Tribulations d'un couple heureux!

madagascar

AFRIQUE: notre classement 200% subjectif!

Nous voici rendus au terme de notre périple panafricain.

De celui-ci, nous retiendrons nombre d’enseignements, conserverons un carnet d’adresses bien rempli ainsi qu’une tête pleine de souvenirs.

Cette expérience, nous l’avons vécue pleinement, avec ses hauts et ses bas. Avec ses incompréhensions et ses tensions. Avec émotion et avec raison. Bref, nous l’avons vécue! Et pas qu’un peu!!!

Ce qui nous permet aujourd’hui d’élaborer cette petite liste tout à fait subjective de nos coups de cœur et de nos coups de gueule. Nous avons fait des amalgames et nous les assumons à 100%. Nous ne sommes pas des saints ;.). Quoi qu’il en soit, cette liste n’engage que nous et se base sur une réalité que nous avons vécue pendant plus de 6 mois! Quelle réalité? Celle que nous avons vécue en tout cas, celle de deux blancs baroudeurs tentant de vivre autant que faire se peut le quotidien des locaux. Toutes classes sociales confondues.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons les pays visités, dans l’ordre chronologique de notre périple : Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, Cameroun, Tanzanie, Zimbabwe, Madagascar, Afrique du Sud

  • Les plus grandes richesses naturelles : Cameroun, Tanzanie, Madagascar
  • Les plus grandes richesses culturelles : Bénin
  • Le coup de cœur humain : Bénin et Zimbabwe
  • Le coup de cœur pour les enfants : Côte d’Ivoire et Bénin
  • La gastronomie la plus variée : Madagascar. Outre les nombreux plats mixant recettes africaines, asiatiques et européennes, les étales des marchés regorgent de variétés de fruits et légumes jamais rencontrés jusqu’alors.
  • Les meilleurs produits laitiers : Madagascar!! On trouve des yaourts maison et des fromages artisanaux à chaque coin de rue!
  • Notre plat préféré : Côte d’Ivoire. Le Garba. sans doute le plus simple… mais tellement bon
  • Le pays où on peut manger les trucs les plus bizarres : le Cameroun! (on y a mangé du serpent, des charançons etc…)
  • Les meilleures bières : Cameroun. Pas de bières artisanales (sauf les bières de mil…) mais une grande diversité de bières commerciales à des prix défiants toute concurrence. Comble de chance, quelques semaines avant notre venue, un ministre avait décrété que la bière de 500mL devait coûter seulement 500 CFA (1 euro vaut 650 CFA)… Reste que ma bière commercial favorite est : La Libertalia, de Madagascar!
  • La meilleure musique : Côte d’Ivoire. Néanmoins, même si nous n’y avons pas été, force est de constater que la musique nigériane est très populaire à travers tout le continent, et certains morceaux sont particulièrement sympas (je vous invite notamment à visionner entièrement CE CLIP.
  • Les meilleurs joueurs de pétanque : Madagascar! Tout bonnement impressionnant!
  • Le pays le plus pollué : Sénégal
  • Les opportunités d’affaires : Cameroun pour le tourisme (si on prévoit un bon budget corruption…). Abidjan (Côte d’Ivoire) semble aussi être une plaque tournante importante pour le commerce ouest-africain. Si vous savez comment contrer les méthodes drastiques des libanais : foncez!
  • Le meilleur aéroport : Johannesburg (Afrique du Sud)
  • Les meilleurs transports : Bénin (Ayant loué une voiture en Afrique du Sud, il nous est impossible de juger de la qualité de leurs transports).
  • Les meilleures routes et autoroutes: Afrique du Sud… et de loin!
  • Les pires routes et autoroutes : Madagascar! Pas tant pour la qualité des taxi-brousses qui peuvent être relativement confortables voire même offrir un service wi-fi (que nous n’avons pas eu la chance de tester ;.))… mais pour l’état des routes… qui fait qu’un trajet de 240km se transforme en un véritable voyage de 12 heures!!!
  • Les meilleures infrastructures: Afrique du Sud… sans surprise!
  • La plus grande diversité architecturale : Madagascar
  • Meilleur endroit pour relaxer : Île aux Nattes, Madagascar
  • Le meilleur pays pour les baroudeurs à petits budgets et pas pressés : Madagascar
  • Les plus jolies femmes : Sénégal
  • Le pays où le choc culturel, social et mercantile est le moins important pour un européen : Afrique du Sud
  • Le pays où le choc culturel et social est le plus important pour un européen : Sénégal (pour nous c’était le premier pays, et on l’a pris en pleine face le choc culturel ;.))
  • Endroit où l’insécurité s’est faite ressentir: Johannesburg (Afrique du Sud)… et uniquement dans cette ville! Pour les personnes doutant de la sécurité dans les pays africains, sachez que dans ceux que nous avons parcouru, à AUCUN moment nous n’avons ressenti la moindre animosité à notre encontre.
  • Pays où il y a le plus de mendicité: Sénégal et Madagascar
  • Pays où les touristes sont pris pour des pigeons : Tanzanie et Sénégal
  • Pays où les touristes ne sont PAS pris pour des pigeons : Cameroun. D’autant plus surprenant que ce pays est de loin le plus corrompu que nous ayons visité. Chapeau donc aux locaux qui ne répercutent pas les défaillances de leur systèmes sur les quelques blancs de passage! Et aussi Zimbabwe!
  • La capitale la plus attrayante: Abidjan et Cape Town (qui, ceci soit dit en passant… ne sont pas des capitale ;.))
  • Le pays que nous ne recommanderons pas : Sénégal
  • Le pays qui ne nous a rien laissé de particulier : Togo
  • Le goût pour la fête le plus prononcé : Cameroun et Côte d’Ivoire ex-aequo
  • Les dragueurs : Cameroun
  • La langue la plus surprenante: le Xhosa, en Afrique du Sud (voir une vidéo ICI)
  • La pire équipe de foot : bon, nous n’avons vu qu’un match (Togo-Tunisie)… mais le niveau était affligeant (du style OM-Troyes…). Je vais donc dire : TOGO!
  • Les pires joueurs de PES (Pro Evolution Soccer) : Sans la moindre hésitation…. CAMEROUN! ;.), et principalement les joueurs issus de l’ethnie Beti…. ;.)… quant au meilleur, la palme revient à Jean-Stéphane Kipré (Abidjan, Côte d’Ivoire)… qui m’a mis 75 déculottées consécutives!!!
  • Les gos les plus chocos: Côte d’Ivoire ;.)))))

Ceci étant dit, je dois dire qu’à l’aube de décoller pour l’Inde, je ressens un petit pincement au cœur. Une forme de nostalgie. Allez savoir pourquoi, mais je me prends à écouter Espoir 2000 (calculeuse), Petit Yodé et l’Enfant Siro (victoire), Eddy Kenzo (Mariaroza) ou encore Franko (coller la petite)…. tout en me remémorant les excellents souvenirs de Côte d’Ivoire, du Bénin et du Cameroun. À n’en pas douter j’éprouverai d’ici peu ces mêmes émotions pour le Zimbabwe et Mada, pays que nous avons véritablement « kiffés », mais au moment où j’écris ces quelques lignes mon esprit flâne quelque part entre Man et Ngaounderé.

J’en profite également pour adresser une nouvelle fois mes plus sincères remerciements à toutes les personnes qui, sur notre passage, nous ont aidés. Qu’il s’agissent de collègues d’université, d’amis d’amis ou de parfaits inconnus, ils ont fait partie intégrante de notre aventure à un moment ou à un autre et l’ont enrichi d’une manière ou d’une autre! Merci. Merci à tous. Merci à l’Afrique… et à très bientôt!

Madagascar: Ilay Nosy Kanto

Nous vous avions quitté à Harare. Suite à notre vol Flyjet nous menant à Johannesburg (au cours duquel je suis resté serein une fois n’est pas coutume) nous sommes restés 3 jours dans la métropole sud-africaine dans l’attente de notre départ pour Madagascar. 3 jours au cours desquels nous ferons la connaissance de Caroline et Adrien, un couple franco-allemand avec qui nous partagerons de bons moments, de bonnes bouteilles (quel bonheur de retrouver du vin rouge de qualité à des prix abordable) ainsi qu’une qualification de la France face à l’Irlande. Nous les reverrons ces deux loustics, car il est fort probable qu’ils s’installent sur Grenoble au terme de leur tour du monde.

Le 27 juin, je demande pour la énième fois à Astrid de vérifier l’heure de notre vol qui, selon elle, est programmé pour le lendemain en matinée. Après m’avoir lancé un gentil « pues… hazlo tu » elle finit par se renseigner. Bien lui en a pris. Il s’avère que notre vol part dans 5 heures!

Adieux express et bouclage de valises à la va-vite. À peine le temps de dire ouf que nous sommes déjà dans notre vol Kenya Airways Johannesburg-Nairobi. Bien aidé par le vin et le film, je n’eu pas le temps de paniquer. S’en suivent 12 heures d’escale, une nuit sur les bancs de l’aéroport de Nairobi et un vol tranquille jusqu’à Tana (Antananarivo) au cours duquel nous survolons mon très cher Kilimanjaro.

Nous voici enfin en terre malgache. 25 euro et un visa plus tard nous prenons place dans la navette Adema qui nous emmène, moyennant 10.000 ariarys (près de 3 euro) à notre auberge de jeunesse située en plein centre-ville : Madagascar Underground.

Nous passerons 4 jours dans la capitale et dans les environs à savourer les particularités de l’île : Le Palais de la Reine, la colline bleue, les différents marchés de la ville (Analakely, marché de la digue…), les petites gargottes… en compagnie de Riri, un chauffeur de taxi (une 4L!!!)  rencontré un peu par hasard le premier jour. Il nous fera découvrir cette merveilleuse région à travers ses yeux rieurs et son accent chantant délicieux! Je vous invite d’ailleurs vivement à le contacter si vous vous rendez sur l’île. Il est honnête, ponctuel et vous fera passer d’excellent moments! (numéro de tel 032-02-537-21).

Ah et comment oublier bien sûr la messe du Père Pedro, un prêtre argentin d’origine slovène qui officie à Tana depuis près de 40 ans. Son travail en faveur des plus démunis (notamment le village d’Akamasoa fondé en 1989) a fait du Père Pedro une véritable icône dans le pays et il ne fut donc pas surprenant de voir que sa messe du dimanche matin était suivie par… plus de 7000 personnes entassées dans un gymnase! Et ça dansait. Et ça chantait. incroyable! Un show que vous ne pouvez pas manquer si vous vous rendez à Tana!! (Pour en savoir plus sur le Père Pedro, je vous invite à cliquer sur le lien suivant).

Nous passerons également une journée à Andasibe où se trouve le parc national Mantadia, unique endroit où vous pourrez admirer le plus grand lémurien au monde : l’Indri Indri. Enfin quand je dis une journée, seuls 160km séparent Andasibe de Tana, mais comptez un bon 8h de route aller-retour. Profitez-en pour y passer la nuit. Des tours sont en effet proposés à la nuit tombée pour observer certaines espèces nocturnes de lémuriens, de geckos et de caméléons. Par chance, et bien que nous soyons seulement restés la journée, nous avons pu voir, outre l’Indri Indri, quelques lémuriens fauves ainsi qu’un impressionnant Gecko à queue feuillue.

Au lendemain de la victoire de la France contre l’Islande, nous prenons la route en direction de Soanierana Ivongo en compagnie de Brian, un américain rencontré à l’auberge. Après 10h de route, nous arrivons à Tamatave à quelques 150km de notre destination finale. Et là, contre toute attente, le chauffeur de notre taxi brousse nous annonce le terminus! Hop hop hop t’affole pas mon p’tit père, nous on a payé pour aller à Soanierana Ivongo et on entend bien y aller. Après maintes discussions nous arrivons finalement à l’arrangement suivant : nous dormons tous trois dans le taxi brousse et aux aurores le lendemain un autre taxi brousse viendra nous prendre pour nous emmener à destination. Ce qu’on ne savait pas c’est que les aurores…. Et bien c’était 4h20!!!!

Nous arrivons, sous une pluie battante, à Soanierana Ivongo aux alentours de 11h. on réserve un hôtel (15.000 ariarys la nuit), un billet pour l’île Sainte Marie (le prix pour les non-résidents est de 70.000 ariarys. Nous ne paierons finalement que 60.000 par personne. Je vous invite à contacter Anicet, il est représentant pour Gasikarabé. Il est sympa… et le fait de passer par lui ne vous coûtera pas plus cher… et lui recevra 10% de commission! 033 40 214 59) le lendemain puis nous partons à la découverte de cette petite localité essentiellement commerçante. En pirogue tout d’abord, où nous accostons à quelques centaines de mètres du « port » de l’autre côté du rivage, dans un champ rempli d’arbres à litchis, de girofliers, de cannelle, de jacques, de fruits à pain…. Puis à pied, à travers les étales de fruits, de légumes et de fripes. Et en fin d’aprem, petit plaisir : partie de pétanque (pari à 500 ariarys) avec un local. Les boules sont presque ovales, le terrain ressemble à un champ de patate, le cochonet est une bille de roulement et le public semble partagé entre le compétiteur local et le vazaha. Bon, j’ai perdu. OK. Mais je me suis vraiment bien amusé. Surtout lorsqu’un cochon éééénormmmmeee, mais alors éééénormmmmeee passa derrière moi en pleine partie. Bref, pour célébrer la victoire locale, rien de tel qu’un rhum arrangé!!!!

Le mercredi 6 juin, il est temps de prendre le large. Car à 45km de là nous attend l’île de Sainte Marie, connue pour ses baleines, ses pirates et ses plages paradisiaques.

Nous passerons les deux premières nuits à La Banane, à Ambodifotatra. Nous en profiterons pour vadrouiller à travers les rues les moins fréquentées par les touristes (c’est d’ailleurs là que nous tomberons sur un groupe de locaux passablement éméchés qui nous invitèrent à boire un rhum et qui chantèrent pour l’occasion. Un super moment.) Nous nous renseignerons également auprès des autorités portuaires pour connaître les départs des prochains navires commerciaux à destination du Nord de Madagascar, car la route de Soanierana Ivongo à Antalaha est soit impraticable, soit inexistante. Nous visiterons également le cimetière des pirates où repose notamment un certain Chaussadent, un voisin! Ardéchois de naissance (Vessaux), il se retrouva pirate et mourut en 1833 sur cette île. Incroyable destin pour un ardéchois à cette époque!! Allez savoir comment, il y a 200 ans, une personne, probablement destinée à devenir berger dans une région se situant à plus de 200km de la première côte, devint flibustier à l’autre bout du monde.

Après tant d’émotion, une bonne rasade de pastis. Pour savourer cette nouvelle journée de voyageur… mais aussi et surtout pour célébrer la victoire des Bleus face à la Mannschafft!

Le 8 au matin, toujours en compagnie de Bryan, nous prenons un tuk tuk pour nous rendre à la pointe sud de l’île (10.000 ariarys). De là, nous embarquons dans une pirogue pour l’île aux Nattes, se trouvant à seulement 400m de rame de là (2.000 ariarys par personne). On prend place dans un vieux bungalow de chez Tity (20.000 ariarys la nuit) et on savoure! Mais alors bien comme il faut!

Nous passerons près d’une semaine sur cet îlot de 4km par 2. Nous y pêcherons des poissons multicolores dans le lagon, nous y rencontrerons des lémuriens magnifiques et pas farouches pour un sou, nous y ferons de belles rencontres (Brian bien évidemment, mais également Ninou, Philippe, Modeste et compagnie…), nous y préparerons du punch coco, nous y jouerons à la pétanque et nous y relativiserons la notion du temps. Seule petite ombre au tableau, la victoire d’une équipe de football sans saveur au détriment d’une équipe joueuse et énergique… C’est donc décidé, je me mets au Curling! Le foot est trop injuste ;.)

Le bateau de marchandises que nous attendions pour nous emmener à Antalaha, ville principale de la « côte de la vanille », au nord de Madagascar, n’arrivant toujours pas, nous prîmes la décision de changer de cap. Direction le Sud!

Au petit matin (4h45), nous embarquons donc dans la pirogue. 20 minutes plus tard, dans le tuk tuk. 1 heure après nous prenons place dans le bateau nous ramenant à la « grande terre ». De là, 5 heures de taxi brousse pour arriver à Tamatave…. d’où nous prenons le minibus pour Antsirabe. Temps total du trajet: 30h!

Mais pas le temps de rêvasser. Les vacances sont terminées… place au voyage. Le bon, l’instructif, l’intense, le passionnant, le fatiguant. le vrai voyage quoi! Nous passerons donc la première journée à arpenter les rues de cette ville d’altitude réputée pour sa production de produits laitiers. Que de belles bâtisses! C’est en revanche le premier endroit du pays où l’on a ressentit la mendicité de manière insistante.

Au cours de la seconde, nous prenons part à une cérémonie de retournement de corps, (Famadihana) tradition spécifique à la région. (pour en savoir plus sur le sujet, CLIQUEZ ICI). En compagnie d’une famille, nous avons accompagné le corps de la maman, décédée il y a 12 ans, de la ville jusqu’à son village natal. Après 45 minutes de taxi-brousse avec le corps attaché sur le toit, nous avons marché 3h30 pour arrivé au petit village juché sur une colline. Tout au long du trajet, parcouru à un rythme particulièrement élevé, tambours, banjos, violons et rhum artisanal mettaient l’ambiance. Et forcément plus on avançait, plus l’ambiance était joviale! Arrivés sur place, nous eûmes droit au discours du chef de village en Malagasy ainsi qu’un repas à base de riz et de bouillon de porc. Un peu de danse, un peu de musique… et en route pour les 3h30 en sens inverse. La cheville d’Astrid la faisant souffrir, le chemin fut quelque peu chaotique, mais grâce à la gentillesse des locaux, un scooter a été envoyé pour la ramener et ce, malgré la nuit tombante et la route impraticable! À noter que les enfants que nous avons croisé au cours de ce périple étaient effrayés en nous voyant. Ils n’avaient jamais vu de blancs. Petit à petit, on a finit par rigoler ensemble. c’était vraiment un chouette moment). Au cours de ce voyage, nous fîmes également la rencontre d’Olivier, un marin du Sud du pays qui nous invita le lendemain dans son atelier, où il construit présentement 2 bateaux. L’un de marchandises, et l’autre un trimaran de tourisme. Car outre sa casquette de commandant, Olivier se présente fièrement comme mécanicien de la marine et spécialiste de la fibre de verre. Et autant dire que son boulot était nickel! Voici d’ailleurs le contact de sa compagnie, si vous souhaitez embarquer sur l’un des deux bateaux… une fois ceux-ci finis! ina@moov.mg téléphone: 032 524 15 03. Petit remarque amusante, il construit ses bateaux à Antsirabe… qui ne possède ni fleuve, ni accès à la mer… Mais à Mada, rien n’est impossible!

Suite à cette enrichissante visite, et après avoir englouti une bière (à 9h am tout de même…) nous nous dirigeons vers la fromagerie Rova, à quelques encablures de la gare routière. Cette petite exploitation gérée par Francis Andriamizaka (tacrova.francis2@gmail.com – 033 07 963 66) propose une gamme de produits limités mais d’excellente qualité et à des prix défiants toute concurrence. L’accueil qui nous été réservé fut incroyable. Bien que non planifiée, notre visite fut prise en charge par Francis lui-même qui nous emmena à quelques rues de là pour découvrir le processus « traditionnel » de fabrication de beurre et de fromage. Super expérience bien évidemment conclue par la dégustation de fromages et de yaourts maison!

À peine quelques minutes après avoir dévoré notre dernier quart de « Saint Paulin malgache », nous embarquons pour Fianarantsoa à 254 km de là. Initialement programmé à 15, notre taxi brousse partira finalement à 17h. Une fois de plus installé à la ouanégainébistoufly à cause de mes grandes gambettes (du moins en comparaison avec une grande partie de la population locale), j’espérais que le trajet se ferait aussi vite que possible… Et bien nous arriverons à 3h30 du matin ;.) Un bol de spaguettis, quelques beignets et un café plus tard, nous embarquons dans le FCE, train mythique reliant la gare de Fianarantsoa à celle de Manakar… 163km de pur bonheur et de paysages à couper le souffle! 163km que nous parcourûmes en 17h mais peu importe… le jeu en valait clairement la chandelle! En plus de tout ce que nous proposait le trajet, nous fîmes la connaissance de voyageurs belges et suisses vraiment cools (Marion, Laurent (que nous avions déjà rencontré à Antsirabé), Lien, Yelle, Anna et compagnie). Et puis, je dois l’avouer, j’ai fait un peu mon têtu. Mon père et mon grand père étant de la SNCF, je ne pouvais m’empêcher de monter dans la locomotive avec Marcel, le conducteur (bon ok, ça m’a coûté 5000 ariarys mais je ne le regrette pas le moins du monde!). Petit coup de cœur pour le système d’antipatinage du train: il suffit de verser régulièrement un peu de sable dans un trou ;.)

Nous arrivons à 1h en gare de Manakar. Nous y passons la nuit et repartons le lendemain à 10h vers Fianarantsoa. Le parcours en taxi-brousse, qui emprunte un chemin différent est tout aussi fabuleux!

Nous sommes déjà le 21. Le temps nous est compté dans ce pays surprenant. Nous volons en effet le 25 vers Johannesburg où nous attendent la mère et le frère d’Astrid.

Nous ne passerons donc qu’une journée dans la capitale vinicole du pays… qui se résumera surtout à la visite de la haute-ville historique (quand même un peu gâchée par l’insistante mendicité des enfants) et d’un repas exceptionnel à La Rizière (une école hôtelière pour jeunes défavorisés). Si vous venez dans cette ville, ne manquez surtout pas cette adresse!!!

Et voilà, nous sommes déjà de retour sur Tana! Plus que 2 jours. Nous allons en profiter pour faire la connaissance de la famille de Seta, grand ami de la famille, pour faire quelques achats souvenirs et pour rire une dernière fois en compagnie de Riri.

Madagascar nous aura bluffé. Ce n’est pas vraiment l’Afrique (la nourriture est différente, les gens sont physiquement différents, l’architecture est beaucoup plus variée et fait appel à des matériaux peu utilisés dans le reste des pays africains visités, les coutumes diffèrent, nous n’avons vu aucun pagne etc…)… Et même si l’on ne connait pas encore l’Asie, on peut distinguer une certaines influence de ce continent. Physiquement bien évidemment, mais là encore au niveau de la gastronomie et des coutumes tel que le retournement de morts par exemple). Les restes de la présence coloniale sont encore bien perceptibles et semblent ancrés dans le quotidien des malgaches (boulangeries, fromageries, vignobles, pétanque…). Bref, un mix culturel surprenant qui nous a littéralement conquis.

Alors oui, certes, il y a une certaine insécurité, notamment à la nuit tombée (de nombreux locaux nous ont fait part d’histoires pas jolies jolies), la mendicité est quand même très présente dans les villes, la politique est déplorable et la pauvreté ne cesse de grandir, les taxi-brousses mettent 3000 heures pour parcourir 20km… Mais à part ça, le pays regorge de trésors! On y mange bien, on y bois bien, les gens sont accueillants et d’une gentillesse incroyable (parfois influencés par un intérêt économique il est vrai… et parfois non), les paysages sont variés et époustouflants, la culture est omniprésente, on y joue à la pétanque (et sacrément bien..), la faune y est unique, l’architecture m’a fait craquer… Seul petit bémol néanmoins… Il faut au moins 1 an pour profiter de toutes les richesses de Mada. Le risque… c’est qu’on y reste pour toujours!