ROYALITO
Tribulations d'un couple heureux!

L’Inde, loin de tous les préconçus…

Avant d’atterrir à Mumbai (anciennement Bombay), nous étions quelque peu dans l’expectative. Nous nous attentions à tout… et à rien sur les 30 jours à venir. Il faut dire qu’au fil des semaines nous en avons entendu des histoires sur ce pays. Tantôt magiques. Tantôt misérables. Tantôt extraordinaires et tantôt épouvantables. Aux dires des voyageurs rencontrés, il semblerait que l’Inde soit vouée à être adulée ou détestée.

Nos premiers contacts, tant au sortir de l’aéroport qu’à l’arrivée à l’auberge de jeunesse ne furent pas des plus chaleureux ni des plus souriants. Mais pas de quoi nous effrayer.

Dès nos premières heures nous fîmes la connaissance de Julien et d’Ishmeet. Le premier, français parcourant le monde en vue de produire un documentaire dédié à la place des femmes dans l’espace public. La seconde, une jeune indienne, dentiste de profession  fortement engagée dans la lutte pour le droit des femmes et des LGBT en Inde.

Ensemble nous sillonnerons Mumbaï deux jours durant. En trains surpeuplés. En Taxis. En Ola. En Uber et en Autos (TukTuk). Au menu, visite de la principale mosquée de la ville, du principal temple hindou ainsi que la participation à une « messe » dominicale dans un temple sikh. Mais également grimpette aux caves bouddhistes de Kanheri situées dans un parc national aux abords de la ville. Celles-ci ont été creusées et décorées il y a plus de 2000 ans… et sont malheureusement désormais en libre accès. Et nombreux étaient les locaux à ne donner que peu d’importance à l’histoire en ce dimanche.

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Ah et bien sûr, pour épancher notre soif, nous eûmes droit à deux brasseries locales. En toute honnêteté, rien d’exceptionnel, mais dans un pays où il semble n’y avoir qu’une seule marque de bière commerciale (King Fisher. Et pour cause, une majeure partie de la population de boit pas d’alcool), nous ne pouvons que saluer cette initiative locale!

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Après avoir dit au revoir à Julien qui partait pour d’autres reportage ainsi qu’à Ishmeet qui reprenait le boulot en pleine fête nationale (le 15 août est le jour de l’indépendance), nous partîmes à la découverte du vieux Mumbay, avec ses bâtiments majestueux mêlant différents styles architecturaux! Du grand. Du beau. En compagnie de James, un anglais partageant notre dortoir, nous passâmes près d’une journée à déambuler dans les rues de ce quartier. Certaines surpeuplées (fête nationale oblige) d’autres bien esseulées où seuls quelques joueurs de cricket se lançaient la balle entre les taxis.

Ça y’est, le temps est venu pour nous de dire ciao à Mumbai. Une ville qui nous faisait peur. Une ville dont nous nous rappellerons désormais avec nostalgie tant elle a su nous séduire grâce à ses charmes culturels et son effervescence sociale! Après un dernier café en soirée avec Zach et compagnie (un groupe d’étudiants internationaux venus passer un an à l’université de Pune), nous prîmes la direction de la gare de bus pour embarquer direction Goa!

Après une looooonnnnnggguuuue nuit dans le bus nous arrivons à destination vers 11h. Pourquoi si longue? Et bien parce qu’en pénétrant dans le bus et en voyant des compartiments avec des lits, la clim, la tv et tout le tsin tsouin nous avons en effet piaffé d’impatience et avons grimpé comme deux lémurs endiablés dans notre chambre, prêts à partir pour une bonne nuit de sommeil! Mais ça c’était sans compter le lit trop petit, la clim qui nous crachait de l’air moisi en plein dans le museau et surtout la route qui semblait n’être faite que de nids de poules et de dos d’âne. Résultat, tu restes tendu toute la nuit pour ne pas tomber, tu sors de là avec la crève et des fourmis dans les jambes… Pourtant qu’elle était belle cette petite cabine! (Tellement belle qu’on décidera malgré tout de retenter l’aventure… pour notre plus grand plaisir).

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Bon ça y’est. Nous sommes à Goa. Mais ce qu’on ne nous avait pas dit c’est que Goa,  c’est pas une ville. Mais une région! Et pas si petite. Tant mieux, ça ne nous donnera que plus de choses à voir! Premier objectif, Varca à quelques 30 minutes de transport public de Margao, là où nous avait laissé le bus. Nous prenons nos aises dans notre piole réservée via AirBnB… et…black out total pendant 4h. Une sieste salutaire. Au réveil, on trouve un bon petit bouiboui pour s’enfiler un excellent Biryani ainsi qu’un Thali et on en profite pour louer un scooter pour les deux prochains jours… car il y en a du pays à visiter!

Et en effet, nous passerons les deux journées suivantes à sillonner le Sud Goa en scoot. De Margao à Palolem en passant par la plage cachée de Kola, un temple hindou perché sur une colline où seuls jouaient quelques singes ou bien encore le vieux fort portugais de Cabo da Rama. Et l’héritage portugais, parlons-en justement. Dans toute cette région, la présence architecturale portugaise est omniprésente. À travers les 23395374 églises (j’exagère quelque peu) qui jalonnèrent notre parcours mais également par les nombreuses bâtisses coloniales imposantes et somptueuses aux façades colorées défraîchies. La présence portugaise qui dura près de 450 ans se trahit également par les noms de quelques rues ou de certains villages (qui pour la plupart possèdent également une orthographe indienne). Les noms de famille de certains locaux laissent également deviner les racines latines de la région (Ramires, Da Costa, Fernandes…). Mais ici s’arrête l’influence portugaise. Plus personne ne parle la langue. La gastronomie proposée semble ignorer l’héritage lusophone (ah pardon, il subsiste quelques producteurs de vin qui commercialisent un breuvage tout à fait décent). Rien, plus rien dans la vie de tous les jours ne rappelle que pendant près d’un demi millénaire, cette région était l’une des plus prospères de l’empire portugais. Hormis peut-être la religion, mais là encore, l’inquisition portugaise fut telle, que les catholiques du coin semblent avoir adopté une sorte de catholicisme hybride acceptant quelques spécificités de la culture hindou.

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Il est également important de noter qu’ici, l’ambiance est beaucoup plus tranquille pour les femmes. Hommes et femmes se côtoient et s’interpellent sans soucis. Pas de files d’attente pour tel ou tel sexe. Les jeunes sont en short et il est possible d’acheter du vin ou de la bière sans trop batailler. Pour certains cette attitude décomplexée viendrait de l’influence latine. Pour d’autres l’environnement « vacancier » en serait la raison. Toujours est-il qu’on s’y est plu dans cette région!

Même constat les trois jours suivants, plus au Nord, à Panjim (Panaji) puis à Old Goa où subsistent encore de nombreux édifices religieux dont certains datant des années 1500!

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Mais le temps passe, et notre eVisa ne nous offrant qu’un temps limité sur le territoire, nous devons nous activer et poursuivre notre périple. Prochaine étape : Fort Kochi dans l’état du Kerala, à une nuit de train couchette au sud.

Autant Goa attire en cette époque de l’année un tourisme principalement indien, autant Fort Kochi fait la part belle aux étrangers. On n’aime pas trop ça mais bon tant pis. Après tout, qu’on le veuille ou non, nous sommes des touristes…

Fort Kochi, à la différence de Goa a une histoire partagée entre les portugais, les hollandais et les anglais, sans pour autant renier ses racines hindoues. Les juifs ont également joué un rôle important dans le développement de cette ville où la plus ancienne synagogue du pays a d’ailleurs été construite et où existe toujours un « Jew Town » ainsi qu’un cimetière juif.

Cette diversité culturelle a donné à cette ville de bord de mer un charme tout particulier. Un charme que nous avons apprécié en flânant ci-et-là, sous une chaleur humide relativement intense. Le long de la plage où sont perchés les « filets chinois », à travers les rues du marché aux épices, dans les pièces du musée hollandais transformé en musée ou encore dans la salle de théâtre pour assister à une représentation « très touristique » de Kathakali, l’art théâtral de l’état du Kerala. Ah et comment oublier notre ciné boolywood ! Dans un cinéma vétuste à 20 roupies l’entrée (30 centimes)  où tournaient en permanence une bonne vingtaine de ventilos, nous avons assisté à un véritable spectacle ! Nous ne comprenions rien au film qui était en malayalam (langue du Kerala) mais voir les spectateurs rire aux éclats, applaudir voire même se lever et siffler… c’était ça le spectacle ! Le film qui parlait de fantômes devait toutefois en valoir la peine puisque, les nerfs à vifs, certains spectateurs se sont laissés allés à fumer quelques splifs !

Là encore nous nous y plaisions à Fort Kochi. Mais cette fois, ce n’est pas vraiment le temps qui nous a poussé à partir vers notre prochaine destination, mais plutôt le côté mercantile de la ville. La nourriture y est beaucoup plus chère qu’ailleurs. Les commerçants qui t’attendent dans la rue te parlent en 75 langues différentes pour te vendre ZE bibelot ou ZE saree, et les chauffeurs d’Autorickshaw (tuk-tuk) te proposent des tours gratuits de la ville si tu acceptes de visiter quelques boutiques. Il semblerait que même si tu n’achètes rien ils reçoivent une commission. Tantôt en liquide tantôt en essence. Bref, si agréable que soit Kochi, nous nous devions de changer d’air. Direction Pondichéry, à une nuit de bus à l’Est.

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Alors attention, autant dire que cette nuit de bus était 5 étoiles. Rien à voir avec la première! Le compartiment était un poil plus long, la clim était diffuse et agréable et surtout nous ne dormions pas à même le cuir mais sur un petit drap tout propre ;.). Mais disons le franchement, la route n’était pas aussi dégueulasse et le chauffeur pas aussi sauvage que lors de notre première expérience! Bref, une nuit presque inoubliable ;.)

Nous arrivons à 5h du mat’ à Pondichéry (ou Pondicherry ou Puducherry). La ville commence déjà à s’animer. Après quelques négociations avec un autorickshaw (qui passa tout de même de 450 à 100 roupies), nous prenons la route vers Ram Guest House, dans le quartier français. Avant d’arriver à destination, nous faisons une halte café afin de ne pas se pointer chez notre hôte à une heure indécente. On attaque la file d’attente, et là, soudainement, le vieux monsieur un peu joufflu qui était devant nous commence à s’exprimer en français. Ah, pour info, Pondichéry était l’un des 5 comptoirs français de l’Inde, et de loin le plus important. Comptoir rendu en 1952 sans effusions de sang et après d’âpres négociations pour offrir aux pondichériens quelques avantages non négligeables une fois intégrés au giron indien, du moins c’est ce que nous racontera plus tard Kanen, notre hôte. Pour plus d’infos à ce sujet : Super Wiki!!!

Kanen justement, nous le retrouvons après avoir fait nos adieux à Boubou, notre « collègue de café ». Boubou nous raconta qu’il naquit à Pondichéry mais vécu la plus grande partie de sa vie en France. Il coule désormais une retraite heureuse sur la terre de son enfance.

Après avoir pris nos aises (traduisez : jeter nos affaires et tout déballer en vrac) nous rejoignîmes Kanen. Kanen est fils de pondichériens tamouls (ethnie présente dans tout le Sud de l’Inde ainsi qu’au Sri Lanka). Lorsque la France s’est retirée du comptoir, elle a offert aux pondichériens la possibilité de choisir entre la nationalité française ou l’indienne. Ses grands-parents ont choisi la nationalité française (la majorité des locaux opta pour l’indienne). Son père s’engagea dans l’armée de l’air française et lui intégra quelques années plus tard l’industrie aéronautique. Il décida toutefois de venir s’installer à Pondichéry pour reprendre les affaires familiales. Et tant mieux! Cela nous permettra de faire sa connaissance ainsi que celle de toute sa famille!

Mais pour commencer, visite de la ville! Sur ses conseils, nous sillonnerons de long en large le cœur historique de Pondichéry : Temple Manakular Vinayagar qui vénère le Dieu hindou Ganesh, le fameux éléphant bleu (un véritable éléphant maquillé et portant des bijoux reçoit les offrandes des croyants à l’entrée du temple et les bénits avec la trompe. S’il s’agit d’herbes ou de fruits, il les mange. Si c’est de l’argent il le lance derrière lui pour son « accompagnant ». Pauvre animal), le Bharathi park, la Basilique du Sacré Cœur, l’Ashram de la Mère et de Sri Aurobindo, les rues Romain Rolland et Dumas où se trouvent les plus belles bâtisses de style colonial, la Promenade, le Café (établissement ouvert 24/24 et offrant du café de qualité dans une maison coloniale située sur la plage) etc… Nous ne manquerons pas non plus les attractions commerciales de la ville, notamment le Grand Bazar où la boutique Arul propose des étoffes colorées de la meilleure qualité et à des prix défiants toute concurrence.

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Nous rentrons à la tombée de la nuit vers l’auberge. Kanen qui se trouvait dans les parages nous propose de le suivre à quelques pâtés de maison où se déroule une fête en l’honneur d’un Dieu hindou (n’allez pas me demander le nom…) censé partir en balade une fois par an à travers la ville. De la musique traditionnelle (avec notamment la flûte/trompette utilisée par les dresseurs de serpent), des danseuses en furie, un char multicolore tiré à travers les rues… ainsi qu’une pinata à tous les 100m. Mais attention, à la différence des pinatas mexicaines, celle-ci ajoute un peu de difficulté au « batteur ». 4 comparses lui versent en effet à un rythme effréné des seaux d’eau en pleine poire! Le pauvre. Il lui faudra 20 minutes de lutte acharnée pour venir à bout de la malheureuse pinata. Il est passé à deux doigts de la noyade le bougre! Et pendant ce temps-là, la fête continue à arpenter les rues et ce, jusqu’au petit matin! Et nous, étant les seuls touristes, forcément nous sommes partis… trempés jusqu’aux os! Mais qu’est-ce qu’on s’est amusé. Les gens étaient une fois de plus super ouverts avec nous. Souriants, sympathiques et il faut l’avouer, un peu taquin au moment de lancer le seau d’eau ;.).

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Et comme si ça ne suffisait pas, Kanen nous invita, après une douche bien méritée, à rejoindre sa famille qui célébrait l’anniversaire d’Amou, sa femme.

Ce vendredi 26 août se termina de la plus belle des manières. En croquant un gâteau au chocolat ;.)

Il nous reste encore quatre jours pour profiter de Pondi et de ses environs (le seul train direct pour Agra partant le mercredi à 9h… et arrivant le jeudi à 23h30!!!). Nous passerons en revue les étoffes d’Aroul et de Velu, les deux plus belles étales du marché Goubert. Nous arpenterons les rues Gandhi et Mission lors du très couru Sunday Market, nous arrangerons l’envoi de cartes postales ainsi que d’un gros « colis souvenir » (il semblerait que Pondi soit l’unique ville indienne à partir de laquelle on puisse envoyer un paquet vers l’extérieur sans trop de soucis. « Diaspora » installée en France oblige). Nous visiterons un petit village à quelques dizaines de km de la ville, encore et toujours grâce à la gentillesse de Kanen (on y rencontrera des gens fort sympathiques, pour la plupart producteurs laitier. Je me suis bu une bonne rasade de lait cru tout droit sorti des mamelles de ces magnifiques bovins aux cornes peintes de toutes les couleurs). Nous ferons la connaissance de nouveaux franco-pondichériens autour d’une (ou plutôt plusieurs) KingFisher. Et enfin, nous nous rendrons à Auroville, à 8km de Pondi.

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Alors Auroville c’est quoi?

Auroville, c’est une communauté spirituelle fondée en 1968 par La Mère, Mirra Alfassa de son nom de naissance. Cette française est considérée, à l’instar de son partenaire spirituel Sri Aurobindo, comme une véritable icône dans la région. Leur tombeau, se trouvant dans l’Ashram de Pondichéry, est quotidiennement visité par des centaines voire des milliers de touristes venus du monde entier.

Mais revenons à Auroville. Composée de plus de 2000 personnes issues de 43 pays différents (dont 900 indiens), cette communauté s’étend sur plus de 4900 acres et offre un cadre de vie essentiellement basé sur la spiritualité : depuis l’école jusqu’au fameux Matrimandir (grande boule dorée où les gens viennent méditer). On y trouve également quelques petits restos (végétariens bien évidemment), des cafés, des quartiers résidentiels constitués de maisons écologiques et construites selon un principe d’autosuffisance (nous avons toutefois quadrillé la zone en moto afin d’en visiter un… sans succès!)… et bien d’autres choses qui cadrent parfaitement avec l’idée préconçue de communauté yogi!

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Bref, bien que l’initiative propose une alternative de vie intéressante et structurée aux personnes en mal de spiritualité, il n’en demeure pas moins que ces derniers s’échappent d’un système… pour entrer dans un autre tout aussi imparfait. Témoignages à l’appui!

Ah et pour l’anecdote, La Mère est également citée dans un passage du second ou troisième tome de la trilogie des Fourmis, de Bernard Weber. Il y fait mention que cette dernière ne serait pas morte d’une mort tout à fait naturelle. Son entourage aurait accéléré le processus en la cloîtrant dans sa chambre afin de faire d’elle une divinité dans les plus brefs délais. Version bien évidemment démentie par les membres de la communauté… Quant à la vérité… elle court toujours!

Comment ai-je pu oublier de parler de notre mode de locomotion en ce mardi 30 août? Je me suis fait plaisir! J’ai enfin loué la mythique Royal Enfield pour barouder toute la journée! Avec Astrid, nous avons enfourché la belle et fougueuse Bullet 500 pour nous rendre à Auroville. Avant même d’y arriver… bouuuuuffff tout s’arrête. Problème électrique sans doute. Et dès lors, avarie sur avarie. Le moteur ne tourne pas à plein régime. La pauvre bécane ne fait que brouter, et, pour couronner le tout, nous rentrons sous des trombes d’eau (encore et toujours la mousson).

Il va sans dire que j’ai su montrer mon mécontentement au loueur de moto. Celui-ci ne me croyant pas le moins du monde essaya la moto. Et à, ô Karma (c’est de circonstance), elle s’éteint. Et demeure inconsciente. Je récupère donc une grosse partie de mon dépôt et retourne, tout trempé, à l’hôtel. Car ce soir, Kanen, Ammou et toute la famille nous attendent pour notre dernier dîner. Un bon repas végétarien avec moult dosas, chiapatis, sauces… ponctué par une bonne glace butter scotch!

Et voilà, il est temps pour nous de quitter Pondichéry et la famille de Kanen. Car pour nous, ces deux là sont désormais indissociables. Nous aurons passé une excellente semaine en leur compagnie et espérons de tout cœur pouvoir partager à nouveau quelques repas ou quelques bières en leur compagnie, où que ce soit sur cette petite planète! En attendant, nous ne pouvons que recommander celles et ceux qui pensent à visiter Pondichéry de vous arrêter chez RAM GUEST HOUSE (No: 546, Mahatma Gandhi Road, Puducherry, téléphone: 0413 222 0072).  Vous en serez plus que satisfaits!

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Mercredi 31 août, 9h00. Kanen nous a accompagnés à la gare pour un dernier au revoir. Nous embarquons 5 minutes plus tard pour Agra, à quelques 35 heures de là où nous attend le merveilleux Taj Mahal. 35 heures, ça peut paraître long. Mais 35 heures en seconde classe sans A/C, ça se passe plutôt rapidement! Les gens sont en effet d’une amabilité déconcertante. Étant les seuls touristes du wagon et sans doute de cette classe, on a eu droit à plusieurs causettes, dont la plupart, on ne se mentira pas, totalement incompréhensibles! Tant pis, c’est rigolo! Je parlais en français, lui en indi et à la fin on rigolait! Tel autre nous offrait un thé masala, tel autre des bonbons aux épices etc… bref, un voyage très agréable que nous recommandons vivement à tous les touristes pas pressés!

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Bon ça y’est, on est arrivé!

Arrivés oui, mais à 23h45. Donc pas le temps de trainasser. Il nous faut rapidement trouver un hôtel. Car bien évidemment, nous n’avons rien réservé! Donc au premier tuk tuk venu, nous nous aventurons à demander le prix pour nous emmener à quelques encablures de l’une des portes d’accès au Taj Mahal afin d’être aux premières loges aux aurores dès le lendemain.

Il nous dit qu’il n’y a pas de soucis, que ça coûtera 140 roupies (prix vérifiés par le guichet prépayé) et qu’il connaît un petit hôtel à 500 roupies la nuit à 1 minute de marche de la West Gate! On s’écrie : Génial!!! Puis il rajoute… malheureusement le Taj Mahal est fermé chaque vendredi (l’équivalent du dimanche pour les musulmans), il vous faudra donc attendre jusqu’à samedi… et là on s’écrie : et merde!!!

Tant pis, Saber nous explique tout au long du chemin qu’il y a plein de choses à visiter dans la ville. Agra Fort, Baby Taj, Mehtab Bagh etc… et que, moyennant 600 roupies il se ferait plaisir de nous y emmener le lendemain.

C’est ce que nous ferons! En effet ces quelques lieux offrent un panorama magnifique, proposent une architecture Moghol typique et sont imprégnés d’histoire. Une très belle journée, bien loin des commentaires pourtant si négatifs que nous avions entendu jusqu’à présent concernant Agra.

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Petite bière en soirée sur le toit de l’hôtel avec le coucher de soleil sur le Taj Mahal. Une bonne nuit de sommeil, et cette fois-ci, nous sommes fins prêts à nous présenter à 5h45 à l’entrée du palais pour profiter de l’expérience au maximum sans être importunés par une nuée de touriste! Et c’est en effet ce qu’il se passa. (ah, pour info, les sacs sont interdits. Il vous faudra les laisser à l’hôtel… au risque de devoir vous taper un aller-retour express à l’aube ;.)). Nous fîmes la connaissance d’Anne et de Matthieu, deux strasbourgeois en trip en Asie depuis 8 mois, avec qui nous partagerons la visite. Et il faut le reconnaître, la visite vaut le coup! Certes elle coûte désormais 1000 roupies par étranger, mais l’œuvre, tout bonnement impressionnante, en vaut clairement la chandelle.

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Voilà, il ne nous reste qu’à profiter tranquillement de nos dernières heures à Agra avant de prendre le train pour Varanasi (également appelée Bénarès), à l’Est.

 

Vârânasî. Nous y sommes. En plein cœur de la vieille ville. Après avoir cheminé tant bien que mal avec notre bardas dans le dédale de rues étroites où se côtoient des milliers de personnes, des centaines de vaches, quelques chiens, autant de chèvres et surtout un nombre incalculable de 2 roues aux klaxons bien affûtés… nous arrivons enfin à notre auberge, Sankhata Guest House.

Un petit thali bien mérité plus tard, nous nous décidons à visiter la ville. Et quelle ville!! La principale ville sainte de l’hindouisme (ville du dieu Shiva) et de surcroît l’une des plus vieilles agglomérations habitées au monde! Les premiers écrits attestant de son existence remontent en effet à plus de 5000 ans!

Les hindous de toute l’Inde, et même du Népal viennent y mourir afin de mettre un terme au cycle des réincarnations et ainsi atteindre le nirvana. Pour nous expliquer tout le processus et nous faire découvrir les richesses cachées de la vieille ville, nous « embauchons » Martin. Martin, c’est un local s’exprimant dans un français impeccable, ayant déjà vécu en France et dont tous les habitants nous ont parlés. Les commentaires internet sont également assez élogieux à son égard. Et en effet ses explications historiques et spirituelles ajoutées à sa connaissance des moindres recoins de la vieille ville nous auront permis d’apprécier au mieux les lieux.

Petit bémol néanmoins, les crues du Gange étant encore à un niveau assez élevé (15m!!) à cause des moussons, il nous sera impossible de visiter les Ghats, ces escaliers qui descendent jusqu’aux berges du fleuve sacré. Il y en a 84 à Vârânasî. Mais à toute bonne chose malheur est bon. Du fait de ces aléas climatiques, les touristes ne sont pas légions. Les rues sont donc plus tranquilles et les prix plus facilement négociables.

Mais revenons à ce qui fait véritablement le « charme » de Vârânasî : Ses morts! Bien que cela puisse paraître morbide, il n’en est rien ici. Les larmes sont d’ailleurs proscrites, au risque de voir l’âme du défunt ne pas atteindre le nirvana.  Martin nous expliqua, en arrivant au Grand Burning Ghat (qui avait été remonté pour l’occasion) que plus de 400 corps étaient brûlés quotidiennement en ce lieu. Le « processus », si mes souvenirs sont exacts, se déroule ainsi. Les proches du défunt, qui sont uniquement des hommes (les femmes étant interdites à cause d’une histoire s’étant déroulée il y a près de deux siècles. Une femme aurait sauté dans le bûcher pour accompagner son mari au nirvana…. Mouais… j’y crois pas trop trop mais bon) portent un brancard en bambou où repose le corps qui est vêtu différemment selon l’âge et le sexe de la personne décédé. Tout cela se fait au son des mantras récités à tue-tête « Ram Nam Satya hei », parfois accompagnés de musiciens, à travers les ruelles descendant vers le Gange. Une fois arrivés à proximité du bûcher, ils doivent acheter les 300 kg de bois nécessaires à la crémation. Selon les moyens de la famille, les types de bois varient. Certains, comme le bois de sentelle coûtent une véritable fortune. Le corps est ensuite baigné dans le Gange, puis séché. Pendant ce temps-là, le fil aîné, ou à défaut le mari ou le frère, ou l’oncle… (jamais une femme, sauf en ultime recours. Extrêmement rare cela va sans dire…), s’habille de blanc et se rase la tête. Le corps (sans le brancard en bambou qui ne brûle pas) est ensuite mis sur le bûchet où brûlent déjà près d’une dizaines d’autres corps. À partir de là et ce jusqu’à ce que les cendres soient jetées dans le Gange, ce sont les intouchables qui prennent le relais. Cette caste, si injustement traitée de partout en Inde, semble jouir ici d’un statut différent. Par exemple, le chef des intouchables est le responsable du « feu sacré ». Ce feu sacré brûle à Vârânasî depuis plus de 5000 ans et sert à « allumer » chacun des corps disposés sur le bûchet. Il fend également le crâne du défunt à l’aide d’une hachette, non pas pour libérer son âme tel qu’il est souvent dit par erreur, mais pour éviter que sous l’effet de la chaleur le crâne n’explose. Une fois la crémation terminée, ce qui prend tout de même 3 heures, les cendres et restes de corps pas totalement calcinés sont jetés dans le fleuve sacré. Les intouchables sont ensuite autorisés à récupérer les bijoux qui reposent dans les cendres.. Les intouchables de Vârânasî ont ainsi la réputation d’être particulièrement riches.

Il est important de noter qu’en période de crues, tous les corps, quelle que soit la richesse de leur famille ou leur caste sont brûlés sur le même bûchet, les espaces dédiés à la crémation manquants. Le reste du temps, une distinction est néanmoins faite.

Autre chose d’importance dont nous a fait part Martin. 5 catégories de « morts » sont directement jetées dans le Gange, sans passer par la crémation, car considérés comme purs. Il s’agit des enfants de moins de 10 ans, des femmes enceintes, des sâdhus (les prêtres hindous vêtus d’orange ayant dédié leur vie à la méditation), des personnes mortes suites à une morsure de serpent (animal de Shiva) ainsi que des lépreux. Ces derniers sont donc lestés de pierres puis jetés au centre du Gange.

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Voilà, après cette visite émotionnellement intense, le passage au temple népalais (construit au 16è siècle pour que le roi hindou du Népal vienne y finir ses jours), ou encore la découverte du « semble-t-il » temple où aurait séjourné Shiva il y a plus de 5000 ans peuvent paraître anodins. Ils n’en demeuraient pas moins inintéressants.

Pour finir la soirée en beauté, un bon lassi à la grenade… et hop, au pieu!

Le lendemain, dès les premières lueurs du soleil, nous arpenterons à nouveau, juste tous les deux, les ruelles particulièrement étroites de la ville pour y faire des rencontres, principalement animales et architecturales, impromptues! Les relations humaines étant malheureusement biaisées dans cette ville où, à cause du tourisme de masse, le blanc est une nouvelle fois considéré comme un petit porte-monnaie sur pattes. Dommage, on aurait pu penser que dans une ville si spirituelle, l’aspect matériel n’aurait que peu d’importance. Il n’en est rien. Tant pis.

Le 6 au matin, nous nous rendons à la gare pour prendre le train direction Amritsar, à l’extrême ouest du pays, à la frontière avec le Pakistan. Un trajet de 24h nous attend. Le train a malheureusement 7 heures de retard. Et autant vous dire que 7h à attendre sur le quai avec à chaque seconde un homme qui s’arrête et scrute de manière plus qu’insistante Astrid… c’est toute une expérience. On début, on s’en amuse, on le regarde, il tourne les yeux, puis continue son cinéma, et ce, à seulement 2m de nous. Il en vient un autre, puis un autre. Les regards ne sont malheureusement pas toujours teintés de curiosité. Certains sont carrément dégueulasses. Pourtant Astrid, prévenue de l’attitude peu délicate de la majeure partie des hommes du nord de l’Inde était habillée de manière tout à fait décente. Malgré cela, rien n’y fait. L’amusement passe et laisse place à l’énervement. Nous voulons bien faire preuve d’ouverture d’esprit et tenter d’appréhender au mieux la culture locale… on arrive bien vite à se fatiguer. L’un d’entre eux, particulièrement insistant s’est même assis en face de nous. Je commence à m’énerver, et là, une vingtaine de personnes arrivent. Non pas pour calmer le jeu. Juste pour assister au spectacle et prendre des vidéos. Astrid me dit de me calmer et de demander tout simplement aux policiers passant par-là de mener au loin cet énergumène.  Mais il semblerait que les policiers n’en aient strictement rien à foutre. La seule solution pour ne pas exploser, c’est triste, mais c’est de s’en aller. Bien que ce sentiment de dégoût fût particulièrement prononcé ce matin-là, Astrid m’avoua qu’elle l’avait très fréquemment ressenti depuis notre arrivée dans le Nord, à Agra.

C’est d’ailleurs une question que nous nous sommes posée à plusieurs reprises. Comment la culture hindoue, pourtant à l’origine du kamasutra ou encore du yoga tantrique peut-être si fermée au point de ne pas pouvoir embrasser sa femme dans la rue? Comment une culture si spirituelle peut-elle générer autant de frustration sexuelle?

Bref… Notre train, initialement prévu à 9h27 pour arriver près de 24h plus tard (8h55), partira finalement à 16h30 pour arriver 30h plus tard! Et bien que ce ne soit pas le premier retard auquel nous devons faire face au cours de notre grand voyage, loin s’en faut (merci Arik Air ;.)), c’est celui qui bouscule sans doute le plus nos plans.

En effet, il se trouve que l’agent de l’immigration ayant tamponné notre passeport se soit trompé. Au lieu d’écrire 10 septembre pour la date d’expiration du visa, il a écrit 19. Or il s’avère que c’est bel et bien le 10 qui prévaut! Donc notre programme de visite de Daramsalah, Manali, Leh etc… dans le baba! Il nous faut déguerpir de l’Inde au plus vite, au risque d’avoir quelques soucis ultérieurs pas forcément désirés (amendes, non permission de décoller, interdiction de territoire…). Tant pis, ces quelques destinations feront l’objet d’un prochain voyage. Mais pour l’instant, il va nous falloir profiter à fond d’Amritsar, dernière agglomération indienne visitée et ville sainte de la religion Sikh!

Nous y arrivons donc  le 7 à 23h. Le train pour Delhi où nous attend l’avion direction Katmandou part le 8 à 19h30. Top départ! À peine arrivés, nous retrouvons avec grand plaisir Anne et Matthieu à l’hôtel AJ Golden Crescent, à quelques centaines de mètre DU symbole de la ville, le fameux Golden Temple! Après avoir rapidement englouti un casse dalle nous partons visiter le Temple. Du moins son environnement, car les visites ne reprennent qu’au petit matin. Le temps pour nous d’apprécier le majestueux spectacle offert par le Temple illuminé se reflétant sur l’étang sacré l’entourant et dans lequel se « baignent » de nombreux Sikhs. C’est beau. Vraiment beau!

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Retour à l’hôtel où nous refaisons le monde jusqu’ 2h30 avec nos comparses du jour!

Le 8, réveil à 8h pour aller visiter l’intérieur du Temple. Pourquoi 8h? Pour éviter les grosses chaleurs et les files d’attente interminables. L’intérieur est tout aussi majestueux, sinon plus, que l’extérieur. Les incrustations de pierres précieuses dans le marbre mais également dans l’or ne sont pas sans rappeler les décorations du Taj Mahal. Les deux monuments ont d’ailleurs été construits à la même époque (17è siècle). Pour en savoir davantage sur l’histoire de ce temple, et de manière plus générale sur la religion Sikh, issue de l’hindouisme et de l’islam, je vous invite à cliquer sur les liens suivants : Temple d’Or et Sikhisme.

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À la sortie du temple, nous retrouvons Anne et Matthieu pour aller visiter le Jallianwala Bagh, un mémorial où, il y a près de 100 ans, en 1919, le général Dyer ordonna à ses soldats de tirer sur la foule présente en ces lieux, foule qui défilait pourtant de manière pacifique pour célébrer le festival de la nouvelle année, le « Vaisakhi ». Les impacts de balle sur les murs encore debout témoignent de ce sinistre épisode.

Nous nous dirigeâmes ensuite vers le marché aux tissus où les étales, tous plus colorés les uns que les autres, semblent bien tranquilles en ce jeudi matin. Et ce ne sera pas nous qui viendrons brouiller cette quiétude… enfin c’est ce qu’on s’était dit… jusqu’à ce qu’au sortir de l’un des seuls bars de la ville (après avoir enfilé quelques bières glacées plus que méritées), Astrid et Anne ne tombent nez à nez avec une friperie de kurtas (vêtements indiens typiques). Elles en profitèrent tellement que nos deux acolytes en ratèrent presque leur bus qui partait vers le Nord. Un ciao ciao express, un RDV au Népal dans 2 semaines, et hop, nous revoilà tous seuls… prêts à filer vers la fameuse Wagah Border, à quelques 30km de la ville.

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Là-bas, chaque jour, au coucher du soleil, se tient une cérémonie incroyable. L’armée indienne d’un côté et l’armée pakistanaise de l’autre se prêtent à une espèce d’affrontement sonore, gestuel et vestimentaire. Une sorte de hakka! La foule côté indien se comptait par milliers. Du côté pakistanais, seules quelques centaines de personnes avaient fait le déplacement, la faute sans doute à la crainte de voir se reproduire l’attentat de 2014 qui avait fait ici même, côté pakistanais, 60 morts.

Les gens s’enflammaient! Ça criait, ça rigolait, ça chantait, ça transpirait le patriotisme. Bref, ce fut un moment véritablement inattendu, tant par l’ampleur du phénomène que par le show offert par la dizaine de militaires en tenue d’apparat. À peine le « coup de sifflet final » ayant retenti (traduisez par-là l’ouverture des deux barrières, le serrage de main entre les deux armées, la baisse des deux drapeaux puis la fermeture des deux barrières), nous courrons vers le taxi qui doit nous amener, en trombes, vers la gare. Nous y arrivons 5 minutes avant le départ. Nous prenons place. Et voilà, notre périple indien touche à sa fin. Plus qu’un trajet jusqu’à l’aéroport international de Delhi et nous voici déjà prêts à débuter notre seconde expérience asiatique. Le Népal!

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Alors au terme d’un périple de 30 jours, que pense-t-on de l’Inde? Ben… On a aimé! Pas super hein la réponse? Vous vous attendiez sans doute à un « wooowwww magique!!! » ou à un « ahhhhh c’était tellement sale, misérable et dégoûtant »… et bien nous aussi on pensait cela au moment de décoller de Cape Town pour Mumbaï. On nous avait pourtant prévenus. L’Inde, tu l’adores ou tu la détestes! Et bien pour nous, ce ne sera ni l’un ni l’autre. On a beaucoup aimé l’histoire du pays, sa spiritualité, son architecture, sa gastronomie. On a beaucoup moins aimé, de manière générale, les relations humaines dans le Nord du pays, les paysages (pour relativiser, nous n’avons vu qu’une infime partie du pays, mais au cours de nos loonnnggsss trajets en train, rien de grandiose ne nous a marqué. Le Rajasthan et l’extrême Nord (Ladack etc…) devant offrir davantage sur ce plan) ou encore la bureaucratie (du visa jusqu’à l’achat d’une carte SIM en passant par le loooong enregistrement à chaque nouvel hôtel). En outre, il y a un « je ne sais quoi » qui fait que nous sommes contents de quitter ce pays. L’effervescence populaire avec son lot de stress, de nuisances sonores et de tas de déchets décorant les rues? Peut-être. L’attitude des hommes à l’égard d’Astrid? Peut-être aussi. L’omniprésence du curry et des épices? Ça non, en aucun cas ;.).

Ah, et petit détail également d’importance pour les personnes, qui, comme moi, requièrent un internet de qualité pour pouvoir travailler tout en voyageant : le réseau internet indien est le pire (à égalité avec la Tanzanie) que nous ayons utilisé jusqu’à présent. Un comble pour cette nation pourtant reconnue pour la qualité de ses entreprises IT et la compétence de ses ingénieurs informatiques et développeurs web. Ce critère n’entre toutefois pas en compte dans notre « ressenti » général du pays.

 

 

AFRIQUE: notre classement 200% subjectif!

Nous voici rendus au terme de notre périple panafricain.

De celui-ci, nous retiendrons nombre d’enseignements, conserverons un carnet d’adresses bien rempli ainsi qu’une tête pleine de souvenirs.

Cette expérience, nous l’avons vécue pleinement, avec ses hauts et ses bas. Avec ses incompréhensions et ses tensions. Avec émotion et avec raison. Bref, nous l’avons vécue! Et pas qu’un peu!!!

Un Vari sur l'île aux Nattes

Ce qui nous permet aujourd’hui d’élaborer cette petite liste tout à fait subjective de nos coups de cœur et de nos coups de gueule. Nous avons fait des amalgames et nous les assumons à 100%. Nous ne sommes pas des saints ;.). Quoi qu’il en soit, cette liste n’engage que nous et se base sur une réalité que nous avons vécue pendant plus de 6 mois! Quelle réalité? Celle que nous avons vécue en tout cas, celle de deux blancs baroudeurs tentant de vivre autant que faire se peut le quotidien des locaux. Toutes classes sociales confondues.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons les pays visités, dans l’ordre chronologique de notre périple : Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, Cameroun, Tanzanie, Zimbabwe, Madagascar, Afrique du Sud

  • Les plus grandes richesses naturelles : Cameroun, Tanzanie, Madagascar
  • Les plus grandes richesses culturelles : Bénin
  • Le coup de cœur humain : Bénin et Zimbabwe
  • Le coup de cœur pour les enfants : Côte d’Ivoire et Bénin
  • La gastronomie la plus variée : Madagascar. Outre les nombreux plats mixant recettes africaines, asiatiques et européennes, les étales des marchés regorgent de variétés de fruits et légumes jamais rencontrés jusqu’alors.
  • Les meilleurs produits laitiers : Madagascar!! On trouve des yaourts maison et des fromages artisanaux à chaque coin de rue!
  • Notre plat préféré : Côte d’Ivoire. Le Garba. sans doute le plus simple… mais tellement bon
  • Le pays où on peut manger les trucs les plus bizarres : le Cameroun! (on y a mangé du serpent, des charançons etc…)
  • Les meilleures bières : Cameroun. Pas de bières artisanales (sauf les bières de mil…) mais une grande diversité de bières commerciales à des prix défiants toute concurrence. Comble de chance, quelques semaines avant notre venue, un ministre avait décrété que la bière de 500mL devait coûter seulement 500 CFA (1 euro vaut 650 CFA)… Reste que ma bière commercial favorite est : La Libertalia, de Madagascar!
  • La meilleure musique : Côte d’Ivoire. Néanmoins, même si nous n’y avons pas été, force est de constater que la musique nigériane est très populaire à travers tout le continent, et certains morceaux sont particulièrement sympas (je vous invite notamment à visionner entièrement CE CLIP.
  • Les meilleurs joueurs de pétanque : Madagascar! Tout bonnement impressionnant!
  • Le pays le plus pollué : Sénégal
  • Les opportunités d’affaires : Cameroun pour le tourisme (si on prévoit un bon budget corruption…). Abidjan (Côte d’Ivoire) semble aussi être une plaque tournante importante pour le commerce ouest-africain. Si vous savez comment contrer les méthodes drastiques des libanais : foncez!
  • Le meilleur aéroport : Johannesburg (Afrique du Sud)
  • Les meilleurs transports : Bénin (Ayant loué une voiture en Afrique du Sud, il nous est impossible de juger de la qualité de leurs transports).
  • Les meilleures routes et autoroutes: Afrique du Sud… et de loin!
  • Les pires routes et autoroutes : Madagascar! Pas tant pour la qualité des taxi-brousses qui peuvent être relativement confortables voire même offrir un service wi-fi (que nous n’avons pas eu la chance de tester ;.))… mais pour l’état des routes… qui fait qu’un trajet de 240km se transforme en un véritable voyage de 12 heures!!!
  • Les meilleures infrastructures: Afrique du Sud… sans surprise!
  • La plus grande diversité architecturale : Madagascar
  • Meilleur endroit pour relaxer : Île aux Nattes, Madagascar
  • Le meilleur pays pour les baroudeurs à petits budgets et pas pressés : Madagascar
  • Les plus jolies femmes : Sénégal
  • Le pays où le choc culturel, social et mercantile est le moins important pour un européen : Afrique du Sud
  • Le pays où le choc culturel et social est le plus important pour un européen : Sénégal (pour nous c’était le premier pays, et on l’a pris en pleine face le choc culturel ;.))
  • Endroit où l’insécurité s’est faite ressentir: Johannesburg (Afrique du Sud)… et uniquement dans cette ville! Pour les personnes doutant de la sécurité dans les pays africains, sachez que dans ceux que nous avons parcouru, à AUCUN moment nous n’avons ressenti la moindre animosité à notre encontre.
  • Pays où il y a le plus de mendicité: Sénégal et Madagascar
  • Pays où les touristes sont pris pour des pigeons : Tanzanie et Sénégal
  • Pays où les touristes ne sont PAS pris pour des pigeons : Cameroun. D’autant plus surprenant que ce pays est de loin le plus corrompu que nous ayons visité. Chapeau donc aux locaux qui ne répercutent pas les défaillances de leur systèmes sur les quelques blancs de passage! Et aussi Zimbabwe!
  • La capitale la plus attrayante: Abidjan et Cape Town (qui, ceci soit dit en passant… ne sont pas des capitale ;.))
  • Le pays que nous ne recommanderons pas : Sénégal
  • Le pays qui ne nous a rien laissé de particulier : Togo
  • Le goût pour la fête le plus prononcé : Cameroun et Côte d’Ivoire ex-aequo
  • Les dragueurs : Cameroun
  • La langue la plus surprenante: le Xhosa, en Afrique du Sud (voir une vidéo ICI)
  • La pire équipe de foot : bon, nous n’avons vu qu’un match (Togo-Tunisie)… mais le niveau était affligeant (du style OM-Troyes…). Je vais donc dire : TOGO!
  • Les pires joueurs de PES (Pro Evolution Soccer) : Sans la moindre hésitation…. CAMEROUN! ;.), et principalement les joueurs issus de l’ethnie Beti…. ;.)… quant au meilleur, la palme revient à Jean-Stéphane Kipré (Abidjan, Côte d’Ivoire)… qui m’a mis 75 déculottées consécutives!!!
  • Les gos les plus chocos: Côte d’Ivoire ;.)))))

 

Ceci étant dit, je dois dire qu’à l’aube de décoller pour l’Inde, je ressens un petit pincement au cœur. Une forme de nostalgie. Allez savoir pourquoi, mais je me prends à écouter Espoir 2000 (calculeuse), Petit Yodé et l’Enfant Siro (victoire), Eddy Kenzo (Mariaroza) ou encore Franko (coller la petite)…. tout en me remémorant les excellents souvenirs de Côte d’Ivoire, du Bénin et du Cameroun. À n’en pas douter j’éprouverai d’ici peu ces mêmes émotions pour le Zimbabwe et Mada, pays que nous avons véritablement « kiffés », mais au moment où j’écris ces quelques lignes mon esprit flâne quelque part entre Man et Ngaounderé.

J’en profite également pour adresser une nouvelle fois mes plus sincères remerciements à toutes les personnes qui, sur notre passage, nous ont aidés. Qu’il s’agissent de collègues d’université, d’amis d’amis ou de parfaits inconnus, ils ont fait partie intégrante de notre aventure à un moment ou à un autre et l’ont enrichi d’une manière ou d’une autre! Merci. Merci à tous. Merci à l’Afrique… et à très bientôt!

L’Afrique du Sud… Les États-Unis d’Afrique

Nous vous avions quitté à Madagascar, pays qui, comme je l’écrivais dans mon post précédent, se différenciait sensiblement du reste des pays africains visités jusqu’alors.

Et bien nous verrons, au fil des lignes de cet article, que l’Afrique du Sud, elle aussi, bien que partie intégrante du continent diverge en de nombreux points de ses « voisins ».

Mais commençons par le commencement.

Après avoir pris nos quartiers dans l’Auberge de Jeunesse « Brown Sugar Backpackers » à Johannesburg (seul établissement à offrir la navette gratuite depuis l’aéroport Tambo), nous nous préparons à accueillir Marco et Alma, respectivement beau-frère et belle-mère, venus directement depuis le Mexique pour nous rendre visite.

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Leur séjour étant de courte durée (2 semaines), nous optons pour la location de voiture et décidons de la laisser à quelques 3000 km de là, à Cape Town, point final de notre périple « familial ».

Mais notre première journée ensemble, nous la passerons dans un « touribus » sous un vent glacial! Je ne me voyais pas apprendre à conduire du « mauvais côté » dans une ville aussi chaotique que JoZi. Cette visite guidée véhiculée, une première dans notre aventure africaine, fut fort intéressante et nous emmena du centre ville à la fameuse banlieue de Soweto, séparée de la ville « blanche » par des montagnes artificielles édifiées à l’aide de déchets issus de l’industrie minière (industrie qui permit à JoZi de devenir en à peine 150 ans le poumon économique du pays, et dans une moindre mesure de l’Afrique tout entière). Le « township » de Soweto est mondialement connu pour sa lutte contre l’apartheid, son melting pot culturel et ethnique (on y parle un argo mélangeant toutes les langues du pays) et ses résidents de marque: Nelson Mandela et Desmond Tutu. Sur un plan moins symbolique mais tout aussi populaire, Soweto abrite deux des clubs de foot les plus connus du pays: les Orlando Pirates et les Kaiser Chiefs.

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Mais ce qui choque à JoBurg, c’est la séparation qui existe, encore et toujours entre les riches, en grande majorité blancs, et les pauvres, en grande majorité noirs. Ça met mal à l’aise. Et ce sentiment est accru par les commentaires incessants sur l’insécurité, par les clôtures électriques entourant les maisons des quartiers « blancs » etc… Bref, JoBurg a beau être une ville économiquement active et culturellement effervescente, il n’en reste pas moins que quelque chose, un ressenti difficilement définissable, nous laissa un goût amer. Aussi bien à Astrid qu’à moi qui avons déjà connu d’autres métropoles d’Afrique. Pour Marco et Alma, qui ne peuvent que comparer avec les villes américaines de Californie, le changement n’était finalement que bien peu perceptible…

Deuxième jour. ça y’est, on loue la voiture à l’aéroport Tambo. une petite Renault Sandero. Pour 9 jours, kilométrage illimité, full coverage, assurance extra pour pare-brise et pneus + abandon du véhicule à Cape Town… seulement 5800 rands, soit 380 euro.

Une fois le premier camion doublé, je me sentais déjà plus en confiance et finis par rapidement adopter mon mode de conduite à l’english. Et tant mieux, car j’allais en bouffer des km au volant de notre « bolide ». première étape, le Parc National de Pilanesberg, au Nord Ouest de Pretoria.

De 7h du matin jusqu’à 18h, nous sillonnerons les pistes de ce parc méconnu mais  véritablement magnifique. Nous y verrons gazelles, antilopes, hippos, énormément de rhinos (avec leurs bébés!!!), singes, girafes, un lion assoupi (malheureusement très loin…) et surtout plusieurs éléphants, dont un qui nous bloqua la route pendant un bon quart d’heure. Une belle expérience pour Astrid et moi qui en avions déjà profité au Bénin et au Zimbabwe, mais assurément un souvenir impérissable pour ma belle-maman et mon beauf!

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Le lendemain, départ aux aurores. Direction Saint Lucia, ville côtière du Sud Est du pays, à près de 800 km de Pilanesberg. Nous y arriverons à la nuit tombée. J’en profite pour saluer les infrastructures routières du pays. Si JoBurg ressemblait à bien des égards aux grosses agglomérations américaines, les autoroutes sud-africaines n’ont rien à envier aux freeways US. Les paysages non plus! (un nombre incalculable d’hectares de pins pour l’industrie du bois, champs cultivés à perte de vue, mines par ci-par là…).

À Saint Lucia, petit village vivant principalement du tourisme, nous dûmes nous y prendre à 4 reprises pour trouver un endroit où dormir (à partir de là nous décidâmes d’utiliser AirBnB…). Cette municipalité est connue pour abriter l’une des concentrations de crocodiles et d’hippopotames les plus importantes du pays. Ces derniers traversent d’ailleurs régulièrement les rues de la ville une fois la nuit tombée. Il est préférable de ne pas s’y frotter, les hippos étant les mammifères les plus dangereux (ils tueraient chaque année de 2 à 3000 personnes dans le monde).

Nous y passerons deux nuits et naviguerons sur le canal à la recherche de crocos, d’hippos et d’oiseaux endémiques… et bien évidemment pour faire l’apéro et pour profiter de la famille! Pour ma part, j’ai tenté, deux nuits durant, de m’aventurer en ville à la recherche d’hippos citadins… sans succès. On ne se le cachera pas… j’étais assez déçu!

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De Saint-Lucia, nous prîmes la route le 1er août à l’aube. Direction East London. 900 km de route qui nous mèneront à travers différents paysages et surtout vers l’une des principales ethnies du pays, celle de Nelson Mandela, les Xhosa (ethnie qui utilise un langage particulièrement surprenant que je vous invite à découvrir ci-dessous).

Les petites villes traversées affichaient un contraste saisissant avec les agglomérations visitées jusqu’alors. Aucun ou très peu de blancs. Une effervescence populaire aux abords des marchés et friperies. Un bordel sonore. Une pollution plus importante. Aucun sentiment d’insécurité. Bref, une Afrique du Sud différente.

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Arrivés à East London en soirée, nous eûmes la chance de tomber sur Fidelina, une hondurienne, mariée à un allemand, qui nous hébergea en banlieue de la ville. Ville que nous visiterons le lendemain matin avant de filer vers Plettenberg Bay via une visite express de Port-Elizabeth. Et oui, faire l’Afrique du Sud en deux semaines est un véritable défi physique. Trop peu, bien trop peu pour connaître ce pays si particulier, mais que voulez-vous, pour une fois que nous avons des impératifs de temps dans ce voyage…

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Plettenberg Bay c’est en gros une petite ville, moderne, côtière, bloquée entre l’Océan Indien, quelques montagnes et d’immenses forêts de pins. Un cadre tout bonnement magnifique! Malheureusement, la sur-occidentalisation de ce lieu lui fait perdre, selon nous, son charme. Parfait pour un tourisme local ou un tourisme de luxe, mais pour des baroudeurs en recherche de découvertes humaines et sociales… disons qu’il y a mieux! Malgré tout, nous y passerons deux excellentes journées ponctuées par la visite de sanctuaires animaliers (sortes de centre de réhabilitation), des rencontres inattendues (Jean-Marc), de bons petit-déjeuners, quelques balades sous la pluie, la célébration bien arrosée de notre deuxième anniversaire de mariage ainsi qu’une bonne dose d’émotions fortes pour Marco, avec le saut à l’élastique le plus haut au monde (216 m)!!!

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À une grosse trentaine de km de là se situe une petite ville très touristique (car passage obligé sur la fameuse N2 reliant Port Elizabeth à Cape Town)… j’ai nommé Knysna. Ce nom raisonne sans doute de manière fort désagréable aux oreilles des fans de l’équipe de France de football… mais je peux vous dire qu’il est difficilement compréhensible que cette équipe de bras cassés (en 2010) aient décidé de faire la grève dans un cadre si bucolique…

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Nous y passerons la nuit puis nous nous dirigerons le lendemain vers Franschhoek, berceau de l’industrie viticole d’Afrique du Sud et véritable petite ville à l’âme française. Le trajet (d’à peu près 6h) offre un panorama véritablement haut en couleur, et en relief que je ne puis que vivement recommander! Il m’en arriva même à penser à ma douce Drôme natale! Entourés de montagnes, de plans d’eau, de vignes et même de champs de lavande!!!, les nombreuses caves et restaurants que compte Franschhoek offrent des produits de grande qualité dans un cadre exceptionnel. Bref, une petite ville où il fait bon (et cher) vivre. Nous en avons profité pour prendre une « bonne caisse » avec le beauf. (Pour info, même les vins les moins chers (2-3 euro) sont de bonne facture! La preuve… aucune gueule de bois! ;.))

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Au petit matin, après s’être bien rassasié dans la guest house / AirBnB tenu par une autrichienne et son mari français, nous prenons la route pour parcourir les 70km qui nous séparent de Cape Town. Un trajet sympa et plutôt joli au cours duquel nous nous sommes arrêté pour prendre quelques photos… jusqu’à ce qu’une voiture s’arrête à son tour et nous dise de ne pas traîner car la zone n’était pas sûre du tout… Énervant quand même cette persistante insécurité!!!

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Nous arrivons enfin à ce qui sera le dernier « bercail » sud africain de ma belle famille. À mi chemin entre Cape Town et les plages de pingouins, notre AirBnB du jour fut incroyable!! une maison pour nous tous seul, sur le bord d’un canal et disposant de 2 kayaks.

L’après-midi du 6 août, nous la passerons en compagnie des pingouins… et des touristes chinois venus les admirer en nombre… et armés d’appareils photos et de selfie-sticks!!

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Le 7 août, dernier jour d’Alma et Marco à Cape Town, nous nous levons aux aurores pour profiter au maximum des environs. Direction Lions Head, face à la fameuse Table Mountain surplombant la ville. Nous pensions qu’il s’agissait d’un point de vue. Que nenni! 2 bonnes heures de marche assez ardue combinée à quelques passages d’escalade…. et hop… une vue à 360 degrés imprenable! Du beau, du magnifique, mais pas nécessairement du grandiose comme le laissait espérer le statut de « merveille du monde » de la Table Mountain! Pour le coup, cette rando inattendue nous aura un peu compliqué les plans pour le reste de la journée! Affamés et fatigués, nous décidâmes de faire un bref tour en ville (notamment pour visiter une boutique de vinyles que souhaitait connaitre à tout prix Marco) puis de rentrer afin de préparer un bon barbecue avec de la viande d’Autruche! Des fois les plaisirs les plus simples (autruche mis à part) sont les plus savoureux! Et après une petite ballade en kayak avec ma belle-mère on se mis tranquillement au chaud, accompagné par un bon café et une petite série Netflix du beauf… On se croirait à la maison! Et après 6 mois sur la route, et ben ça fait du bien ;.).

Et voilà, à 4h du mat, le 8 août, on dit au revoir à la famille. Ou plutôt à bientôt, car ils devraient normalement venir nous rendre visite en Asie d’ici quelques mois… De notre côté, nous passerons 3 jours de plus à Cape Town, afin de nous imprégner de cette atmosphère si particulière comme on nous l’a rabâché à de nombreuses reprises tout au long de notre road trip. Au programme, déambuler dans les rues de la ville, découvrir de nouveaux quartiers, faire de nouvelles rencontres, faire des braii avec des colombiens et un argentin et siffler les dernières bouteilles de vin que nous croiserons… car en Asie… zobi!

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Notre expérience sud africaine fut rapide, trop rapide pour se faire une idée générale du pays. Nous n’avons pas pu aller à l’intérieur des terres, prendre le temps de discuter davantage avec les gens etc… Nous avons néanmoins pu tirer certaines conclusions de ces 2 semaines et demi dans le pays. En premier lieu, ce qui nous a vraiment marqué, c’est cette ségrégation qui semble perdurer, plus de 20 ans après la fin de l’apartheid. Des grandes agglomérations jusqu’aux petites stations balnéaires, blancs et noirs ne se mélangent pas. ou très peu. Nous n’avons vu que 3 couples mixtes sur toute la durée de notre voyage.  Et dans les villes se situant « au milieu de nulle part », c’est bien simple, nous n’avons vu aucun blanc. Socialement et économiquement, la fracture est flagrante et saute aux yeux. C’est vraiment désagréable.

Autre point m’ayant également dérangé, bien que très subjectif, c’est le modèle de développement adopté par le pays. Je suis heureux de voir qu’un pays d’Afrique ait pu se bâtir une puissance industrielle et commerciale de cette envergure (bien aidé il est vrai par la non-ingérence des grandes puissances….)… mais je trouve regrettable que les fruits de cette réussite se traduisent par un développement à l’américaine. Des maisons jusqu’aux KFC présents à chaque coin de rue en passant par le nombre particulièrement élevé d’obèses ou les activités touristiques extrêmes (saut à l’élastique, nage avec les requins blancs…), les points de ressemblance avec les US sont pléthores! J’aurais aimé voir un développement différent. un développement africain, calqué sur aucun modèle préexistant. Comment? Aucune idée… Juste un sentiment. Une sensation qui fait que j’aurais sans doute apprécié différemment ce pays par ailleurs magnifique…

 

 

 

Madagascar: Ilay Nosy Kanto

Nous vous avions quitté à Harare. Suite à notre vol Flyjet nous menant à Johannesburg (au cours duquel je suis resté serein une fois n’est pas coutume) nous sommes restés 3 jours dans la métropole sud-africaine dans l’attente de notre départ pour Madagascar. 3 jours au cours desquels nous ferons la connaissance de Caroline et Adrien, un couple franco-allemand avec qui nous partagerons de bons moments, de bonnes bouteilles (quel bonheur de retrouver du vin rouge de qualité à des prix abordable) ainsi qu’une qualification de la France face à l’Irlande. Nous les reverrons ces deux loustics, car il est fort probable qu’ils s’installent sur Grenoble au terme de leur tour du monde.

Le 27 juin, je demande pour la énième fois à Astrid de vérifier l’heure de notre vol qui, selon elle, est programmé pour le lendemain en matinée. Après m’avoir lancé un gentil « pues… hazlo tu » elle finit par se renseigner. Bien lui en a pris. Il s’avère que notre vol part dans 5 heures!

Adieux express et bouclage de valises à la va-vite. À peine le temps de dire ouf que nous sommes déjà dans notre vol Kenya Airways Johannesburg-Nairobi. Bien aidé par le vin et le film, je n’eu pas le temps de paniquer. S’en suivent 12 heures d’escale, une nuit sur les bancs de l’aéroport de Nairobi et un vol tranquille jusqu’à Tana (Antananarivo) au cours duquel nous survolons mon très cher Kilimanjaro.

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Nous voici enfin en terre malgache. 25 euro et un visa plus tard nous prenons place dans la navette Adema qui nous emmène, moyennant 10.000 ariarys (près de 3 euro) à notre auberge de jeunesse située en plein centre-ville : Madagascar Underground.

Nous passerons 4 jours dans la capitale et dans les environs à savourer les particularités de l’île : Le Palais de la Reine, la colline bleue, les différents marchés de la ville (Analakely, marché de la digue…), les petites gargottes… en compagnie de Riri, un chauffeur de taxi (une 4L!!!)  rencontré un peu par hasard le premier jour. Il nous fera découvrir cette merveilleuse région à travers ses yeux rieurs et son accent chantant délicieux! Je vous invite d’ailleurs vivement à le contacter si vous vous rendez sur l’île. Il est honnête, ponctuel et vous fera passer d’excellent moments! (numéro de tel 032-02-537-21).

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Ah et comment oublier bien sûr la messe du Père Pedro, un prêtre argentin d’origine slovène qui officie à Tana depuis près de 40 ans. Son travail en faveur des plus démunis (notamment le village d’Akamasoa fondé en 1989) a fait du Père Pedro une véritable icône dans le pays et il ne fut donc pas surprenant de voir que sa messe du dimanche matin était suivie par… plus de 7000 personnes entassées dans un gymnase! Et ça dansait. Et ça chantait. incroyable! Un show que vous ne pouvez pas manquer si vous vous rendez à Tana!! (Pour en savoir plus sur le Père Pedro, je vous invite à cliquer sur le lien suivant).

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Nous passerons également une journée à Andasibe où se trouve le parc national Mantadia, unique endroit où vous pourrez admirer le plus grand lémurien au monde : l’Indri Indri. Enfin quand je dis une journée, seuls 160km séparent Andasibe de Tana, mais comptez un bon 8h de route aller-retour. Profitez-en pour y passer la nuit. Des tours sont en effet proposés à la nuit tombée pour observer certaines espèces nocturnes de lémuriens, de geckos et de caméléons. Par chance, et bien que nous soyons seulement restés la journée, nous avons pu voir, outre l’Indri Indri, quelques lémuriens fauves ainsi qu’un impressionnant Gecko à queue feuillue.

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Au lendemain de la victoire de la France contre l’Islande, nous prenons la route en direction de Soanierana Ivongo en compagnie de Brian, un américain rencontré à l’auberge. Après 10h de route, nous arrivons à Tamatave à quelques 150km de notre destination finale. Et là, contre toute attente, le chauffeur de notre taxi brousse nous annonce le terminus! Hop hop hop t’affole pas mon p’tit père, nous on a payé pour aller à Soanierana Ivongo et on entend bien y aller. Après maintes discussions nous arrivons finalement à l’arrangement suivant : nous dormons tous trois dans le taxi brousse et aux aurores le lendemain un autre taxi brousse viendra nous prendre pour nous emmener à destination. Ce qu’on ne savait pas c’est que les aurores…. Et bien c’était 4h20!!!!

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Nous arrivons, sous une pluie battante, à Soanierana Ivongo aux alentours de 11h. on réserve un hôtel (15.000 ariarys la nuit), un billet pour l’île Sainte Marie (le prix pour les non-résidents est de 70.000 ariarys. Nous ne paierons finalement que 60.000 par personne. Je vous invite à contacter Anicet, il est représentant pour Gasikarabé. Il est sympa… et le fait de passer par lui ne vous coûtera pas plus cher… et lui recevra 10% de commission! 033 40 214 59) le lendemain puis nous partons à la découverte de cette petite localité essentiellement commerçante. En pirogue tout d’abord, où nous accostons à quelques centaines de mètres du « port » de l’autre côté du rivage, dans un champ rempli d’arbres à litchis, de girofliers, de cannelle, de jacques, de fruits à pain…. Puis à pied, à travers les étales de fruits, de légumes et de fripes. Et en fin d’aprem, petit plaisir : partie de pétanque (pari à 500 ariarys) avec un local. Les boules sont presque ovales, le terrain ressemble à un champ de patate, le cochonet est une bille de roulement et le public semble partagé entre le compétiteur local et le vazaha. Bon, j’ai perdu. OK. Mais je me suis vraiment bien amusé. Surtout lorsqu’un cochon éééénormmmmeee, mais alors éééénormmmmeee passa derrière moi en pleine partie. Bref, pour célébrer la victoire locale, rien de tel qu’un rhum arrangé!!!!

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Le mercredi 6 juin, il est temps de prendre le large. Car à 45km de là nous attend l’île de Sainte Marie, connue pour ses baleines, ses pirates et ses plages paradisiaques.

Nous passerons les deux premières nuits à La Banane, à Ambodifotatra. Nous en profiterons pour vadrouiller à travers les rues les moins fréquentées par les touristes (c’est d’ailleurs là que nous tomberons sur un groupe de locaux passablement éméchés qui nous invitèrent à boire un rhum et qui chantèrent pour l’occasion. Un super moment.) Nous nous renseignerons également auprès des autorités portuaires pour connaître les départs des prochains navires commerciaux à destination du Nord de Madagascar, car la route de Soanierana Ivongo à Antalaha est soit impraticable, soit inexistante. Nous visiterons également le cimetière des pirates où repose notamment un certain Chaussadent, un voisin! Ardéchois de naissance (Vessaux), il se retrouva pirate et mourut en 1833 sur cette île. Incroyable destin pour un ardéchois à cette époque!! Allez savoir comment, il y a 200 ans, une personne, probablement destinée à devenir berger dans une région se situant à plus de 200km de la première côte, devint flibustier à l’autre bout du monde.

Après tant d’émotion, une bonne rasade de pastis. Pour savourer cette nouvelle journée de voyageur… mais aussi et surtout pour célébrer la victoire des Bleus face à la Mannschafft!

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Le 8 au matin, toujours en compagnie de Bryan, nous prenons un tuk tuk pour nous rendre à la pointe sud de l’île (10.000 ariarys). De là, nous embarquons dans une pirogue pour l’île aux Nattes, se trouvant à seulement 400m de rame de là (2.000 ariarys par personne). On prend place dans un vieux bungalow de chez Tity (20.000 ariarys la nuit) et on savoure! Mais alors bien comme il faut!

Nous passerons près d’une semaine sur cet îlot de 4km par 2. Nous y pêcherons des poissons multicolores dans le lagon, nous y rencontrerons des lémuriens magnifiques et pas farouches pour un sou, nous y ferons de belles rencontres (Brian bien évidemment, mais également Ninou, Philippe, Modeste et compagnie…), nous y préparerons du punch coco, nous y jouerons à la pétanque et nous y relativiserons la notion du temps. Seule petite ombre au tableau, la victoire d’une équipe de football sans saveur au détriment d’une équipe joueuse et énergique… C’est donc décidé, je me mets au Curling! Le foot est trop injuste ;.)

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Le bateau de marchandises que nous attendions pour nous emmener à Antalaha, ville principale de la « côte de la vanille », au nord de Madagascar, n’arrivant toujours pas, nous prîmes la décision de changer de cap. Direction le Sud!

Au petit matin (4h45), nous embarquons donc dans la pirogue. 20 minutes plus tard, dans le tuk tuk. 1 heure après nous prenons place dans le bateau nous ramenant à la « grande terre ». De là, 5 heures de taxi brousse pour arriver à Tamatave…. d’où nous prenons le minibus pour Antsirabe. Temps total du trajet: 30h!

Mais pas le temps de rêvasser. Les vacances sont terminées… place au voyage. Le bon, l’instructif, l’intense, le passionnant, le fatiguant. le vrai voyage quoi! Nous passerons donc la première journée à arpenter les rues de cette ville d’altitude réputée pour sa production de produits laitiers. Que de belles bâtisses! C’est en revanche le premier endroit du pays où l’on a ressentit la mendicité de manière insistante.

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Au cours de la seconde, nous prenons part à une cérémonie de retournement de corps, (Famadihana) tradition spécifique à la région. (pour en savoir plus sur le sujet, CLIQUEZ ICI). En compagnie d’une famille, nous avons accompagné le corps de la maman, décédée il y a 12 ans, de la ville jusqu’à son village natal. Après 45 minutes de taxi-brousse avec le corps attaché sur le toit, nous avons marché 3h30 pour arrivé au petit village juché sur une colline. Tout au long du trajet, parcouru à un rythme particulièrement élevé, tambours, banjos, violons et rhum artisanal mettaient l’ambiance. Et forcément plus on avançait, plus l’ambiance était joviale! Arrivés sur place, nous eûmes droit au discours du chef de village en Malagasy ainsi qu’un repas à base de riz et de bouillon de porc. Un peu de danse, un peu de musique… et en route pour les 3h30 en sens inverse. La cheville d’Astrid la faisant souffrir, le chemin fut quelque peu chaotique, mais grâce à la gentillesse des locaux, un scooter a été envoyé pour la ramener et ce, malgré la nuit tombante et la route impraticable! À noter que les enfants que nous avons croisé au cours de ce périple étaient effrayés en nous voyant. Ils n’avaient jamais vu de blancs. Petit à petit, on a finit par rigoler ensemble. c’était vraiment un chouette moment). Au cours de ce voyage, nous fîmes également la rencontre d’Olivier, un marin du Sud du pays qui nous invita le lendemain dans son atelier, où il construit présentement 2 bateaux. L’un de marchandises, et l’autre un trimaran de tourisme. Car outre sa casquette de commandant, Olivier se présente fièrement comme mécanicien de la marine et spécialiste de la fibre de verre. Et autant dire que son boulot était nickel! Voici d’ailleurs le contact de sa compagnie, si vous souhaitez embarquer sur l’un des deux bateaux… une fois ceux-ci finis! ina@moov.mg téléphone: 032 524 15 03. Petit remarque amusante, il construit ses bateaux à Antsirabe… qui ne possède ni fleuve, ni accès à la mer… Mais à Mada, rien n’est impossible!

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Suite à cette enrichissante visite, et après avoir englouti une bière (à 9h am tout de même…) nous nous dirigeons vers la fromagerie Rova, à quelques encablures de la gare routière. Cette petite exploitation gérée par Francis Andriamizaka (tacrova.francis2@gmail.com – 033 07 963 66) propose une gamme de produits limités mais d’excellente qualité et à des prix défiants toute concurrence. L’accueil qui nous été réservé fut incroyable. Bien que non planifiée, notre visite fut prise en charge par Francis lui-même qui nous emmena à quelques rues de là pour découvrir le processus « traditionnel » de fabrication de beurre et de fromage. Super expérience bien évidemment conclue par la dégustation de fromages et de yaourts maison!

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À peine quelques minutes après avoir dévoré notre dernier quart de « Saint Paulin malgache », nous embarquons pour Fianarantsoa à 254 km de là. Initialement programmé à 15, notre taxi brousse partira finalement à 17h. Une fois de plus installé à la ouanégainébistoufly à cause de mes grandes gambettes (du moins en comparaison avec une grande partie de la population locale), j’espérais que le trajet se ferait aussi vite que possible… Et bien nous arriverons à 3h30 du matin ;.) Un bol de spaguettis, quelques beignets et un café plus tard, nous embarquons dans le FCE, train mythique reliant la gare de Fianarantsoa à celle de Manakar… 163km de pur bonheur et de paysages à couper le souffle! 163km que nous parcourûmes en 17h mais peu importe… le jeu en valait clairement la chandelle! En plus de tout ce que nous proposait le trajet, nous fîmes la connaissance de voyageurs belges et suisses vraiment cools (Marion, Laurent (que nous avions déjà rencontré à Antsirabé), Lien, Yelle, Anna et compagnie). Et puis, je dois l’avouer, j’ai fait un peu mon têtu. Mon père et mon grand père étant de la SNCF, je ne pouvais m’empêcher de monter dans la locomotive avec Marcel, le conducteur (bon ok, ça m’a coûté 5000 ariarys mais je ne le regrette pas le moins du monde!). Petit coup de cœur pour le système d’antipatinage du train: il suffit de verser régulièrement un peu de sable dans un trou ;.)

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Nous arrivons à 1h en gare de Manakar. Nous y passons la nuit et repartons le lendemain à 10h vers Fianarantsoa. Le parcours en taxi-brousse, qui emprunte un chemin différent est tout aussi fabuleux!

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Nous sommes déjà le 21. Le temps nous est compté dans ce pays surprenant. Nous volons en effet le 25 vers Johannesburg où nous attendent la mère et le frère d’Astrid.

Nous ne passerons donc qu’une journée dans la capitale vinicole du pays… qui se résumera surtout à la visite de la haute-ville historique (quand même un peu gâchée par l’insistante mendicité des enfants) et d’un repas exceptionnel à La Rizière (une école hôtelière pour jeunes défavorisés). Si vous venez dans cette ville, ne manquez surtout pas cette adresse!!!

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Et voilà, nous sommes déjà de retour sur Tana! Plus que 2 jours. Nous allons en profiter pour faire la connaissance de la famille de Seta, grand ami de la famille, pour faire quelques achats souvenirs et pour rire une dernière fois en compagnie de Riri.

Madagascar nous aura bluffé. Ce n’est pas vraiment l’Afrique (la nourriture est différente, les gens sont physiquement différents, l’architecture est beaucoup plus variée et fait appel à des matériaux peu utilisés dans le reste des pays africains visités, les coutumes diffèrent, nous n’avons vu aucun pagne etc…)… Et même si l’on ne connait pas encore l’Asie, on peut distinguer une certaines influence de ce continent. Physiquement bien évidemment, mais là encore au niveau de la gastronomie et des coutumes tel que le retournement de morts par exemple). Les restes de la présence coloniale sont encore bien perceptibles et semblent ancrés dans le quotidien des malgaches (boulangeries, fromageries, vignobles, pétanque…). Bref, un mix culturel surprenant qui nous a littéralement conquis.

Alors oui, certes, il y a une certaine insécurité, notamment à la nuit tombée (de nombreux locaux nous ont fait part d’histoires pas jolies jolies), la mendicité est quand même très présente dans les villes, la politique est déplorable et la pauvreté ne cesse de grandir, les taxi-brousses mettent 3000 heures pour parcourir 20km… Mais à part ça, le pays regorge de trésors! On y mange bien, on y bois bien, les gens sont accueillants et d’une gentillesse incroyable (parfois influencés par un intérêt économique il est vrai… et parfois non), les paysages sont variés et époustouflants, la culture est omniprésente, on y joue à la pétanque (et sacrément bien..), la faune y est unique, l’architecture m’a fait craquer… Seul petit bémol néanmoins… Il faut au moins 1 an pour profiter de toutes les richesses de Mada. Le risque… c’est qu’on y reste pour toujours!

Le Zimbabwe – Gros coup de cœur!

Autant être franc tout de suite, j’ai clairement eu les chocottes lors du vol Dar Es Salaam-Harare. Turbulences tout au long du voyage, Airbus A320 en bon état mais de seconde main (tout y était écrit en coréen), notre vol était le seul annoncé sur les écrans de l’aéroport sans logo, et bien que cela soit extrêmement misogyne, le fait de voir une pilote diriger l’avion me rappela à quel point Astrid était incapable de réaliser un créneau correctement. Bref, j’ai connu de meilleurs moments!

Une fois posés, et après avoir récupéré mes esprits, il ne nous faudra que 10 minutes pour apprécier la nouvelle réalité qui nous attend : des gens aimables, professionnels et souriants. Et un manque cruel de cash! Mais nous y reviendrons plus tard

Lors du vol nous fîmes la connaissance d’Andrea, une américano-colombienne. Elle était attendue par un couple d’amis zimbabwéens à l’aéroport. Ces derniers offrirent de nous déposer quelques km plus loin, dans une zone où nous pouvions trouver de nombreux petits lodges abordables!

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, nous prenons le premier taxi en direction de chez Iain, un sympathique zimbabwéen blanc dans la soixantaine contacté via AirBnB. La vie est chère ici. Le moindre hôtel affiche des tarifs minimum de 40$. Iain, fort intelligemment, propose la location d’une tente pour seulement 10$ par jour! Cela inclus l’accès illimité à la maison (eau chaude pour la douche, café, wi-fi, TV pour l’Euro (très important) et surtout une vue magnifique depuis la terrasse du second étage). Alors oui, on est quand même à plus de 1500m d’altitude et c’est l’hiver ici, mais bon, la faim justifie les moyens…; .)

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Le lendemain, mission « tentative de trouver du cash, et un hôpital pour Astrid ».

Il faut rapidement expliquer la situation. En 2008, l’inflation était telle dans le pays (231 millions %!!! Par exemple 1000 milliards de dollars zimbabwéens ne servaient à acheter que 3 œufs) que le vieux président Mugabe décida d’opter pour le dollar américain (USD).

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Sauf que depuis un mois, il n’y a plus de devises. Il est presque impossible de retirer de l’argent. Les seuls ATM encore opérationnels n’acceptent pas les cartes étrangères et les cashbacks en magasin ne sont autorisés que pour les détenteurs de cartes locales. Une seule solution. La débrouille. Pour nous, ce sera via Western Union grâce à Jean-Stéphane et Ivan… mais 24h plus tard!

La mission Sauvons Astrid connut plus de succès. Après 1h d’attente, elle sortait de la clinique avec des radios (rien de cassé, juste une belle entorse), un rapport du médecin et une ordonnance pour une attelle. Le problème : le fournisseur n’accepte que le cash… Il nous faudra donc attendre 24h de plus. 24h durant lesquelles chaque pas de ma petite femme est source de souffrance.

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Une fois tout réglé, Iain nous propose un petit tour dans l’Est. À Nyagande. C’est avec plaisir que nous prenons part à l’expédition! Nous y rencontrerons un chef de village et visiterons un « camp » au bord de l’eau où girafes, zèbres et autres gnous cohabitent sur un espace de plus de 100 Ha.

Se retrouver face à ces magnifiques animaux que nous n’avions jamais vu jusqu’à présent en liberté est un moment magique. C’est impressionnant. On demeure figé avec un sourire niais devant de telles beautés (bon ok, sauf les gnous, je vous l’accorde)! Pour se remettre d’autant d’émotions, rien de tel qu’un bon barbecue!

Sur le chemin du retour, comme ça d’un coup, Iain freine. À quelques pas de la route principale, un gros rocher. Sur ce rocher, des peintures rupestres qui datent semble-t-il de plus de 20.000 ans. Magnifique!

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Le jour d’après, le samedi 11 juin, nous accompagnons cette fois Hans, un autrichien chercheur d’or vivant en Afrique du Sud, à Kadoma, à quelques 140km de la capitale. Nous y visiterons une mine d’or « traditionnelle » où tous les processus, depuis le forage jusqu’à la fonte de l’or, nous seront enseignés. Pour terminer la journée, un bon braail (barbecue), quelques bouteilles de bière de maïs, de vin et de brandy ainsi qu’une bonne fogata et hop… au lit!

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Retour dans le froid de Harare le lendemain pour quelques jours de repos. La cheville d’Astrid ayant été trop sollicitée au cours des derniers jours, une immobilisation forcée semble inévitable pour éviter des complications ultérieures!

En début de semaine, nous faisons la connaissance de Pauline, une française de CouchSurfing, installée à Harare avec son mari américain depuis 2 ans maintenant. Bon feeling autour d’un repas traditionnel zimbabwéen (combinaison de ragoûts de tripes, de chèvre et de pintade) et l’invitation est lancée. C’est avec plaisir que nous acceptons et dès le mardi nous prenons donc nos quartiers chez Pauline et André. Nous y passerons près d’une semaine! Franches rigolades et bon petits repas quotidiens. Ce fut une sacrée belle expérience. Et Pauline, malgré sa grossesse de 7 mois ne manquait pas une occasion de faire montre d’une incroyable gentillesse. C’est ainsi que le vendredi 17 juin, nous nous retrouvâmes, au petit matin (enfin pas trop tôt quand même) dans le parc de Chivero. Nous parcourrons pendant plusieurs heures, en voiture, les quelques 1900 Ha de ce parc et pourrons voir girafes, gazelles, autruches, phacochères, babouins, velvet monkeys, zèbres, peintures rupestres…. et surtout… le fameux rhinocéros!!!! Sacrée aventure mes amis!

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Le 19 juin, notre avion décolle d’Harare à destination de Victoria Falls. Une heure de voyage… et pas des plus tranquilles! Ma peur des avions qui s’accroît vol après vol s’en est trouvé bien boostée!

Une fois posés, nous sortons à pied de l’aéroport afin de prendre un « combi » pour nous rendre au centre ville. 1$ par personne… au lieu de 30$ le taxi au sortir du terminal! Une telle tarification laisse présager une envolée des prix dans cette ville si touristique… et en effet!!! le logement le moins cher que nous ayons trouvé, une tente, nous coûte pas moins de 40$ la nuit! Et paf dans les dents. Nous ferons donc l’essentiel de notre séjour à pied, et lentement, afin de ne pas trop faire travailler la cheville d’Astrid. Et bien nous en a pris! En nous rendant vers les chutes, nous sommes tombés sur une famille de phacochères, une autre de babouins et surtout, en prenant quelques raccourcis à travers champs… une maman éléphant et ses petits!! Une rencontre inattendue, à moins d’un km de la ville. J’étais ravi. Astrid était aux anges!

Les chutes Victoria. le pourquoi de notre venue ici, dans l’Ouest du pays, à la frontière avec la Zambie. Le voyage en valait-il la chandelle? Oui, à n’en pas douter. Mais allez savoir pourquoi, il me reste comme un petit goût d’inachevé. Un soupçon de déception. Peut-être car j’ai déjà eu la chance de voir Iguaçu et Niagara. Peut-être car on s’est un peu pris la tête avec Astrid. Peut-être car le débit d’eau était tel qu’une grande partie des chutes n’était que peu ou pas du tout visible. Peut-être car en plus de l’entrée à 30$ par personne on nous demandait 30$ additionnels pour un fauteuil roulant, peut-être aussi que nos attentes étaient trop grandes vis à vis de l’une des 7 merveilles du monde… Disons que les conditions n’étaient pas optimales pour profiter de l’extraordinaire spectacle que nous offrait Dame Nature. Nous pensions nous rattraper en soirée, pour voir le fameux Lunar Rainbow (arc-en-ciel de lune) vivement recommandé par tonton Georges… mais après avoir eu un aperçu de ce qui nous attendait et après avoir su que l’aventure nous aurait coûté un autre 90$, nous avons préféré passer la soirée dans un café. Pour nous rabibocher tout d’abord, mais aussi pour profiter de la nature environnante. Désolé tonton, mais sache que ces 90$ seront utilisés à bon escient à Madagascar!!!

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21 juin. 14h05. Nous nous posons à Harare. Une fois de plus le vol ne fut pas de tout repos. Il nous reste 4 jours à passer dans ce pays. Dans ce beau pays où les gens nous surprennent chaque jour un peu plus! Astrid va les passer tranquilou, en compagnie de Pauline, les efforts de ces derniers jours ayant ravivé les douleurs de sa cheville. Pour ma part, je vais partir 2 jours, en solo, à Great Zimbabwe, à 4h30 de route vers le sud.

J’arrive le mercredi soir à la tombée de la nuit après un voyage riche en émotions (un chauffeur de bus me demande « can i be your friend », je me retrouve à côté d’un détenu burundais fraîchement libéré… etc..). Je marche près de 3km sur une petite piste en plein milieu de nulle part… et j’arrive enfin aux dortoirs situés à l’entrée du site. Des prix abordables (10$ la nuit), des gens une fois de plus sympathiques et bienveillants, et une nourriture fort convenable (sadza (sorte de polenta de maïs blanc) et poisson frit). Après avoir dormi comme un bébé et avoir englouti le petit déjeuner, je me dirige, à 7h, vers les ruines. En compagnie d’un guide, nous parcourrons pendant 2h30 les trois sites de Great Zimbabwe (ruines de la collines, ruines de la vallée, le grand enclos) ainsi que le musée. Ces fortifications faites uniquement de moellons de granit (pas de mortier!!) montent par endroits jusqu’à 11m et utilisent intelligemment les énormes roches rondes environnantes. Mais Great Zimbabwe, c’est d’abord et avant tout un symbole. Les plus vieilles ruines d’Afrique sub-saharienne! Je vous invite à en savoir plus en CLIQUANT ICI.

Une visite enrichissante et tellement agréable pour un amoureux des vieilles pierres tel que moi! Mais pas le temps de pavasser, ma petite femme m’attend à quelques 320km de là. Et hop. marche, combi, bus, marche, combi et me voici enfin arrivé, 7h plus tard. Petit coup de coeur, et de flip, lorsque le bus s’est arrêté, que tout le monde a ôté son couvre-chef et qu’une femme a commencé à prier en shona et à voix haute pour que nous arrivions tous à destination sans encombres.

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Et voilà, il ne nous reste plus qu’une grosse journée avant de décoller pour Johannesburg puis Antananarivo. Nous la passerons en compagnie de Pauline, tranquillement.

Mais avant de mettre un point final à cet article, j’aimerais revenir sur quelque chose de primordial!

Au cours de notre séjour dans ce petit pays, nous sommes véritablement tombés sous le charme des zimbabwéens. Bien qu’ayant eux aussi vécu leur apartheid (l’indépendance de la Rhodésie du Sud n’a été prononcée qu’en 1980 à la suite d’une longue guerre), bien qu’ayant à leur tête un dirigeant de 92 ans, au pouvoir depuis 36 ans, qui certes maintient une certaine stabilité sociale dans le pays mais qui l’a laissé sombré dans un marasme économique exceptionnel (inflation stupéfiante de 2008, cruel manque de liquidité, taux de chômage record (94% en 2008), bien que parler de politique en public puisse vous faire passer directement par la case prison… et bien malgré tout ça, les zimbabwéens sont des gens extrêmement positifs, respectueux, travailleurs et ouverts aux autres (même les chauffeurs de taxi et de combi, et c’est à noter!!!). Bref, que de bons moments en leur compagnie, et nous ne saurions que trop vous recommander cette destination! Pour ses merveilles naturelles et historiques bien sûr. Mais d’abord et avant tout pour ses habitants. Un peuple à qui nous rendons hommage!

La Tanzanie: un bijou mal exploité

Au terme d’un voyage de près de 24h ponctué par une longue escale à Nairobi, nous arrivons enfin à Dar Es Salaam, capitale de la Tanzanie.

Avant même d’atterrir, alors que nous survolons la ville, le changement est palpable. La ville semble mieux organisée. De majestueux gratte-ciels nous indiquent le centre des affaires.

Une fois posés, le changement est encore plus drastique. L’anglais, langue officielle, est relégué au rang de langue touristique (que les chauffeurs de taxi de l’aéroport manient ma foi fort bien…). Seul le Swahili est parlé ici (Un peu à l’instar du Wolof au Sénégal.  À la différence que le Swahili s’écrit et est largement publié et mis en avant (journaux, TV, publicités, même à l’aéroport et dans les avions de Kenyan Airways, tout est affiché en anglais et Swahili). Les voitures roulent à gauche. Les prises électriques sont différentes. Les mototaxis sont remplacés par les Bajajs, espèces de petits tricycles couverts de 200 cm3 généralement utilisés en Inde. Les femmes en burka sont bien plus nombreuses que dans les autres pays préalablement visités. Les boutiques d’électronique et d’informatique pullulent. Fini le Franc CFA. Ici c’est le Schilling tanzanien. 1 CFA vaut 4 Schillings. Physiquement aussi on note un changement évident. Il y a une importante communauté asiatique qui vit ici (indiens et chinois notamment) et les locaux, de manière générale, sont plus clairs et arborent des traits plus fins.

Ce qui ne change pas en revanche… c’est que le blanc continue d’être pris pour une vache à lait. Le prix des taxis est rédhibitoire (20 fois plus cher que le bus pour un trajet équivalent. Le choix ne fut pas des plus ardus ;.)), le ferry assurant la liaison entre la capitale et Zanzibar coûte près de 3 fois plus cher pour les non-résidents  et les tarifs pratiqués par les hôtels sont sans commune mesure avec le coût (peu élevé) de la vie.

Nous utilisâmes donc nos petites jambes depuis notre dortoir situé à quelques  5km du centre-ville pour visiter la capitale. Les photos laissent entrevoir les spécificités de l’agglomération citées ci-haut.

Après avoir tourné durant des heures. Une pause café-wifi s’impose. Une heure plus tard IMPOSSIBLE de trouver! Seule option indiquée par les riverains : casino Le Grande. 10$ USD de mise minimum plus tard, nous pouvons enfin accéder à internet et rassurer ainsi toute la famille soucieuse de notre bonne arrivée.

Cette petite escale ne nous permis pas de remporter le jackpot. Bien au contraire… mais nous aurons néanmoins la chance de faire la connaissance de Monica, une cubaine installée depuis un an et demi à Dar Es Salaam. C’était une embuscade! Le soir même, et ce jusqu’au petit matin, nous trinquions en compagnie de 6 cubains et 2 colombiens au Samaki-Samaki, bar-club tenu par un espagnol mi-rasta mi-pirate.

Dar es Salaam - du ferry en partance pour Zanzibar

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Quelques petites heures de sommeil plus tard, nous embarquons sur le ferry qui nous emmène à Zanzibar. 20$ USD par personne. 3h de trajet. Nous arrivons à Stone Town (Zanzibar Town), capitale de l’île d’Unguja. Nous tombons sur un groupe de 4 espagnoles. 4 femmes géniales dans la cinquantaine, qui nous indiquerons l’auberge la moins chère de la ville, Abdallah Guest House Annex (20$ USD la nuit) et avec qui nous passerons toute la soirée à manger et à rigoler. Une fois de plus couchés à pas d’heure. Nos corps de petits vieux s’en ressentent! On se réveille le lendemain sous les engueulades du proprio qui n’attend plus que nous pour nettoyer la table du petit déj. Il est déjà 10h!

Nous passerons la journée à visiter, à pied, cette ville au charme particulier classée au patrimoine mondial de l’UNESCO (un petit clic ICI pour en savoir plus). En compagnie de Ramadan, nous apprendrons à différencier les magnifiques portes en bois de style arabe ou indien, nous passerons en revue une bonne partie des 42 mosquées, des 2 églises et du temple hindou que compte la ville. Nous nous perdrons dans les dédales de cette citée aux centaines de ruelles. Pour notre plus grand plaisir.

Petits bémols toutefois. Les nombreux. Trop nombreux « beach boys » qui te vendent à chaque 100m une visite guidée de la ville, une statuette en bois soi-disant faite en ébène ou encore une petite dose de drogue. Première fois que nous avons à affronter ça depuis notre départ! Autre bémol… une épidémie de choléra sévissant à Zanzibar, les autorités durent prendre certaines mesures telles que… fermer tous les petits bouibouis offrant une nourriture locale, typique et bon marché. Vraiment pas de bol! Les seules options de repas débutant ainsi à 10.000 schillings (5 USD), nous nous rabattîmes rapidement vers le système D : pain en tranche, tomates, oignons et thon en boîte si nous étions chanceux!

Le 23 mai au matin, nous embarquons à 9h pour Bububu, petite ville situé à une dizaine de km de la « capitale ». Celle-ci doit son nom au bruit que faisait le train qui passait ici il y a un siècle, lors de la présence anglaise. Nous y visiterons une ferme aux épices. 2 heures de marche pour un tour très intéressant au cours duquel nous verrons et goûterons bon nombre d’épices et fruits exotiques que nous ne trouvons chez nous qu’en format industriel où en décoration sur les tables des restaurants les plus prestigieux.

Au terme de la visite, nous prenons un Dala-dala, qui se veut généralement être un toyota Dyna équipée d’une caisse décorée dotée de 2 bancs en bois sur les flancs, et prenons la direction du Nord. Nungwi, village réputé pour la beauté de ses plages en sable blanc et de son eau turquoise. Un local nous indique le camp Mama Fatuma. Quelques bungalows entourant un bar « palapa » tenus par un groupe de rastas! On y fera de belles rencontres et y passera du bon temps! Tout est tellement plus facile avec des dreads!

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Retour à Stone Town le 25.

Pour rentrer sur Dar Es Salaam, nous optons pour le ferry de nuit (20$ par personne au lieu de 35$). Départ 21h. Arrivée à 6h. Après avoir rapidement écarté un nouveau taxi qui voulait nous prendre pour des pigeons, nous trouvons le bus qui nous emmènera au terminal Ubungo (70 cts pour les deux… au lieu de 15$!). Une fois sur place, même topo. 8 revendeurs de tickets peu scrupuleux ne nous lâchent pas. On leur demande gentiment de partir. Sans effet. On essaie en haussant la voix. Pas mieux. On demande aux officiels du terminal. Aucune réaction. Après avoir perdu 30 minutes et s’être bien engueulé avec une paire de connards, nous voici enfin à bord. Nous arriverons 7h plus tard à Lushuto dans le Nord.

Lushuto est un petit village de la Province de Tanga. Il est entouré de montagnes et il y fait frais en cette saison. Il n’est d’ailleurs pas surprenant de trouver dans le marché de friperies bordant le terminal d’autobus des chaussures de montagne, des parkas, des vêtements techniques, des bonnets et même des paires de gants!

Dans le bus, nous avions fait la rencontre d’Elvis (disons plutôt que c’est lui qui est venu nous rencontrer ;.)). Elvis est un guide rasta de 27 ans. Tranquille, il nous indiqua une petite auberge, la White House où nous dormîmes 4 nuits (15.000 schillings (7 euro) la nuit, petit dej inclus). Il finit par nous convaincre de le suivre pour une « day trip » de 7 heures dans les montagnes environnantes. Après avoir âprement négocié les tarifs, une fois de plus, nous prîmes un « day off » : un peu de boulot, quelques thés au gingembre, et deux bons gros repas chez Mary, une excellente cuisinière qui, dans sa cabane en bois de 3×3, nous faisait découvrir les spécialités locales.

Daniel et Laura, un couple berlinois se joint à nous pour la rando. Nous eûmes la chance de voir un grand nombre de caméléons à corne (il semblerait que l’infidélité soit également de mise chez les reptiles…;.)), de profiter de magnifiques points de vue de la chaîne de montagnes de l’Usambara, et de croiser quelques vestiges de la présence allemande dans les parages (notamment une mine de bauxite utilisée par les troupes allemandes durant la première guerre mondiale).

Bref, une rando enrichissante à tous points de vue. Et pour clore l’aventure en beauté, une petite bière en compagnie de nos acolytes d’un jour!

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Un jour off de plus et nous embarquons pour Moshi, à 5h de bus de là. Lushoto, à l’exception de mes altercations avec deux branquignols, est un village très agréable que nous vous recommandons chaudement (aux deux sens du terme!).

Mardi 30 mai. Nous arrivons à 13h au terminal de bus de Moshi, ville située au pied du célèbre Kilimanjaro! William, un collègue d’Elvis nous prend en charge. Il nous indique une auberge abordable et bien située, nous montre rapidement les points principaux de la ville (banque, marché…)… puis nous propose à nouveau moult tours! Nouvelle négociation. Nouvelle entente. Et nouvelle sortie programmée : chutes de Ndoro, villages et plantation de café au pied du Kilimanjaro! Mais ça, ce ne sera que le 1er juin. Pour mon anniversaire, le 31, nous irons, en amoureux, aux sources d’eau de Boma Ngombe… 1h en dala-dala  et 1h en bajaj. Et autant dire que le périple en valait la chandelle! Perdu au beau milieu de nulle part, une petite oasis . Au milieu de cette oasis, une piscine naturelle transparente. Dans cette eau, des petits poissons bouffeurs de peaux mortes. À part ces derniers… que du bonheur! Le reste de la journée? Une femme aux petits oignons, un gâteau en forme de cœur, une bouteille de vin local (et oui!!) et tout ça avec le Kilimanjaro en toile de fond…

Mais pas le temps de trainasser. Le 1er juin, c’est aux aurores que nous nous réveillons. À 31 ans, on se lève naturellement plus tôt…;.) Une longue journée de rando & découverte en compagnie de notre guide Paul (qui remplace Paul, soi-disant souffrant…) nous attend. Après une heure de Dala-Dala, nous arrivons dans un bled de l’ethnie Chaga : Marangu. Quelques km de marche plus loin, nous atteignons la plantation de café de Babu Coffee (surnom du vieux propriétaire). Nous y passerons deux heures au cours desquelles nous passerons en revue tout le processus de transformation du café. Du plant jusqu’à la tasse. Et tout ça avec la bonne humeur contagieuse de notre hôte!

On y serait bien resté la journée, mais le tour est encore long. Les chutes de Ndoro nous attendent en effet à quelques km de là. Descente glissante. Montée abrupte. Chutes mouillées ;.) et hop c’est parti pour le casse-dale.

Encore quelques villages à traverser pour atteindre un joli point de vue sur les hauteurs de Marangu. On peut y voir au loin le Kenya. Plus près, l’église construite en 1831 par les allemands. Petite pause bière de banane sur le chemin du retour. Et nous voici (après un changement imprévu de dala-dala pour cause de roue ne tenant plus que par 1 écrou) de retour à notre hôtel. Dernière vue sur le Kilimanjaro, car demain, c’est le départ pour Mwanza, sur les rives du fameux lac Victoria, à 14h de là…

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Mwanza, ce nom vous dit peut-être quelque chose. C’est la ville dans laquelle a été tourné le documentaire polémique « Le cauchemar de Darwin ».

Alors autant être franc, on est quand même loin de la misère inconcevable décrite dans le documentaire. Néanmoins on ne se mentira pas. Il y a un vrai problème social ici. Des mendiants, des personnes atteintes de polio et surtout des enfants nous abordent très fréquemment dans la rue pour demander quelques pièces. Ça faisait bien longtemps que ça ne nous était pas arrivé. Ça dérange et ça fait mal. Nous essayons toutefois de passer outre pour pouvoir profiter des environs. Et c’est à peine lorsque nous arrivons à retrouver nos esprits de voyageurs qu’on devient soit victime d’une tentative d’escroquerie, soit victime d’un abus d’autorité de la part d’un flic en civil. Nous parcourrons néanmoins la ville en long et en large: the Bismarck rock (où nous avons eu la chance de tomber sur le tournage de plusieurs clips musicaux. Surprenant!!), le marché aux poissons de Kamanga, celui de l’autre côté de la baie dont j’ai totalement oublié le nom, le centre ville, le marché de friperies… On arrive enfin dans un petit bar histoire d’essayer de profiter de quelques instants de sérénité. La serveuse prend notre commande, récupère les restes (capsules, serviettes…) laissés par les anciens client, puis les jette par dessus le balcon. Directement dans la rivière. Notre journée se termine comme elle a débuté, par un sentiment d’impuissance et un soupçon de dégoût.

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On tentera à nouveau l’expérience le lendemain, puis prendrons notre envol pour Dar Es Salaam le 6 juin. Le 7, après une dernière soirée en compagnie de nos amis cubains, nous quitterons définitivement la Tanzanie pour le Zimbabwe, où les chutes Victoria nous attendent…

En marge de l’article…

Petit coup de gueule. La Tanzanie est un pays magnifique qui regorge de trésors. L’île de Zanzibar avec son architecture, ses plages paradisiaques et ses épices. Le kilimandjaro. Ses nombreux safaris (Serengueti, Ruaha, Selous…etc…). Le lac Victoria, second plus grand lac d’eau douce au monde. Mais selon moi, ces trésors sont mal exploités. La surcommercialisation (pour ne pas dire surtarification) dont ils font l’objet (pour un trek de 6 jours dans le Kilimanjaro, les frais allant directement à l’État se chiffrent à 740 USD par personne! Le montant global avoisinant les 2000 USD!!!) associée à la trop grande dépendance de certaines population vis-à-vis du tourisme et l’attitude inadaptée de trop, mais vraiment trop nombreux « professionnels » de l’industrie (pas moins de 1000 agences spécialisées pour la seule ville d’Arusha!!), risquent de sérieusement compromettre le développement à long terme de cette source de revenus essentielle pour le pays. D’autant plus si certains pays d’Afrique se réveillent à ce niveau, investissent judicieusement et communiquent intelligemment (Cameroun, Sao Tomé et Principe, Madagascar, Bénin…).

Moi, président (de la Tanzanie), je prendrai des mesures radicales afin de réduire de manière significative les tarifs d’entrée dans les parcs nationaux (-50%). Cela afin de développer un tourisme plus varié et surtout plus local (à l’échelle du continent).

Moi, président (de la Tanzanie), j’investirai davantage dans le tourisme culturel, actuellement largement distancé par le tourisme « naturel ». La diversité des populations, l’histoire du peuplement du pays, les ethnies à la renommée internationale (Masai notamment)… peuvent intéresser de nombreuses personnes adeptes de ce type de séjour.

Moi, président (de la Tanzanie), je mettrai en place une grande campagne de sensibilisation des populations au sujet du développement durable du tourisme. De ses effets à long terme. Cela afin de limiter les incalculables « arnaques » dont les musungos (blancs) font l’objet, ou de mettre un terme au racolage incroyable qui se produit dans les terminaux de bus.

Moi, président (de la Tanzanie)… ça n’arrivera jamais…;.)

Cameroun. L’Afrique en miniature

Arik Air nous avait déjà fait le coup à Dakar. Rebelote cette fois-ci. À peine arrivé à l’aéroport de Cotonou pour embarquer direction Douala, on nous annonce que le vol a été annulé et qu’il nous faudra revenir jeudi à la même heure. Soit 48h plus tard!

Trop c’est trop. Après 6 heures de calmes négociations restées vaines (il faut dire que négocier avec une équipe d’incapables a ses limites), je fis, et pour mon plus grand plaisir « le français ». Je m’étais entre-temps renseigné sur les réglementations internationales et régionales de l’aviation civile. Je leur expliquai donc que s’ils poursuivaient leur pathétique gestion de crise qui ne consistait qu’à nous abandonner à notre triste sort, j’allais entamer des poursuites. Puis je leur citai les quelques articles de lois trouvés ci-et-là sur internet. 10 minutes après on nous annonçait, à Astrid, Joe (un camerounais de Buea) et moi-même, qu’un logement avait été trouvé. Comme quoi, il suffit de peu.

Nous passerons les 2 jours suivants à marcher, à rendre visite à Dieudonné et à boire de la bière. Beaucoup de bière en compagnie de Joe. Le ton était donné. Le Cameroun ferait sans doute mal à mon foie.

Nous arrivons enfin à Douala où nous attend Ivan! Ivan, c’est mon ancien collègue d’HEC. Je lui en ai mis des branlées à PES à l’époque (oui oui Ivan… et si tu n’es pas d’accord, tu n’as qu’à créer un blog…;.)). Mais ça, c’était il y a plus de 8 ans…Bien que je doute que son niveau de PES se soit amélioré, il est depuis devenu un heureux mari, un papa de deux jolis bambins et un professionnel accompli. Ce qui n’a pas changé, ce sont ses qualités d’argumentation ainsi que ses connaissances géopolitiques et économiques pointues. Ce qui promet de bien belles soirées « refaisage de monde » en perspective.

Avant de sortir de l’aéroport et de prendre la route pour Kribi où Ivan a récemment été affecté, ce dernier doit « s’employer » avec les autorités afin que celles-ci valident notre visa.

Ça y’est. Nous sommes à Kribi, ville côtière du sud est du Cameroun. Nous y passerons près d’une semaine. Au programme : Baignades sur les plages de sable noir où l’océan, calme et chaud, est enfin accueillant. Promenades à travers la ville avec escale obligatoire au grand marché. Astrid y trouvera même un maillot de bain. Une première! Mais surtout, découverte du village pygmée de Bidou, à une heure de moto de Kribi. Nous y rencontrerons le chef du village et sa famille et discuterons, deux heures durant, du sort réservé à ce peuple des forêts, le plus ancien du Cameroun. Nous y apprendrons notamment que l’aide des ONG européennes et américaines n’arrive presque jamais au village, « mangée » au préalable par la corruption qui gangrène ce pays d’Afrique Centrale depuis de nombreuses années (depuis la dévaluation du Franc CFA selon une théorie avancée par Ivan). Le chef nous montra ainsi un cacaoyer, et un palmier, respectivement présentés de manière officielle comme une plantation de cacao et une palmeraie destinée à la production d’huile. Le reste? Médecine moderne inexistante et peu ou prou d’éducation. De toute manière, les plus chanceux atteignent tout juste le BEPC. Sans moyens, comment poursuivre les études? Pendant ce temps, leur forêt perd hectare après hectare, vendue au plus offrant par le gouvernement, et le peuple Pygmée craint pour sa survie.

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Il est temps de prendre la route. Nous retrouverons Ivan plus tard. D’ici 3 semaines. Ses obligations professionnelles, et familiales désormais, l’empêchant de prendre part à l’aventure.

Première étape : Buea, ville anglophone, où nous retrouverons Joe, notre compagnon de galère à Cotonou.  Pour y arriver, micro-bus jusqu’à Douala. Taxi collectif de Douala à Bonabéri. Puis taxi brousse pendant une heure. Nous débarquons à 870m d’altitude, une première. L’imposant Mont Cameroun, qui culmine à 4080m surplombe la ville. C’est beau. C’est frais.

Joe nous trouve rapidement un petit hôtel et nous indique où bien manger pour pas cher. Et en effet, pendant les 4 jours que durera notre séjour dans la ville nous découvrirons les spécialités locales (Achu, Héro, Yam & cabbage, Nyama Nyama, Eru, water fufu, kwakoko…). Bien pris par ses business (vêtements, snack, super marché), Joe nous indiqua les choses à voir et nous laissa les visiter en toute autonomie : Les plantations de thé de Tolé, où malheureusement nous ne pourrons découvrir la factory, faute d’autorisation. Le monument des 50 ans de l’indépendance et de la réunification à Buea Town. Le cimetière des premiers colons allemands… Nous en profitons également pour prendre contact avec Stéphane, guide du parc du Mont Cameroun. Nous comptons en effet gravir la montagne, la seconde plus haute d’Afrique derrière le Kilimandjaro. Au moins jusqu’au Hut 2 (Pour atteindre le sommet, une randonnée de 2 jours minimum est nécessaire).

C’est ainsi que le vendredi 29 avril au petit matin nous débutons l’ascension. Une heure et demi plus tard, Astrid, toujours très à l’écoute de son corps, préfère renoncer, ne se sentant pas capable de poursuivre sur le même rythme un parcours à la difficulté croissante. Nous fîmes donc demi-tour mais décidâmes de rentrer jusqu’à l’hôtel à pied. Nous aurons marché au total plus de 4h30, accumulant pas moins de 15km.

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Après une dernière soirée où nous fûmes invités par les grands pontes de la ville (allez savoir par quelle coïncidence…) nous prenons la direction de Bamenda, à quelques heures de route au Nord.

Troisième ville du pays, anglophone, Bamenda se distingue par un relief particulier et un climat de plus agréables. Située sur les hauts plateaux à 1500m d’altitude elle est entourée de montagnes verdoyantes et est continuellement traversée par des courants d’air frais. Bien conseillés par Ivan, nous passerons 2 jours à visiter les environs. Ndop et Jakiri notamment. Là encore les paysages sont tout bonnement magnifiques… et surprenants. Bananiers et palmiers côtoient de majestueux pins et de grandes plaines où paissent tranquillement des centaines de vaches bien nourries. À quelques mètres de là, une cascade par ci. Une autre par là. Le tout dans la plus parfaite indifférence des locaux. Après tout, quoi de plus normal. On n’apprécie les choses à leur juste valeur qu’une fois qu’elles quittent notre quotidien.

Ces promenades auront été marquées par quelques équations sociales intéressantes (comment entrer à 12 dans un mini van de 7 places? Facile. 4 devant. 4 au milieu. 3 derrière et un gamin sur les genoux), et auront fait l’objet de quelques frayeurs liées à ces dernières (lancé à pleine vitesse, en descente, le chauffeur prend les virages à gauche, tout en décrochant son téléphone et en passant une vitesse entre les cuisses des voyageurs 2 et 3…).

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Après l’aspect naturel. Place au culturel. À quelques heures de taxi brousse de Bamenda, nous arrivons à Foumban. Le trajet fut marqué par une discussion passionnante et passionnée sur qui des bamilekes et ceux du Nord étaient les plus riches du Cameroun. Ça a crié et ça a rigolé. Le plus fort, c’est que nous étions à l’origine de la discussion. Nous échangions sur le sujet avec notre voisin. À la fin une dizaine de passagers y prirent part! Fini le téléphone arabe. Vive le téléphone camerounais!

À Foumban, nous visitâmes le fameux Palais du Sultan Bamoun, transformé en partie en un magnifique musée. La visite y fut des plus intéressantes, l’humour et les connaissances du guide jouant il est vrai un rôle prépondérant. On y apprit l’importance de la culture Bamoun depuis le 14ème siècle et l’influence de Njoya?????, le grand père de l’actuel sultan. C’est lui qui instaura entre autres l’écriture Bamoun. Petite anecdote à son sujet : le sultan était musulman. Mais comme il aimait boire et fumer, il devint catholique. Une fois catholique, on lui dit qu’il ne devait avoir qu’une femme. Petit problème, il en avait 681!!! Il décida donc de créer sa propre religion! Pas folle la guêpe!

C’est  au cours de cette visite que nous fîmes la connaissance de Céline et d’Isabelle, deux françaises avec qui nous passerons finalement toute la journée, à Foyet, petit village situé à 18km de Foumban. On y rencontra le chef, le doyen et quelques habitants. Nous y visitâmes un petit bar. Et nous y mangeâmes quelques mangues. Au retour, Astrid m’accordait une petite soirée célibataire pour aller voir (une fois de plus) un match de Ligue des Champions. Super expérience! La passion était au rendez-vous. L’alcool également. Ce qui devait arriva et l’ambiance s’emballa quelque peu. Les insultes fusèrent : Redescends de ton manguier! Chien de peau noir! Villageois! Mais comme toujours ici, les choses se calmèrent assez rapidement et la bonne humeur gagna la partie. Le Real Madrid également.

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Lendemain, départ pour Ngaoundéré. Long périple en deux étapes. La première nous mena jusqu’à Banyo (5 heures de route) et nous permis d’expérimenter une nouvelle fois le concept de taxi de la mort ;.) Cette fois j’osai quand même un « oh hé chauffeur. Je m’en tape d’arriver 10 minutes plus tôt. Je veux juste arriver vivant »! Tollé général. En gros si on devait mourir c’était notre destin. Eh bééééé que je leur dis. Je n’ai pas de problèmes avec mon destin, mais à quoi bon laisser un chauffeur inconscient jouer avec! Bon, et pour parachever le tout, nous nous fîmes contrôler par un gendarme complètement défoncé. Une scène digne d’un sketch des Inconnus. Il me demanda même de sortir du véhicule. Il s’adressa à moi. Forcément je ne pigeai pas un mot de son discours. Je lui fis donc une petite moue d’incompréhension à laquelle il me répondit par un : Tu me menaces? Deuxième petite moue de ma part. Il m’invite à partir. Je ne me fis pas prier. Nous arrivons finalement à Banyo.Petite ville. Toute petite ville où nous fîmes la rencontre de Paul, un libraire avec qui nous échangeâmes pendant près d’une heure. Religion, instruction des filles, politique. Tout y passa. Un vrai régal. En soirée, c’est chez Marlise que nous prîmes nos aises. Un bon repas, fort accessible et avec en prime un thé offert. La faute aux cheveux d’Astrid qui fascinèrent les femmes présentes!

Après une nuit terrible à dormir sur un matelas quasi-inexistant et malodorant. Sur un sommier cassé faisant le bonheur de familles entières de cafards et grillons, nous étions prêts à poursuivre notre périple. Pour précision, il n’y avait que deux auberges à Banyo. L’une était pleine… l’autre, c’était la nôtre. Mais bon, à 3000 CFA la nuit (4,5 euro), on ne pouvait pas prétendre à mieux.

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Pour arriver à Ngaoundéré où nous attendait Alain, un ami d’Ivan, il nous fallut plus de 12h de route! Pas dans les meilleures conditions, certes, mais on s’y fait! Enfin, plus difficilement pour Astrid qui semblait couver quelque chose. On finit tout de même par y arriver. Et quelle réception mes aïeux! Alain s’était plié en 4 et avait mis les petits plats dans les grands. Il prépara lui-même du Ndolé, un poulet farci, une sauce gombo-graines de courge (pistache), des plantains frites, du couscous manioc. Et même Christian, son voisin de palier, contribua au festin! Bref, après l’effort, le réconfort!!

Samedi 7 mai. Visite de la ville. À pied tout d’abord. Puis en voiture avec Alain. Nous en profiterons pour visiter le Lamidat de Ngaoundéré, une sorte de sultanat de Foumban local, qui possède toujours une forte influence dans la région. Quelques 500 chefferies de troisièmes niveaux sont sous les « ordres » de ce Lamidat musulman. Un véritable système que je pourrais appeler féodal (les chefferies devant donner à défaut d’argent, quelques récoltes au Lamidat) qui fonctionne toujours en parallèle du système dit « moderne » pour des questions d’économie, mais également de justice!

Le dimanche, nous prîmes la route pour le Ranch Ngaoundaba dont Christian assure la gestion. Un véritable paradis. Un lac de cratère profond de 80m entouré d’une végétation luxuriante, de chevaux en liberté et surplombé d’un restaurant et de bungalows construits dans les années 30. Outre le complexe d’hôtellerie restauration, Christian a développé sur ce ranch de près de 70 ha un projet d’élevage, d’abattage et de commercialisation de viande bovine de premier choix. Un tour qui acheva en beauté notre court séjour dans l’Adamaoua. L’accueil magnifique d’Alain et de Christian nous aura permis d’apprécier au mieux la région et nous a même donné envie d’y revenir pour visiter le grand nord du pays, aujourd’hui malheureusement sous la menace de Boko Haram. Rendez-vous est donc pris pour dans quelques années.

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Il est temps pour nous de retrouver Ivan, Zaïna, son adorable petite femme et leurs enfants. À Yaoundé cette fois. Et pour ce faire, nous prenons le train CAMRAIL à Ngaounderé le dimanche à 19h. Train couchette très confortable et très propre qui, au lieu d’arriver à 9h30, arrivera à 14h30. La faute à un soi-disant « train de marchandises en détresse! ». Tant pis, nous en profiterons pour débattre politique et économie avec nos voisins de cabine, Jean-Paul (militaire revenant du grand Nord) et Abel (informaticien et jeune entrepreneur).

Le reste de notre séjour camerounais se fera relax, en compagnie de la famille Bekolo. à Yaoundé puis à Kribi. Nous profiterons de ces quelques moments en leur compagnie pour refaire le monde, boire quelques bières, et découvrir quelques spécialités locales telles que le serpent ou les charençons (espèces de gros vers dodus). Un vrai régal, dans tous les sens du terme! Il ne nous reste plus qu’à remercier comme il se doit cettesuper famille avant de grimper dans l’avion Kenya Airways qui nous attend à Douala. Direction Dar Es Salaam en Tanzanie! Adios Cameroun. On se reverra!

Le Bénin: Un concentré de richesses

Nous arrivons en début d’après-midi à « Nati » après quelques accrocs à la frontière (côté Togo) où une photo sans permission prise par Astrid mettra en exergue toute la stupidité des agents douaniers. Et je pèse mes mots. Nous faillîmes en venir aux mains.

Afin d’évacuer le trop plein de rancœur, Rémi eu la délicate attention de faire une petite halte bière dans un village proche de Djougou. Au moment de commander, j’entends mes voisins de table commenter les résultats politiques de l’élection présidentielle fraîchement dévoilés. J’interviens afin d’obtenir de plus amples informations…. Et hop, nous voici à refaire le monde! Nous finîmes par débattre à 8… deux tournées plus tard, l’ambiance était magique Tout y passé. La politique, les femmes, la religion…. C’est le genre de moment impromptu qui me procure tellement de joie que j’y serais resté « jusqu’à fatigué »… Toutes les bonnes choses ayant malheureusement une fin, nous embarquons à nouveau pour poser nos valises quelques km plus loin à l’hôtel Kaba de Nati.   Départ prévu pour le Safari le lendemain à 6h.

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À 6h effectivement, Issa, notre guide, nous attend à bord de la vieille Mercedes G de son frère. 3km plus loin, la courroie de l’alternateur nous lâche. Comme par magie, deux mécaniciens passent dans le coin. 2 heures plus tard nous partons comme si de rien n’était. Escale à Tanguieta pour s’approvisionner en eau et c’est parti pour la piste. Et on va en bouffer pendant 2 jours. Contrairement aux parcs de l’Est, le parc de la Pendjari est resté plus authentique. Pas de surcommercialisation. Un travail de préservation et de lutte contre le braconnage efficace. Bref, une visite qui vaut le détour comme le montre les images ci-dessous. Malgré tous les efforts d’Issa (le premier jour) et de Léon (le deuxième jour), nous ne parviendrons pas à voir de lions ni d’éléphants (seulement les fesses… et de loin!). Vraiment pas de chance… Tant pis, nous aurons passé d’agréables moments en compagnie de nos guides et de Rémi.

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De retour à Natitingou le mercredi 06 avril (jour de l’investiture du nouveau président béninois, Patrice Talon, nous planifions avec Issa la visite, le lendemain matin de la région de Koussoukoingou, connue pour ses tatas, fameuses maisons fortifiées en terre erigées par les ethnies du nord pour se protéger des rois du Dahomé qui venaient régulièrement dans la région faire des rafles pour ensuite vendre les hommes aux européens spécialisés dans le commercer négrier. Ces constructions sont erigées exclusivement à base de terre et d’eau (ainsi que de troncs d’arbres pour la dalle de l’étage). La tradition a perduré et l’architecture a conservé toute son authenticité et son ingéniosité. Certaines de ces tatas ont plus de 100 ans! Elles demandent néanmoins un travail d’entretien récurrent: toitures en paille, termites (le feu est mis tous les jours à l’intérieur pour noircir le bois et le rendre ainsi impropre à la consommation des termites), crépis et j’en passe…Une visite extrêmement enrichissante. Tant sur le plan culturel, architectural que social. En effet, tout le village s’est organisé afin que chaque visite (payante) contribue au développement de toute la communauté. Un système bien rodé qui permet de retenir les jeunes au village, d’accroître le potentiel touristique de la région avec la construction de nouvelles tatas chaque année et d’aider les anciens à entretenir leur demeure. Une visite véritablement mémorable.

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Il est temps de prendre la route vers le Sud. Direction Abomey.

Abomey, capitale historique s’il en est une, du Bénin. Les rois du Dahomé s’y sont succédés pendant près de 300 ans et, bien que le dernier roi « reconnu » ait régné jusqu’en 1900, l’influence de cette culture (dont le Vaudou fait d’ailleurs partie) est demeurée bien présente dans les esprits et dans le quotidien des locaux.

Après avoir visité la fameuse place Béhanzin, portant le nom de l’avant dernier roi du Dahomé, celui qui a osé dire Non à la France et qui s’est vu exilé aux Antilles puis en Algérie, nous prenons la direction des fameux palais royaux. C’est au cours de la visite que nous ferons connaissance de Claire, Anaïs, Pauline, Judith et Jacob.

Une nouvelle coïncidence de « timing » nous permet d’assister, aux premières loges, à l’intronisation d’un nouveau roi de collectivité. La cérémonie, à laquelle assiste l’actuel roi du Dahomé (dont le rôle est uniquement symbolique), est présidée par les ministres du royaume. Un voisin bienveillant nous expliquera et nous traduira tous les protocoles de la cérémonie.

Le lendemain, nous retrouvons nos 5 acolytes (enfin 4… Anaïs étant tombée malade…) pour une promenade qui s’avérera des plus surprenantes! En plein milieu de nulle part… un petit village. Et au cœur de ce village… un temple vaudou en forme de caméléon ainsi qu’un couvent vaudou doté d’une impressionnante entrée en forme de gueule de panthère! Nous assisterons à une « messe » vaudou au « cœur » du caméléon géant. Chants, danses, musiques, invocations de divinités et sermons sur l’amour du prochain… L’occasion pour nous de démystifier cette religion trop souvent associée à la sorcellerie, à la magie noire. Le Vaudou n’est ni plus ni moins qu’une religion avec ses bons… et ses mauvais côtés comme nous le verrons plus tard à Ouidah ;.)

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Il est temps de filer. Les compères du jour nous invitent à Porto-Novo. Nous nous y rendons sans rechigner! Nous passerons 3 nuits dans la maison partagée par Anaïs, Claire et Pauline, trois volontaires œuvrant dans la santé, la gestion et l’administration. Nous profiterons de deux journées pleines pour visiter les musées Da Silva et d’Ethnographie, pour arpenter les rues de la ville coloniale à pied ou en zem, pour découvrir les richesses architecturales de la capitale administrative du Bénin (notamment la vieille mosquée, construite telle une cathédrale par les descendants d’esclaves revenus du Brésil auxquels les portugais avaient enseigné l’art de construire des églises). Point d’orgue de notre visite de Porto Novo : la ferme SONGHAI. Un site incroyable où rien ne se perd! Les animaux élevés sont abattus pour la nourriture, leurs intestins sont utilisés pour produire des asticots afin d’alimenter les poissons et leurs excréments sont utilisés pour fertiliser les sols. Ces mêmes sols produiront des aliments utilisés pour la consommation directe ou pour transformation (boissons, yaourts, savons, huiles…). Les déchets récupérés au terme de la transformation génèrent du biogaz permettant d’alimenter les générateurs de la ferme. Grâce à ces générateurs, les machines de recyclage de plastique, en partie construites sur place par les nombreux étudiants, peuvent faire des vieux déchets plastiques de nouveaux récipients équipés de filtres à eau. Et ainsi de suite… Débuté il y a 30 ans par un prêtre nigérian (très sympa d’ailleurs), le projet ne cesse de grandir et de nouvelles divisions ont été créées en Afrique… ainsi qu’en France, à Lyon.

Dernière soirée à Porto Novo. Je m’éclipse en célibataire pour voir les quarts de finale de Ligue des Champions en compagnie des jeunes du quartier. Ces derniers sont littéralement amoureux de Cristiano Ronaldo ;.).

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Mercredi 13 avril, nous partons au petit matin en direction de Ganvié, village lacustre situé à 2 heures de pirogue de Porto Novo. 15000 CFA plus loin (pour les deux), nous mettons pied « à terre » dans la seule auberge du village. Après avoir siroté une petite mousse sur la terrasse où un bon vent venait nous caresser les oreilles, nous décidâmes de sillonner le village en pirogue. Bien que la quasi-totalité de la localité soit sur pilotis, on y trouve de tout. Une église, une mosquée, un temple des chrétiens célestes, un temple vaudou, un coiffeur, des toilettes publiques… ainsi qu’un marché!!! Il est ainsi fréquent de rencontrer des pirogues remplies de tomates, oignons, piments, pains… ainsi que d’autres embarcations équipées de matériel de cuisine (marmites et feu à même la pirogue!) ou de fagots de bois. Cette petite escale lacustre nous aura permis de retrouver Matt et ses amis, tous 4 bretons, brièvement aperçus en plein cœur de la Pendjari. Une excuse pour partager quelques bières supplémentaires et pour passer une excellente soirée. Petite parenthèse, je recommande vivement le guide de la bande, Noël NABOGOU, qui organise, tout au long de l’année, des parcours touristiques à travers le pays. Pour la richesse de ses excursions bien sûr, mais surtout pour la qualité de ses explications et ses connaissances très poussés de la faune, de la flore et de l’histoire de son pays ainsi que des différentes ethnies qui le composent. Pour contacter Noël : par téléphone au +229 97 35 59 74 ou par email : nabogounoel@yahoo.fr

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Le 14 en début d’après-midi, nous arrivons à Ouidah, au terme d’un parcours pirogue-zem-taxi brousse plutôt sympathique. Chambre à l’hôtel de La Joie réglée (autre recommandation!), nous entreprenons la visite de la ville à pied. Sur conseils de Claire, nous débutons par la fondation Zinsou. Consacrée à l’art, l’exposition se démarque des autres musées du pays par le caractère contemporain et panafricain de ses œuvres. Petit coup de cœur également pour la décoration de son café (voir photo). Au terme de la visite, direction le temple aux pythons. Divinité vaudou, le python est adoré à Ouidah. Situé en plein cœur de la ville, le temple abrite une quarantaine de pythons, quelques fétiches et un iroko sacré au pied duquel sont régulièrement sacrifiés poulets et moutons. Il est intéressant de noter que chaque mois les pythons sont laissés libres afin de pouvoir s’alimenter en ville. Ils entrent dans les maisons des habitants et se nourrissent de rats ou de poussins. Rien à craindre, les pythons sont inoffensifs pour l’homme!

Avant de rentrer, nous nous rendons au « Vatican » Vaudou, palais du Pape Vaudou afin de rencontrer le plus haut représentant de cette religion et d’échanger avec lui quelques mots… Quelle ne fut pas notre surprise!!!

À peine rentrés à l’hôtel, nous fîmes la rencontre de Serge, Georges et Raoul, trois béninois membres d’une ONG visant à défendre les droits des femmes et des enfants à travers le pays. Et c’est reparti pour une soirée refaisage de monde rythmée par des fous rires et des expressions sonores dont seuls les africains ont le secret! ;.) Une belle soirée en somme. Une de plus. Décidemment, le Bénin nous bénit.

Le RDV était pris pour 7h du matin le lendemain afin de parcourir les 3,5km de la route des esclaves menant de « La place aux enchères » à la plage. Le climat déjà pesant s’alourdissait au fil du chemin tandis que notre guide expliquait, avec moult détails, comment les esclaves étaient arrachés de leur terre puis embarqués vers un avenir des plus sombres.

Dans l’après-midi, je pris 1 heure afin de rencontrer Mito Daho Kpassenon, le roi de Ouidah, qui m’accueillit avec plaisir et m’expliqua, avec tout autant d’entrain, comment fonctionnait son royaume et quels étaient les grandes lignes de la religion vaudou. Le tout, sans demander le moindre centime ni la moindre bouteille de Royal Dock Gin…;.) Pour les prochains visiteurs de Ouidah, je vous invite à contacter le roi par téléphone au +229 95 40 96 26. Ce dernier se fera un plaisir de vous recevoir et de répondre à toutes vos questions.

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Après un rapide détour par le fort portugais, nous reprenons la route vers Cotonou! Là-bas nous attendent Dieudonné, Agnès et leurs 4 enfants. Au programme, repos, excellents repas et visite de la ville. Un grand merci à la famille pour leur accueil et leur générosité à notre égard. À charge de revanche.

Ça y’est, nous sommes fins prêts à quitter l’Afrique de l’Ouest… Enfin… si le paiement en ligne de notre vol Cotonou-Douala est enfin accepté!!!

TOGO… UNE GROSSE SEMAINE ET PUIS S’EN VA!

Arrivés lundi 28 mars à 9h (avec bien entendu un léger retard…), nous posons pied en terre togolaise. À l’aéroport de Lomé.

Mike nous récupère et nous emmène, avec une extrême gentillesse, au domicile de Christian où Lucie, la gouvernante des lieux nous attend, petit déjeuner déjà servi!

Christian, c’est un ami de longue date de Jean-Da, l’oncle baroudeur de la famille Chabannes. Il y a de ça une vingtaine d’années, ils faisaient venir, ensemble, voitures et camion de France, jusqu’au Bénin. Si Jean-Da est depuis rentré en France, Christian s’est définitivement installé en Afrique de l’Ouest, à Lomé, où il a diversifié, avec succès, ses activités.

Christian étant en déplacement lors des premiers jours de notre venue, nous prîmes la décision de visiter la capitale. En toute franchise, la ville n’a rien d’exceptionnel, à ceci près qu’elle semble être de taille humaine, et le fait qu’elle soit côtière mais aussi frontalière avec le Ghana (un simple grillage sépare les deux pays) lui confère un caractère festif et multi-culturel.

Au cours de notre tour de la ville, nous apprenons que le match TOGO-TUNISIE comptant pour la qualification de la CAN 2017 est programmé pour le lendemain. Ni une ni deux nous achetons les billets puis nous regagnons la maison où nous attendent Lucie, ainsi que Vanessa et Esther, les filles de Christian. Un bon dîner et au lit!

Jour de match. Une super ambiance au stade de Kegué! Et pour cause, la star locale, Adebayor, revient en sélection afin d’aider les éperviers à vaincre les aigles de Carthage. Alors autant être honnête, le niveau de jeu affiché par les 22 acteurs de la rencontre frôle le néant. Pour les adeptes de la L1, ça se rapproche du style de jeu prôné par l’OM sous l’ère Michel… et c’est pas peu dire! Mais alors niveau ambiance…. Des groupes de supporters déguisés et armés de tam-tams mettaient du rythme, des couleurs et de la vie à cette rencontre décidément bien terne! On en redemande.

Mercredi matin, nous faisons enfin la connaissance de Christian. Il consacrera dès lors son temps libre à nous faire découvrir son pays d’adoption (Lomé, Togoville ainsi que plusieurs villages dont j’ai oublié le nom…) et à partager des soirées arrosées en compagnie de personnes hautes en couleurs (j’en profite d’ailleurs pour adresser mes plus sincères remerciements à Ayité, ancien joueur de tennis pro, responsable de la fédération togolaise de tennis, et prof de tennis en France et au Togo, ainsi que Gérard Bosson, « inventeur du parapente » qui a créé en compagnie de Christian la fédération de parapente du Togo et qui m’a dédicacé son dernier livre).

Il est déjà dimanche. Le temps file à une allure quand on est bien! Nous procédons aux adieux et embarquons au petit matin en direction de Kara, dans le nord du pays. 7 heures plus tard nous y arrivons. Nous vadrouillons à pied et en moto taxi (zem) afin de découvrir les environs et finissons dans un maquis à proximité de l’hôtel. C’est là que nous rencontrerons Rémi, un océanographe français à la retraire vivant à Lomé. Nous entamons la discussion et, de fil en aiguille, il nous propose de nous emmener à Natitingou, au Bénin, pour ensuite faire le parc de la Pendjari ensemble. Pour un coup de chance, c’est un sacré coup de cul! Et c’est comme ça que nous embarquons dès le lendemain en direction du pays voisin!

PS: La connexion internet souffrant de défaillances chroniques, je publie les photos de notre séjour togolais via la plateforme photos de Facebook (pour voir l’album, CLIQUEZ SUR LE DRAPEAU). Les personnes n’ayant pas de comptes Facebook pourront les visionner sans problèmes! Merci de votre compréhension.

Togo

L’Ouest de la Côte d’Ivoire: du Nord au Sud!

Le parcours Korhogo – Odienné se fit non sans mal. Question confort, nous n’étions toutefois pas à plaindre, Noufo nous ayant réservé les 2 places aux côtés du chauffeur. Par contre, sur les 236 km que compte le trajet, 134 sont de la piste (de Boundiali à Odienné). Et bien souvent, en tôle ondulée!

Comme un petit coup de pouce de là-haut, nous arrivons sous des trombes d’eaux. Parfait, le voyage nous avait enduits de poussière ocre. Une bonne douche qui arrive à point nommé. Petit bémol, les bagages étant amarrés sur le toit du camion… il va falloir faire sécher tout le contenu fissa fissa!

Nous nous rendons au premier hôtel du coin pour y passer la nuit.

Le lendemain au petit matin, et après avoir savouré un bon lait caillé, nous prenons la route du Lac Savané. Nous y rencontrerons Euloge, avec qui nous passerons 2 excellentes journées! Sur ses conseils, nous nous rendons au mont Denguélé ou trône fièrement la fameuse pierre du Denguélé. Une roche énorme maintenue en équilibre par un « petit caillou blanc ».

Ensuite, direction Zievaso, petit village situé à une dizaine de km d’Odienné. Nous y rencontrerons la famille Traoré, dont le doyen est chef des dozos, ces chasseurs de brousse au style caractéristique. Pure coïncidence, des habitants du village étaient en train de « dépoiler » un rat et un singe, dernières prises des dozos. Il est à noter que la viande de brousse ne se vend plus. Elle n’est plus censée se chasser non plus. Raisons sanitaires obligent, Ebola ayant sévi à quelques centaines de km à peine…

De retour au Lac Savané, où nous passerons finalement la nuit, Ibrahim, le gérant des lieux, nous invite, avec Euloge (Maître d’Hôtel), à découvrir un véritable trésor… Le propriétaire des lieux, un ancien haut-fonctionnaire (aviation civile) à la retraite a accumulé tout au long de sa carrière des œuvres d’art et autres effets historiques à la valeur inestimable : dernier lion de Haile Selassie, porte de la case dans laquelle a séjourné le célèbre guerrier malinké Samory Touré, des sculptures massaï, des masques ivoiriens etc… Le plus triste dans tout ça, c’est qu’à cause de la crise qui a frappé le pays depuis 2002, tous ces trésors étaient laissés à l’abandon, frappés par l’humidité, les insectes… et les fientes de chouettes… Heureusement, sous l’impulsion d’Ibrahim, ces derniers vont enfin être restaurés et pourront à nouveau bénéficier de l’exposition qu’ils méritent.

Après avoir salué Ibrahim, qui s’en retournait à son second boulot (gestionnaire de la principale station de radio de la région), nous la passerons la soirée à boire de la Bock et un vin digne des plus grands vinaigres, le Valpierre, en compagnie d’Euloge. Qu’elle fut sympa cette soirée. À tel point que je m’essayai au gobage de termites vivantes. Rien d’exceptionnel… mais au moins maintenant, je peux parler en connaissance de cause! ;.)

Le 18 mars… c’est l’anniversaire de ma petite femme!!! Je serai aux petits soins (plus qu’à l’accoutumée… c’est donc dire!!). Petite mise en jambe autour du lac, avec visite guidée d’Euloge. Préparation d’une salade verte géante (c’est qu’elle aime ça ma petite chérie les légumes…) et ensuite direction le restaurant de la maman de notre hôte pour un placali/sauce gombo. Le décor des lieux invitant à la sieste, nous nous assoupîmes quelques instants dans les hamacs faits de sacs de riz installés ci-et là.

Ensuite, puisqu’un peu de confort ne fait pas de mal en un tel jour de fête, nous nous rendons à l’hôtel Les Frontières qui offre le combo piscine/wi-fi! Pendant que ma belle répond aux nombreux messages qui lui sont adressés et qu’elle joint par skype sa famille, je me lance dans une partie de foot-piscine avec des locaux… Comble du hasard, il s’avère qu’Astrid célébra son 28ème anniversaire là même où 34 ans plus tôt mon père fêtait ses 21 ans! Le monde n’est pas petit… il est minuscule et truffé de clin d’œil.

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Le 19 mars se lève. Il est temps pour nous de prendre la route vers Man, petite ville située à 267 km au Sud. Avant cela, nouveau détour chez la famille d’Euloge, où sa maman nous avait tout spécialement concocté un « poulet africain ». Autant dire qu’après le repas, nous étions non seulement rassasiés, mais également fin prêts à prendre la route. Petit pincement au cœur au moment de laissé Euloge qui eut tant d’attentions à notre égard. Un grand merci mec!
Bon, alors là, c’était décidément le pire trajet de notre voyage! 30 personnes dans un woro woro prévu pour 15. Des « apprentis » qui n’arrêtaient pas de solliciter de nouveaux voyageurs et qui manquaient de respect à tout le monde. Vieilles femmes incluses…. Et surtout… des espaces entre les sièges qui ne permettaient pas à un homme de plus de 1m70 de s’asseoir sans souffrir le martyr. Bon, j’exagère un peu… mais 4h de la sorte… jamais plus!
Nous voici enfin arrivés à Man. Quel bonheur de voir tant de montagnes!! Ce ne sont en effet pas moins de 18 sommets qui entourent la ville.
Après une bonne nuit de sommeil, nous nous rendons aux cascades de Man, que tout le monde n’a cessé de nous vanter depuis plusieurs jours. Pas de chance elles sont à sec. Mais à quelque chose malheur est bon, nous fîmes la connaissance d’Augustin, guide touristique de la région. Après avoir négocié les tarifs pour un combo de 2 jours et avoir renoncé au pont en liane de Danané pour des questions de budget, nous nous rendons à Glangleu, petit village situé à 5km au sud de Man.
Sur le chemin, petit détour aux abords du bois sacré de Man, où nous donnons quelques bananes aux macaques l’habitant. Premier contact avec une faune enfin exotique. Les chèvres, moutons, chats, chiens, poules, canards et pintades ayant en effet jusqu’à présent étaient les seuls représentants du monde animalier avec lesquels nous avons eu affaire.
Enfin arrivés au village, on nous apprend qu’une célébration va avoir lieu en fin d’après-midi pour fêter la fin de la récolte du riz et du café. Nous aurons droit à une fameuse « course de masques »! Nous ne pouvions pas mieux tomber! Histoire de passer le temps, nous décidons de visiter une plantation de cacao. Son propriétaire, Maxon, nous expliqua avec énormément de plaisir tous les rouages de la culture du cacao… et déborda même sur la culture du café, de la noix de cola et du vin de palme… pour notre plus grand bonheur. Il nous présenta ensuite Patricia, son épouse. Rapidement rejoins par tous les enfants du village, intrigués par la présence de deux « kuis » (blancs en Yakuba), nous trinquerons bière et vin de palme et partagerons un Garba. Nous en profiterons pour découvrir certaines traditions locales, que les villageois tiennent à préserver.
Ça y’est, l’heure de la course est arrivée. Tout le village est présent. Même son chef, Emmanuel, y est, malgré son âge. Il prendra même le temps de m’accorder quelques minutes pour discuter du rôle et responsabilités de son poste. Le reste? Danse, sprints, tam-tam… Astrid et moi nous laisserons prendre au jeu. Astrid y ira de son petit déhanché, et moi je m’essaierai à la course… non sans mal! Au final? Une excellente journée! Une de plus dans ce magnifique pays!
Nous sommes déjà le 23 mars. Il est 6h45. Nous embarquons en compagnie d’Augustin dans un taxi en direction de la dent de Man. Un sommet abrupt qui surplombe la ville. Une marche de 11km nous attend. 11km sous une chaleur humide, entourés d’une épaisse végétation… et avec des pentes avoisinant les 75%! Le jeu en valait la chandelle. La vue de tout là-haut était tout bonnement splendide. Nous passerons le reste de la journée à reprendre des forces et à déambuler dans les rues de la ville, car demain, c’est le départ pour San Pedro!

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Nous embarquons à 9h… et arrivons à destination 10h plus tard… pour seulement 404 km!!! La bonne chose étant que nous avons pu voir à quoi ressemblent les forêts d’hévéas (arbres dont la sève est nécessaire à l’élaboration du caoutchouc). Hévéas mis à part… ce fut quelque peu longuet, on ne se le cachera pas ;.)
De nuit, nous trouvons une petit piole à quelques encablures de la gare routière. 4000 CFA. Une aubaine. Ce n’est qu’au petit matin que nous apprendrons que le quartier n’est pas des plus fréquentables et que notre auberge semble être le lieu privilégié des relations homosexuelles tarifées. Ce n’est pas ça qui nous aura empêché de dormir! La chaleur en revanche…
Aux aurores, et après s’être rassasiés d’un sandwich omelette/ grand café (à défaut d’un bon garba poisson thon qui se fait bien trop rare ces derniers temps…), nous nous dirigeons vers un hôtel offrant une connexion wi-fi afin de pouvoir bûcher quelques heures. Si tôt mes devoirs professionnels remplis, nous nous attachâmes à visiter la ville. Visite à pied du port autonome de la ville, spécialisé dans le cacao, le café et le bois, avec une vaine tentative de trouver la tombe du Lieutenant Quiquerez, dont voici l’histoire. Puis le marché central. Puis un bon maquis pour déguster une combinaison étrange pour la serveuse mais ô combien savoureuse à mon palais : foufou banane – sauce graine! Une fois la peau du ventre bien tendue, nous sollicitons les services de Kamara, un taxi guinéen, pour découvrir les recoins non touristiques de San Pedro. Nous finirons la balade sur la plage, à siroter une petite bière… Un peu de vacances dans ce monde de voyageurs que diable!
Nous décidâmes finalement de ne pas nous éterniser dans cette ville où nous n’avons rien ressenti de particulier et prenons le bus dès le lendemain 7h pour rentrer chez nos hôtes abidjanais : Olivia et Stéphane! 8h de route à écouter du couper-décaler à tue-tête. C’est bon à vous flinguer un tympan. Heureusement, un vendeur de médicament miracle nous a accordé une brève accalmie auditive pour nous parler de son élixir anti-TOUT. Anti choléra, anti ulcère, anti hémorroides, anti impuissance, anti constipation… Bref, un voyage fort sympathique qui ponctue notre tour de la Côte d’Ivoire.
Il ne nous reste plus que 3 jours avant de décoller pour Lomé au Togo. D’ici là : fête, visite de Grand Bassam, apéro, fête, envoi d’un colis postal, fête, travail, apéro… puis les Adieux. Adieux à nos hôtes merveilleux et à ce pays incroyablement généreux, souriant et beau!

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