde, semble jouir ici d’un statut différent. Par exemple, le chef des intouchables est le responsable du « feu sacré ». Ce feu sacré brûle à Vârânasî depuis plus de 5000 ans et sert à « allumer » chacun des corps disposés sur le bûchet. Il fend également le crâne du défunt à l’aide d’une hachette, non pas pour libérer son âme tel qu’il est souvent dit par erreur, mais pour éviter que sous l’effet de la chaleur le crâne n’explose. Une fois la crémation terminée, ce qui prend tout de même 3 heures, les cendres et restes de corps pas totalement calcinés sont jetés dans le fleuve sacré. Les intouchables sont ensuite autorisés à récupérer les bijoux qui reposent dans les cendres.. Les intouchables de Vârânasî ont ainsi la réputation d’être particulièrement riches.

Il est important de noter qu’en période de crues, tous les corps, quelle que soit la richesse de leur famille ou leur caste sont brûlés sur le même bûchet, les espaces dédiés à la crémation manquants. Le reste du temps, une distinction est néanmoins faite.

Autre chose d’importance dont nous a fait part Martin. 5 catégories de « morts » sont directement jetées dans le Gange, sans passer par la crémation, car considérés comme purs. Il s’agit des enfants de moins de 10 ans, des femmes enceintes, des sâdhus (les prêtres hindous vêtus d’orange ayant dédié leur vie à la méditation), des personnes mortes suites à une morsure de serpent (animal de Shiva) ainsi que des lépreux. Ces derniers sont donc lestés de pierres puis jetés au centre du Gange.

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Voilà, après cette visite émotionnellement intense, le passage au temple népalais (construit au 16è siècle pour que le roi hindou du Népal vienne y finir ses jours), ou encore la découverte du « semble-t-il » temple où aurait séjourné Shiva il y a plus de 5000 ans peuvent paraître anodins. Ils n’en demeuraient pas moins inintéressants.

Pour finir la soirée en beauté, un bon lassi à la grenade… et hop, au pieu!

Le lendemain, dès les premières lueurs du soleil, nous arpenterons à nouveau, juste tous les deux, les ruelles particulièrement étroites de la ville pour y faire des rencontres, principalement animales et architecturales, impromptues! Les relations humaines étant malheureusement biaisées dans cette ville où, à cause du tourisme de masse, le blanc est une nouvelle fois considéré comme un petit porte-monnaie sur pattes. Dommage, on aurait pu penser que dans une ville si spirituelle, l’aspect matériel n’aurait que peu d’importance. Il n’en est rien. Tant pis.

Le 6 au matin, nous nous rendons à la gare pour prendre le train direction Amritsar, à l’extrême ouest du pays, à la frontière avec le Pakistan. Un trajet de 24h nous attend. Le train a malheureusement 7 heures de retard. Et autant vous dire que 7h à attendre sur le quai avec à chaque seconde un homme qui s’arrête et scrute de manière plus qu’insistante Astrid… c’est toute une expérience. On début, on s’en amuse, on le regarde, il tourne les yeux, puis continue son cinéma, et ce, à seulement 2m de nous. Il en vient un autre, puis un autre. Les regards ne sont malheureusement pas toujours teintés de curiosité. Certains sont carrément dégueulasses. Pourtant Astrid, prévenue de l’attitude peu délicate de la majeure partie des hommes du nord de l’Inde était habillée de manière tout à fait décente. Malgré cela, rien n’y fait. L’amusement passe et laisse place à l’énervement. Nous voulons bien faire preuve d’ouverture d’esprit et tenter d’appréhender au mieux la culture locale… on arrive bien vite à se fatiguer. L’un d’entre eux, particulièrement insistant s’est même assis en face de nous. Je commence à m’énerver, et là, une vingtaine de personnes arrivent. Non pas pour calmer le jeu. Juste pour assister au spectacle et prendre des vidéos. Astrid me dit de me calmer et de demander tout simplement aux policiers passant par-là de mener au loin cet énergumène.  Mais il semblerait que les policiers n’en aient strictement rien à foutre. La seule solution pour ne pas exploser, c’est triste, mais c’est de s’en aller. Bien que ce sentiment de dégoût fût particulièrement prononcé ce matin-là, Astrid m’avoua qu’elle l’avait très fréquemment ressenti depuis notre arrivée dans le Nord, à Agra.

C’est d’ailleurs une question que nous nous sommes posée à plusieurs reprises. Comment la culture hindoue, pourtant à l’origine du kamasutra ou encore du yoga tantrique peut-être si fermée au point de ne pas pouvoir embrasser sa femme dans la rue? Comment une culture si spirituelle peut-elle générer autant de frustration sexuelle?

Bref… Notre train, initialement prévu à 9h27 pour arriver près de 24h plus tard (8h55), partira finalement à 16h30 pour arriver 30h plus tard! Et bien que ce ne soit pas le premier retard auquel nous devons faire face au cours de notre grand voyage, loin s’en faut (merci Arik Air ;.)), c’est celui qui bouscule sans doute le plus nos plans.

En effet, il se trouve que l’agent de l’immigration ayant tamponné notre passeport se soit trompé. Au lieu d’écrire 10 septembre pour la date d’expiration du visa, il a écrit 19. Or il s’avère que c’est bel et bien le 10 qui prévaut! Donc notre programme de visite de Daramsalah, Manali, Leh etc… dans le baba! Il nous faut déguerpir de l’Inde au plus vite, au risque d’avoir quelques soucis ultérieurs pas forcément désirés (amendes, non permission de décoller, interdiction de territoire…). Tant pis, ces quelques destinations feront l’objet d’un prochain voyage. Mais pour l’instant, il va nous falloir profiter à fond d’Amritsar, dernière agglomération indienne visitée et ville sainte de la religion Sikh!

Nous y arrivons donc  le 7 à 23h. Le train pour Delhi où nous attend l’avion direction Katmandou part le 8 à 19h30. Top départ! À peine arrivés, nous retrouvons avec grand plaisir Anne et Matthieu à l’hôtel AJ Golden Crescent, à quelques centaines de mètre DU symbole de la ville, le fameux Golden Temple! Après avoir rapidement englouti un casse dalle nous partons visiter le Temple. Du moins son environnement, car les visites ne reprennent qu’au petit matin. Le temps pour nous d’apprécier le majestueux spectacle offert par le Temple illuminé se reflétant sur l’étang sacré l’entourant et dans lequel se « baignent » de nombreux Sikhs. C’est beau. Vraiment beau!

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Retour à l’hôtel où nous refaisons le monde jusqu’ 2h30 avec nos comparses du jour!

Le 8, réveil à 8h pour aller visiter l’intérieur du Temple. Pourquoi 8h? Pour éviter les grosses chaleurs et les files d’attente interminables. L’intérieur est tout aussi majestueux, sinon plus, que l’extérieur. Les incrustations de pierres précieuses dans le marbre mais également dans l’or ne sont pas sans rappeler les décorations du Taj Mahal. Les deux monuments ont d’ailleurs été construits à la même époque (17è siècle). Pour en savoir davantage sur l’histoire de ce temple, et de manière plus générale sur la religion Sikh, issue de l’hindouisme et de l’islam, je vous invite à cliquer sur les liens suivants : Temple d’Or et Sikhisme.

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À la sortie du temple, nous retrouvons Anne et Matthieu pour aller visiter le Jallianwala Bagh, un mémorial où, il y a près de 100 ans, en 1919, le général Dyer ordonna à ses soldats de tirer sur la foule présente en ces lieux, foule qui défilait pourtant de manière pacifique pour célébrer le festival de la nouvelle année, le « Vaisakhi ». Les impacts de balle sur les murs encore debout témoignent de ce sinistre épisode.

Nous nous dirigeâmes ensuite vers le marché aux tissus où les étales, tous plus colorés les uns que les autres, semblent bien tranquilles en ce jeudi matin. Et ce ne sera pas nous qui viendrons brouiller cette quiétude… enfin c’est ce qu’on s’était dit… jusqu’à ce qu’au sortir de l’un des seuls bars de la ville (après avoir enfilé quelques bières glacées plus que méritées), Astrid et Anne ne tombent nez à nez avec une friperie de kurtas (vêtements indiens typiques). Elles en profitèrent tellement que nos deux acolytes en ratèrent presque leur bus qui partait vers le Nord. Un ciao ciao express, un RDV au Népal dans 2 semaines, et hop, nous revoilà tous seuls… prêts à filer vers la fameuse Wagah Border, à quelques 30km de la ville.

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Là-bas, chaque jour, au coucher du soleil, se tient une cérémonie incroyable. L’armée indienne d’un côté et l’armée pakistanaise de l’autre se prêtent à une espèce d’affrontement sonore, gestuel et vestimentaire. Une sorte de hakka! La foule côté indien se comptait par milliers. Du côté pakistanais, seules quelques centaines de personnes avaient fait le déplacement, la faute sans doute à la crainte de voir se reproduire l’attentat de 2014 qui avait fait ici même, côté pakistanais, 60 morts.

Les gens s’enflammaient! Ça criait, ça rigolait, ça chantait, ça transpirait le patriotisme. Bref, ce fut un moment véritablement inattendu, tant par l’ampleur du phénomène que par le show offert par la dizaine de militaires en tenue d’apparat. À peine le « coup de sifflet final » ayant retenti (traduisez par-là l’ouverture des deux barrières, le serrage de main entre les deux armées, la baisse des deux drapeaux puis la fermeture des deux barrières), nous courrons vers le taxi qui doit nous amener, en trombes, vers la gare. Nous y arrivons 5 minutes avant le départ. Nous prenons place. Et voilà, notre périple indien touche à sa fin. Plus qu’un trajet jusqu’à l’aéroport international de Delhi et nous voici déjà prêts à débuter notre seconde expérience asiatique. Le Népal!

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Alors au terme d’un périple de 30 jours, que pense-t-on de l’Inde? Ben… On a aimé! Pas super hein la réponse? Vous vous attendiez sans doute à un « wooowwww magique!!! » ou à un « ahhhhh c’était tellement sale, misérable et dégoûtant »… et bien nous aussi on pensait cela au moment de décoller de Cape Town pour Mumbaï. On nous avait pourtant prévenus. L’Inde, tu l’adores ou tu la détestes! Et bien pour nous, ce ne sera ni l’un ni l’autre. On a beaucoup aimé l’histoire du pays, sa spiritualité, son architecture, sa gastronomie. On a beaucoup moins aimé, de manière générale, les relations humaines dans le Nord du pays, les paysages (pour relativiser, nous n’avons vu qu’une infime partie du pays, mais au cours de nos loonnnggsss trajets en train, rien de grandiose ne nous a marqué. Le Rajasthan et l’extrême Nord (Ladack etc…) devant offrir davantage sur ce plan) ou encore la bureaucratie (du visa jusqu’à l’achat d’une carte SIM en passant par le loooong enregistrement à chaque nouvel hôtel). En outre, il y a un « je ne sais quoi » qui fait que nous sommes contents de quitter ce pays. L’effervescence populaire avec son lot de stress, de nuisances sonores et de tas de déchets décorant les rues? Peut-être. L’attitude des hommes à l’égard d’Astrid? Peut-être aussi. L’omniprésence du curry et des épices? Ça non, en aucun cas ;.).

Ah, et petit détail également d’importance pour les personnes, qui, comme moi, requièrent un internet de qualité pour pouvoir travailler tout en voyageant : le réseau internet indien est le pire (à égalité avec la Tanzanie) que nous ayons utilisé jusqu’à présent. Un comble pour cette nation pourtant reconnue pour la qualité de ses entreprises IT et la compétence de ses ingénieurs informatiques et développeurs web. Ce critère n’entre toutefois pas en compte dans notre « ressenti » général du pays.