ROYALITO
Tribulations d'un couple heureux!

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Voyager en couple pendant 1 an… c’est comment?

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Voyager en couple. source d’anxiété et d’angoisse pour certains, évidence pour les uns ou encore motivation nécessaire pour les autres…. Prendre la route à deux est quoi qu’il arrive une décision lourde de conséquences et qui suscite bien des appréhensions.

Et qu’elles sont légitimes ces appréhensions! Partager sa vie avec quelqu’un lorsque l’on est sédentaire, actif et que notre quotidien s’inscrit dans une certaine routine, OK.
Mais partager ses jours et ses nuits sans interruption pendant plus d’un an. Ça peut faire flipper! Et quand on y ajoute la fatigue inhérente à un voyage de cette nature, et l’éventuel mal du pays… ça s’apparente à une bombe à retardement!

Et bien rassurez-vous. il est très rare que celle-ci n’explose.

p1160424Dans le nord de la Birmanie

Nous avons en effet rencontré au cours de notre périple, principalement en Asie, de nombreux couples voyageant sur plusieurs mois. Européens pour la plupart et souvent mixtes (franco-espagnols; franco-allemands…), ils filaient selon leurs dires, et les apparences semblaient l’accréditer, le parfait amour. Néanmoins, tous connaissaient l’histoire du couple s’étant séparé 3 semaines après le départ. Ou celle du couple en lune de miel repartant… divorcé. Mais aucun d’eux n’eut la chance d’échanger avec les couples en question! Légendes avez-vous dit?

Possible, mais il n’en demeure pas moins que le voyage à deux n’est pas une sinécure et qu’il requiert de la part des partenaires des efforts soutenus et continus.

Venons-en donc à notre expérience personnelle.

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De mon côté, je partais clairement dans l’inconnu et la boule au ventre. La famille et les amis s’inquiétaient alors des destinations « sensibles » qui nous attendaient. Moi, ma seule préoccupation était de savoir si j’allais supporter ma chère et tendre épouse 24/7 et si, en voulant la surprotéger, j’allais tout de même profiter à fond de l’incroyable aventure qui se présentait à nous!

Et pour cause, ma seule expérience de voyage longue durée avait été faite en solo. Et je n’en garde que d’excellents souvenirs.
De son côté Astrid avait mis à profit cette aventure à deux pour se motiver. Elle me l’avoua plus tard, jamais elle n’aurait entrepris seule le voyage en Afrique. Tout simplement car elle n’en ressentait pas forcément l’envie (je ne la remercierai jamais assez pour sa détermination, son altruisme et sa volonté de réaliser l’un de mes rêves).

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Au fil des jours, j’ai bien vu qu’il n’y avait pas lieu de la surprotéger la Astrid. Elle est faite forte et a son caractère bien trempé. Et ce ne sont pas les hôtels miteux dans lesquels nous cohabitions avec cafards et grillons ou encore les bouisbouis insalubres dans lesquels il nous est arrivé de partager nos plats avec les rats qui l’ont rebutée.

Je restais malgré tout particulièrement attentif à ses moindres grimaces ou froncement de sourcils afin de parer à toute explosion ;.)
Elle n’a pas l’habitude de se plaindre ma chérie. Pourtant, elle a socialement souffert lors de nos premiers mois de voyage. Il faut dire que nous n’avions pas choisi les pays les plus « faciles » dans la première partie de notre périple.
Sa transformation de « mexicaine/pauvre du tiers-monde » à « blanche/porte-monnaie sur patte », l’accumulation de « relations » intéressées ou encore la dureté de certaines femmes africaines à son encontre lui ont porté quelques coups au moral.

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C’est à ces occasions que nous avons eu nos deux principales prises de bec. Le message est passé. Dans les deux sens. Et l’aventure s’est poursuivie sans entraves. Mieux, elle est allé en s’améliorant. Une complicité nouvelle s’est installée. Des automatismes apparurent.
On se fait rire. On se motive. On veille l’un sur l’autre… et on s’aime, comme au premier jour. Non. Mieux!
Ce voyage nous a vraiment fait grandir en tant que couple et nous a fait rajeunir en tant qu’amoureux.

Nous avons toutefois eu deux périodes « sans l’autre » au cours de cette année. Lorsqu’Astrid s’est fait une entorse en Tanzanie et lors de notre stage Vipassana au Japon. La première a duré moins de deux jours. Lorsque je l’ai retrouvé nous nous sommes embrassés comme si je revenais du front. Et après la seconde nous nous sommes installés à un café dans l’attente de notre bus et avons discuté… pendant 10 heures! Comme des amis. Comme des complices. Comme des mariés amoureux devenus inséparables. Comme deux futurs parents… ;.)

Le bébé voyageur

ASIE: Notre classement 200% subjectif

Nous voici rendus au terme de notre périple asiatique.

Comme nous l’avions fait après avoir quitté l’Afrique, nous avons établi un classement on ne peut plus subjectif  des pays traversés portant sur des critères… l’étant tout autant! (Cliquez ici pour consulter notre Classement 200% subjectif des pays africains).

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Ce qui nous permet aujourd’hui d’élaborer cette petite liste (revue et corrigée par rapport à notre périple africain) tout à fait subjective de nos coups de cœur et de nos coups de gueule. Comme c’était le cas il y a 6 mois, nous avons fait des amalgames et nous les assumons à 100%. Nous ne sommes (toujours) pas des saints ;.). Quoi qu’il en soit, cette liste n’engage que nous et se base sur une réalité que nous avons vécue pendant plus de 6 mois!

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons les pays visités, dans l’ordre chronologique de notre périple : Inde, Népal, Thaïlande, Myanmar (ex-Birmanie), Bali (Indonésie), Singapour et Japon

  • Les plus grandes richesses naturelles : Bali
  • Les plus grandes richesses culturelles : Inde et Japon
  • Le coup de cœur humain : Thaïlande
  • La gastronomie la plus variée : Inde
  • Notre plat préféré : Khao soi (curry de Chiang Mai, Thaïlande) pour moi et le traditionnel Thali indien (plateau combinant plusieurs saveurs) pour Astrid
  • Le pays où on peut manger les trucs les plus bizarres : Thaïlande (bien que nous ayons mangé de l’écureuil séché au Myanmar…)
  • Les meilleures bières : Japon et Népal
  • Les gens les plus mélomanes: Myanmar. Pas une heure ne se passait sans croiser un local grattant sa guitare tout en sifflotant! C’était beau et ça nous rendait heureux! (il nous en faut peu)
  • Le pays le plus pollué : Inde
  • Le meilleur aéroport : Tokyo Haneda, Japon
  • Les meilleurs transports : Thaïlande. Des bus d’exception aux sièges massants!
  • Les meilleures routes et autoroutes: Japon
  • Les pires routes et autoroutes : Népal… Mais à sa décharge, nous y étions en plein temps des moussons…
  • Les meilleures infrastructures: Japon et Singapour
  • La plus grande diversité architecturale : Inde. Entre les présences coloniales françaises, anglaises, portugaises et même hollandaises, l’omniprésence de lieux de culte (principalement hindous mais également catholiques, bouddhistes et même juifs) et la longue histoire de certaines villes (5000 ans pour Varanasi par exemple), l’Inde est à n’en pas douter une destination de choix pour les aspirants architectes!
  • Meilleur endroit pour relaxer : Thaïlande et Bali
  • Le meilleur pays pour les baroudeurs à petits budgets et pas pressés : Népal
  • Les plus jolies femmes : Népal et Japon
  • Le pays où le choc culturel, social et mercantile est le moins important pour un européen : Japon et Singapour
  • Le pays où le choc culturel et social est le plus important pour un européen : Inde
  • Pays où il y a le plus de mendicité: Inde
  • Pays où les touristes sont (souvent) pris pour des pigeons : Myanmar. La récente ouverture du pays et le boum touristique qui en a découlé ont ouvert la porte à de nombreux abus.
  • Pays où les touristes ne sont PAS pris pour des pigeons : Japon et Singapour (il fallait s’y attendre)… Ainsi que la Thaïlande. Contrairement aux dires de certains voyageurs, nous avons été agréablement surpris par « le Royaume de Siam » où nous n’avons ressenti tout au long de notre séjour pas la moindre discrimination commerciale!
  • La capitale la plus intrigante: Nay piy Taw, Myanmar… Tout bonnement incroyable! Sortie de terre il y a moins de 20 ans suite aux lubies du chef militaire alors aux commandes du pays, Nay Piy Taw est un incontournable… (la bonne chose étant que tous les touristes… la contournent… vous serez donc tranquilles!)
  • Le goût pour la fête le plus prononcé : D’ordinaire, je pense que nous aurions dit la Thaïlande, mais le Roi étant mort lors de notre séjour là bas, toutes les festivités étaient annulées ou mises sérieusement en sourdine. Nous dirons donc l’Inde. Non pas pour les fêtes à proprement parler, mais pour les incessantes festivités religieuses invitant les locaux à parader dans la rue vêtus de leurs plus beaux atours.
  • L’alphabet le plus esthétique: Myanmar
  • Le sport le plus dingue: le sepak takraw de Thaïlande. Un foot-volley acrobatique se jouant avec un petit ballon en osier. Impressionnant!
  • Le pays le plus spirituel: TOUS, sauf Singapour!

Après avoir vécu l’aventure africaine dans toute son authenticité, notre conception du terme « voyage » prit une toute autre dimension. L’Asie ne nous l’a rappelé qu’en de rares épisodes. L’intensité sociale en Inde, les transports chaotiques au Népal ou encore la bouffe de rue au Myanmar ont en effet ravivé par moment la flamme du baroudeur, mais de manière générale, nous n’étions plus voyageurs. Nous étions touristes!

Ce changement de condition a généré un certain degré de frustration chez moi dans les premières semaines. Mais on finit par s’y faire (bien aidé il est vrai par l’omniprésence de la spiritualité dans les pays traversés)  et par apprécier les quelques privilèges dont jouit le touriste… tout en s’accommodant des à-côtés. Bref, l’Asie fut un autre « voyage ». Un « voyage » bien différent, à tout point de vue. Un « voyage » qui, s’il m’aura par moment déçu, m’aura assurément fait grandir en tant qu’homme… et plus important, nous aura fait grandir en tant que couple. Car aujourd’hui, nous sommes ensemble plus heureux que jamais… et après avoir passé 365 jours, 24 heures/24 côte à côte… c’est beau! Et on en redemande…

 

 

Singapour & Japon: Un nouveau voyage!

Singapour! Ce n’est ni pour ses centres commerciaux surpeuplés, ni pour ses magasins de grandes marques dont les étiquettes affichent des prix véritablement indécents, ni pour son taux de criminalité proche du néant, ni pour l’intêret architectural de ses innombrables grattes-ciel que nous avons passé une semaine dans cette ville-État. Non, si nous avons posé nos valises à Singapour c’est uniquement pour pouvoir célébrer Noël en famille! Mirna (la tante d’Astrid), Mike (son mari), Rosanna (leur fille), Rhis (leur gendre) et toute leur famille nous ont en effet permis de passer des fêtes incroyables. Des repas de Noël anglais, gallois puis italiens. D’excellentes bouteilles de Châteauneuf Du Pape, de Gigondas et de Saint Émilion… et sutout énormément de « cariño« , il ne nous en fallait pas plus pour savourer chaque instant de cette brève mais ô combien agréable pause singapourienne.

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Nous arrivons à Tokyo le 28 décembre en soirée. Il est tard, nous sommes loin de la ville et les hôtels et autres auberges de jeunesse sont quelque peu dispendieux en cette période de fêtes. Nous dormirons donc dans l’aéroport. Et croyez-le ou non… mais c’est à peine vers 11h que nous sortons des bras de Morphée! Une excellente nuit que celle passée sur les sièges du niveau 3 de l’aéroport Haneda de Tokyo!!

En fin de matinée donc, après avoir acheté un pass de métro 3 jours, s’être installé, non sans mal, dans la très agréable auberge de jeunesse Stayto du quartier d’Ueno (station Inaricho), nous commençons notre découverte de la capitale japonaise.

Et il en sera ainsi pendant 5 jours! Et malgré le froid (bien qu’ayant tenté autant que faire se peut de garnir à nouveau nos backpacks de vêtements chauds, nous demeurons encore sous-équipés), et notre relative « aversion » envers les grosses métropoles, le constat est sans appel: Nous sommes conquis et littéralement séduits par Tokyo.

Nos coups de coeur?

Shinjuku et son Golden Gai, petit quartier s’entassent près de 300 bars minuscules aux concepts variés! Ceux ayant ouvert leurs portes après guerre conservent un caractére plus traditionnel. Les plus récents en revanche font la part belle à l’originalité avec par exemple les « cat bars » une carte de membre est requise pour prendre place, consommer et caresser deux ou trois gros matous bien nourris! Attention, cover et facturation au temps de caressage ;.)! Nous retrouverons à Shinjuku Kei (collègue français rencontré au beau milieu de nulle part à Madagascar…) ainsi qu’un groupe de mexicains avec lesquels nous passerons un jour de l’an inoubliable!

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Le parc d’Ueno et le marché populaire d’Ameyoko. Vous trouverez dans le premier de jolis temples dont le Kaneiji, construit en 1625 par le Shoguna des Tokugawa ainsi que de nombreux musées (l’un d’eux consacrant en ce moment une exposition à Le Corbusier). L’Ameyoko quant à elle est une avenue commerçante bondée en cette fin d’année. On y trouve de tout. Des chaussures aux poissons en passant par les kebabs. Un marché haut en couleurs. Autre quartier « commerçant » tout aussi sympa mais nettement moins populaire: Aoyama-Itchome. Nous avons pris plaisir à déambuler dans les ruelles surprenantes de ce quartier à la recherche de marché aux puces… qui finalement n’eut jamais lieu ;.)

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Le jour de l’an à Roppongi, entre temples, bars et Tour de Tokyo. En compagnie de 7 mexicains et d’un japonais, nous commençons tranquillement la Saint Sylvestre au temple Zojoji, saké chaud dans la main gauche et soupe miso dans la droite. Nous poursuivons non loin de là dans un temple consacré au travail, notre accompagnant japonais tenait absolument à se rendre pour s’assurer que 2017 lui soit professionnalement favorable. C’est là bas que nous sabrerons le mousseux pour les douze coups de minuit! S’en suivent spectacles de tambours traditionnels, puis tournée dans un bar de Roppongi et enfin goinffrage salutaires de kebabs… Nous ne rentrerons dans notre auberge qu’aux alentours de 8h du mat’… Génial!

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Le premier de l’an à Asakusa! Une foule dense et multicolore les vêtements traditionnels sont portés en grand nombre… (le plus souvent par des chinois!!!) s’agglutine aux portes du temple Senso Ji. C’est sans doute beau à voir, mais on préfèrera perdre du temps à faire la queue le lendemain pour voir l’empereur japonais s’adresser en public depuis son palais impérial. Ses allocutions sont rares (seulement le 23 décembre et le 2 janvier de chaque année) et extrêmement éphémères! 2 heures d’attente pour 2 minutes de speech… mais bon, voir ces milliers de japonais remuer énergiquement, mais sans émotions apparentes, leur petit drapeau…. valait amplement le « sacrifice »!

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Le quartier des geeks d’Akihabara! Ça brille, ça fait du bruit et ça n’existe (je pense) nulle part ailleurs. Il faut vraiment le voir pour le croire ;.). N’hésitez à vous perdre dans ces immeubles de 7 étages. Vous tomberez sur des marchands de pièces détachées informatiques, des boutiques de figurines de mangas, des salles de jeux vidéos, des coffee-manga-shops ouverts 24h/24… et j’en passe! Allez y faire un tour à la tombée de la nuit!

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Shibuya, le Time Square de Tokyo! C’est un carrefour extrêmement achalandé où les immeubles rivalisent de créativité pour illuminer leurs façades! C’est à voir! Et si vous avez une petite faim… je vous invite à vous perdre dans l’une des ruelles du quartier et d’aller manger au Sushi Uobei Genki! L’expérience est unique! Après avoir attendu près de 20 minutes, on s’assoie à un comptoir face à une tablette. On passe la commande, et quelques instants plus tard, une, deux ou trois assiettes se présentent devant l’une des trois bandes passantes nous faisant face! Aucun contact humain. Mais des sushis de toute première qualité, dans un environnement « à la japonaise » et à des prix défiants toute concurrence!!!

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Il est temps pour nous de mettre le cap au Sud. À Fujikawaguchiko, en face du volcan vénéré Fuji. Ci-dessous quelques clichés de Tokyo pris au gré de nos rencontres, de nos surprises et de nos balades (parc de Yoyogi, quartier de l’auberge de jeunesse etc…)

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Arrivés en une heure et demie à  peine, nous nous rendons derechef à la K’s House Mt Fuji, notre auberge pour les deux prochaines nuits. Il fait un froid de canard. Et comme par hasard, c’est après avoir parcouru 2km chargés comme des mules… qu’on apprend que notre auberge compte deux succursales et que bien évidemment la nôtre…. se trouve  2km en sens inverse ;.). Nous en profitons pour apprécier le panorama exceptionnel offert par le Mont Fuji… et j’en profite pour choper un bon rhume!

Première fin d’après-midi, je m’échappe seul (Astrid préférant le puissant chauffage de l’auberge à ses côtés) pour profiter du coucher de soleil sur le Mont Fuji et sur le lac Kamaguchiko. Somptueux. Les images parlent d’elles-mêmes!

Le lendemain, grâce à deux tickets de bus laissés par des voyageurs, nous pouvons arpenter les alentours de Kawaguchiko (le lac éponyme ainsi que le lac Saiko). Nombre de sites sont fermés en cette période hivernale comme le village traditionnel de Nenba. Mais tant pis, nous marchons tranquillement sur les berges des lacs et découvrons la nature environnante. En soirée, apéro à rallonge avec Sarah, Herlinde et deux frangins new-yorkais… Super soirée avec comme thème la découverte des boissons et alcools locaux! je ne me souviens même plus des noms ;.) Le bon côté de l’histoire, c’est que mon rhume a disparu… ;.)

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Le lendemain, c’est en compagnie de David, un pompier canadien, que je visiterai la « brasserie » de saké de Kawaguchiko, Astrid étant affalée sur le sofa… à quelques centimètres du chauffage… impossible de l’en relever! Sur le chemin nous croisons une horde de singes ayant bravé le froid pour venir se servir dans les champs voisins. Il semblerait qu’en cette période ces derniers raffolent des kakis!

Au terme de la visite de l’Ide Sake Brewery (tenue par la même famille depuis 21 générations!!!), après avoir découvert le processus de fabrication du fameux alcool de riz (double fermentation. Avec de la moisissure tout d’abord, pour changer la structure du sucre présent dans le riz. Puis avec de la levure, pour changer le sucre « nouveau » en alcool.), puis après en avoir dégusté quelques-uns, je retrouve Astrid. Il ne nous reste plus que quelques heures avant de prendre notre bus de nuit pour Kyoto (6200 yens le billet, soit moitié moins que le train). Ah, et nous tenons à attribuer une mention spéciale à la K’s Mt Fuji House. Sans doute l’une des meilleures auberges de jeunesse qu’il nous ait été donné de fréquenter.

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Le 6 au petit matin, nous arrivons à Kyoto! Notre guest house (Santiago GH) se trouve à près de 3km de la gare centrale. Parfait pour se mettre en jambes à 5h30! Et c’est d’ailleurs sur cette lancée que nous poursuivrons toute la journée avec sans doute près de 15km au compteur avant d’entrer sous la douche vers 16h30!

Nos découvertes lors de notre première journée « kyotaise » par ordre chronologique:

Le temple Kiyomizu-Dera: un grand complexe bouddhiste surplombant la ville. Très joli mais décevant car impossible de trouver la moindre explication autre qu’en japonais. Personne, pas même un papier pour nous renseigner. Les seules choses écrites en anglais? No smoking. No eating. Keep Out. Toilets. 400 yens per adult…

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Le temple Yasaka Koshindo qui vénère le garde bouddhiste Shomen Kongo (le guerrier bleu), où d’innombrables singes colorés sont accrochés aux murs des édifices. Ces petits singes (visibles sur la photo ci-dessous) sont pieds et poings liés, mais ils peuvent exaucer votre voeu si vous vous débarassez de l’un de vos désirs…

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Le quartier traditionnel de Gion avec ses ruelles aux charmes demeurés intacts et ses maisons qui semblent figées dans le temps. Nous en profiterons pour prendre un café… dans un minuscule café tenu par deux petites mamies qui semble resté dans les années 20… Et comme un symbole, la note se calcule à l’aide d’un boulier! Ah et bien sûr, s’il y a bien un lieu au Japon où vous pouvez tomber nez à nez avec une Geisha, c’est à Gion. C’est d’ailleurs ce qui nous est arrivé. Magnifique. Trop éphèmère pour prendre une photo mais suffisament pour rester estomaqués par les détails du maquillage, de l’habit ou encore de la coiffure!

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Le parc du Palais impérial. La batterie de l’appareil commençant à faiblir, nous prîmes la décision de repousser à une date ultétieure la visite du Palais lui-même. Nous resterons toutefois dans le parc pour faire une bonne sieste sous le soleil, tellement agréable en ce climat glacial. Et nous tomberons même par hasard sur un terrain de pétanque…

Pour finir en beauté, nous mangerons dans le plus vieux restaurant du Japon, et sans doute l’un des trois plus vieux au monde: l’Honke Owariya. Cet établissement qui ouvrit ses portes en 1465 (initialement comme fabrique de douceurs, mais qui se reconvertit rapidement) a écrit ses lettres de noblesse grâce au soba, ce noodle de sarrazin servi soit en soupe, soit en sushi ou sous diverses autres formes. Toujours fréquenté par la famille impériale quand celle-ci se rend sur Kyoto, l’Honke Owariya est plebiscité autant par les locaux que par les touristes. Et très sincèrement, même si nous ne sommes pas fans de soba, nous sommes admiratifs et fascinés par l’histoire qui se dresse derrière ce restaurant! Il s’y servait des sobas alors que Christophe Colomb n’avait pas encore de poils au menton! C’est juste hallucinant et ça impose le respect! Pour avoir été l’heureux et fier propriétaire d’un restaurant, je peux mesurer l’ampleur des efforts et des sacrifices consentis pour que 550 ans après son ouverture, l’idée d’origine et la qualité des produits demeurent inchangées! Un grand bravo à la famille Denzaemon qui gère avec brio l’Honke Owariya depuis 16 générations désormais!

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Les journées qui suivirent furent certes moins intenses, mais tout aussi riches en découvertes et bien plus intéressantes socialement grâce à Jyunpei, Dimitri et Fuyuho, trois accolytes de l’auberge Santiago (25$ la nuit pour deux en dortoir). Et d’un point de vue « gastro » nous ne fûmes pas en reste avec notamment les « meilleurs ramens du monde » de chez Ramen Sen No Kaze dans le quartier de Shinkyogoku. Un véritable délice pour lequel il faut toutefois s’armer de patience. Il n’est en effet pas rare d’attendre 2 heures avant de pouvoir s’attabler au comptoir de ce minuscule établissement tenu par un couple de japonais souriants avoisinant la soixantaine.

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Nos nouvelles visites à Kyoto et dans les environs (réalisées à l’aide de nos petites gambettes, du réseau de bus et de train. Je vous invite d’ailleurs à ce titre à opter pour les pass journaliers généralement vendus à la réception des hôtels et autres auberges de jeunesse – 500 yens par personne pour le pass de bus):

Le Temple d’Or (Kinkaku-Ji) et son magnifique jardin. Un « must » pour tous les touristes. Notez qu’en matinée la lumière est idéale pour prendre d’excellents clichés de ce temple initialement propriété d’un chef de guerre et désormais consacré au Zen… Ça ne s’invente pas ;.)

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Le Palais impérial avec, là encore, son magnifique jardin (arbustes taillés au millimètre, petis ponts de pierre, étangs remplis de poissons…), ses cours de graviers parfaitement ratissées, et ses nombreux et magnifiques bâtiments qui, malheureusement, ne peuvent être visités!

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Le Château de Nijo, construit en 1603. Édifice impressionnant tant par son architecture que par son histoire. C’est ici même que furent signés les traités officialisant le début (1603) et la fin du Shoguna Tokugawa (1867), période plus communément appelée Edo.

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Le Temple Fushimi Inari et ses milliers de toriis (portes traditionnelles japonaises généralement situées à l’entrée des temples et marquant le passage du monde profane au monde sacré) orangés qui sillonent la colline. Un lieu magnifique que nous ne pûmes malheureusement apprécier à sa juste valeur à cause d’un temps capricieux (la première pluie en plus de 10 jours!!)

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Et enfin Nara, l’ancienne capitale (8ème siècle) avec ses milliers de biches arpentant ses rues et son parc et son incroyable/majestueux/impressionnant/etc… complexe du Temple Todai Ji! Sans doute le bâtiment le plus « fort » qu’il m’ait été donné de voir depuis le début de notre voyage. Allez savoir pourquoi, mais l’architecture, l’utilisation de bois massif (bien que le bâtiment actuel soit 1/3 plus petit que le temple original, il reste tout de même la plus grande construction en bois au monde!), les dorures utilisées à bon escient et sans abus ou encore les sculptures impressionnantes de Bouddha et des « méchants » guerriers japonais m’ont laissé bouche bée!

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Et voilà, après avoir vécu nos deux premières semaines japonaises sur un rythme particulièrement élevé, nous allons désormais changer de braquet (et radicalement pour le coup) en participant à un stage Vipassana de 10 jours. Pour celles et ceux ne connaissant pas cette méthode ancestrale de méditation, je vous invite à consulter le lien suivant. Pour nous, c’est déconnexion totale. Déconnexion technologique et déconnexion sociale. Place désormais à la reconnexion avec nous-même!

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Oulala que ce fut dur. On ne se mentira pas, j’en ai chié! Ce fut une très bonne expérience, avec du bon, du moins bon, et une intensité continue, aussi bien physique (accentuée par les 40 cm de neige tombés au cours du séjour) que mentale. Il est difficile d’exprimer exactement ce que l’on ressent au sortir d’une expérience pareille, toutefois, il y a une analogie que je trouve assez juste: la course de vélo dans les Alpes. Tu montes le premier col. Tu en chies. Tu n’es pas encore arrivé au sommet que tu aperçois les 9 autres cols qui se profilent à l’horizon. Tu te décourages. Mais tu vois que le peloton tout entier poursuit la course alors tu t’accroches. Arrivé à l’avant dernier col, tu commences à retrouver le sourire et lorsqu’enfin tu franchis la ligne d’arrivée alors là tu laisses éclater ta joie et tu ressens une satisfaction toute justifiée. Tu sais que l’effort produit ne fut pas vain et te fit beaucoup de bien, que ce soit à ton corps ou à ton esprit. Tu sais que si tu réitères régulièrement ce type de course ou que du moins tu t’entraînes quotidiennement, tu ne pourras en retirer que des bénéfices… et pourtant… tu n’as pas forcément envie de remonter sur les pédales de si tôt.

Voilà, une dernière journée sur Kyoto puis bus de nuit (au très bon prix de 3900 yens par personne obtenu via le site Kosokubus.com) pour Tokyo. Nous y passerons nos 3 derniers jours. Le temps pour nous de découvrir l’arène de Ryogoku  se déroulent les tournois de sumos (qui malheureusement s’étaient achevés la veille… donc impossible de croiser le moindre lutteur), le quartier commercial-chic de Ginza, le marché aux puces de Shinagawa, la Sunshine City d’Ikebukuro, le quartier d’Harajuku et sa rue Takeshita se bousculent vendeurs de crêpes, jeunes aux styles vestimentaires déjantés et adeptes de « cosplay » (déguisements de style manga) et enfin le plus grand marché aux poissons du Japon, Tsukiji. Nous y dégusterons des sushis de « toro » (pièce grasse de thon) et « d’otoro » (pièce très grasse de thon) en compagnie d’un chef extrêmement sympathique qui nous offrit même 2 « chutoros » (pièce moyennement grasse de thon). Nous y prendrons un café dans un lieu « à l’ancienne » comme on les aime. Et enfin nous découvrirons l’ampleur de ce marché les vendeurs coupent littéralement à la scie les thons congelés (fraîchement vendus aux enchères entre 3 et 6h du matin) comme on couperait des pièces de bois brut, et les fenwicks s’agitent dans tous les sens, chargés de dizaines d’énormes têtes de thons. Bref, un spectacle surprenant.

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L’heure des adieux a enfin sonné. Pour Tokyo bien sûr, mais également pour nos amis mexicains/péruviens/japonais… ainsi que pour Clément, un ami d’enfance (pas vu depuis 10 ans) qui s’est greffé au groupe pour partager quelques Sapporo, Kirin et Asahi d’au revoir. Une excellente soirée passée chez Rocio ponctuée par le magnifique (et touchant) cadeau d’Akemi nous permettra de nous « despedir » de la plus agréable des manières!

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Alors qu’avons-nous pensé du Japon? Bon, en premier lieu, il convient d’être bien clair. Nous n’avons visité ques 3 villes. Les 3 sur la même île. Une expérience extrêmement limitée donc. Nous avons eu néanmoins la chance d’apprécier l’influence de l’histoire japonaise dans le quotidien des habitants, la singularité de la culture nippone (artistiques, gastronomique, vestimentaire, sportive, technologique…), la beauté de son architecture et de ses paysages relativement préservés ou encore l’ordre, qui semble être une constante pour TOUT, TOUT LE MONDE et de PARTOUT.

Nous ne pourrions toutefois pas y vivre. Pour avoir discuté avec de nombreux expatriés, issus de diverses cultures, l’envers du décor n’est pas très réluisant. Ce que les japonais appellent protectionnisme… nous l’appelons fascisme (et ce n’est pas un euphémisme… nous avons entendu certaines histoires particulièrement choquantes). Les relations sociales sont extrêmement hierarchisées, très souvent animées par un souffle d’hypocrisie (ils préfèrent appeler cela politesse…), ou tout simplement inexistantes (là encore, nous en avons entendu des vertes et des pas mûres ;.)). Les desserts sont quasi-inexistants… Mais aussi et surtout… nous ne pourrions pas y vivre… car finalement… nous on aime bien ça le bordel ;.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bali (Indonésie) – Un peu de vacances dans ce monde de voyages!

En quittant Yangon, nous avions convenu, d’un commun accord, que notre escale balinaise viserait à satisfaire deux objectifs : un besoin immédiat de vacances pour Astrid… et un rythme de travail accru de mon côté (les vacances approchant, les campagnes eMarketing battent leur plein). Bien que ces deux nécessités paraissent diamétralement opposées, Bali semble être la destination idoine pour les concilier. Et à plus forte raison en saison des pluies!

Vous l’aurez donc compris, cet article sera plus concis que les autres. Ah… et une fois n’est pas coutume… l’usage du passé simple y sera proscrit (défi relevé avec plaisir mes chers Nico et Aurélien… ;.))

Nos premiers jours à Denpasar? Repos, boulot, piscine et rando urbaine (mais pas trop..). Voilà c’est dit. C’est fait. Des touristes. Beaucoup. Pour la plupart australiens et hébergés à Kuta. Des centres commerciaux ultra-modernes proposant des boutiques de luxe, de surf et des enseignes populaires de la grande distribution (même Carrefour!). Et des balinais très souriants maniant l’anglais de manière fort honorable (sympa pour engager la discussion et en apprendre davantage sur les eus-et-coutumes des habitants de l’île!)

Ah pour info, sachant que nous sommes en mode vacances/boulot, nous avons opté pour le combo Uber-AirBnB. Et puisque que la 4G fonctionne à plein régime, même dans les rizières, aucun problème pour se déplacer ou pour se loger à la dernière minute!

Après 3 nuits passées à Denpasar, direction Ubud, ville du centre de l’île célèbre (Eat, Pray Love ; L’homme qui voulait être heureux etc…) pour son atmosphère particulière et la beauté de ses rizières environnantes. Et en effet, la localité est magnifique. Même les flots constants de touristes la traversant n’affectent en rien son charme. Les temples hindous (oui oui, ici aussi ;.)), les cafés « tendances », et les modestes warung (petites échoppes familiales) côtoient les salons de massage, les maisons d’hôte et les galeries d’art… le tout dans un cadre enchanteur. La végétation y est luxuriante et variée. En quelques kilomètres, nous franchissons une verte et dense forêt tropicale, recouvrant même parfois la route de ses lianes tentaculaires. Nous traversons une zone de rizières. Puis nous atterrissons dans une allée aux milles senteurs fleurie comme jamais (oiseaux du paradis, becs de perroquet etc…).

Pour profiter de la région et de ses multiples attraits, une seule solution (enfin pas vraiment… mais celle qui se prête le mieux à la découverte de sentiers peu praticables) : le scooter. Après une première journée à visiter la Monkey Forest et la grotte de Goa Gajah (un lieu de retraite bouddhiste et hindouiste creusé à même la pierre au 9ème siècle)… nous partons à la découverte des rizières en terrasse de Jatiluwih, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

p1050750 p1050765 p105078635km de grandes routes et petits chemins, que nous parcourons tantôt sous une pluie fine (bien abrités sous nos sacs plastiques qui nous servent d’imperméables), tantôt sous des trombes d’eau. Tant pis, le décor est somptueux!

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Les rizières de Jatiluwih (que je vous invite à découvrir plus en détail en cliquant sur le lien suivant) offrent trois différents parcours permettant de flâner à votre guise à travers les terrasses.

Au cours de notre itinéraire « intermédiaire » nous avons eu droit à une chaleureuse invitation à la pause café d’un groupe d’agriculteurs. Des sourires, du café, du sucre (beaucoup), des photos… et encore des sourires. Un échange de cadeaux improvisés plus tard, nous poursuivons notre route, visitons rapidement un temple construit au cœur même des rizières, profitons de nouveaux points de vue tout aussi incroyables, puis nous nous en retournons, tranquillement et tout émerveillés vers Ubud… où une douce nuit nous attend! Nuit que nous partagerons avec une tarentule à 6 pattes et un gros gecko!


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Le lendemain, grosse surprise. Nous rencontrons Ana, une copine canadienne m’ayant hébergé en 2010 à Vancouver! Astrid l’accompagnera à un cours de yoga puis nous passerons ensemble la journée à déambuler dans Ubud, refaire le monde et manger dans un de resto (9 angels) au concept original!

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Il est temps pour nous de mettre les voiles. Direction Mont Batur où se trouvent le majestueux volcan éponyme, plusieurs sources d’eau chaude ainsi le plus grand lac de Bali. Après un premier essai Uber infructueux (sachant qu’Uber est interdit à Ubud, le chauffeur a essayé de nous soutirer un peu de cash extra…) nous négocions avec un local. Une heure et 250.000 roupies plus tard, nous posons nos valises au Black Lava Hostel de Toya Bungkah. Nous y resterons 3 nuits.

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L’auberge est constituée de petits bungalows, d’un dortoir, d’un bar et d’un petit resto. Le tout dans un cadre idyllique (jardin coloré et luxuriant, vue sur le lac et les montagnes environnantes…). Nous y ferons la rencontre d’un groupe de canadiens avec qui nous partagerons un « taxi » pour visiter les alentours. Au menu : tour du volcan avec arrêts dans les différentes zones touchées par les dernières coulées de lave (dont le fameux lucky temple, épargné comme par miracle), pause bière sur les hauteurs avec un panorama à couper le souffle, visite du village de Terunyan et de son cimetière à ciel ouvert (la tradition de ce village veut que les corps des défunts soient laissés à même le sol, les odeurs étant masquées par les arbres très odorants du site), traversée du lac en bateau, puis pour finir en beauté, bain dans les sources d’eau chaude! Une belle journée de découvertes se voulant l’entrée idéale pour le plat de résistance prévu à 4h du matin le jour suivant : l’ascension du Mont Batur. 2h de grimpette sur des chemins glissants (sables volcaniques) pour atteindre le sommet du volcan à 1717m. Nous avons de la chance, malgré la saison des pluies, nous avons pu apprécier un magnifique lever de soleil. Toutefois, à peine notre petit déjeuner volcanique englouti (les œufs étant cuits dans des sortes de « fours naturels »), le brouillard reprend ses droits et nous plonge dans une brume rendant la suite de notre balade encore plus périlleuse. Quelques passages étroits, grottes et singes plus tard, nous retrouvons notre auberge. Il est 9h.

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Nos amis canadiens s’en vont. Nous restons tranquilles, bien décidés à savourer deux jours de plus la quiétude des lieux et à profiter de l’humeur toujours enjouée de notre hôte, Yon.

C’est d’ailleurs avec Yon et son équipe que nous en apprendrons davantage sur la culture et les traditions balinaises… comme par exemple l’attribution surprenante des noms et prénoms (explications sur le lien suivant), les rituels religieux, leur idée de la mort, le Karma etc… Une pause culturelle et sociale appréciée au plus haut point!

Si vous vous rendez dans les environs du Lac Batur, n’hésitez pas à contacter Yon (+62 81 337 558 998) ou encore le taximan Made (made.masra@gmail.com). Ces derniers vous permettront de vivre une expérience inoubliable dans la région de Kintamani!

Pour nous, c’est l’heure de parti, direction Amed, sur la côte Nord.

Amed, c’est un petit village de pêcheur qui s’étale sur quelques km, au Nord Est de Bali. On y croise quelques touristes, principalement français (les quelques clubs de plongée qui longent la plage affichent d’ailleurs fièrement « ici, on plonge en français » ), mais rien de comparable avec Denpasar et Ubud. Ici, l’âme est restée villageoise. Le rythme de vie également. On s’y sent bien à Amed. Et on ne s’y ennuie pas! En scooter, il est possible de visiter à quelques 15km au sud, le fameux Water Palace de Tirtagangga (voir photos ci-dessous), à 8km à l’est, l’épave d’un navire japonais ayant sombré à quelques mètres des côtes au cours de la seconde guerre mondiale… et surtout… à 15km à l’ouest, l’épave de l’US Liberty, un vaisseau cargo américain de 125m ayant été torpillé en 1942 par un sous-marin japonais. Venu par la suite s’échouer sur la plage de Tulamben, il aura fallu attendre l’éruption volcanique du Mont Agung voisin en 1963 pour que la carcasse du navire repose une fois pour toute sous l’eau, à 40m du rivage!

Le spectacle est grandiose! La magie opère là-bas, à quelques mètres de profondeur. Même Astrid, qui rechigne d’habitude à enfiler masque et tuba, se laisse envoûter par le spectacle exceptionnel qui nous est offert par Dame Nature. Que ces privilèges éphémères sont jouissifs! (vous noterez que la photo n’est pas des plus fidèles à la réalité… notre appareil photo n’étant pas « waterproof », nous avons préféré jouer la carte de la créativité plutôt que celle de l’investissement ;.)).

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Alors, une fois de retour au village, qu’est-ce qu’on fait? Et bien… on mange du poisson braisé avec nos voisins/hôtes de Lakromo Homestay. On boit l’apéro; tantôt du vin de palme que je déguste avec plaisir, tantôt de l’Arak (vin de palme distillé) que je laisse avec tout autant de plaisir à Arnaud, jeune voyageur vauclusien. Je me fais tatouer (si,si…!). et on part à la pêche aux aurores sur le bateau traditionnel de l’inévitable Lakromo! Bref, pas le temps de s’ennuyer à Amed!

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Ah, je me permets de revenir sur un moment quelque peu déplaisant lors de notre « partie de pêche »… Lakromo nous a en effet initié à l’une des techniques de pêche les plus populaires de la région… et sans doute la moins éco-responsable… Celle-ci consiste à accrocher un leurre à une poche plastique lestée d’un gros galet. Lorsque celui-ci touche le fond, le pêcheur tire un coup sec sur la ligne afin de déchirer le plastique. De cette manière, le leurre peut remonter par saccades vers la surface et ainsi attirer davantage de prédateurs. Le galet quant à lui reste au fond… en compagnie du sac plastique! À raison de plusieurs tentatives par jour et de quelques centaines de pêcheurs à Amed, on a tôt fait de constater l’empreinte écologique irréversible de cette technique.

Nous faisons nos adieux à Lakromo, à sa charmante famille ainsi qu’à Arnaud. Il est temps pour nous de prendre la direction de Gili Meno, petit îlot situé au large de Lombok! Pour ce faire, il faut tout d’abord se rendre sur Gili Air ou Gili T (Trawangan) en « fastboat », puis de là prendre un bateau « public » pour rejoindre Gili Meno. Montant total de la traversée 235.000 roupies par personne (18 euro). Durée : 1h30 de fastboat, 4h d’attente sur Gili Air et 15 minutes pour rejoindre Gili Meno.

Alors, qu’avons-nous fait pendant 5 jours à Gili Meno en cette saison des pluies? Et bien nous avons bien rigolé avec Ana, que nous avons retrouvé toute aussi enjouée que lorsque nous l’avions laissée à Ubud. Nous avons fait la connaissance de Marco, un baroudeur italien (il n’y en a pas beaucoup) incroyable avec qui le courant est immédiatement passé (refaisage de monde, échecs, petites bières, ping-pong…). Nous avons fait le tour de l’île à pied (1h30 seulement ;.)) … et puis, par moment, nous n’avons rien fait! Et oui, ça sert à ça aussi les vacances.

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Nous arrivons le 20 sur Denpasar au terme d’un humide et nauséeux trio « bateau public-fastboat-navette » qui XXXX près de 5h! (l’emploi du passé simple eût été tellement approprié ici…que je me refuse à le remplacer par un autre temps. Pour toute critique, veuillez-vous adresser à messieurs Aurélien et Nicolas ;.).

Dernier jour à Bali. Nous le vivrons comme le premier. Relax!

Alors voilà, nous sommes sur le point de quitter Bali. Magnifique et reposante expérience que ces 3 semaines en sol indonésien. La nature y est époustouflante. La spiritualité omniprésente. Un havre de paix dont le seul défaut, à notre sens, est d’avoir vu l’esprit de nombreux balinais quelque peu corrompu par l’influence croissante de la trop pesante industrie du tourisme. Loin des hommes presque idéaux louangés dans « L’Homme qui voulait être heureux » (Laurent Gounelle), les balinais sont, comme nombres d’insulaires, soumis à une économie difficile et voient en nous, petits touristes éphémères, l’argent facile. Il serait difficile de les en blâmer; c’est de bonne guerre (bien que se faire littéralement enfiler par des petites mamies vendeuses de bananes n’est jamais agréable… même avec le sourire!). Le revers de la médaille? La plupart des relations nouées sur l’île sont biaisées par le facteur argent. Tant pis, nous sommes de toute manière rompus à ce type d’exercice après avoir passé près d’un an dans la peau d’un portefeuille sur pattes ;.). Ceci mis à part, une chose est indéniable: Bali est magique et c’est la tête pleine de merveilleux souvenirs que nous nous apprêtons à décoller pour Singapour.

Le Myanmar (ex-Birmanie): Déjà trop tard?

Yangon, ancienne capitale et principale agglomération du Myanmar (ex-Birmanie)! Nous y arrivons après moins de 2h d’avion… et quelques frayeurs. Le pilote, ayant apparemment obtenu son permis dans une boîte de thé thaï, n’aura pour le coup pas aidé ma phobie grandissante des voyages aériens. Décollage en toute fin de piste et atterrissage à vive allure occasionnant un sacré choc au moment de toucher l’asphalte.

Une fois remis de mes émotions et après avoir littéralement pourri le pilote en mon for intérieur… nous franchissons sans encombres les services d’immigration ainsi que la douane. Processus au cours duquel nous ferons la connaissance d’Aurélien, de Camille, de Robin, de David, de Bruno et de Fred. Ensemble nous partagerons un taxi pour nous rendre au centre de Yangon. Première surprise, bien que la majorité des véhicules aient le volant à droite (comme en Angleterre, Inde, Thaïlande et…), ils conduisent… à droite! Comme chez nous! Pas étonnant alors de voir que certains camions aient recours à des « copilotes » pour faciliter les dépassements!

N’ayant fait aucune réservation, nous suivons Aurélien, son hôtel étant particulièrement bien situé et proposant des prix tout à fait raisonnables pour le pays (il faut savoir que bien que le coût de la vie soit très peu élevé au Myanmar, les hôtels, qui se doivent d’obtenir une licence que j’imagine onéreuse pour héberger des étrangers, pratiquent des tarifs assez surprenants. Par exemple, une bouffe dans la rue vous reviendra à moins d’un euro… alors qu’une chambre double de base ne descendra pas en deçà des 20 euro.).

Après avoir refait le monde jusqu’à 3h du mat’ en compagnie d’Aurélien, nous finîmes par nous assoupir quelques heures (le petit déjeuner inclus n’étant servi que jusqu’à 9h). Au programme du samedi matin : visite du vieux Yangon et de ses nombreux édifices coloniaux, vestiges défraîchis de la présence anglaise. Flâneries dans les ruelles du quartier pour apprécier les spécificités culturelles de notre nouveau pays d’accueil. Mais également petit voyage en train autour de la ville. Pour 15 centimes d’euro, il est possible d’embarquer sur un train afin de réaliser un parcours de 50km autour de Yangon. Si ces 3h n’offrent pas un panorama des plus inoubliables, elles auront eu le mérite de nous faire faire quelques rencontres (employé des chemins de fer, voyageurs, touristes) et de nous faire vivre quelques situations cocasses/flippantes! Nous étions par exemple en train de partir de l’une des nombreuses gares jalonnant notre parcours lorsqu’un homme, âgé d’une cinquantaine d’année tente de grimper à bord. La porte se referma sur son genou sans que ni lui, ni tous ceux qui lui vinrent en aide (et nous étions plusieurs, dont les employés de la compagnie ferroviaire) ne puisse rien y faire. Mais personne ne sembla inquiet. Le train ne s’arrêta point et le vieux monsieur prit tranquillement son mal en patience. Et à la gare suivante tout rentra dans l’ordre.

En soirée, nous retrouverons Aurélien et compagnie autour d’une petite table et de quelques bières. Le temps de savourer l’ambiance festive et conviviale du chinatown de Yangon. Le temps de prendre également conscience du niveau de mendicité présent dans la ville. Et principalement chez les enfants.p1030833 p1030841 p1030849 p1030863 p1030867 p1030872 p1030916 p1030918 p1030919 p1030921 p1030924 p1030929 p1030931p1030932p1030934

Dimanche 6 novembre, il est temps de préparer notre départ. Il nous reste bien évidemment pléthore de choses à voir dans les environs mais nous aurons forcément un jour ou deux à passer à nouveau dans la ville au terme de notre périple birman (vol retour partant de Yangon). Direction la gare donc pour l’achat d’un billet Yangon-Nay Pyi Taw, capitale du pays se situant à 320km plus au Nord. Ce sera un trajet de nuit. Départ à 20h30, arrivée à 5h.

Nous profiterons des 6-7 heures nous séparant du départ pour cuisiner quelques tacos à l’aide des tortillas sous-vide données par les beaux-parents… et pour déambuler à nouveau dans les rues de la vieille ville. Nous apprendrons ainsi que tous les « chariots » sonorisé accompagnés de jeunes déguisés, ou que tous les pick-ups ornés de fleurs et autres offrandes sont à pied d’oeuvre en ce jour car il s’agit de la pleine lune. Jour au cour duquel les offrandes sont faites aux monastères. Tout le monde met la main à la pâte et tout le monde contribue économiquement. Un joli spectacle qui en dit long sur la culture et la spiritualité du pays.

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Nay Pyi Taw… Nous y voici. Pas un touriste. Pas un chat non plus d’ailleurs. Seul un taxi ne parlant pas un mot d’anglais. Les 14km qui séparent la gare de notre hôtel se font à vive allure, sur de grandes avenues 2×6 voies, et sans rencontrer un seul véhicule. Cette capitale est ubuesque. Elle est fantôme. Elle n’est pas. Mais allez savoir pourquoi, je lui ai trouvé un certain charme. Séduit par sa singularité et conquis par sa démesure. Il y a dans Nay Pyi Taw un peu de Yamoussoukro!

Après une bonne sieste et un petit déjeuner de champion, la visite peut débuter. Bon, premier bémol, Nay Pyi Taw n’est pas une ville à proprement parler. C’est plutôt un ensemble de « quartiers » disposés sur une zone équivalente à 6 fois New York ou encore 70 fois Paris intra-muros. Pour une lubie, c’est une sacré lubie qu’à eu le général alors à la tête de la junte militaire, Than Shwe, lorsqu’il décida de faire bâtir cette nouvelle capitale en 2002 (pour l’inaugurer seulement 3 ans plus tard!)!

Bien que nous ayons toute la bonne volonté du monde et des gambettes en plein forme, faire tout le tour à pied nous semble être à l’image de la ville, surréaliste. Mais prendre à nouveau le taxi n’est pas non plus une option (le coût de l’hébergement grevant déjà notre budget quotidien, rajouter une centaine de km de taxi serait irresponsable). Qu’à cela ne tienne, nous tenterons le stop! Il y aura bien une âme charitable qui prendra pitié de deux touristes en tongues en train de marcher sous un soleil de plomb… Bon, encore faut-il qu’il y ait une voiture! Et bien fort heureusement pour nous, au bout d’un gros quart d’heure, une micro-van s’arrête à notre hauteur et nous invite à monter derrière, en compagnie de locaux se rendant à la prière.

Nous arrivons 16km plus loin à la fameuse Pagode Uppatasanti, une réplique de celle se trouvant à Yangon. C’est beau et surtout c’est calme. Nous ne croiserons pas plus d’une dizaine de personnes. On prend l’air et on se ressource. On en profite également pour constater à quel point la zone semble isolée et les rues désertes. On en profite également pour tomber sur… une « écurie » pour éléphants albinos. Cette ville ne cessera de nous surprendre. Est-ce un sanctuaire censé les aider? Sont-ils vénérés? Aucune idée. Personne ne parle anglais, et toutes les indications sont écrites en birman, qui ma foi, possède un alphabet des plus esthétiques!

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Nous poursuivons à pied notre balade. 5km dans des chemins de traverse, non goudronnés, où nous rencontrerons enfin des gens. Et des gens qui font honneur à la réputation d’amabilité et de gentillesse des birmans. Nous croiserons ainsi des jeunes en train de jouer au Chinlon (foot birman utilisant un ballon de petite taille en osier) qui m’inviteront à prendre part à leur partie. Un papi nous invitera dans sa maison, nous offrira de l’eau, du thé et des bananes, le tout en ne s’échangeant que sourires et mimes, faute de langage commun. Des enfants souriants. Une cuisinière tellement gentille qu’elle en oubliait même son côté commerçant (elle allait perdre de l’argent si on n’insistait pas un peu à payer notre bouteille d’eau!). Une dame qui nous accompagne et ne nous lâche pas avant que nous ne soyons pas montés dans un taxi, pour être sûr qu’il ne nous arrive rien. Bref, une balade humainement incroyable!

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Le coucher du soleil approchant, nous grimpons dans un taxi pour rejoindre le fameux Buddha Gaya, réplique exacte du temple indien Maha Bodhi où, il y a 2500 ans, Bouddha atteint pour la première fois l’illumination. Un site parfaitement reproduit qui offre à ses visiteurs un environnement calme et propice à la méditation… Il semblerait également que la zone propose d’autres répliques de sites majeurs ayant jalonné la vie de Bouddha. Mais trop tard, la nuit est déjà tombée…

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Nay Pyi Taw, tu es fascinante! Un peu extravagante certes, et sans doute trop ambitieuse, mais ton charme est indéniable! Je ne saurais que trop recommander aux voyageurs de faire escale dans cette ville de la démesure. Ah, et bien sûr, pour en savoir plus sur Nay Pyi Taw, CLIQUEZ-ICI!

Le Mercredi 8 à 19h, après 6h de bus, nous arrivons à Mandalay, seconde ville du pays. Il pleuvait comme vache qui pisse et les rues étaient gorgées d’eau. Les brêles avançaient à vive allure avec 1,2 ou 3 passagers trempés jusqu’aux os. Mais rien ne semblait anormal.

Après une bonne nuit de sommeil au Nylon Hotel, nous engloutissons un nouveau petit déj buffet, puis partons à la découverte de la ville. À pied tout d’abord. Mais quand on s’aperçu que les endroits les plus intéressants à visiter étaient distants de plus de 10km les uns des autres, ni une ni deux, nous sommes rentrés à l’hôtel et avons loué un scoot/mobylette (frein au pied et 4 vitesses semi-automatiques). Au programme : la Mandalay Hill, la pagode Sandamuni avec ses 1774 mausolées, la gare (le train pour Hsipaw partant à 4h du mat’, nous opterons finalement pour le bus ;.)), la ville et encore la ville (satané GPS…) avec ses innombrables pagodes et monastères qui, pour la plupart, nécessitent un pass de 10.000 kyats par touriste pour être visités. Et bien sûr, pour finir en beauté, le fameux pont d’U Bein d’Amarapura, le plus long pont en teck du monde (1200m) construit en 1849. Nous y passerons 3h. À y marcher dessus bien évidemment, aller et retour. Mais surtout à contempler les dizaines de pêcheurs se trouvant dans les environs. À la canne, au filet ou même à la main!!! Ils sortaient de petites perches par dizaines… qui finissaient pour beaucoup dans la poêle des gargotes voisines!

Comble de chance, les rues alentour étaient le théâtre d’un événement haut en couleurs : la parade « d’initiation ». De jeunes garçons sur des chevaux, et de jeunes filles dans des carrosses tirées par de jolies vaches parées de guirlandes multicolores, défilaient avant de débuter leur période de « moine ». Obligatoire pour les garçons (durée minimale de 3 jours… maximale… à vie!) et facultatif pour les filles.

Nous serions bien restés pour le coucher du soleil, tel que tout le monde le recommande, mais le pont avait déjà été pris d’assaut par les touristes! Même les barques au-dessous affichaient complet! Tant pis, nous repartons en scooter-brêle vers la ville, entre trafic, poussière dans les yeux et derniers rayons de soleil. Ce fut une très agréable journée que même Trump n’aura su gâcher. C’est vous dire ;.)

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Le 10, nous partons pour Hsipaw. La distance séparant les deux villes n’excédant guère les 200km… il nous fallut 7h pour arriver ;.). Nous fîmes entre temps la connaissance de Krystel, une maman allemande ayant tout plaqué et pris son sac à dos, la cinquantaine passée, pour parcourir le monde… Le plus beau dans ton ça, c’est que son plus jeune fils, de 18 ans, qui a lui-même entrepris un périple similaire, la rejoindra quelques heures plus tard, pour réaliser, ensemble, une rando de 3 jours. Ils reprendront ensuite leur chemin respectif.

Nous ferons également la connaissance de Matthias et Laila, un couple franco-allemand avec qui nous partagerons quelques bières (dont la fameuse bière chinoise Dali que l’on m’avait fortement déconseillée ;.) Mais que voulez-vous, ma curiosité gustative était trop forte…), quelques petits déj, mais également quelques précieux conseils sur le Vipassana que nous souhaitons faire au Japon en janvier.

Mais revenons à Hsipaw. Hsipaw, c’est une petite ville qui, en soit, n’offre pas d’attrait touristique particulier (hormis peut-être son marché). Bien que très agréable, car paisible et habitée par de souriantes personnes, ce qui en fait un lieu assez prisé des touristes (et oui… encore… pour un pays qui est soi-disant « en train de s’ouvrir », « vierge de touriste », voire « pas encore pollué par les voyageurs occidentaux », on s’attendait à autre chose! Mais bon, j’y reviendrai à la fin de cet article ;.), Hsipaw gagne surtout à être connue pour… ses environs!

Pour info, nous avons été logés à l’Ever Green Hotel. 10$ pour une chambre double (toilettes partagées) avec petit déj inclus! Rien à dire. Meilleure affaire jusqu’à présent au Myanmar!

Alors quoi faire à Hsipaw? Et bien, monter sur la Hsipaw hill au coucher du soleil (ou vous tomberez sur 20 de vos semblables minimum). C’est d’ailleurs là-bas que nous ferons la connaissance de Gino, un péruvien installé au Brésil, et de Chloé, une française en voyage autour du monde, avec qui nous passerons toute la soirée!

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C’est avec Chloé également que nous visiterons les cascades, le « petit Bagan » et les sources d’eau chaude le lendemain en moto. Nous découvrirons de jolis paysages mêlant rizières, petites montagnes, et rivières. Nous rencontrerons plusieurs villageois de l’ethnie Shan arborant en tout temps un « chapeau chinois » et un large sourire. Nous traverserons un cimetière musulman/chinois ainsi qu’une décharge à ciel ouvert où une dizaine d’enfants jouait sur les déchets fumants. Nous serons également bloqués par les nombreux chars/camions aux enceintes surpuissantes/djembés birmans/groupes dansants paradant dans les rues de la ville et se dirigeant petit à petit vers le monastère afin de remettre aux moines les sommes d’argent données par les locaux.

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Bref, nous en aurons vu du paysage à Hsipaw et dans les environs. Nous aurons également vécu quelques belles expériences et fait quelques belles rencontres. Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, nous embarquons, le 13 au matin dans le train qui nous mènera à Pyin Oo Lwin, à mi-chemin entre Hsipaw et Mandalay. Pourquoi le train? Car c’est l’unique moyen d’emprunter le mythique viaduc de Gokteik, qui fut en son temps le plus haut viaduc au monde. Ces quelques minutes valent à elles seules les 7h que durèrent le trajet en classe ordinaire (traduisez : sur des bancs en bois)! Petit conseil pour celles et ceux souhaitant emprunter ce même trajet (sens Nord Sud), choisissez le côté droit!

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Nous arrivons en fin d’après-midi à Pyin Oo Lwin. Nous marchons un bon kilomètre pour arriver à l’Hôtel Ruby, où le patron, gêné, nous annonce que notre réservation, ainsi que celle de 5 autres touristes ayant suivi le même chemin que nous, ne pourra être honorée! La faute selon lui au système de réservation d’Agoda. Petite parenthèse d’ailleurs pour inviter celles et ceux voyageant au Myanmar à utiliser cette plateforme de réservation. Tout au long de notre périple, nous n’avons jamais eu recours à de telles solutions. Mais ici, allez savoir pourquoi, chaque retrait réalisé avec ma carte bancaire américaine me coûte 13$!!! Il m’est donc préférable de régler par carte que par cash, à plus forte raison car le retrait maximum autorisé est de 400.000 kyats (300 euro).

Mister Poke, le boss de l’hôtel, nous fera patienter pendant une bonne heure et demie au cours de laquelle 2 des touristes se trouvant dans la même situation que nous se sont désistés. Nous ferons connaissance des 3 autres. Anita (autrichienne), Inge et Flores (hollandais). Malgré tous ses efforts, Mr Poke ne put nous trouver une autre chambre en ville, tous les hôtels affichant complets, la faute au fameux Balloon Festival! Ne voyant pas d’autres solutions, il nous invita à passer la nuit dans sa maison! Nous partageâmes donc à 5 la chambre de Mr Poke. Enfin, nous ne l’avons pas utilisé bien longtemps la chambre… Pourquoi? Grâce au Balloon Festival!!!!

Comme pour s’excuser encore davantage, Mr Poke nous proposa de nous emmener, tous les 5 ainsi que deux touristes israéliennes occupant l’hôtel, au festival, se trouvant à quelques 30 minutes de voiture! Nous y arriverons vers 6h. Pendant 4 heures nous allons profiter comme des petits fous de ce festival drainant toute la population de la ville mais aussi de la région! Des dizaines de milliers de birmans viennent faire la fête et célébrer la pleine lune de novembre! Et nous aussi! Nous avons mangé comme il se doit. Bu pour étancher la soif… et même au-delà. Nous avons pris plaisir à accepter les 293261036 demandes de selfies qui nous ont été adressées. Nous avons joué comme des gamins (lancer de fléchettes, lancer de balles de tennis etc…) et nous avons aussi pris part à quelques attractions « rustiques » comme la roue manuelle! Un truc hallucinant ou 6 acrobates se balancent et grimpent de partout pour permettre aux nacelles de faire 5 ou 6 tours de roue. Vraiment malade!!!). Et surtout, et c’est quand même bien là la raison d’être de ce festival, nous avons assisté aux « lâchés de ballons lumineux, explosifs et incendiaires!!! » Ça consiste en quoi? Toutes les heures, une petite montgolfière inhabitée est lâchée. Celle-ci, brillant de mille feux, emporte avec elle plusieurs centaines de fusées pouvant offrir un spectacle lumineux de près de 20 minutes! C’est vous dire la quantité d’explosifs s’y trouvant ;.). Or, sur les 4 ballons que nous avons vu décoller… deux ont connu des destins… tragiques! L’un d’eux (qui heureusement n’était pas munis de fusées) s’est mis à voler à basse altitude puis est allé s’encastrer dans un poteau, finissant ainsi son éphémère existence en un magnifique brasier. L’autre, qui ne put pas non plus prendre suffisamment d’altitude commença par tirer ses fusées dans la foule! Un ballon fou en somme. Mouvements de panique, cris… puis rires! Le ballon est passé sans ne faire semble-t-il de blessés (il y a tout de même plusieurs morts par an au cours de ces festivals qui se déroulent dans quelques villes du pays). Il est surprenant de voir comme les birmans, qui semblent pourtant si réservés, se lâchent au cours de ces festivités. Et ça vaut pour tout le monde : jeunes, anciens, familles avec enfants en bas âge, moines bouddhistes etc… Tout le monde fait la fête. Et c’est avec un bonheur et un plaisir non dissimulés que nous y avons pris part!

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Il est 22h. Nous avions promis à Mr Poke de ne pas le faire rester davantage. Nous times parole. Mais c’était sans compter sur le destin qui voulait sans doute nous faire profiter de cette flamboyante soirée jusqu’à son terme. En effet, le trajet qui nous avait pris 30 minutes à l’aller… nous pris 5h au retour! Et dans la caisse du pick-up par un froid glacial, 5h… ça fait long ;.)

Nous passerons les deux jours suivants à visiter Pyin Oo Lwin. À pied et en moto. L’immense jardin botanique, l’ancien quartier colonial où quelques cottages britanniques survécurent à l’indépendance, le Big Ben local, le marché central, les petites cascades, les friperies de la gare etc… Nous reviendrons également vers la grande pagode (à quelques 8km de la ville) où les festivités se poursuivaient. Au programme, tournois de volley et de chinlon (ou plutôt de sa variante thaïlandaise se jouant à 3 contre 3). Impressionnant! Je ne me lasse toujours pas d’admirer la technicité, la vivacité et la souplesse de ces joueurs! Il est déjà 22h. Nous sommes exténués. À peine nous reste-t-il quelques forces pour grimper dans le bus qui nous emmènera à Kalaw.

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Après une excellente nuit, et c’est à souligner! (les bus de la marque chinoise Yutong, que nous avions déjà « testé » au Bénin sont d’excellente facture!!) nous arrivons au petit matin à destination. Il est 4h.

Nous poirotons dans un petit « tea shop » jusqu’à 7h, le temps de faire la connaissance d’Yves, un franco-brésilien, et de Naiara, sa copine basque. La ville étant relativement petite, nous les recroiserons (à plusieurs reprises et autour de plusieurs bières!!!) après avoir pris nos aises chez Golden Lily, la guest house la moins chère du coin (12 euro pour une chambre double, toilettes partagées et petit déj inclus). Bien que les murs soient en carton, que les draps soient tâchés et que les carreaux soient brisés (important en cette saison froide ;.)), nous y passerons un très agréable séjour.

Nous demeurerons 3 jours à Kalaw. À pied nous connaîtrons le centre-ville qui se résume grossièrement à quatre avenues principales perpendiculaires et un feu de signalisation. Certes, c’est petit, mais on y trouve de tout : une magnifique pagode recouverte de miroirs, un marché quotidien de fruits, légumes et babioles chinoises en tout genre, un terrain de foot n’ayant rien à envier aux clubs ardéchois où nous allions jouer certains dimanches, des friperies 3 fois par semaine, un monastère, une bâtisse centenaire abritant un bar miteux comme je les aime (que de belles rencontres!!!). Bref, une petite ville qui a tout d’une grande, mais qui, fort heureusement, et malgré l’afflux croissant de touristes, a su conserver une certaine authenticité.

En vélo, nous avons pu pousser davantage les limites géographiques de notre excursion « kalawéenne ». L’église anglicane construite il y a tout juste un siècle, les fameuses Buddha’s caves, espèces de grottes très humides où ont été « incrustées » pas moins de 800 figurines et statues de Bouddha, mais également l’imposante pagode en bambou surplombant la ville et où des « moinesses » nous ont gentiment offert du thé et de la salade de feuilles de thé. Un véritable délice!

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Un dernier coucher de soleil perchés sur les terrasses du monastère de Kalaw, un dernier dodo bercés par les tambours, chants et pétards des festivaliers, toujours en lutte pour gagner la cagnotte qui reviendra au village étant le mieux déguisé et mettant le plus l’ambiance… puis nous prenons le pick-up, en compagnie de 75 sac-à-dos laissés par quelques courageux randonneurs, pour nous rendre à Nyaung Shwe, sur les berges du lac Inle. Bien que le trek de trois jours fut également notre idée initiale, l’état de santé encore fragile d’Astrid nous obligea à opter pour une alternative plus rapide et physiquement moins demandante.

Ah, petit rappel pour celles et ceux se rendant à Nyaung Shwe, un droit d’entrée de 10 euro vous sera demandé pour pénétrer dans l’immense zone du lac. Que vous arriviez à pied ou en véhicule. Une véritable aberration. N’allez pas croire que cet argent serve à préserver l’environnement ou les cultures des habitants de la région. Non. Ce n’est ni un parc naturel, ni une zone archéologique. C’est juste un moyen additionnel de tirer davantage de lait de la vache touristique que nous sommes. Première fois que nous voyons cela. Payer pour entrer dans une ville!  Non mais… bref, quoi qu’il en soit, mon sale caractère, bien aidé il est vrai par un heureux coup du sort, nous permit d’entrer en ville sans nous acquitter de cette maudite taxe.

Logés dans la très agréable Green Valley Inn (qui, il faut le noter, est pourvu d’une connexion internet d’excellente qualité… important pour les voyageurs/travailleurs), nous profiterons de notre première journée pour nous rendre à vélo à la Red Mountain Winery. Cette exploitation viticole, posée sur les collines jouxtant la ville, à moins de 5km, propose la dégustation de ses produits. 5000 kyats pour 2 verres de rouge et 2 verres de blanc, le tout dans un environnement idéal pour apprécier le coucher de soleil. Bien que les vins ne soient pas exceptionnels, il n’en demeure pas moins que ce fut un moment agréable. Mention spéciale à l’effort de « francisation » de l’expérience. Les vins étaient accompagnés par deux petites pointes de pain de mie et d’un fromage type cheddar industriel. Le résultat n’était pas fameux, mais l’initiative était louable ;.).

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Le lendemain, après avoir retrouvé Aurélien, notre compère de Yangon, nous partons aux aurores, à 5h, pour une longue et magnifique journée d’excursion sur le lac Inle. Après avoir savouré le lever de soleil, nous enchaînerons les arrêts : ateliers de tissage de soie et de lotus, pagodes bouddhistes, ateliers de roulage de cigares birmans, marché flottant (grosse arnaque truffée de touristes), ateliers de forgerons… et puis une agréable petite pause dans l’un des nombreux villages flottants que compte le lac. Nous y déjeunerons, partagerons quelques instants avec les maîtres des lieux, accompagnerons ces derniers dans leurs petites barques pour un tour du pâté de maison et puis nous repartirons, heureux, fatigués et la tête pleine d’innombrables images toutes aussi magnifiques les unes que les autres. Et même les « faux pêcheurs » postés à l’embouchure du canal et attendant l’afflux massif de touristes pour récupérer quelques billets en échange de photos ne nous feront aucunement regretter cette exceptionnelle journée!

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Le soir, David, Camille et Robin vinrent se greffer au groupe pour former à nouveau la bande de Yangon au grand complet! L’apéro s’impose… agrémenté cette fois d’un délicieux fondant au chocolat… Un véritable orgasme gustatif…

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Ça y’est, nous sommes prêts à rejoindre Bagan!

Alors Bagan c’est quoi si ce n’est la principale attraction touristique du pays? Et bien c’est l’ancienne capitale du royaume de Pagan qui connut son apogée entre le 9ème et le 13ème siècle. Sa particularité? À l’époque, elle comptait près de 200.000 habitants pour… 10.000 temples et pagodes! Il n’en reste aujourd’hui plus que 2200, la faute au manque d’entretien et aux nombreux séismes dont souffre fréquemment la région. Le dernier remontant au mois d’août! Pour en savoir plus, cliquez ici.

Arrivés au petit matin (4h), nous partageons un taxi avec deux retraitées vietnamiennes vivant aux États-Unis et parlant un français impeccable! Quelques minutes plus tard et après s’être acquitté (cette fois) du droit d’entrée de 20 euro par personne, nous déposons nos affaires à l’Ever New Guest House et louons un scooter électrique pour nous rendre à la pagode Pyathada. C’est là-bas que nous attendent, pour le lever du soleil, Yves et Naiara, les collègues rencontrés à Kalaw. Le spectacle de ces  temples et pagodes centenaires s’étendant à perte de vue et se perdant parfois dans la végétation sauvage fut grandiose, bien aidé il est vrai par un ciel dépourvu de nuages, une température plutôt clémente ainsi qu’une magnifique envolée de montgolfières multicolores. Seul ombre au tableau, l’arrivée d’un bus de touristes chinois! Ses occupants débarquèrent sur la pagode armés d’appareils à faire pâlir le plus équipé des paparazzis, non pas pour prendre en photo le paysage… non…. Mais pour mitrailler les trois petits jeunes moines, la fille en habit traditionnel et le paysan avec sa carriole « embauchés » par leur guide! Le cliché n’était pas optimal? Qu’à cela ne tienne, on demande au jeune moine de reprendre le livre qu’il tenait (bien qu’il n’ait pas encore l’âge de savoir lire) et de se poster à nouveau sur les remparts de la pagode… et on demande au paysan de passer à nouveau en carriole tout en s’assurant que les marques de roue du passage précédent soient bien effacées… Une blague mes amis… mais une blague!! C’en est affligeant!

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Bref, nous passerons la journée à sillonner les kilomètres de chemin sabloneux que compte la zone en compagnie de nos amis et retrouverons une fois de plus l’incontournable Aurélien pour le coucher de soleil sur la pagode Taung Guni censée être moins touristique que la Dahmmayan Gyu Phaya. Nous n’étions pas les seuls, mais peu importe, le spectacle méritait d’être partagé!

Petit repas, petite mousse, retour à l’hôtel puis dodo car le lendemain, la visite se poursuit. Pas de réveil aux aurores mais une nouvelle balade en e-scooter dans la zone d’Old Bagan. Vers 15h, et après s’être à nouveau perdu par plaisir une bonne matinée, nous remettons les clés de la chambre et du scoot, disons au revoir à Yves et Naiara (que nous reverrons à n’en pas douter très vite), et embarquons en compagnie d’Aurélien dans une voiture en direction de Pakokku, ville étape avant de rejoindre Mindat!

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Et là… c’est le coup de foudre!! En l’espace de quelques heures, nous sommes tombés sous le charme de la ville, conquis par son atmosphère et ses habitants. Première fois que nous ressentons cela au Myanmar (nous y reviendrons plus tard…). Et ce sentiment s’est encore exacerbé en soirée lorsque nous nous assîmes en compagnie de notre hôte Mya Mya. La propriétaire de l’auberge Mya Ya Ta Nar Inn est un sacré personnage. Cette jolie septuagénaire attachante s’exprime dans un anglais impeccable (elle fut enseignante à la mission catholique), n’hésite pas à partager quelques histoires personnelles ou à répondre à nos nombreuses questions sur la culture et le quotidien de ses concitoyens. On a bien rigolé et on a beaucoup appris.

Pakokku ne devait être qu’une ville de passage. Elle sera désormais une ville de REpassage au terme de notre escapade en pays Chin.

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Le Pays Chin justement, c’est à Mindat qu’on va le découvrir. Après 6h de trajet à vive allure et sur une route en piteux état, on y arrive enfin. Il est midi. Il nous faut trouver une auberge pour la nuit. Il y en a 4 en ville, toutes affichant des prix qui nous semblent abusifs. Fatigués par le voyage, nous optons toutefois pour la Se Nang Guest House. Un petit repas dans une gargote voisine, une petite bière, trois cafés (on se les pèle là-haut en cette période) et un refaisage de monde en bonne et due forme avec Aurélien et nous sommes fins prêts pour aller au lit… Il est 21h30. Dehors, pas un bruit. Pas une lumière. Le village est déjà tombé dans les bras de Morphée. 21h32, nous les avons rejoint ;.)

Le 25, on se lève sans pinailler à 7h30. On ingurgite le petit déj rudimentaire proposé par l’auberge et on part en balade à travers les nombreux chemins que compte le village. Nous y passerons en tout près de 4h. Il ne nous faudra toutefois pas plus de quelques minutes pour tomber sur la première femme tatouée. Cette dame, comme plusieurs dizaines d’autres habitant ce village de 40.000 âmes (incluant la « banlieue »), est un véritable symbole de la culture Chin. Il nous a été conté qu’à l’époque, les rois envoyaient des émissaires aux confins de leur royaume afin de recruter les plus belles femmes pour leur harem. Les femmes Chin étant réputées pour leur beauté, les anciens du village trouvèrent la parade pour éviter la désertion forcée de la gent féminine : leur tatouer le visage!

Cette pratique perdura au-delà de l’époque des royaumes, et ce n’est qu’au milieu du 20ème siècle que la loi y mettra un terme. D’ici quelques années donc, il n’y aura plus de femmes Chin tatouées de la sorte.

Comme un symbole, c’est un jeune du village qui m’offrit la parfaite conclusion à cette histoire en m’expliquant « qu’à l’époque, on se tatouait pour masquer la beauté. Aujourd’hui, c’est même parfois sexy… ».

Cette première journée complète à Mindat s’acheva de belle manière à l’auberge Tun où nous avons été contraints de déménager.

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Le samedi 26, bien décidés à découvrir les environs de Mindat, nous tentons, tant bien que mal, de louer un scooter. Bien que cette activité ne soit pas autorisée, il ne nous faudra que 30 minutes pour trouver un mécanicien complaisant.

Et c’est parti! Nous partons à la découverte des petits villages Chin de la région de Mindat. Ne me demandez pas leur nom, je n’en ai pas la moindre idée! Nous rencontrerons à nouveau de nombreuses femmes tatouées. Les symboles dessinés sur leur visage indiquent qu’il s’agissait de femmes Moun, l’une des trois ethnies peuplant la région (l’étant Chin compte 25 ethnies différentes).

Sur le retour, nous faisons un détour par l’église catholique de Mindat, premier lieu de culte du village. Et là… la magie du voyage opéra à nouveau! Nous fîmes la rencontre du père Joseph, un religieux Chin (n’allez surtout pas lui dire qu’il est birman…) ayant étudié 8 ans à Paris et maniant à merveille la langue de Molière! Le père Joseph, nous raconta quelques histoires de la région, tailla en pièces la « légende » des femmes tatouées (il nous expliqua que les femmes non tatouées ne pouvaient prétendre au mariage), évoqua les différents de l’église avec les autres religions et l’ancien régime birman au pouvoir et… nous accompagna au jardin de l’église, à quelques 15km de là!

Après une grosse demi-heure de grimpette (on dépasse tout de même les 2400m d’altitude!), on y arrive! Il fait frisquet et les lieux sont envahis par un épais brouillard. La gardienne du jardin, une petite mamie tatouée et tout sourire nous accueille. Fraises, avocats, cerises, pommes de terre… il pousse de tout par ici, malgré le froid et l’altitude. Enfin presque… quelques tentatives (café et framboises notamment) ne connurent pas les résultats escomptés!

Et puisqu’après l’effort vient le réconfort, la petite mamie et le père Joseph nous invitèrent à boire le vin de millet fermenté chaud, les fraises du jardin… ainsi que de la viande d’écureuil séchée! Un vrai délice et un moment inoubliable où se sont succédées les anecdotes savoureuses du père Joseph sur son expérience parisienne et ses opinions tranchées sur les messes dansantes des catholiques africains, la multiplication des églises évangélistes, l’autonomie de l’état Chin, ou encore l’appui politique du bouddhisme au Myanmar! Un vrai bonheur!

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Dimanche matin 8h30. Nous montons dans le van se dirigeant vers Pakkoku et disons au revoir à Mindat. Ce petit village encore ignoré des guides touristiques nous aura offert une véritable immersion dans la culture Chin. Une expérience que nous ne pouvons bien évidemment que recommander!

6 heures plus tard, nous posons à nouveau nos bagages au Mya Ya Ta Nar Inn. Nous profitons des quelques rayons de soleil restant pour nous perdre à nouveau dans les rues enchanteresses de cette ville qui décidemment m’émerveille! Mais à cet émerveillement succède bientôt la nostalgie… et oui, l’heure est venue de dire au revoir à Aurélien! Nous aurons partagé ensemble d’excellents moments avec ce parigo pas comme les autres ;.)… A+ l’artiste!

Une bonne nuit de sommeil et nous voilà fin prêts à aborder notre dernière journée de visite au Myanmar! Suivant les conseils de la très avisée Mya Mya, nous parcourons dans un sens puis dans l’autre les chemins/rues de la vieille ville. L’occasion pour nous de tomber sur une scène de séchage de tubercule médicinale destinée au marché chinois… en pleine pagode! L’occasion également de découvrir une nouvelle fabrique de cigares birmans, une manufacture de tongues, une « clock tower » d’origine britannique en plein cœur d’un monastère (nous pourrons y grimper avec l’aide de deux jeunes moines), un « bouddha Sri Lankais »… et bien sûr… de faire d’inoubliables rencontres! La première tout d’abord. Un moine bouddhiste de 26 ans achevant ses études théologiques et s’exprimant dans un anglais impeccable nous questionna sur nos croyances. Quoi? Agnostiques? Et c’en était parti pour 2 bonnes heures de discussions et questionnements profonds. Astrid excellant dans le domaine pris le relai ;.)… Ensuite, et puisque la religion ça creuse… nous nous arrêtâmes devant une petite gargote où jouaient un grand-père et son petit-fils. La cuisine proposée par ce petit établissement familial était excellente. Et que dire du service!!! Ainsi donc, tel que nous le faisons de partout après une pause repas agréable, nous laissons un petit pourboire. Non seulement le papi refusa le pourboire, mais il insista pour nous offrir une bouteille d’eau fraîche. Qu’à cela ne tienne, quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, nous offrîmes un petit ballon au gamin… puis nous poursuivons notre route. Et là, quelques minutes avant de prendre le bus pour Yangon, le papi, accompagné de sa fille et de son petit-fils débarquent en scooter à l’auberge de Mya Mya pour nous offrir… une magnifique couverture traditionnelle. Dans ces circonstances, tu restes con, tu retiens tes larmes de joie et tu leur fais un gros bisou. Simplement. Sincèrement.

Et comme si ça ne suffisait pas, Mya Mya, notre adorable maîtresse de maison, nous fit à son tour un somptueux cadeau!

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Et voilà, lundi 28 novembre, 18h. Le bus franchit la barrière de la gare routière de Pakokku. Nous nous éloignons lentement en direction de Yangon, le cœur léger et l’esprit joyeux. Pakokku restera gravé à jamais dans notre mémoire de voyageurs…

Il est temps désormais de clore cet article. Mais revenons un instant sur le titre de celui-ci : Myanmar, déjà trop tard? Et bien la réponse est… OUI! À l’exception de Pakokku, Nay Pyi Taw et dans un degré moindre de Mindat (bien que pour un village perdu de cette taille, la proportion de sac à dos Quechua était relativement importante…). Tous les commentaires de voyageurs ayant visité le Myanmar il y a 2-3 voire même 5 ans tout au plus divergent assez nettement de la réalité à laquelle nous avons été confrontée! Peut-être nos attentes étaient-elles trop élevées après avoir pris connaissance de ces commentaires? Sans nul doute. Ne nous sommes-nous pas assez aventurés dans les zones les plus reculées? Bien évidemment! Mais le visa est limité à 28 jours… durée pendant laquelle nous avons tout de même, et c’est un « record », visité 10 endroits. Sommes-nous trop enclins à comparer avec nos expériences « authentiques et dépaysantes »? À n’en pas douter! Mais comment pourrait-il en être autrement après 11 mois passés sur les routes d’Afrique et d’Asie?

Essayons tout de même de rester objectif : Le Myanmar est un très beau pays où les traditions, bien que disparaissant peu à peu sous le poids de la trop rapide « ouverture », demeurent vivantes. Ses habitants sont, c’est indéniable, extrêmement souriants et bien souvent d’une amabilité sans bornes. Sa gastronomie est assez limitée et peu équilibrée (l’usage de l’huile dans la cuisine birmane est, à l’image des tarifs pratiqués par son industrie hôtelière, abusif) mais offre parfois quelques belles surprises. Sa spiritualité est omniprésente… Bref, le Myanmar est un pays à visiter. Mais à visiter sans à priori ni attentes particulières… De la quête d’authenticité à la récolte d’amertume il n’y a qu’un pas que les clichés franchissent allègrement!

 

La Thaïlande: du Touristique à l’Authentique

On s’attendait à du changement en posant le pied à Bangkok… et bien on a été servis! Comme on s’y attendait, la plupart des gens rencontrés firent preuve d’une incroyable amabilité, n’usurpant point leur réputation d’habitants du « pays du sourire ». Mais les rencontres qui jalonnèrent nos premières heures dans la capitale thaïlandaise nous laissèrent abasourdis! La première, une petite mamie tenant une échoppe vendant du riz, du poulet et du bouillon (le tout pour 1,20 euro). Avec les quelques mots d’anglais qu’elle baragouinait, et avec un sourire permanent aux lèvres, elle nous a expliqué ce qu’elle préparait, où on pouvait aller trouver un hôtel etc… et cerise sur le gâteau… elle est allé nous acheter une pastèque chez le commerçant voisin et nous l’a offerte. Comme ça. Sans raison. Un geste gratuit. Wooowww!! Après plus de 8 mois à sillonner les routes de pays divers et variés, je peux vous dire que ce genre de petit geste dénué d’intérêt est un plaisir rare, que nous avons dégusté avec émotion!

La seconde, quelques minutes plus tard, alors que nous nous dirigions vers Khao San Road, pour trouver un petit hôtel, un homme âgé nous accoste, tout gentiment. Il nous explique qu’il est professeur d’histoire et qu’il aime discuter avec les touristes. Il nous indique tel bon plan et nous recommande d’aller à l’office du tourisme etc… Après 10 bonnes minutes à discuter autour d’une carte, je lui dis que nous devions de toute façon aller à Khao San Road pour le moment mais que nous ferons ce qu’il nous recommande dès que le temps nous le permettrait. Et là, soudain, venu de nulle part, il me lâche un… Fuck you, you stupid! Fuk you, fuck you, fuck you…. puis il prend le large à bord d’un tuk tuk. On ne se le cachera pas, je suis resté con. Sidéré par ce changement aussi imprévu qu’intempestif. Puis j’ai rigolé. Mais j’ai rigolé… bien aidé par Astrid il est vrai, complètement pliée en 4! Bref, en l’espace de quelques minutes, nous avons fait deux rencontres exceptionnelles… et non des moindres!

Nous passerons une nuit à Khao San Road, où nous ferons la rencontre de Michael, un français installé dans la fameuse communauté d’Auroville, à Pondichéry, dans le Sud Est de l’Inde. Un super moment, de beaux échanges et de profondes réflexions. On en aurait presque oublié la pluie! Mais comme toutes les belles rencontres de voyage ont une fin, nous filâmes vers le Sud et Michael vers l’Inde! À un de ces jours peut-être…

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Après une courte nuit de bus (et pas n’importe lequel. Un bus de deux étages en mode Jacky : rose fushia, néons fluo, et carrosserie à ras de bitume), nous arrivons à Chumphon, d’où nous embarquons pour Koh Tao. 2h de bateau plus tard, nous arrivons à Sairee, principale localité de cette petite île de 21km2. Après avoir fait connaissance de Michel et Maria au cours du trajet, nous décidâmes de partir ensemble à la recherche d’un gîte économiquement accessible. Pas facile dans ce nid à touristes… Mais grâce aux précieux conseils d’un local, nous trouverons chaussure à notre pied à quelques 2km de l’embarcadère. Au Sud. Au Sunshine 2, pour seulement 300 bath la nuit.

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Et là, la magie opéra, un peu comme à l’île aux Nattes quelques mois auparavant. Le temps devint tout relatif et les siestes se multiplièrent, pour le plus grand plaisir de notre organisme ;.). Grâce à l’excellente compagnie de nos deux nouveaux compagnons de route (que je vous invite d’ailleurs à suivre sur ce BLOG), au climat, qui semble enfin vouloir nous sourire après avoir fait des siennes au Népal et au bon timing de notre visite (la grosse saison touristique n’étant pas encore débutée, l’île vit encore au ralentit et le calme prévaut une fois la nuit tombée. Priceless!), nous passerons une semaine de rêve sur Koh Tao. Alors quoi faire sur cette île à part contempler le temps qui passe et profiter de la vie au ralenti? Et bien un peu de kayak, un peu de baignade, un peu de balade en scoot dans les recoins paradisiaques les moins fréquentés… et pour celles et ceux comptant sur un budget plus conséquent, les options de plongée sous-marine et de pêche sportive s’offrent également à vous! Ah, pendant que j’y pense, notre séjour sur Koh Tao a été marqué par un fait historique… la mort du roi de Thaïlande. Il avait 88 ans et a régné 70 ans, faisant de lui le souverain le plus « ancien » de la planète. Il semblerait qu’un deuil national d’un an soit respecté. Il faut s’habiller de noir, ne pas boire d’alcool et y aller mollo avec les soirées. Et bien sûr, comme c’était le cas auparavant, éviter tout crime de lèse-majesté (passible de 15 ans de prison…).

Ça y’est, les batteries sont au vert. Ma p’tite femme arbore un teint métissé à croquer et les coups de soleil ont disparu. Il est temps de plier bagage et de remonter petit à petit vers Bangkok afin d’y accueillir mes beaux-parents le 20 octobre!

Nous prenons un ferry de nuit. Sup1160972 p1160973 dsc02098 dsc02156 dsc02171 p1160992 p1170039 p1170057 p1170067per sympa! un vrai dortoir avec clim nous attendait pour les 6h qu’allait durer la traversée. Arrivés au petit matin à Chumphon, nous prenons un taxi collectif puis un bus en direction de Prachuap Khiri Khan, charmante petite ville dénuée de touristes sur la route de Bangkok.

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Après avoir posé nos affaires chez Maggie Guest House sur le bord de mer, nous débutâmes, sous un petit crachin, un premier tour des environs… au programme « l’ascension » des 396 marches que compte l’escalier menant au Wat Thammikaram, ainsi que la visite du grand marché longeant la voie ferrée.

Ce qu’on ne nous avait pas dit, c’est que le temple était véritablement infesté de singes! Et plus on montait, plus ils étaient nombreux… Astrid, pourtant amoureuse des animaux, n’en menait pas large. Arrivés au sommet, nous contemplèrent les primates dans ces lieux qu’ils firent leurs. Nous étions les seuls bipèdes. Ça criait, ça jouait, ça baisait, ça mangeait. Bref, il y avait de la vie là haut!

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Après cette excursion surprenante, nous attaquâmes le marché, situé le long de la ligne de chemin de fer. Des fripes, des fruits de toutes les couleurs, des plats cuisinés en veux-tu en voilà… On a bien essayé d’en goûter un maximum, mais même avec la meilleure volonté du monde et l’estomac le plus dilaté qu’il soit, il nous faudrait une bonne semaine matin, midi et soir pour savourer toutes les nouveautés gastronomiques qui nous étaient offertes! En espérant que cette diversité culinaire persiste également dans la partie Nord de la Thaïlande!

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En soirée, après s’être bien rassasiés, nous prîmes une petite mousse avec notre voisine française, installée depuis une bonne dizaine d’année à Prachuap. Le tout dans la plus grande discrétion et sans effusions afin de respecter les consignes de « bonne conduite » en vigueur en cette période de deuil… Et là, soudain, un pick-up de la police et un autre de l’armée s’arrêtent à quelques mètres. On se dit qu’on va avoir droit à un sale quart d’heure… Et bien on l’a échappé belle. Il se trouve que notre Guest House avait une vieille lampe dont l’applique était rouge. Celle-ci diffusait donc… bien évidemment… de la lumière rouge! Oh mon Dieu!! Selon la dizaine de soldats armés qui s’étaient approchés cela était clair. De deux choses l’une. Soit notre Guest House était en fait un bordel, soit la propriétaire de notre Guest House était profondément anti-royaliste et l’affichait fièrement en arborant la couleur de « l’opposition ». Il ne leur était pas venu à l’esprit qu’il pouvait s’agir que d’une simple vieille et peu esthétique lampe. Mais que voulez-vous… Par les temps qui courent, les psychoses pullulent (les cas de lynchage dans le pays semblent être assez nombreux, les médias sociaux cristallisant tous les non-dits). Bref, pour nous, il était temps de se coucher.

En ce 18 octobre au matin, après avoir loué un scooter, nous attaquâmes la visite des environs. Ao Noi pour commencer. Ce petit village de pêcheur nous a bluffé! Outre son petit parc offrant une jolie vue sur la baie et sur les montagnes environnantes, il propose une immense statue allongée du Bouddha! Celle-ci se trouvant dans une grotte au sommet d’une colline. L’éclairage étant défectueux, pour ne pas dire complètement HS, munissez-vous d’une bonne frontale lorsque vous vous y rendez, cela vous permettra d’apprécier au mieux l’imposante statue! Et pour finir, le magistral Wat de Ao Noi, le plus grand temple en bois de Thaïlande. Et laissez-moi vous dire que ça vaut clairement le détour!

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Après un petit repas et un thé thaï (allègrement accompagné de lait concentré) pour se redonner du courage, nous prenons la direction du côté opposé de la baie, à Ao Manao, en plein cœur de la base militaire de Prachuap. On signe un petit papier, on file le passeport à de jeunes hommes souriants en uniforme, et nous sommes autorisés à traverser la zone sans soucis. On peut accéder à la plage (une des plus jolies du coin), profiter des installations proposées au sein même de la base (temples, restaurants, salons de massage, bars et même petit zoo!) ou aller vers la montagne où se trouvent les fameux gibbons (petits singes peu farouches). On traverse quand même au passage la piste atterrissage. Il vaut mieux être prudent… on a tôt fait de se faire renverser par un avion ;.)

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Une fois rentrés, nous rencontrons, comme convenu, Kirk Gillock. Kirk, c’est un américain du Texas qui vit depuis 12 ans en Thaïlande! Après avoir crée et géré une VÉRITABLE association caritative dans le Nord Est du Pays, il est venu à Prachuap pour lancer un nouveau projet qui a été couronné de succès: le Plastic Bottle Boat! En cliquant sur le lien précédent vous accéderez au site web de Kirk. En cliquant sur CELUI-CI vous tomberez sur la page Facebook du projet. Une rencontre extrêmement enrichissante. Ce que fait Kirk, son histoire et ses projets… c’est incroyable et ça impose le respect. Bravo Monsieur!

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Un dernier petit tour au marché puis dîner fruits de mer au resto de rue local… et hop, c’en est fini de notre escapade Prachuapienne!

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Nous voici sur Bangkok. À nouveau. Et cette fois, fins prêts à accueillir mes beaux-parents pour une quinzaine touristique des plus intenses dans le Nord du pays.

Marco et Alma débarquent dans la nuit du 20 au 21. Nous célébrons leur arrivée vers 1h du matin avec une petite mousse, rattrapons le temps perdu depuis notre départ du Mexique (plus de 10 mois tout de même) puis nous nous mettons au lit. Il est 4h.

Dès 9h nous débutons notre tour de Bangkok. La principale attraction, le Palais, nous est interdit d’accès. Funérailles royales obligent. Tant pis, nous visiterons les temples alentours (Wat Pho etc..) ainsi que Chinatown. Notons que la quasi-totalité de la population était vêtue de noir en signe de deuil. Un contraste saisissant avec les temples aux couleurs vives et criantes.

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À peine le soleil disparu, nous grimpons dans un bus pour Chiang Mai. Nous y arriverons aux aurores. (Nouvelle recommandation: 24 Travel Tour! l’Agence de Poompat située à un pâté de maison de Khao San Road nous a offert les meilleurs prix (que ce soit pour Koh Tao ou pour Chiang Mai. Il était d’ailleurs plus intéressant de passer par lui que de monter nous-même notre périple! Un comble!). Bon, n’hésitez pas à négocier un petit peu quand même ;.) De plus, Poompat nous a permis de laisser, pendant près d’un mois 2 paquets de 5kg chacun dans son agence! Pour le contacter: poompat63@gmail.com).

La deuxième ville du pays (30 fois plus petite que Bangkok) séduit d’emblée. Son centre historique, délimité par un canal formant un carré, offre une combinaison de petites ruelles piétonnes charmantes et de grandes allées bordées de temples, de murailles et de bâtiments officiels. Tout est calme. Ça se sent. Et ça se voit dans le sourire des gens!

Le premier jour, après avoir pris nos aises à la White House, petite maison d’hôte tenue par BP, un suisse installé en Thaïlande depuis plusieurs années, nous louons un scooter pour aller visiter le Wat Phra That Doi Suthep, l’attraction touristique, et spirituelle, à ne pas louper. Après quelques péripéties (réservoir vide et aucune pompe à essence ouverte à proximité etc..) nous arrivons sur le sommet de la colline où se trouve le temple. On ne peut pas le manquer. Du doré, du doré et encore du doré. J’ai frôlé le décollement de rétine! Alors oui, c’est indéniable, c’est de toute beauté. Mais trop de doré… tue le doré!

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Après avoir fait une halte sur le chemin du retour en bas d’une cascade et s’être rafraîchi les pieds, nous revenons à la White House. Marco n’ayant que peu goûté sa première expérience en scooter. Vraiment stressé le beau-père. Et je le comprends. Traverser  pour son baptême du feu le « périphérique » de Chiang Mai entre les pickups et autres voitures puis faire la route de « montagne » particulièrement transitée par les bus et taxis avec un passager, le tout sur un petit scoot 125… ça peut être crispant!

Le reste de la journée se fera donc à pied, à visiter quelques-uns des 300 temples que compte la ville! Mention spéciale au majestueux Wat Lok Moli. Et pour la soirée, c’est Saturday Market au programme.

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Dimanche et lundi, Astrid et son père suivront des cours de massage thaï! (J’en ai de la chance ;.)). Quant à « la suegra » et moi-même, nous arpenterons une fois de plus les ruelles de la vieille ville, découvrirons le marché chinois et franchirons la rivière pour aller réserver nos tickets de bus pour Chiang Rai. Le Sunday Market, qui se tient au cœur de la vieille ville de 16h à 22h chaque dimanche est une attraction à faire. Pour la diversité de son offre culinaire tout d’abord (je vous recommande vivement le Khao Soi et le Curry vert), mais également pour la qualité de ses produits d’artisanat. Attention toutefois aux attrapes touristes qui ne manquent pas. Chose surprenante qui se passa lors de notre visite du marché : tout le monde s’arrêta net de bouger lorsque retentit à travers les haut-parleurs une musique, que j’imagine être l’hymne national. Je ne sais pas si cela est régulier ou est à attribuer à la mort du roi, mais reste que c’est particulièrement impressionnant.

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Lundi soir, après 3 heures de bus, nous arrivons à Chiang Rai. Il fait nuit et nous sommes fatigués. Nous prenons le premier Tuk Tuk venu pour nous rendre à la Chian House Guest House, sur conseil de tonton Jean-Da. Excellente surprise. L’auberge, reprise depuis 3 mois par un jeune couple franco-thaïlandais (Mathieu et Jay) offre un cadre des plus agréables (piscine!!), une cuisine excellente (Curry vert exceptionnel) et des tarifs défiants toute concurrence (250 baths la nuit!).

Le mardi, sachant que Marco ne souhaite pas réitérer l’expérience scooter, nous visitons à pied les principales attractions de la ville, qui, il faut le reconnaître ne sont pas légions. Seule la statue de Meng Rai, fondateur de la ville il y a plus de 700 ans, qui est quotidiennement vénérée une fois la nuit tombée vaut véritablement le détour. Car ce qui fait que Chiang Rai soit une ville à part, ce n’est pas son patrimoine architectural. Ce n’est pas non plus son histoire. Ce sont ses habitants, qui se retrouvent très souvent autour d’un bon plat au night bazaar. Ceux-là même qui n’hésitent pas à vous sourire et à vous aider. Comme ça. Sans arrière-pensée.

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Mercredi, tôt en matinée, nous prenons place dans le tuk tuk de Manath, subitement transformé en berline Nissan (un problème de batterie dû selon lui aux grosses intempéries de la veille rendant le tuk tuk inutilisable). Qu’à cela ne tienne, de 8h30 à 17h30, nous ne visiterons pas moins de 5 endroits différents dont l’incroyable Temple Blanc, le mystique Triangle d’Or et la mystérieuse Maison Noire.

Reprenons dans l’ordre. Le Temple Blanc, situé à près de 20km de Chiang Rai et construit dans les années 70 par Don Chalermchai Kositpipa, alors membre de l’École des Beaux-Arts de Bangkok, est un bâtiment tout bonnement sidérant. Sans doute le plus incroyable qu’il m’ait été donné d’admirer au cours de ce voyage Africano-Asiatique. Sur le plan architectural bien sûr, mais également au niveau des peintures délirantes arborant son intérieur (tours jumelles en flammes enroulées de tuyaux de pompes à essence et sous une pluie de missiles. Le tout sous le regard de Harry Poter, Super Man etc…) et au niveau des décorations décalées de son jardin (têtes pendues aux arbres…)

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Après tant d’émotions, rien de tel qu’un petit bain dans des eaux thermales pour Astrid et moi et qu’une petite balade en éléphant pour Alma et Marco. Je ne m’attarderai pas sur ce point. Bien que les locaux assurent que c’est le seul moyen pour eux de continuer à alimenter et soigner les pachydermes, devenus inutiles dans les champs depuis que l’accès à de nouveaux outils motorisés se soit démocratisé, il m’est difficilement acceptable de voir ces grosses bêtes attachantes attachées.

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Nous poursuivons notre aventure en direction de Chiang Saen et le triangle d’or. Pourquoi triangle? Car ce point se trouve à la jonction des trois pays que sont la Thaïlande, le Cambodge et le Myanmar (Birmanie). Pourquoi d’Or? Car c’est ici qu’a transité, des années durant, le gros du lucratif trafic d’Opium produit dans les régions voisines!

Après un petit Pad Thaï, nous visitons rapidement les abords du fleuve séparant les trois pays, le fameux Mékong, puis nous entrons dans le Musée de l’Opium. Riche d’enseignements cette visite nous aura ouvert les yeux sur cette plante qui fut économiquement et socialement bien ancrée dans la culture de la région, des siècles durant.

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En revenant sur Chiang Rai, nous faisons étape à la Maison Noire. Ou plutôt devrions-nous dire LES maisons noires, car il s’agit d’un « complexe » ne regroupant pas moins de 40 habitations abritant des « œuvres » de Thawan Duchanee, artiste qui au vu de cet endroit n’était sans doute pas un boute-en-train!

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Et voilà, notre passage à Chiang Rai, bien que trop court (séjour limité pour mes beaux-parents), nous aura offert d’incroyables expériences et je ne saurais que trop recommander à celles et ceux visitant la Thaïlande de venir se perdre quelques jours par ici. C’est d’ailleurs ce que font de nombreux retraités, comme Pierre. Pierre passe lui 6 mois par an à Chiang Rai. Il connait la ville et la région comme sa poche et se fait un plaisir d’aiguiller les touristes de passage! Si vous allez chez Chian House, vous tomberez à n’en pas douter sur Pierre. N’hésitez pas à lui demander conseil!

Après 3 heures de bus pour revenir sur Chiang Mai, nous prenons un nouveau car pour Lopburi, ou du moins, près de Lopburi. Et quel bus!! Du jamais vu! Une première classe d’avion (du moins ça ressemble à ce que je vois quand je monte et descends d’un avion ;;), à ceci près que les sièges offrent une fonction massage!!!

Arrivés quelque part vers 5h du matin, on nous dit que notre destination se trouve à 40km et qu’il nous faut prendre un mini-bus pour nous y rendre. Une discussion plutôt sympa lorsque l’on ne parle pas un seul mot de la langue de son interlocuteur et vice-versa! Mais tant pis, car une fois de plus, et bien que nous soyons à peine à l’aube, c’est le sourire et la bonne humeur qui priment! Et à peine 15 minutes plus tard nous étions en route pour Lopburi, la cité des singes!

Pourquoi la cité des singes? Personne ne le sait vraiment. Alors oui, c’est vrai que le temple principal de la ville, le Prang Sam Yot construit il y a 800 ans dans un style Khmer, s’est imposé comme la « maison » d’une ribambelle de macaques. Mais cette petite ville possède une histoire tellement riche qu’il serait dommage de la réduire à cette seule étiquette de « cité des singes ». Loin s’en faut. Petit récapitulatif/rectificatif en CLIQUANT ICI (attention, lien en anglais).

À noter que le musée national de la ville (entrée offerte jusqu’à fin décembre pour cause de mort du roi) est le musée le plus complet, le plus riche et le mieux entretenu (à l’instar de toute la ville d’ailleurs) que nous ayons visité au cours de notre voyage! Un passage obligé pour comprendre l’importance de cette cité au cours des siècles passés! Pour l’anecdote, l’une des rues principales de la ville porte le nom de « Rue de France », car l’édifice en ruines la jouxtant hébergeait l’ambassadeur de France du temps de Louis XIV.

Lopburi nous aura bluffés par sa volonté affichée de préserver son patrimoine. Valorisant ses reliques et artefacts via son musée, nettoyant, tondant et taillant les pelouses, arbres et haies de ses nombreuses ruines grâce à son important contingent militaire etc… Une ville absente des « must do » des voyageurs qui gagne incontestablement à être connue!

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Samedi après-midi, après une ultime balade à Lopburi, nous prenons le train pour la célèbre Ayutthaya.

Une petite heure à peine sépare les deux villes. Une heure séparant le méconnu du populaire. Le préservé de l’exploité. Attention, n’allez pas croire que la visite d’Ayutthaya fut de trop. Non. Les richesses historiques et culturelles que cette ville a à offrir sont pléthores. Ce qui en revanche peut attrister, c’est le fait que ces même richesses aient fait l’objet d’une exploitation touristique bien rodée et parfaitement achalandée. Tant mieux pour les habitants et pour les retombées économiques engrangées par la région. Mais après les villes visitées, ça laisse un arrière goût amer. Ce qui explique peut-être que nous ne nous soyons pas attardés outre mesure dans l’ancienne capitale du royaume de Siam, sauvagement défaite par les birmans en 1767. Nous retiendrons notamment les magnifiques ruines du Wat Phra Mahathat, construit en 1384, et connu pour sa fameuse tête de Bouddha enchevêtrée dans les racines d’un arbre centenaire et par ses dizaines de Bouddhas décapités. Le Wat Yai Chai Mongkol valu également le détour. Nous retiendrons également le night market et ses cuisiniers redoublant d’efforts et de sueur pour faire mettre littéralement le feu… à leur pad thaï. Nous nous souviendrons également du marché flottant et des tuk tuk de la ville, uniques en leur genre et bien souvent conduits par des chauffeurs on ne peut plus souriants. Alors oui, Ayutthaya est à faire. Mais, de préférence en montant… car après avoir visité les richesses du Nord du pays… et bien c’est triste à dire… mais on en serait presque blasé. Je le disais plus haut, trop de doré tue le doré. Et bien trop de temples…

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En début de soirée, le dimanche, nous arrivons à Kanchanaburi, après avoir pris un minivan puis un bus local. Nous marchons en rond pendant 2-3km, chargés comme des mules, puis posons finalement nos « valises » dans un petit hôtel miteux pas trop loin du night bazaar, les effluves de curry provenant des petits stands y étant installés nous ayant réveillé l’appétit! Un bon repas et au dodo.

Lundi, grosse visite de la ville. Au programme, découverte du « Death Railway Museum » (que je recommande vivement), du cimetière de guerre Don Rak adjacent, du musée de la seconde guerre mondiale, et enfin du fameux pont, le pont sur la rivière Kwaï. La plupart des gens ont vu, où entendu parler de ce film tourné en 1957. Peu en revanche ont eu connaissance du véritable drame s’étant déroulé dans la région entre juin 1942 et octobre 1943. Sous le commandement des japonais, 200.000 travailleurs, pour la plupart des prisonniers de guerre (anglais, australiens et hollandais), des malais, ou encore des romushas (travailleurs/esclaves indonésiens) ont pris part aux travaux pour relier la Thaïlande à la Birmanie et ainsi permettre aux troupes nippones d’acheminer marchandises, armes et munitions à la frontière birmano-indienne pour lutter contre les anglais. 415 km de voie ferrée. 100.000 morts. Une tragédie.

La journée fut riche d’enseignements, et lourde d’émotions.

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Nous voici déjà mardi matin. Dans deux jours, les beaux-parents s’en retournent tandis qu’Astrid et moi-même poursuivrons notre route vers la Birmanie voisine. Ces 48 heures, nous les passerons à Bangkok, à visiter de nouveaux quartiers, à faire de nouvelles rencontres et à vivre de nouvelles expériences… Comme ces 20 minutes à être bloqués sur un trottoir par la police, en attendant que la famille royale passe tranquillement en voiture sur l’avenue principale entièrement dégagée. Le tout, en face du bâtiment dédié à la démocratie… Tout un symbole ;.)

Ça y’est c’est fini. Marco et Alma ont décollé, emportant avec eux plein de beaux souvenirs et quelques maux de tête dus aux bières Chang accumulées comme pour mieux affronter les adieux. Deux semaines de voyage à un rythme soutenu qui auront été teintées de sourires, d’émotions, d’histoire et de… pad thaï!!!

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Quant à nous, que retiendrons-nous de la Thaïlande au terme d’un mois de voyage? Et bien c’est d’abord et avant tout une grosse satisfaction. Nous avions peur de tomber dans l’antre du tourisme de masse, de la superficialité… et bien que nenni! La gentillesse des locaux n’a d’égale que leur honnêteté! Fini le touriste porte-monnaie. C’est un sentiment des plus agréables, rarement voire nullement ressenti au cours des 9 mois passés sur les routes d’Afrique et d’Asie (le Népal nous ayant toutefois agréablement surpris en ce sens). Les gens sont souriants et paraissent heureux. Alors certes le régime autoritaire thaïlandais ne permet pas d’exprimer publiquement le fond de sa pensée (notre expérience de Prachuap l’illustre parfaitement), mais il semble régner ici une sorte de paix générale. Une paix contagieuse d’ailleurs, que la spiritualité locale ne fait qu’accroître. Quand on ajoute à cela des paysages divers et variés, une histoire riche parfaitement mise en valeur par les nombreux musées de qualité que compte le pays et une gastronomie ma foi très agréable (bien que gustativement peu variée et ayant recours à de nombreux produits reconstitués), on se rend compte que la Thaïlande c’est plus, bien plus qu’un simple nid à touristes en quête de bronzette exotique.

Népal: Des treks, oui… Mais pas que!

Katmandou, Népal. Nous y arrivons le 9 septembre en début d’après-midi après avoir fui l’effervescence continuelle de la surpeuplée Inde voisine. Bon, comme toute arrivée dans un nouveau pays ne peut se faire sans accroc, il fallut qu’on y ait droit! Cette fois c’est tombé sur Astrid. Ou plutôt sur son passeport mexicain. Impossible pour les agents de l’immigration de le scanner. Ils s’y sont repris à une bonne trentaine de reprises. Rien n’y fit. On leur expliqua que ce même passeport avait servi en Inde et dans de nombreux autres pays. Rien. Un agent nous lança même un « c’est un passeport suspect ». Au bout d’un moment, leur supérieur vint à notre rencontre pour nous avouer qu’il s’agissait  d’un problème de machine et que le plus simple serait d’utiliser le passeport américain à la place du mexicain. Résignés, nous obtempérons. Bizarre quand même!

Mais cet accroc ne nous empêchera pas de profiter pendant 2 jours et demi de la capitale. Comme tout bon touriste, nous avons pris nos bases dans le quartier de Thamel, bien connu pour ses centaines (milliers?) de boutiques vendant de l’artisanat local, des vêtements népalais/tibétains/hippies ou encore du matériel de montagne de contrefaçon. Bien connu également pour ses vendeurs de rue te proposant du haschich devant chaque hôtel ou des treks dans LE massif de l’Himalaya! Mais Katmandou, ce n’est pas que Thamel. Fort heureusement! En micro (transport en commun des locaux), en tuk tuk électrique ou à l’aide de nos petites gambettes nous parcourrons l’ouest et le sud de la ville visitant au passage le temple Swayambhu, le Garden of Dreams, le Katmandou Durbar Square, le Patan Durbar Square ainsi qu’une bonne centaine de petites ruelles résidentielles et de grosses artères commerciales où les dégâts causés par le séisme de 2015 demeurent encore bien visibles.

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Il est temps de dire au revoir à Katmandou. Nous y reviendrons au terme de notre périple népalais pour profiter des aubaines commerciales et poursuivre notre visite des environs. Mais pour l’instant, direction Lumbini!

Après un long voyage en bus pour le moins chaotique nous y arrivons. Pourquoi long? Car au lieu de 7h il nous en aura fallu 14 pour arriver à destination. Pourquoi chaotique? Fin de saison des moussons oblige, les routes sont dans un état déplorable et les éboulements sont monnaie courante. L’un deux, juste devant nous (et assez impressionnant!!) nous a bloqué pendant près de 2 heures. Pourquoi Lumbini? Car c’est l’un des lieux saints du Bouddhisme. Et pour cause, c’est ici qu’est né, il y a près de 2500 ans, Siddartha Gautama, plus connu sous le nom de Bouddha!

Nous y passerons une journée à marcher sous un soleil de plomb. Du site archéologique où l’endroit exact de la naissance a été conservé jusqu’à la Pagode de la Paix érigée par les japonais en passant par les nombreux stupas des monastères allemands, français, vietnamiens etc… Un vaste domaine entièrement consacré à la méditation et à la spiritualité, loin de la version occidentalisée du Bouddhisme parfois influencée par le consumérisme. (voir article).Un chic type ce Bouddha quand même! Mais bon, trop de spiritualité tuant la spiritualité ;.), nous continuâmes notre visite des environs en marchant dans le village voisin. Les sourires et les regards redeviennent alors, contrairement au Nord de l’Inde, sincères et curieux. Agréable. Cerise sur le gâteau, nous nous arrêtons pour grignoter un morceau et l’hôte des lieux nous invite dans son salon où il fait un peu plus frais et où s’amusent ses enfants. Un très bon moment. Simple mais tellement appréciable!

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Nous partons le lendemain au petit matin en direction de Tansen. Tansen, c’est un petit village se situant à mi-chemin entre Lumbini et Pokhara, dans une zone montagneuse au climat tempéré. YÉÉÉÉÉÉ! Tellement content de voir des montagnes!

À Tansen, il n’y a pas de touristes. Du moins, pas de touristes étrangers. C’est une bonne chose. Ça laisse présager une certaine authenticité. Le revers de la médaille… c’est que tout est affiché en népalais! C’est cool… mais du coup… pas facile de trouver un hôtel! C’est en marchant à travers le dédale de ruelles particulièrement inclinées de cette petite ville que nous tombons sur un « home stay » tenu par Man Mohan. Man Mohan, c’est un professeur d’économie à la retraite qui tient, en compagnie de sa femme et de l’une de ses filles une sorte d’office de tourisme informel et met à disposition des quelques rares visiteurs croisant son chemin 2 chambres. Nous y resterons 3 nuits. Nous y apprendrons à préparer la spécialité nationale, le Dahl Bat, avec Jenny, sa fille. Nous arpenterons les collines alentours, notamment la fameuse Srinagar Moutain qui surplombe la ville et qui offre un panorama splendide. D’un côté sur la vallée. De l’autre sur le massif de l’Annapurna. Nous visiterons le vieux temple hindou construit en 1806 et mettant en relief (littéralement parlant) le kamasutra sur ses nombreuses boiseries. Nous découvrirons la fabrique de « jarres » métalliques, spécialité de la région. Et enfin nous nous perdrons ci et là entre maisons colorées et forêt de sapins. Toujours accompagnés par les chants/sermons/musiques du festival dédié à Ganesh. De 6h du matin à 21h, sans interruption… Sympa au début. Moins à la fin ;.).

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Le 17 au matin, nous faisons nos adieux à Man Mohan et sa famille et prenons le chemin de Pokhara, située au Nord Est de Tansen. 130km réalisés en… 6h des plus chaotiques. Ayant préféré l’option locale (Bus Tata coloré où plus rien ne tient d’aplomb… surtout pas les sièges ;.)) à l’option touristique (Grand car avec clim) pour parcourir ce tronçon de route complètement défoncé par la mousson, nous avons souffert. Seuls les paysages grandioses et la présence d’enfants super enjoués à nos côtés nous offrirent quelques moments de répit et de bonheur au cours de ce périple!

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Pokhara, nous y arrivons enfin! 3ème agglomération du pays, Pokhara est une ville touristique (point de départ de nombreux treks oblige) posée au bord d’un petit lac et entourée de montagnes mythiques culminant pour certaines d’entre elles à plus de 8000m.

Alors manque de chance (il faut bien que ça nous tombe dessus un jour ou l’autre), les moussons qui pourtant étaient censées prendre fin depuis quelques jours/semaines font des heures sup’. Résultat des courses, tous les sommets sont recouverts d’épais nuages menaçants laissant éclater de temps à autres d’impressionnants coups de tonnerre. Des pluies torrentielles, et mortelles, s’abattent également quotidiennement sur la ville. On n’avait pas vu ça depuis 14 ans ici. C’est gris, c’est pluvieux. Bref, ça aurait pu être mieux ;.). Mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’est ma petite Astrid qui jubile à l’idée d’annuler nos projets de treks dans le massif de l’Annapurna. Son amour pour les randos d’altitude n’étant pas, et c’est un euphémisme, sa tasse de thé…

Nous marcherons toutefois énormément. Dans la ville tout d’abord, ou plutôt les villes : la touristique (LakeSide) et la locale (New Road etc…) où nous tomberons tantôt sur une manifestation politique bien encadrée par des policiers surprotégés, tantôt sur un petit marché où, une fois n’est pas coutume, je me ferais littéralement arnaquer par une petite mamie vendant du sel rose de l’Himalaya. Je ne m’attarderai pas sur le sujet ;.)

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Nous entreprîmes également une rando sur deux jours (1er jour : Pedhi-Dhampus-Australian Camp – plus de 1000m de dénivelé ascendant / 2ème jour : Australian Camp-Kadé-Naudada… écourté pour cause de pluie soutenue). Au cours de celle-ci nous fîmes notre première expérience sangsue…  Elles pullulent en cette époque. Je fus initié au vin local, une espèce d’eau de vie de mil. Pas trop fort…. Mais pas trop bon ;.) Et nous aurons également l’occasion de prendre le petit déjeuner chez une famille de Kadé… avec du miel maison s’il vous plaît!

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Après avoir été rejoints, pour notre plus grand plaisir, par nos acolytes Anne et Matthieu (voir notre article sur l’Inde : Aggra, Amritsar), nous allons multiplier les découvertes. Rando à la Pagode de la Paix puis aux Devis Falls (3-4 heures). Lever de soleil à Sarangkot, face à l’Annapurna, puis marche de 3-4 heures vers Naudada. Restos en veux-tu en voilà etc…

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Avant de quitter Pokhara et de poursuivre notre route en compagnie de nos amis vers Gorkha, plus à l’Est, j’aimerais vous recommander deux endroits : Notre Guest House : Penguin Guest House à Lakeside. Une chambre correcte avec ventilo et eau chaude pour 500 roupies la nuit (4 euro). Mais surtout, un proprio au top, Ashok. Ancien guide local proche de la soixantaine, il fut d’une précieuse aide au moment de programmer nos randos… et il le fit toujours avec plaisir et avec le sourire.

Mais aussi le petit resto Anisha, presque en face de la Guest House, tenu par « my friend » lui aussi ancien guide reconverti dans la restauration. Sa cuisine est de qualité, ses prix sont abordables, l’ambiance de son établissement est roots et lui-même ainsi que son épouse sont de bons vivants, tout ce qu’il y a de plus agréable!

À Gorkha, le timing et le climat semblèrent s’acharner une fois de plus sur nous. Nous arrivâmes le lundi à 15h au terme de 3-4 heures de trajet plutôt tranquille. Le musée de la ville, principale attraction de cette cité autrefois la plus puissante du royaume du Népal, ferme le lundi à… 14h30 pour ne rouvrir que le mercredi matin! Qu’à cela ne tienne, nous prendrons notre mal en patience en déambulant dans les rues fortement inclinées de la ville. C’était sans compter sur le soleil de plomb… puis sur le brouillard, le lendemain matin, lorsque nous entreprîmes « l’ascension » de l’escalier menant à l’ancien palais de Gorkha surplombant la ville. 45 minutes au cours desquelles il nous fut impossible de profiter du paysage tant la brume était épaisse.

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Tant pis, nous aurons toutefois pu apprécier la gentillesse des gens et en apprendre davantage sur l’histoire de cette petite ville. Car Gorkha est chargée d’histoire! Il y a près de 300 ans en effet, le pays était divisé en 50 petits États. Gorkha était l’un d’eux. C’est à cette époque que le roi de Gorkha, Prithivi Narayan Shah, réussit à unifier les 50 États pour ne former qu’un seul et unique royaume : Le Royaume du Népal. Il est à noter que la dynastie Shah règne encore de nos jours, de façon toute symbolique, au Népal.

Autre fait historique faisant la fierté de Gorkha : les guerriers de cette ville! Connus comme les Gurkhas, ces guerriers sont reconnus à travers le monde pour leur courage, leur discipline, leur couteau caractéristique (le Kukhuri ou Kukri)… et leurs résultats! Chaque année, près de 300 Gurkhas sont enrôlés dans l’Armée Britannique et dans la Police de Singapour. Ces guerriers ont également combattu au cours des deux guerres mondiales, de la guerre du Golfe etc…

Le voyage se poursuit. Prochaine étape : Bhaktapur, ville située à 13km à l’Est de Katmandou. Cette citée fondée au 12è siècle, dont le cœur historique est classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 79, a également été fortement éprouvée par le séisme de 2015. Bien que la majeure partie des édifices soit restée debout, les lézardes sont légions et les chantiers de reconstruction fort nombreux. Mais tout ceci n’enlève pas le charme certain de cette ville qui, bien qu’elle soit extrêmement touristique, demeure joviale et accueillante. Comme ses habitants!

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Après 3 jours passés à Bhaktapur (dans la très recommandée et abordable Khwopa Guest House : http://khwopa-guesthouse.com.np/) , coup de tonnerre!! ;.) Matt et Anne, avec qui nous avons passé les 10 derniers jours à visiter, crapahuter, manger (et pas qu’un peu) et faire l’apéro… partent voler de leurs propres ailes pour quelques jours. Nous les reverrons bien entendu, et il vaut mieux pour eux ;.) à Katmandou avant leur départ pour l’Iran!

Mais comme l’Univers ne semble pas vouloir nous laisser voyager seul… Il nous a mis, ou plutôt remis, Nuria sur notre route! Nuria, c’est notre copine catalane rencontrée à Zanzibar quelques mois plus tôt. Un vrai plaisir de la revoir la Nuria. Elle et ses comparses de voyages: Silvia, Juan Jo, Montserrat et Juan, viennent d’arriver au Népal et ont un itinéraire bien établi. Coup de chance on partage le même au cours des deux prochains jours. C’est donc tous les 7 que nous prenons de la hauteur pour arriver à Nagarkot, à seulement 20km de là. Pourquoi Nagarkot? Car c’est l’un des principaux point de vue de l’Everest à proximité de la capitale. Nous ne pouvions en effet partir du Népal sans avoir admiré le plus haut sommet du monde!

Mais puisque la guigne semble nous poursuivre, là encore, pas le moindre sommet à l’horizon. La faute une fois de plus à une météo capricieuse. Tant pis, nous aurons passé une excellente après-midi et une excellente soirée chez Dhurba, notre hôte d’un soir. Dhurba est un ancien guide à qui on a malheureusement dû amputer une jambe suite à une expédition dans l’Himalaya. Mais loin d’être abattu, il s’est largement investi dans le développement social et éducatif de son village, et accueille de nombreux volontaires internationaux dans sa maison, transformée pour l’occasion en HomeStay. Je vous invite vivement à aller chez lui. Non seulement pour lui, mais également pour la vue splendide de sa maison sur la vallée et l’Himalaya (enfin… quand il n’y a pas de nuages…) et enfin pour le prix! (500 roupies, soit 4,50 euro la nuit. Soit moitié moins que le moins cher des hôtels environnants). Pour contacter Dhurba, deux solutions: Facebook: https://www.facebook.com/dhurbakb ou par téléphone: 984-148-8096. Petite anecdote intéressante concernant Dhurba, il y a quelques années, il s’est fait tatouer FREE TIBET sur le bras gauche… Ce qui lui valut 10 jours de prison à Lumbini (Le petit Népal a sans doute eu peur d’énerver la grande Chine voisine)! Il du donc effacer le tatouage en question. Il n’en fut rien. Il le transforma ironiquement, remplaçant TIBET par un dessin de Ganesh (voir photo)!

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Après avoir tenté à nouveau notre chance de voir l’Everest au petit matin, sans plus de succès, et après avoir partagé un bon petit déj (avec fromage Manchego et jambon cru espagnol s’il vous plait!) avec nos amis ibériques, nous nous séparons! Un gros bisou, et un au revoir, sans doute plus vite que l’on ne le croit ;.)… et nous voilà en route pour notre dernière destination avant le départ: Boudhanath ou Bodnath, lieu sacré du bouddhisme se situant dans la banlieue de Katmandou.

Le stupa de Bodnath, l’un des plus grands du Népal a été construit selon les historiens au 14ème siècle de notre calendrier. Selon les légendes locales, il aurait été bâti il y a plus de 2000 ans puis restauré dans les années 1300… Je vous invite toutefois à consulter le lien Wiki suivant pour en savoir plus sur la version « officielle ». Pour ma part, je ne vous partagerai que quelques photos! Vous noterez là encore notre malchance ;.) Après les nuages, ce sont les échafaudages qui nous gâchent la vue! Mais tant pis, nous avons tout de même apprécié!p1160874 p1160878 p1160882 p1160891 p1160897

Et voilà! Notre périple népalais touche à sa fin. Plus que quelques jours à Katmandou pour réaliser les quelques emplettes manquantes, faire les papiers nécessaires à la poursuite du voyage, visiter les derniers recoins de la ville encore inconnus (notamment la fameuse Freak Street qui accueillit des milliers de hippies européens et américains dans les années 60 et 70 en raison de son commerce légal de drogues dures) et abattre une importante masse de travail. Car ça aussi ça fait partie de notre voyage! Ah, petite recommandation pour les adeptes de « bols chantants himalayens »: la boutique de Ronish! Un jeune passionné qui n’a pas hésité à prendre 30 minutes de son temps pour nous faire quelques séances gratuites de relaxation et méditation à l’aide de son produit gagne-pain. Pour contacter Ronish, vous pouvez soit l’ajouter à Facebook, soit lui envoyer un mél: ronishtm777@gmail.com … Et puis tant qu’on en est aux recommandations à Katmandou: le restaurant de l’hôtel Potala, en plein coeur de Thamel est magique! Un super service, une bouffe incroyable et des prix tout à fait corrects! Et pour dormir, le Thamel White Lotus Guest House vous offrira une chambre avec le strict minimum, en plein coeur de Thamel et au meilleur prix (700 roupies après d’âpres négociations).

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Alors au terme d’un périple d’un mois, le Népal, c’est comment? Et bien nous avons vraiment « kiffé ». Un dépaysement salutaire après notre aventure indienne. Loin des clichés proposés par National Geographic, Arte ou autres médias (trekks de plusieurs jours/semaines dans l’Himalaya, Sherpas, Yaks etc…), nous avons vécu une expérience particulièrement enrichissante. Nous sommes allés à la rencontre d’une population souriante et véritablement gentille. Bien sûr quelque fois intéressée par les roupies remplissant nos poches, mais de manière générale sincère et toujours prête à aider ou à prêter main forte. Un comble dans ce pays relativement pauvre qui a tellement souffert au cours des dernières années (notamment en 2015 avec les séisme). Un comble? Pas tant que ça finalement. L’éducation semble être au cœur de toutes les attentions. Que ce soit l’éducation parentale (tous les enfants nous saluaient en joignant leurs mains, en souriant et en s’écriant: Namaste!), scolaire (les élèves paraissent assidus et les professeurs, du moins ceux que nous avons rencontrés, semblaient être fort compétents), mais également spirituelle (la philosophie bouddhiste très présente au Népal inculque des valeurs de partage, de respect et d’ouverture d’esprit qui paraissent fortement encrées dans le quotidien des locaux). Ah et même l’éducation technologique!!! Le seul site internet qui est offert de manière illimitée par le premier opérateur mobile du pays n’est autre que…. Wikipédia!

Alors oui, on a eu un temps de chien pendant ce mois népalais. Mais qu’est qu’on a kiffé!

 

L’Inde, loin de tous les préconçus…

Avant d’atterrir à Mumbai (anciennement Bombay), nous étions quelque peu dans l’expectative. Nous nous attentions à tout… et à rien sur les 30 jours à venir. Il faut dire qu’au fil des semaines nous en avons entendu des histoires sur ce pays. Tantôt magiques. Tantôt misérables. Tantôt extraordinaires et tantôt épouvantables. Aux dires des voyageurs rencontrés, il semblerait que l’Inde soit vouée à être adulée ou détestée.

Nos premiers contacts, tant au sortir de l’aéroport qu’à l’arrivée à l’auberge de jeunesse ne furent pas des plus chaleureux ni des plus souriants. Mais pas de quoi nous effrayer.

Dès nos premières heures nous fîmes la connaissance de Julien et d’Ishmeet. Le premier, français parcourant le monde en vue de produire un documentaire dédié à la place des femmes dans l’espace public. La seconde, une jeune indienne, dentiste de profession  fortement engagée dans la lutte pour le droit des femmes et des LGBT en Inde.

Ensemble nous sillonnerons Mumbaï deux jours durant. En trains surpeuplés. En Taxis. En Ola. En Uber et en Autos (TukTuk). Au menu, visite de la principale mosquée de la ville, du principal temple hindou ainsi que la participation à une « messe » dominicale dans un temple sikh. Mais également grimpette aux caves bouddhistes de Kanheri situées dans un parc national aux abords de la ville. Celles-ci ont été creusées et décorées il y a plus de 2000 ans… et sont malheureusement désormais en libre accès. Et nombreux étaient les locaux à ne donner que peu d’importance à l’histoire en ce dimanche.

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Ah et bien sûr, pour épancher notre soif, nous eûmes droit à deux brasseries locales. En toute honnêteté, rien d’exceptionnel, mais dans un pays où il semble n’y avoir qu’une seule marque de bière commerciale (King Fisher. Et pour cause, une majeure partie de la population de boit pas d’alcool), nous ne pouvons que saluer cette initiative locale!

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Après avoir dit au revoir à Julien qui partait pour d’autres reportage ainsi qu’à Ishmeet qui reprenait le boulot en pleine fête nationale (le 15 août est le jour de l’indépendance), nous partîmes à la découverte du vieux Mumbay, avec ses bâtiments majestueux mêlant différents styles architecturaux! Du grand. Du beau. En compagnie de James, un anglais partageant notre dortoir, nous passâmes près d’une journée à déambuler dans les rues de ce quartier. Certaines surpeuplées (fête nationale oblige) d’autres bien esseulées où seuls quelques joueurs de cricket se lançaient la balle entre les taxis.

Ça y’est, le temps est venu pour nous de dire ciao à Mumbai. Une ville qui nous faisait peur. Une ville dont nous nous rappellerons désormais avec nostalgie tant elle a su nous séduire grâce à ses charmes culturels et son effervescence sociale! Après un dernier café en soirée avec Zach et compagnie (un groupe d’étudiants internationaux venus passer un an à l’université de Pune), nous prîmes la direction de la gare de bus pour embarquer direction Goa!

Après une looooonnnnnggguuuue nuit dans le bus nous arrivons à destination vers 11h. Pourquoi si longue? Et bien parce qu’en pénétrant dans le bus et en voyant des compartiments avec des lits, la clim, la tv et tout le tsin tsouin nous avons en effet piaffé d’impatience et avons grimpé comme deux lémurs endiablés dans notre chambre, prêts à partir pour une bonne nuit de sommeil! Mais ça c’était sans compter le lit trop petit, la clim qui nous crachait de l’air moisi en plein dans le museau et surtout la route qui semblait n’être faite que de nids de poules et de dos d’âne. Résultat, tu restes tendu toute la nuit pour ne pas tomber, tu sors de là avec la crève et des fourmis dans les jambes… Pourtant qu’elle était belle cette petite cabine! (Tellement belle qu’on décidera malgré tout de retenter l’aventure… pour notre plus grand plaisir).

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Bon ça y’est. Nous sommes à Goa. Mais ce qu’on ne nous avait pas dit c’est que Goa,  c’est pas une ville. Mais une région! Et pas si petite. Tant mieux, ça ne nous donnera que plus de choses à voir! Premier objectif, Varca à quelques 30 minutes de transport public de Margao, là où nous avait laissé le bus. Nous prenons nos aises dans notre piole réservée via AirBnB… et…black out total pendant 4h. Une sieste salutaire. Au réveil, on trouve un bon petit bouiboui pour s’enfiler un excellent Biryani ainsi qu’un Thali et on en profite pour louer un scooter pour les deux prochains jours… car il y en a du pays à visiter!

Et en effet, nous passerons les deux journées suivantes à sillonner le Sud Goa en scoot. De Margao à Palolem en passant par la plage cachée de Kola, un temple hindou perché sur une colline où seuls jouaient quelques singes ou bien encore le vieux fort portugais de Cabo da Rama. Et l’héritage portugais, parlons-en justement. Dans toute cette région, la présence architecturale portugaise est omniprésente. À travers les 23395374 églises (j’exagère quelque peu) qui jalonnèrent notre parcours mais également par les nombreuses bâtisses coloniales imposantes et somptueuses aux façades colorées défraîchies. La présence portugaise qui dura près de 450 ans se trahit également par les noms de quelques rues ou de certains villages (qui pour la plupart possèdent également une orthographe indienne). Les noms de famille de certains locaux laissent également deviner les racines latines de la région (Ramires, Da Costa, Fernandes…). Mais ici s’arrête l’influence portugaise. Plus personne ne parle la langue. La gastronomie proposée semble ignorer l’héritage lusophone (ah pardon, il subsiste quelques producteurs de vin qui commercialisent un breuvage tout à fait décent). Rien, plus rien dans la vie de tous les jours ne rappelle que pendant près d’un demi millénaire, cette région était l’une des plus prospères de l’empire portugais. Hormis peut-être la religion, mais là encore, l’inquisition portugaise fut telle, que les catholiques du coin semblent avoir adopté une sorte de catholicisme hybride acceptant quelques spécificités de la culture hindou.

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Il est également important de noter qu’ici, l’ambiance est beaucoup plus tranquille pour les femmes. Hommes et femmes se côtoient et s’interpellent sans soucis. Pas de files d’attente pour tel ou tel sexe. Les jeunes sont en short et il est possible d’acheter du vin ou de la bière sans trop batailler. Pour certains cette attitude décomplexée viendrait de l’influence latine. Pour d’autres l’environnement « vacancier » en serait la raison. Toujours est-il qu’on s’y est plu dans cette région!

Même constat les trois jours suivants, plus au Nord, à Panjim (Panaji) puis à Old Goa où subsistent encore de nombreux édifices religieux dont certains datant des années 1500!

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Mais le temps passe, et notre eVisa ne nous offrant qu’un temps limité sur le territoire, nous devons nous activer et poursuivre notre périple. Prochaine étape : Fort Kochi dans l’état du Kerala, à une nuit de train couchette au sud.

Autant Goa attire en cette époque de l’année un tourisme principalement indien, autant Fort Kochi fait la part belle aux étrangers. On n’aime pas trop ça mais bon tant pis. Après tout, qu’on le veuille ou non, nous sommes des touristes…

Fort Kochi, à la différence de Goa a une histoire partagée entre les portugais, les hollandais et les anglais, sans pour autant renier ses racines hindoues. Les juifs ont également joué un rôle important dans le développement de cette ville où la plus ancienne synagogue du pays a d’ailleurs été construite et où existe toujours un « Jew Town » ainsi qu’un cimetière juif.

Cette diversité culturelle a donné à cette ville de bord de mer un charme tout particulier. Un charme que nous avons apprécié en flânant ci-et-là, sous une chaleur humide relativement intense. Le long de la plage où sont perchés les « filets chinois », à travers les rues du marché aux épices, dans les pièces du musée hollandais transformé en musée ou encore dans la salle de théâtre pour assister à une représentation « très touristique » de Kathakali, l’art théâtral de l’état du Kerala. Ah et comment oublier notre ciné boolywood ! Dans un cinéma vétuste à 20 roupies l’entrée (30 centimes)  où tournaient en permanence une bonne vingtaine de ventilos, nous avons assisté à un véritable spectacle ! Nous ne comprenions rien au film qui était en malayalam (langue du Kerala) mais voir les spectateurs rire aux éclats, applaudir voire même se lever et siffler… c’était ça le spectacle ! Le film qui parlait de fantômes devait toutefois en valoir la peine puisque, les nerfs à vifs, certains spectateurs se sont laissés allés à fumer quelques splifs !

Là encore nous nous y plaisions à Fort Kochi. Mais cette fois, ce n’est pas vraiment le temps qui nous a poussé à partir vers notre prochaine destination, mais plutôt le côté mercantile de la ville. La nourriture y est beaucoup plus chère qu’ailleurs. Les commerçants qui t’attendent dans la rue te parlent en 75 langues différentes pour te vendre ZE bibelot ou ZE saree, et les chauffeurs d’Autorickshaw (tuk-tuk) te proposent des tours gratuits de la ville si tu acceptes de visiter quelques boutiques. Il semblerait que même si tu n’achètes rien ils reçoivent une commission. Tantôt en liquide tantôt en essence. Bref, si agréable que soit Kochi, nous nous devions de changer d’air. Direction Pondichéry, à une nuit de bus à l’Est.

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Alors attention, autant dire que cette nuit de bus était 5 étoiles. Rien à voir avec la première! Le compartiment était un poil plus long, la clim était diffuse et agréable et surtout nous ne dormions pas à même le cuir mais sur un petit drap tout propre ;.). Mais disons le franchement, la route n’était pas aussi dégueulasse et le chauffeur pas aussi sauvage que lors de notre première expérience! Bref, une nuit presque inoubliable ;.)

Nous arrivons à 5h du mat’ à Pondichéry (ou Pondicherry ou Puducherry). La ville commence déjà à s’animer. Après quelques négociations avec un autorickshaw (qui passa tout de même de 450 à 100 roupies), nous prenons la route vers Ram Guest House, dans le quartier français. Avant d’arriver à destination, nous faisons une halte café afin de ne pas se pointer chez notre hôte à une heure indécente. On attaque la file d’attente, et là, soudainement, le vieux monsieur un peu joufflu qui était devant nous commence à s’exprimer en français. Ah, pour info, Pondichéry était l’un des 5 comptoirs français de l’Inde, et de loin le plus important. Comptoir rendu en 1952 sans effusions de sang et après d’âpres négociations pour offrir aux pondichériens quelques avantages non négligeables une fois intégrés au giron indien, du moins c’est ce que nous racontera plus tard Kanen, notre hôte. Pour plus d’infos à ce sujet : Super Wiki!!!

Kanen justement, nous le retrouvons après avoir fait nos adieux à Boubou, notre « collègue de café ». Boubou nous raconta qu’il naquit à Pondichéry mais vécu la plus grande partie de sa vie en France. Il coule désormais une retraite heureuse sur la terre de son enfance.

Après avoir pris nos aises (traduisez : jeter nos affaires et tout déballer en vrac) nous rejoignîmes Kanen. Kanen est fils de pondichériens tamouls (ethnie présente dans tout le Sud de l’Inde ainsi qu’au Sri Lanka). Lorsque la France s’est retirée du comptoir, elle a offert aux pondichériens la possibilité de choisir entre la nationalité française ou l’indienne. Ses grands-parents ont choisi la nationalité française (la majorité des locaux opta pour l’indienne). Son père s’engagea dans l’armée de l’air française et lui intégra quelques années plus tard l’industrie aéronautique. Il décida toutefois de venir s’installer à Pondichéry pour reprendre les affaires familiales. Et tant mieux! Cela nous permettra de faire sa connaissance ainsi que celle de toute sa famille!

Mais pour commencer, visite de la ville! Sur ses conseils, nous sillonnerons de long en large le cœur historique de Pondichéry : Temple Manakular Vinayagar qui vénère le Dieu hindou Ganesh, le fameux éléphant bleu (un véritable éléphant maquillé et portant des bijoux reçoit les offrandes des croyants à l’entrée du temple et les bénits avec la trompe. S’il s’agit d’herbes ou de fruits, il les mange. Si c’est de l’argent il le lance derrière lui pour son « accompagnant ». Pauvre animal), le Bharathi park, la Basilique du Sacré Cœur, l’Ashram de la Mère et de Sri Aurobindo, les rues Romain Rolland et Dumas où se trouvent les plus belles bâtisses de style colonial, la Promenade, le Café (établissement ouvert 24/24 et offrant du café de qualité dans une maison coloniale située sur la plage) etc… Nous ne manquerons pas non plus les attractions commerciales de la ville, notamment le Grand Bazar où la boutique Arul propose des étoffes colorées de la meilleure qualité et à des prix défiants toute concurrence.

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Nous rentrons à la tombée de la nuit vers l’auberge. Kanen qui se trouvait dans les parages nous propose de le suivre à quelques pâtés de maison où se déroule une fête en l’honneur d’un Dieu hindou (n’allez pas me demander le nom…) censé partir en balade une fois par an à travers la ville. De la musique traditionnelle (avec notamment la flûte/trompette utilisée par les dresseurs de serpent), des danseuses en furie, un char multicolore tiré à travers les rues… ainsi qu’une pinata à tous les 100m. Mais attention, à la différence des pinatas mexicaines, celle-ci ajoute un peu de difficulté au « batteur ». 4 comparses lui versent en effet à un rythme effréné des seaux d’eau en pleine poire! Le pauvre. Il lui faudra 20 minutes de lutte acharnée pour venir à bout de la malheureuse pinata. Il est passé à deux doigts de la noyade le bougre! Et pendant ce temps-là, la fête continue à arpenter les rues et ce, jusqu’au petit matin! Et nous, étant les seuls touristes, forcément nous sommes partis… trempés jusqu’aux os! Mais qu’est-ce qu’on s’est amusé. Les gens étaient une fois de plus super ouverts avec nous. Souriants, sympathiques et il faut l’avouer, un peu taquin au moment de lancer le seau d’eau ;.).

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Et comme si ça ne suffisait pas, Kanen nous invita, après une douche bien méritée, à rejoindre sa famille qui célébrait l’anniversaire d’Amou, sa femme.

Ce vendredi 26 août se termina de la plus belle des manières. En croquant un gâteau au chocolat ;.)

Il nous reste encore quatre jours pour profiter de Pondi et de ses environs (le seul train direct pour Agra partant le mercredi à 9h… et arrivant le jeudi à 23h30!!!). Nous passerons en revue les étoffes d’Aroul et de Velu, les deux plus belles étales du marché Goubert. Nous arpenterons les rues Gandhi et Mission lors du très couru Sunday Market, nous arrangerons l’envoi de cartes postales ainsi que d’un gros « colis souvenir » (il semblerait que Pondi soit l’unique ville indienne à partir de laquelle on puisse envoyer un paquet vers l’extérieur sans trop de soucis. « Diaspora » installée en France oblige). Nous visiterons un petit village à quelques dizaines de km de la ville, encore et toujours grâce à la gentillesse de Kanen (on y rencontrera des gens fort sympathiques, pour la plupart producteurs laitier. Je me suis bu une bonne rasade de lait cru tout droit sorti des mamelles de ces magnifiques bovins aux cornes peintes de toutes les couleurs). Nous ferons la connaissance de nouveaux franco-pondichériens autour d’une (ou plutôt plusieurs) KingFisher. Et enfin, nous nous rendrons à Auroville, à 8km de Pondi.

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Alors Auroville c’est quoi?

Auroville, c’est une communauté spirituelle fondée en 1968 par La Mère, Mirra Alfassa de son nom de naissance. Cette française est considérée, à l’instar de son partenaire spirituel Sri Aurobindo, comme une véritable icône dans la région. Leur tombeau, se trouvant dans l’Ashram de Pondichéry, est quotidiennement visité par des centaines voire des milliers de touristes venus du monde entier.

Mais revenons à Auroville. Composée de plus de 2000 personnes issues de 43 pays différents (dont 900 indiens), cette communauté s’étend sur plus de 4900 acres et offre un cadre de vie essentiellement basé sur la spiritualité : depuis l’école jusqu’au fameux Matrimandir (grande boule dorée où les gens viennent méditer). On y trouve également quelques petits restos (végétariens bien évidemment), des cafés, des quartiers résidentiels constitués de maisons écologiques et construites selon un principe d’autosuffisance (nous avons toutefois quadrillé la zone en moto afin d’en visiter un… sans succès!)… et bien d’autres choses qui cadrent parfaitement avec l’idée préconçue de communauté yogi!

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Bref, bien que l’initiative propose une alternative de vie intéressante et structurée aux personnes en mal de spiritualité, il n’en demeure pas moins que ces derniers s’échappent d’un système… pour entrer dans un autre tout aussi imparfait. Témoignages à l’appui!

Ah et pour l’anecdote, La Mère est également citée dans un passage du second ou troisième tome de la trilogie des Fourmis, de Bernard Weber. Il y fait mention que cette dernière ne serait pas morte d’une mort tout à fait naturelle. Son entourage aurait accéléré le processus en la cloîtrant dans sa chambre afin de faire d’elle une divinité dans les plus brefs délais. Version bien évidemment démentie par les membres de la communauté… Quant à la vérité… elle court toujours!

Comment ai-je pu oublier de parler de notre mode de locomotion en ce mardi 30 août? Je me suis fait plaisir! J’ai enfin loué la mythique Royal Enfield pour barouder toute la journée! Avec Astrid, nous avons enfourché la belle et fougueuse Bullet 500 pour nous rendre à Auroville. Avant même d’y arriver… bouuuuuffff tout s’arrête. Problème électrique sans doute. Et dès lors, avarie sur avarie. Le moteur ne tourne pas à plein régime. La pauvre bécane ne fait que brouter, et, pour couronner le tout, nous rentrons sous des trombes d’eau (encore et toujours la mousson).

Il va sans dire que j’ai su montrer mon mécontentement au loueur de moto. Celui-ci ne me croyant pas le moins du monde essaya la moto. Et à, ô Karma (c’est de circonstance), elle s’éteint. Et demeure inconsciente. Je récupère donc une grosse partie de mon dépôt et retourne, tout trempé, à l’hôtel. Car ce soir, Kanen, Ammou et toute la famille nous attendent pour notre dernier dîner. Un bon repas végétarien avec moult dosas, chiapatis, sauces… ponctué par une bonne glace butter scotch!

Et voilà, il est temps pour nous de quitter Pondichéry et la famille de Kanen. Car pour nous, ces deux là sont désormais indissociables. Nous aurons passé une excellente semaine en leur compagnie et espérons de tout cœur pouvoir partager à nouveau quelques repas ou quelques bières en leur compagnie, où que ce soit sur cette petite planète! En attendant, nous ne pouvons que recommander celles et ceux qui pensent à visiter Pondichéry de vous arrêter chez RAM GUEST HOUSE (No: 546, Mahatma Gandhi Road, Puducherry, téléphone: 0413 222 0072).  Vous en serez plus que satisfaits!

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Mercredi 31 août, 9h00. Kanen nous a accompagnés à la gare pour un dernier au revoir. Nous embarquons 5 minutes plus tard pour Agra, à quelques 35 heures de là où nous attend le merveilleux Taj Mahal. 35 heures, ça peut paraître long. Mais 35 heures en seconde classe sans A/C, ça se passe plutôt rapidement! Les gens sont en effet d’une amabilité déconcertante. Étant les seuls touristes du wagon et sans doute de cette classe, on a eu droit à plusieurs causettes, dont la plupart, on ne se mentira pas, totalement incompréhensibles! Tant pis, c’est rigolo! Je parlais en français, lui en indi et à la fin on rigolait! Tel autre nous offrait un thé masala, tel autre des bonbons aux épices etc… bref, un voyage très agréable que nous recommandons vivement à tous les touristes pas pressés!

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Bon ça y’est, on est arrivé!

Arrivés oui, mais à 23h45. Donc pas le temps de trainasser. Il nous faut rapidement trouver un hôtel. Car bien évidemment, nous n’avons rien réservé! Donc au premier tuk tuk venu, nous nous aventurons à demander le prix pour nous emmener à quelques encablures de l’une des portes d’accès au Taj Mahal afin d’être aux premières loges aux aurores dès le lendemain.

Il nous dit qu’il n’y a pas de soucis, que ça coûtera 140 roupies (prix vérifiés par le guichet prépayé) et qu’il connaît un petit hôtel à 500 roupies la nuit à 1 minute de marche de la West Gate! On s’écrie : Génial!!! Puis il rajoute… malheureusement le Taj Mahal est fermé chaque vendredi (l’équivalent du dimanche pour les musulmans), il vous faudra donc attendre jusqu’à samedi… et là on s’écrie : et merde!!!

Tant pis, Saber nous explique tout au long du chemin qu’il y a plein de choses à visiter dans la ville. Agra Fort, Baby Taj, Mehtab Bagh etc… et que, moyennant 600 roupies il se ferait plaisir de nous y emmener le lendemain.

C’est ce que nous ferons! En effet ces quelques lieux offrent un panorama magnifique, proposent une architecture Moghol typique et sont imprégnés d’histoire. Une très belle journée, bien loin des commentaires pourtant si négatifs que nous avions entendu jusqu’à présent concernant Agra.

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Petite bière en soirée sur le toit de l’hôtel avec le coucher de soleil sur le Taj Mahal. Une bonne nuit de sommeil, et cette fois-ci, nous sommes fins prêts à nous présenter à 5h45 à l’entrée du palais pour profiter de l’expérience au maximum sans être importunés par une nuée de touriste! Et c’est en effet ce qu’il se passa. (ah, pour info, les sacs sont interdits. Il vous faudra les laisser à l’hôtel… au risque de devoir vous taper un aller-retour express à l’aube ;.)). Nous fîmes la connaissance d’Anne et de Matthieu, deux strasbourgeois en trip en Asie depuis 8 mois, avec qui nous partagerons la visite. Et il faut le reconnaître, la visite vaut le coup! Certes elle coûte désormais 1000 roupies par étranger, mais l’œuvre, tout bonnement impressionnante, en vaut clairement la chandelle.

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Voilà, il ne nous reste qu’à profiter tranquillement de nos dernières heures à Agra avant de prendre le train pour Varanasi (également appelée Bénarès), à l’Est.

 

Vârânasî. Nous y sommes. En plein cœur de la vieille ville. Après avoir cheminé tant bien que mal avec notre bardas dans le dédale de rues étroites où se côtoient des milliers de personnes, des centaines de vaches, quelques chiens, autant de chèvres et surtout un nombre incalculable de 2 roues aux klaxons bien affûtés… nous arrivons enfin à notre auberge, Sankhata Guest House.

Un petit thali bien mérité plus tard, nous nous décidons à visiter la ville. Et quelle ville!! La principale ville sainte de l’hindouisme (ville du dieu Shiva) et de surcroît l’une des plus vieilles agglomérations habitées au monde! Les premiers écrits attestant de son existence remontent en effet à plus de 5000 ans!

Les hindous de toute l’Inde, et même du Népal viennent y mourir afin de mettre un terme au cycle des réincarnations et ainsi atteindre le nirvana. Pour nous expliquer tout le processus et nous faire découvrir les richesses cachées de la vieille ville, nous « embauchons » Martin. Martin, c’est un local s’exprimant dans un français impeccable, ayant déjà vécu en France et dont tous les habitants nous ont parlés. Les commentaires internet sont également assez élogieux à son égard. Et en effet ses explications historiques et spirituelles ajoutées à sa connaissance des moindres recoins de la vieille ville nous auront permis d’apprécier au mieux les lieux.

Petit bémol néanmoins, les crues du Gange étant encore à un niveau assez élevé (15m!!) à cause des moussons, il nous sera impossible de visiter les Ghats, ces escaliers qui descendent jusqu’aux berges du fleuve sacré. Il y en a 84 à Vârânasî. Mais à toute bonne chose malheur est bon. Du fait de ces aléas climatiques, les touristes ne sont pas légions. Les rues sont donc plus tranquilles et les prix plus facilement négociables.

Mais revenons à ce qui fait véritablement le « charme » de Vârânasî : Ses morts! Bien que cela puisse paraître morbide, il n’en est rien ici. Les larmes sont d’ailleurs proscrites, au risque de voir l’âme du défunt ne pas atteindre le nirvana.  Martin nous expliqua, en arrivant au Grand Burning Ghat (qui avait été remonté pour l’occasion) que plus de 400 corps étaient brûlés quotidiennement en ce lieu. Le « processus », si mes souvenirs sont exacts, se déroule ainsi. Les proches du défunt, qui sont uniquement des hommes (les femmes étant interdites à cause d’une histoire s’étant déroulée il y a près de deux siècles. Une femme aurait sauté dans le bûcher pour accompagner son mari au nirvana…. Mouais… j’y crois pas trop trop mais bon) portent un brancard en bambou où repose le corps qui est vêtu différemment selon l’âge et le sexe de la personne décédé. Tout cela se fait au son des mantras récités à tue-tête « Ram Nam Satya hei », parfois accompagnés de musiciens, à travers les ruelles descendant vers le Gange. Une fois arrivés à proximité du bûcher, ils doivent acheter les 300 kg de bois nécessaires à la crémation. Selon les moyens de la famille, les types de bois varient. Certains, comme le bois de sentelle coûtent une véritable fortune. Le corps est ensuite baigné dans le Gange, puis séché. Pendant ce temps-là, le fil aîné, ou à défaut le mari ou le frère, ou l’oncle… (jamais une femme, sauf en ultime recours. Extrêmement rare cela va sans dire…), s’habille de blanc et se rase la tête. Le corps (sans le brancard en bambou qui ne brûle pas) est ensuite mis sur le bûchet où brûlent déjà près d’une dizaines d’autres corps. À partir de là et ce jusqu’à ce que les cendres soient jetées dans le Gange, ce sont les intouchables qui prennent le relais. Cette caste, si injustement traitée de partout en Inde, semble jouir ici d’un statut différent. Par exemple, le chef des intouchables est le responsable du « feu sacré ». Ce feu sacré brûle à Vârânasî depuis plus de 5000 ans et sert à « allumer » chacun des corps disposés sur le bûchet. Il fend également le crâne du défunt à l’aide d’une hachette, non pas pour libérer son âme tel qu’il est souvent dit par erreur, mais pour éviter que sous l’effet de la chaleur le crâne n’explose. Une fois la crémation terminée, ce qui prend tout de même 3 heures, les cendres et restes de corps pas totalement calcinés sont jetés dans le fleuve sacré. Les intouchables sont ensuite autorisés à récupérer les bijoux qui reposent dans les cendres.. Les intouchables de Vârânasî ont ainsi la réputation d’être particulièrement riches.

Il est important de noter qu’en période de crues, tous les corps, quelle que soit la richesse de leur famille ou leur caste sont brûlés sur le même bûchet, les espaces dédiés à la crémation manquants. Le reste du temps, une distinction est néanmoins faite.

Autre chose d’importance dont nous a fait part Martin. 5 catégories de « morts » sont directement jetées dans le Gange, sans passer par la crémation, car considérés comme purs. Il s’agit des enfants de moins de 10 ans, des femmes enceintes, des sâdhus (les prêtres hindous vêtus d’orange ayant dédié leur vie à la méditation), des personnes mortes suites à une morsure de serpent (animal de Shiva) ainsi que des lépreux. Ces derniers sont donc lestés de pierres puis jetés au centre du Gange.

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Voilà, après cette visite émotionnellement intense, le passage au temple népalais (construit au 16è siècle pour que le roi hindou du Népal vienne y finir ses jours), ou encore la découverte du « semble-t-il » temple où aurait séjourné Shiva il y a plus de 5000 ans peuvent paraître anodins. Ils n’en demeuraient pas moins inintéressants.

Pour finir la soirée en beauté, un bon lassi à la grenade… et hop, au pieu!

Le lendemain, dès les premières lueurs du soleil, nous arpenterons à nouveau, juste tous les deux, les ruelles particulièrement étroites de la ville pour y faire des rencontres, principalement animales et architecturales, impromptues! Les relations humaines étant malheureusement biaisées dans cette ville où, à cause du tourisme de masse, le blanc est une nouvelle fois considéré comme un petit porte-monnaie sur pattes. Dommage, on aurait pu penser que dans une ville si spirituelle, l’aspect matériel n’aurait que peu d’importance. Il n’en est rien. Tant pis.

Le 6 au matin, nous nous rendons à la gare pour prendre le train direction Amritsar, à l’extrême ouest du pays, à la frontière avec le Pakistan. Un trajet de 24h nous attend. Le train a malheureusement 7 heures de retard. Et autant vous dire que 7h à attendre sur le quai avec à chaque seconde un homme qui s’arrête et scrute de manière plus qu’insistante Astrid… c’est toute une expérience. On début, on s’en amuse, on le regarde, il tourne les yeux, puis continue son cinéma, et ce, à seulement 2m de nous. Il en vient un autre, puis un autre. Les regards ne sont malheureusement pas toujours teintés de curiosité. Certains sont carrément dégueulasses. Pourtant Astrid, prévenue de l’attitude peu délicate de la majeure partie des hommes du nord de l’Inde était habillée de manière tout à fait décente. Malgré cela, rien n’y fait. L’amusement passe et laisse place à l’énervement. Nous voulons bien faire preuve d’ouverture d’esprit et tenter d’appréhender au mieux la culture locale… on arrive bien vite à se fatiguer. L’un d’entre eux, particulièrement insistant s’est même assis en face de nous. Je commence à m’énerver, et là, une vingtaine de personnes arrivent. Non pas pour calmer le jeu. Juste pour assister au spectacle et prendre des vidéos. Astrid me dit de me calmer et de demander tout simplement aux policiers passant par-là de mener au loin cet énergumène.  Mais il semblerait que les policiers n’en aient strictement rien à foutre. La seule solution pour ne pas exploser, c’est triste, mais c’est de s’en aller. Bien que ce sentiment de dégoût fût particulièrement prononcé ce matin-là, Astrid m’avoua qu’elle l’avait très fréquemment ressenti depuis notre arrivée dans le Nord, à Agra.

C’est d’ailleurs une question que nous nous sommes posée à plusieurs reprises. Comment la culture hindoue, pourtant à l’origine du kamasutra ou encore du yoga tantrique peut-être si fermée au point de ne pas pouvoir embrasser sa femme dans la rue? Comment une culture si spirituelle peut-elle générer autant de frustration sexuelle?

Bref… Notre train, initialement prévu à 9h27 pour arriver près de 24h plus tard (8h55), partira finalement à 16h30 pour arriver 30h plus tard! Et bien que ce ne soit pas le premier retard auquel nous devons faire face au cours de notre grand voyage, loin s’en faut (merci Arik Air ;.)), c’est celui qui bouscule sans doute le plus nos plans.

En effet, il se trouve que l’agent de l’immigration ayant tamponné notre passeport se soit trompé. Au lieu d’écrire 10 septembre pour la date d’expiration du visa, il a écrit 19. Or il s’avère que c’est bel et bien le 10 qui prévaut! Donc notre programme de visite de Daramsalah, Manali, Leh etc… dans le baba! Il nous faut déguerpir de l’Inde au plus vite, au risque d’avoir quelques soucis ultérieurs pas forcément désirés (amendes, non permission de décoller, interdiction de territoire…). Tant pis, ces quelques destinations feront l’objet d’un prochain voyage. Mais pour l’instant, il va nous falloir profiter à fond d’Amritsar, dernière agglomération indienne visitée et ville sainte de la religion Sikh!

Nous y arrivons donc  le 7 à 23h. Le train pour Delhi où nous attend l’avion direction Katmandou part le 8 à 19h30. Top départ! À peine arrivés, nous retrouvons avec grand plaisir Anne et Matthieu à l’hôtel AJ Golden Crescent, à quelques centaines de mètre DU symbole de la ville, le fameux Golden Temple! Après avoir rapidement englouti un casse dalle nous partons visiter le Temple. Du moins son environnement, car les visites ne reprennent qu’au petit matin. Le temps pour nous d’apprécier le majestueux spectacle offert par le Temple illuminé se reflétant sur l’étang sacré l’entourant et dans lequel se « baignent » de nombreux Sikhs. C’est beau. Vraiment beau!

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Retour à l’hôtel où nous refaisons le monde jusqu’ 2h30 avec nos comparses du jour!

Le 8, réveil à 8h pour aller visiter l’intérieur du Temple. Pourquoi 8h? Pour éviter les grosses chaleurs et les files d’attente interminables. L’intérieur est tout aussi majestueux, sinon plus, que l’extérieur. Les incrustations de pierres précieuses dans le marbre mais également dans l’or ne sont pas sans rappeler les décorations du Taj Mahal. Les deux monuments ont d’ailleurs été construits à la même époque (17è siècle). Pour en savoir davantage sur l’histoire de ce temple, et de manière plus générale sur la religion Sikh, issue de l’hindouisme et de l’islam, je vous invite à cliquer sur les liens suivants : Temple d’Or et Sikhisme.

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À la sortie du temple, nous retrouvons Anne et Matthieu pour aller visiter le Jallianwala Bagh, un mémorial où, il y a près de 100 ans, en 1919, le général Dyer ordonna à ses soldats de tirer sur la foule présente en ces lieux, foule qui défilait pourtant de manière pacifique pour célébrer le festival de la nouvelle année, le « Vaisakhi ». Les impacts de balle sur les murs encore debout témoignent de ce sinistre épisode.

Nous nous dirigeâmes ensuite vers le marché aux tissus où les étales, tous plus colorés les uns que les autres, semblent bien tranquilles en ce jeudi matin. Et ce ne sera pas nous qui viendrons brouiller cette quiétude… enfin c’est ce qu’on s’était dit… jusqu’à ce qu’au sortir de l’un des seuls bars de la ville (après avoir enfilé quelques bières glacées plus que méritées), Astrid et Anne ne tombent nez à nez avec une friperie de kurtas (vêtements indiens typiques). Elles en profitèrent tellement que nos deux acolytes en ratèrent presque leur bus qui partait vers le Nord. Un ciao ciao express, un RDV au Népal dans 2 semaines, et hop, nous revoilà tous seuls… prêts à filer vers la fameuse Wagah Border, à quelques 30km de la ville.

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Là-bas, chaque jour, au coucher du soleil, se tient une cérémonie incroyable. L’armée indienne d’un côté et l’armée pakistanaise de l’autre se prêtent à une espèce d’affrontement sonore, gestuel et vestimentaire. Une sorte de hakka! La foule côté indien se comptait par milliers. Du côté pakistanais, seules quelques centaines de personnes avaient fait le déplacement, la faute sans doute à la crainte de voir se reproduire l’attentat de 2014 qui avait fait ici même, côté pakistanais, 60 morts.

Les gens s’enflammaient! Ça criait, ça rigolait, ça chantait, ça transpirait le patriotisme. Bref, ce fut un moment véritablement inattendu, tant par l’ampleur du phénomène que par le show offert par la dizaine de militaires en tenue d’apparat. À peine le « coup de sifflet final » ayant retenti (traduisez par-là l’ouverture des deux barrières, le serrage de main entre les deux armées, la baisse des deux drapeaux puis la fermeture des deux barrières), nous courrons vers le taxi qui doit nous amener, en trombes, vers la gare. Nous y arrivons 5 minutes avant le départ. Nous prenons place. Et voilà, notre périple indien touche à sa fin. Plus qu’un trajet jusqu’à l’aéroport international de Delhi et nous voici déjà prêts à débuter notre seconde expérience asiatique. Le Népal!

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Alors au terme d’un périple de 30 jours, que pense-t-on de l’Inde? Ben… On a aimé! Pas super hein la réponse? Vous vous attendiez sans doute à un « wooowwww magique!!! » ou à un « ahhhhh c’était tellement sale, misérable et dégoûtant »… et bien nous aussi on pensait cela au moment de décoller de Cape Town pour Mumbaï. On nous avait pourtant prévenus. L’Inde, tu l’adores ou tu la détestes! Et bien pour nous, ce ne sera ni l’un ni l’autre. On a beaucoup aimé l’histoire du pays, sa spiritualité, son architecture, sa gastronomie. On a beaucoup moins aimé, de manière générale, les relations humaines dans le Nord du pays, les paysages (pour relativiser, nous n’avons vu qu’une infime partie du pays, mais au cours de nos loonnnggsss trajets en train, rien de grandiose ne nous a marqué. Le Rajasthan et l’extrême Nord (Ladack etc…) devant offrir davantage sur ce plan) ou encore la bureaucratie (du visa jusqu’à l’achat d’une carte SIM en passant par le loooong enregistrement à chaque nouvel hôtel). En outre, il y a un « je ne sais quoi » qui fait que nous sommes contents de quitter ce pays. L’effervescence populaire avec son lot de stress, de nuisances sonores et de tas de déchets décorant les rues? Peut-être. L’attitude des hommes à l’égard d’Astrid? Peut-être aussi. L’omniprésence du curry et des épices? Ça non, en aucun cas ;.).

Ah, et petit détail également d’importance pour les personnes, qui, comme moi, requièrent un internet de qualité pour pouvoir travailler tout en voyageant : le réseau internet indien est le pire (à égalité avec la Tanzanie) que nous ayons utilisé jusqu’à présent. Un comble pour cette nation pourtant reconnue pour la qualité de ses entreprises IT et la compétence de ses ingénieurs informatiques et développeurs web. Ce critère n’entre toutefois pas en compte dans notre « ressenti » général du pays.

 

 

AFRIQUE: notre classement 200% subjectif!

Nous voici rendus au terme de notre périple panafricain.

De celui-ci, nous retiendrons nombre d’enseignements, conserverons un carnet d’adresses bien rempli ainsi qu’une tête pleine de souvenirs.

Cette expérience, nous l’avons vécue pleinement, avec ses hauts et ses bas. Avec ses incompréhensions et ses tensions. Avec émotion et avec raison. Bref, nous l’avons vécue! Et pas qu’un peu!!!

Un Vari sur l'île aux Nattes

Ce qui nous permet aujourd’hui d’élaborer cette petite liste tout à fait subjective de nos coups de cœur et de nos coups de gueule. Nous avons fait des amalgames et nous les assumons à 100%. Nous ne sommes pas des saints ;.). Quoi qu’il en soit, cette liste n’engage que nous et se base sur une réalité que nous avons vécue pendant plus de 6 mois! Quelle réalité? Celle que nous avons vécue en tout cas, celle de deux blancs baroudeurs tentant de vivre autant que faire se peut le quotidien des locaux. Toutes classes sociales confondues.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons les pays visités, dans l’ordre chronologique de notre périple : Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, Cameroun, Tanzanie, Zimbabwe, Madagascar, Afrique du Sud

  • Les plus grandes richesses naturelles : Cameroun, Tanzanie, Madagascar
  • Les plus grandes richesses culturelles : Bénin
  • Le coup de cœur humain : Bénin et Zimbabwe
  • Le coup de cœur pour les enfants : Côte d’Ivoire et Bénin
  • La gastronomie la plus variée : Madagascar. Outre les nombreux plats mixant recettes africaines, asiatiques et européennes, les étales des marchés regorgent de variétés de fruits et légumes jamais rencontrés jusqu’alors.
  • Les meilleurs produits laitiers : Madagascar!! On trouve des yaourts maison et des fromages artisanaux à chaque coin de rue!
  • Notre plat préféré : Côte d’Ivoire. Le Garba. sans doute le plus simple… mais tellement bon
  • Le pays où on peut manger les trucs les plus bizarres : le Cameroun! (on y a mangé du serpent, des charançons etc…)
  • Les meilleures bières : Cameroun. Pas de bières artisanales (sauf les bières de mil…) mais une grande diversité de bières commerciales à des prix défiants toute concurrence. Comble de chance, quelques semaines avant notre venue, un ministre avait décrété que la bière de 500mL devait coûter seulement 500 CFA (1 euro vaut 650 CFA)… Reste que ma bière commercial favorite est : La Libertalia, de Madagascar!
  • La meilleure musique : Côte d’Ivoire. Néanmoins, même si nous n’y avons pas été, force est de constater que la musique nigériane est très populaire à travers tout le continent, et certains morceaux sont particulièrement sympas (je vous invite notamment à visionner entièrement CE CLIP.
  • Les meilleurs joueurs de pétanque : Madagascar! Tout bonnement impressionnant!
  • Le pays le plus pollué : Sénégal
  • Les opportunités d’affaires : Cameroun pour le tourisme (si on prévoit un bon budget corruption…). Abidjan (Côte d’Ivoire) semble aussi être une plaque tournante importante pour le commerce ouest-africain. Si vous savez comment contrer les méthodes drastiques des libanais : foncez!
  • Le meilleur aéroport : Johannesburg (Afrique du Sud)
  • Les meilleurs transports : Bénin (Ayant loué une voiture en Afrique du Sud, il nous est impossible de juger de la qualité de leurs transports).
  • Les meilleures routes et autoroutes: Afrique du Sud… et de loin!
  • Les pires routes et autoroutes : Madagascar! Pas tant pour la qualité des taxi-brousses qui peuvent être relativement confortables voire même offrir un service wi-fi (que nous n’avons pas eu la chance de tester ;.))… mais pour l’état des routes… qui fait qu’un trajet de 240km se transforme en un véritable voyage de 12 heures!!!
  • Les meilleures infrastructures: Afrique du Sud… sans surprise!
  • La plus grande diversité architecturale : Madagascar
  • Meilleur endroit pour relaxer : Île aux Nattes, Madagascar
  • Le meilleur pays pour les baroudeurs à petits budgets et pas pressés : Madagascar
  • Les plus jolies femmes : Sénégal
  • Le pays où le choc culturel, social et mercantile est le moins important pour un européen : Afrique du Sud
  • Le pays où le choc culturel et social est le plus important pour un européen : Sénégal (pour nous c’était le premier pays, et on l’a pris en pleine face le choc culturel ;.))
  • Endroit où l’insécurité s’est faite ressentir: Johannesburg (Afrique du Sud)… et uniquement dans cette ville! Pour les personnes doutant de la sécurité dans les pays africains, sachez que dans ceux que nous avons parcouru, à AUCUN moment nous n’avons ressenti la moindre animosité à notre encontre.
  • Pays où il y a le plus de mendicité: Sénégal et Madagascar
  • Pays où les touristes sont pris pour des pigeons : Tanzanie et Sénégal
  • Pays où les touristes ne sont PAS pris pour des pigeons : Cameroun. D’autant plus surprenant que ce pays est de loin le plus corrompu que nous ayons visité. Chapeau donc aux locaux qui ne répercutent pas les défaillances de leur systèmes sur les quelques blancs de passage! Et aussi Zimbabwe!
  • La capitale la plus attrayante: Abidjan et Cape Town (qui, ceci soit dit en passant… ne sont pas des capitale ;.))
  • Le pays que nous ne recommanderons pas : Sénégal
  • Le pays qui ne nous a rien laissé de particulier : Togo
  • Le goût pour la fête le plus prononcé : Cameroun et Côte d’Ivoire ex-aequo
  • Les dragueurs : Cameroun
  • La langue la plus surprenante: le Xhosa, en Afrique du Sud (voir une vidéo ICI)
  • La pire équipe de foot : bon, nous n’avons vu qu’un match (Togo-Tunisie)… mais le niveau était affligeant (du style OM-Troyes…). Je vais donc dire : TOGO!
  • Les pires joueurs de PES (Pro Evolution Soccer) : Sans la moindre hésitation…. CAMEROUN! ;.), et principalement les joueurs issus de l’ethnie Beti…. ;.)… quant au meilleur, la palme revient à Jean-Stéphane Kipré (Abidjan, Côte d’Ivoire)… qui m’a mis 75 déculottées consécutives!!!
  • Les gos les plus chocos: Côte d’Ivoire ;.)))))

 

Ceci étant dit, je dois dire qu’à l’aube de décoller pour l’Inde, je ressens un petit pincement au cœur. Une forme de nostalgie. Allez savoir pourquoi, mais je me prends à écouter Espoir 2000 (calculeuse), Petit Yodé et l’Enfant Siro (victoire), Eddy Kenzo (Mariaroza) ou encore Franko (coller la petite)…. tout en me remémorant les excellents souvenirs de Côte d’Ivoire, du Bénin et du Cameroun. À n’en pas douter j’éprouverai d’ici peu ces mêmes émotions pour le Zimbabwe et Mada, pays que nous avons véritablement « kiffés », mais au moment où j’écris ces quelques lignes mon esprit flâne quelque part entre Man et Ngaounderé.

J’en profite également pour adresser une nouvelle fois mes plus sincères remerciements à toutes les personnes qui, sur notre passage, nous ont aidés. Qu’il s’agissent de collègues d’université, d’amis d’amis ou de parfaits inconnus, ils ont fait partie intégrante de notre aventure à un moment ou à un autre et l’ont enrichi d’une manière ou d’une autre! Merci. Merci à tous. Merci à l’Afrique… et à très bientôt!

L’Afrique du Sud… Les États-Unis d’Afrique

Nous vous avions quitté à Madagascar, pays qui, comme je l’écrivais dans mon post précédent, se différenciait sensiblement du reste des pays africains visités jusqu’alors.

Et bien nous verrons, au fil des lignes de cet article, que l’Afrique du Sud, elle aussi, bien que partie intégrante du continent diverge en de nombreux points de ses « voisins ».

Mais commençons par le commencement.

Après avoir pris nos quartiers dans l’Auberge de Jeunesse « Brown Sugar Backpackers » à Johannesburg (seul établissement à offrir la navette gratuite depuis l’aéroport Tambo), nous nous préparons à accueillir Marco et Alma, respectivement beau-frère et belle-mère, venus directement depuis le Mexique pour nous rendre visite.

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Leur séjour étant de courte durée (2 semaines), nous optons pour la location de voiture et décidons de la laisser à quelques 3000 km de là, à Cape Town, point final de notre périple « familial ».

Mais notre première journée ensemble, nous la passerons dans un « touribus » sous un vent glacial! Je ne me voyais pas apprendre à conduire du « mauvais côté » dans une ville aussi chaotique que JoZi. Cette visite guidée véhiculée, une première dans notre aventure africaine, fut fort intéressante et nous emmena du centre ville à la fameuse banlieue de Soweto, séparée de la ville « blanche » par des montagnes artificielles édifiées à l’aide de déchets issus de l’industrie minière (industrie qui permit à JoZi de devenir en à peine 150 ans le poumon économique du pays, et dans une moindre mesure de l’Afrique tout entière). Le « township » de Soweto est mondialement connu pour sa lutte contre l’apartheid, son melting pot culturel et ethnique (on y parle un argo mélangeant toutes les langues du pays) et ses résidents de marque: Nelson Mandela et Desmond Tutu. Sur un plan moins symbolique mais tout aussi populaire, Soweto abrite deux des clubs de foot les plus connus du pays: les Orlando Pirates et les Kaiser Chiefs.

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Mais ce qui choque à JoBurg, c’est la séparation qui existe, encore et toujours entre les riches, en grande majorité blancs, et les pauvres, en grande majorité noirs. Ça met mal à l’aise. Et ce sentiment est accru par les commentaires incessants sur l’insécurité, par les clôtures électriques entourant les maisons des quartiers « blancs » etc… Bref, JoBurg a beau être une ville économiquement active et culturellement effervescente, il n’en reste pas moins que quelque chose, un ressenti difficilement définissable, nous laissa un goût amer. Aussi bien à Astrid qu’à moi qui avons déjà connu d’autres métropoles d’Afrique. Pour Marco et Alma, qui ne peuvent que comparer avec les villes américaines de Californie, le changement n’était finalement que bien peu perceptible…

Deuxième jour. ça y’est, on loue la voiture à l’aéroport Tambo. une petite Renault Sandero. Pour 9 jours, kilométrage illimité, full coverage, assurance extra pour pare-brise et pneus + abandon du véhicule à Cape Town… seulement 5800 rands, soit 380 euro.

Une fois le premier camion doublé, je me sentais déjà plus en confiance et finis par rapidement adopter mon mode de conduite à l’english. Et tant mieux, car j’allais en bouffer des km au volant de notre « bolide ». première étape, le Parc National de Pilanesberg, au Nord Ouest de Pretoria.

De 7h du matin jusqu’à 18h, nous sillonnerons les pistes de ce parc méconnu mais  véritablement magnifique. Nous y verrons gazelles, antilopes, hippos, énormément de rhinos (avec leurs bébés!!!), singes, girafes, un lion assoupi (malheureusement très loin…) et surtout plusieurs éléphants, dont un qui nous bloqua la route pendant un bon quart d’heure. Une belle expérience pour Astrid et moi qui en avions déjà profité au Bénin et au Zimbabwe, mais assurément un souvenir impérissable pour ma belle-maman et mon beauf!

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Le lendemain, départ aux aurores. Direction Saint Lucia, ville côtière du Sud Est du pays, à près de 800 km de Pilanesberg. Nous y arriverons à la nuit tombée. J’en profite pour saluer les infrastructures routières du pays. Si JoBurg ressemblait à bien des égards aux grosses agglomérations américaines, les autoroutes sud-africaines n’ont rien à envier aux freeways US. Les paysages non plus! (un nombre incalculable d’hectares de pins pour l’industrie du bois, champs cultivés à perte de vue, mines par ci-par là…).

À Saint Lucia, petit village vivant principalement du tourisme, nous dûmes nous y prendre à 4 reprises pour trouver un endroit où dormir (à partir de là nous décidâmes d’utiliser AirBnB…). Cette municipalité est connue pour abriter l’une des concentrations de crocodiles et d’hippopotames les plus importantes du pays. Ces derniers traversent d’ailleurs régulièrement les rues de la ville une fois la nuit tombée. Il est préférable de ne pas s’y frotter, les hippos étant les mammifères les plus dangereux (ils tueraient chaque année de 2 à 3000 personnes dans le monde).

Nous y passerons deux nuits et naviguerons sur le canal à la recherche de crocos, d’hippos et d’oiseaux endémiques… et bien évidemment pour faire l’apéro et pour profiter de la famille! Pour ma part, j’ai tenté, deux nuits durant, de m’aventurer en ville à la recherche d’hippos citadins… sans succès. On ne se le cachera pas… j’étais assez déçu!

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De Saint-Lucia, nous prîmes la route le 1er août à l’aube. Direction East London. 900 km de route qui nous mèneront à travers différents paysages et surtout vers l’une des principales ethnies du pays, celle de Nelson Mandela, les Xhosa (ethnie qui utilise un langage particulièrement surprenant que je vous invite à découvrir ci-dessous).

Les petites villes traversées affichaient un contraste saisissant avec les agglomérations visitées jusqu’alors. Aucun ou très peu de blancs. Une effervescence populaire aux abords des marchés et friperies. Un bordel sonore. Une pollution plus importante. Aucun sentiment d’insécurité. Bref, une Afrique du Sud différente.

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Arrivés à East London en soirée, nous eûmes la chance de tomber sur Fidelina, une hondurienne, mariée à un allemand, qui nous hébergea en banlieue de la ville. Ville que nous visiterons le lendemain matin avant de filer vers Plettenberg Bay via une visite express de Port-Elizabeth. Et oui, faire l’Afrique du Sud en deux semaines est un véritable défi physique. Trop peu, bien trop peu pour connaître ce pays si particulier, mais que voulez-vous, pour une fois que nous avons des impératifs de temps dans ce voyage…

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Plettenberg Bay c’est en gros une petite ville, moderne, côtière, bloquée entre l’Océan Indien, quelques montagnes et d’immenses forêts de pins. Un cadre tout bonnement magnifique! Malheureusement, la sur-occidentalisation de ce lieu lui fait perdre, selon nous, son charme. Parfait pour un tourisme local ou un tourisme de luxe, mais pour des baroudeurs en recherche de découvertes humaines et sociales… disons qu’il y a mieux! Malgré tout, nous y passerons deux excellentes journées ponctuées par la visite de sanctuaires animaliers (sortes de centre de réhabilitation), des rencontres inattendues (Jean-Marc), de bons petit-déjeuners, quelques balades sous la pluie, la célébration bien arrosée de notre deuxième anniversaire de mariage ainsi qu’une bonne dose d’émotions fortes pour Marco, avec le saut à l’élastique le plus haut au monde (216 m)!!!

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À une grosse trentaine de km de là se situe une petite ville très touristique (car passage obligé sur la fameuse N2 reliant Port Elizabeth à Cape Town)… j’ai nommé Knysna. Ce nom raisonne sans doute de manière fort désagréable aux oreilles des fans de l’équipe de France de football… mais je peux vous dire qu’il est difficilement compréhensible que cette équipe de bras cassés (en 2010) aient décidé de faire la grève dans un cadre si bucolique…

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Nous y passerons la nuit puis nous nous dirigerons le lendemain vers Franschhoek, berceau de l’industrie viticole d’Afrique du Sud et véritable petite ville à l’âme française. Le trajet (d’à peu près 6h) offre un panorama véritablement haut en couleur, et en relief que je ne puis que vivement recommander! Il m’en arriva même à penser à ma douce Drôme natale! Entourés de montagnes, de plans d’eau, de vignes et même de champs de lavande!!!, les nombreuses caves et restaurants que compte Franschhoek offrent des produits de grande qualité dans un cadre exceptionnel. Bref, une petite ville où il fait bon (et cher) vivre. Nous en avons profité pour prendre une « bonne caisse » avec le beauf. (Pour info, même les vins les moins chers (2-3 euro) sont de bonne facture! La preuve… aucune gueule de bois! ;.))

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Au petit matin, après s’être bien rassasié dans la guest house / AirBnB tenu par une autrichienne et son mari français, nous prenons la route pour parcourir les 70km qui nous séparent de Cape Town. Un trajet sympa et plutôt joli au cours duquel nous nous sommes arrêté pour prendre quelques photos… jusqu’à ce qu’une voiture s’arrête à son tour et nous dise de ne pas traîner car la zone n’était pas sûre du tout… Énervant quand même cette persistante insécurité!!!

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Nous arrivons enfin à ce qui sera le dernier « bercail » sud africain de ma belle famille. À mi chemin entre Cape Town et les plages de pingouins, notre AirBnB du jour fut incroyable!! une maison pour nous tous seul, sur le bord d’un canal et disposant de 2 kayaks.

L’après-midi du 6 août, nous la passerons en compagnie des pingouins… et des touristes chinois venus les admirer en nombre… et armés d’appareils photos et de selfie-sticks!!

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Le 7 août, dernier jour d’Alma et Marco à Cape Town, nous nous levons aux aurores pour profiter au maximum des environs. Direction Lions Head, face à la fameuse Table Mountain surplombant la ville. Nous pensions qu’il s’agissait d’un point de vue. Que nenni! 2 bonnes heures de marche assez ardue combinée à quelques passages d’escalade…. et hop… une vue à 360 degrés imprenable! Du beau, du magnifique, mais pas nécessairement du grandiose comme le laissait espérer le statut de « merveille du monde » de la Table Mountain! Pour le coup, cette rando inattendue nous aura un peu compliqué les plans pour le reste de la journée! Affamés et fatigués, nous décidâmes de faire un bref tour en ville (notamment pour visiter une boutique de vinyles que souhaitait connaitre à tout prix Marco) puis de rentrer afin de préparer un bon barbecue avec de la viande d’Autruche! Des fois les plaisirs les plus simples (autruche mis à part) sont les plus savoureux! Et après une petite ballade en kayak avec ma belle-mère on se mis tranquillement au chaud, accompagné par un bon café et une petite série Netflix du beauf… On se croirait à la maison! Et après 6 mois sur la route, et ben ça fait du bien ;.).

Et voilà, à 4h du mat, le 8 août, on dit au revoir à la famille. Ou plutôt à bientôt, car ils devraient normalement venir nous rendre visite en Asie d’ici quelques mois… De notre côté, nous passerons 3 jours de plus à Cape Town, afin de nous imprégner de cette atmosphère si particulière comme on nous l’a rabâché à de nombreuses reprises tout au long de notre road trip. Au programme, déambuler dans les rues de la ville, découvrir de nouveaux quartiers, faire de nouvelles rencontres, faire des braii avec des colombiens et un argentin et siffler les dernières bouteilles de vin que nous croiserons… car en Asie… zobi!

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Notre expérience sud africaine fut rapide, trop rapide pour se faire une idée générale du pays. Nous n’avons pas pu aller à l’intérieur des terres, prendre le temps de discuter davantage avec les gens etc… Nous avons néanmoins pu tirer certaines conclusions de ces 2 semaines et demi dans le pays. En premier lieu, ce qui nous a vraiment marqué, c’est cette ségrégation qui semble perdurer, plus de 20 ans après la fin de l’apartheid. Des grandes agglomérations jusqu’aux petites stations balnéaires, blancs et noirs ne se mélangent pas. ou très peu. Nous n’avons vu que 3 couples mixtes sur toute la durée de notre voyage.  Et dans les villes se situant « au milieu de nulle part », c’est bien simple, nous n’avons vu aucun blanc. Socialement et économiquement, la fracture est flagrante et saute aux yeux. C’est vraiment désagréable.

Autre point m’ayant également dérangé, bien que très subjectif, c’est le modèle de développement adopté par le pays. Je suis heureux de voir qu’un pays d’Afrique ait pu se bâtir une puissance industrielle et commerciale de cette envergure (bien aidé il est vrai par la non-ingérence des grandes puissances….)… mais je trouve regrettable que les fruits de cette réussite se traduisent par un développement à l’américaine. Des maisons jusqu’aux KFC présents à chaque coin de rue en passant par le nombre particulièrement élevé d’obèses ou les activités touristiques extrêmes (saut à l’élastique, nage avec les requins blancs…), les points de ressemblance avec les US sont pléthores! J’aurais aimé voir un développement différent. un développement africain, calqué sur aucun modèle préexistant. Comment? Aucune idée… Juste un sentiment. Une sensation qui fait que j’aurais sans doute apprécié différemment ce pays par ailleurs magnifique…