Tribulations d'un couple heureux!

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Dakar-Abidjan… embarquement… presque immédiat!

Lundi 29 février 2016. 23h30. Après avoir pris congé de Corentin, notre hôte dakarois avec qui nous avons passé 3 belles journées, nous prenons place dans un taxi direction l’aéroport Sédar Senghor où nous attend un vol direct pour Abidjan. Le départ prévu à 3h45 le mardi 1er mars est finalement reporté à 7h. Puis un représentant d’Arik Air nous informe à 5h qu’une navette vient d’arriver pour nous emmener à l’hôtel Ngor Diarama où une chambre et le petit déjeuner nous attendent. La même navette était censée revenir nous chercher vers 11h. Finalement on nous annonce que le déjeuner sera inclus puisque la navette a été reprogrammée à 19h (les problèmes techniques sur le vol semblant s’éterniser). À 19h, la blague continue: « C’est bon l’avion est à Accra. Pour votre confort, nous vous invitons à passer une nuit de plus à l’hôtel. Vous pourrez bien évidemment profiter du dîner et du petit déjeuner. Sachant que tout est réglé au niveau de l’avion, votre navette partira demain à 8h ».

Et puisque les blagues les plus courtes ne sont semblerait-il pas les meilleures… on nous signifie à 8h que le départ est remis à 13h30.

Il ne nous reste plus qu’à prendre notre mal en patience et profiter au maximum des infrastructures de l’hôtel pour se relaxer et enchaîner les heures de travail.

À 13h30… ou plutôt 13h50, la navette arrive. Et une fois arrivés à l’aéroport… Ô surprise… nous apprenons qu’Arik Air a affrété un Boeing 737 d’une capacité de 139 places… pour seulement 5 personnes. Je profite de ces quelques lignes pour tirer un grand coup de chapeau à la compagnie, qui, malgré les nombreux incidents qui se sont succédés, a parfaitement su gérer la crise, mettant toujours l’emphase sur le confort et la satisfaction du client. Bon, relativisons tout de même… nous n’étions pas pressés…;.)

Arrivés sur le tarmac, la chaleur humide et étouffante d’Abidjan nous pris par surprise. Le climat était bien différent. Et il ne nous faudra pas plus de 2 minutes pour nous rendre compte que le climat social l’était tout autant. Les gens sont souriants, sympathiques et respectueux. Et la soirée que nous passerons en compagnie de nos deux compères Olivia (avec qui j’ai étudié à Montréal) et Jean-Stéphane (son mari bien buena onda) ne fera que renforcer ce sentiment d’être tombé dans un monde totalement différent.

Au passage, nous adressons un grand MERCI à Olivia et Jean-Stéphane pour leur accueil princier! Ils nous ont vraiment enjaillés et se sont décarcassés pour nous faire découvrir un Abidjan bien différent de celui dépeint dans la médias. Une ville pleine d’opportunités (commerciales et sociales) où il fait bon vivre. Amis cadres européens et québécois… à bon entendeur…

Les 2 premiers jours de notre séjour abidjanais seront consacrés à la visite des principaux attraits touristiques de la ville. Nouveau petit coup de cœur au passage pour l’équipe de l’Office du Tourisme d’Abidjan. Trois femmes d’une gentillesse, d’un humour et d’un professionnalisme surprenants. Nous repartirons de là-bas 1 heure après notre arrivée, chargés de 2 t-shirts, un chapeau, un poster et une quantité d’informations précieuses pour la suite de notre périple ivoirien. (Voici les coordonnées de cet Office du Tourisme pas comme les autres: +225 20 25 16 00 – infos@cotedivoiretourisme.ci)

Revenons à notre parcours donc… Hôtel Ivoire, le Plateau (Cathédrale St Paul, Stade FHB, Place de la République, Boutique Orange… pour l’achat d’une puce (500 CFA)…), marché Cocody… mais surtout visite du Parc Naturel du Banco. Une forêt tropicale de 3400 hectares en plein cœur d’Abidjan! Même si nous n’avons pas eu la chance de tomber sur l’une des 11 familles de chimpanzés du Parc, ni sur un groupe de Mangoustes, nous avons passé d’excellents moments en compagnie de notre guide, Sébastien (numéro: +225 06 63 54 40). Visite que nous recommandons vivement! Après avoir cumulé plus de 20km de marche sur ces deux jours (dont un quart en tongues…;.)), il va sans dire que les apéros & dîners partagés avec Olivia et Jean-Stéphane en fin de journée tombaient à point nommé!

Nous consacrerons la journée de samedi à la découverte du village culturel de Ki-Yi Bock fondé il y a plus de 30 ans par Were Were Liking (villagekiyi@gmail.com), une artiste camerounaise internationalement reconnue, notamment pour son rôle dans Les Reines Mères. Après avoir passé en revu les activités du village en compagnie de Tia, un jeune danseur-marionnettiste de Man, dans l’Ouest du pays, nous sommes invités par celui-ci à la représentation spéciale offerte par leur troupe en soirée pour les acheteurs festivaliers d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Ouest. Une soirée magique! Coïncidence ou clin d’œil du destin, ce samedi 5 mars marque également le jour de notre rencontre, 6 ans plus tôt…

Dimanche, c’est plage avec les Kipré!!! Poulet braisé et poisson au lait de coco sur la route de Grand Bassam. Après s’être fait secoué par les vagues d’un Atlantique quelque peu virulent, nous rentrons au bercail. Petit arrêt sur le chemin à Port Bouet, et plus précisément sur la base du 43ème BIMa (Bataillon d’Infanterie de Marine) de l’Armée française. Pourquoi? Car mon père y fit son service militaire… il y a près de 35 ans maintenant!! Visite malheureusement interdite, mais comme le pater est un ancien de la maison, j’ai quand même le droit à une petite photo…;.)

Et voici une nouvelle semaine d’écoulée. Demain lundi, nous ferons le tour des ambassades afin de solliciter les visas nécessaires pour les 3 mois à venir (Ghana, Togo et Bénin), et mardi… départ pour Yamoussoukro!

Vol Arik de Dakar à Abidjan - un Boeing 737 pour nous 5! DSCN0922 DSCN0925 DSCN0932 DSCN0937 DSCN0945 DSCN0947 DSCN0975 DSCN0978 DSCN0988 DSCN0994 DSCN0967 DSCN0998P1050708 DSCN1008 P1050729 P1050735 P1050740 P1050747 P1050772 DSCN1015 DSCN1019

 

Sénégal… Je t’aime moi non plus!

10 jours. Il nous aura fallu 10 jours pour que le goût amer de nos premiers pas en sol sénégalais s’estompe. Ou du moins s’adoucisse considérablement. Pourquoi amer? Disons-le franchement, si le football et la lutte sénégalaise se partagent le titre de sport national, tous deux sont talonnés de près par « l’entubage de toubab ». Et je reste poli. Mais oui, être pris pour un portefeuille sur pattes a tendance à générer un peu d’agacement, voire d’énervement. Et la négativité appelant la négativité on se laisse facilement aller à un « le paysage n’a rien d’intéressant. Tout est plat et la végétation identique, de Dakar jusqu’à Tamba ». Est-ce vrai? Oui. Mais sans ce point de vue biaisé sans doute aurions-nous distingué certaines particularités voire même certains attraits. On se laisse facilement aller à un « tu as vu comme c’est sale ici? ». Est-ce vrai? Oui. Mais sans ce point de vue biaisé, sans doute aurions-nous poussé plus loin la réflexion afin de comprendre le pourquoi de cette pollution incroyable et aurions vu les efforts consentis par certains jeunes et certaines organisations pour faire de ces détritus une source de profits et d’emplois.

Mais tout cela, c’était avant Kédougou…

Toutefois, afin que la famille puisse suivre pas à pas nos aventures, voici quelques lignes retraçant, avec le moins de négativité possible, nos premiers jours en terre sénégalaise.

carte voyage Sénégal

Dès notre arrivée à l’aéroport de Dakar, première péripétie. Après avoir refusé l’entrée à Astrid lorsqu’elle sortit son passeport mexicain, il fallut d’âpres négociations, de longues heures et quelques francs CFA pour qu’ils la laisse entrer comme américaine. Après s’être renseignés, les citoyens américains peuvent entrer sur le territoire sans avoir à demander un visa au préalable. Tant pis. Nous n’avions qu’à être mieux informés. Nous ne pouvons ne nous en prendre qu’à nous!

Cette entrée en matière assez désagréable je le concède fut rapidement oubliée par l’accueil de Deme, notre CouchSurfer de Dakar qui, après nous avoir attendu près de 2 heures à l’aéroport, soudoyé un garde pour le laisser entrer dans la zone des « sans-visas », plaidé en notre faveur… nous reçut chez lui avec une gentillesse incroyable. Petite pièce de 6m2 que nous partagions tous les trois. Toilettes turques/douches à la bassine communes à l’ensemble du bâtiment. Les curiosités culturelles avaient pris le pas sur l’indigestion de l’institution corrompue. Et c’est tant mieux.

Le lendemain, visite de la ville et de la fameuse île de Gorée au programme. Les photos parlant d’elles-mêmes, je vous invite à consulter les quelques clichés ci-dessous. Et pour les adeptes d’histoire, vous pouvez cliquer ICI pour en savoir plus sur l’horrible passé de cette petite île. Les informations de Wikipédia étant sans doute plus précises que celles données par notre guide Moustapha, plus porté sur la boisson que sur l’histoire. Toujours est-il que nous passâmes une excellente journée en sa compagnie!

Le jour d’après, départ pour Niague et le fameux Lac Rose, bien connu pour être l’ultime étape du désormais feu Paris-Dakar. Nous comptions y rester une journée. Nous faillîmes y rester 2 heures. Nous y resterons finalement 4 jours. Tout aurait en effet pu tourner court à cause des trop nombreux vendeuses/guides qui t’abordent à chaque 20 mètres pour te vendre quelque chose dont tu n’as pas besoin à un prix défiant les limites du raisonnable. La manière douce ne marchait pas. La manière moins douce non plus. Nous étions sur le point de capituler. C’est à cet instant que nous trouvîmesrefuge au campement Toolbi. Ici nous rencontrerons Maguette, Abdou, Patrice et Alassane avec qui nous passerons d’excellents moments.

L’après-midi même, alors que je m’étais accordé quelques minutes de répit au cour d’une intense demi-journée de travail, j’échangeai quelques mots avec un « toubab », Patrice. En fin de journée nous partagions quelques bières (Flag pour lui, Gazelle pour moi). Et le lendemain, nous partagions une journée entière de visite à Touba, ville sainte du Sénégal, où se trouve la plus grande mosquée d’Afrique Noire. Là encore, corruption. Institutionnelle tout d’abord (police puis gendarmerie). Religieuse ensuite (la donation plutôt élevée à mon goût pour le service de guide censée aller remplir les caisses de la mosquée… s’est répartie entre les 3 principaux « gérants » de la mosquée et de la bibliothèque.) Là encore, l’amertume ressentie s’est vite atténuée par la gentillesse de Patrice, la gaieté d’Alassane et les commentaires historiques de Serigne.

De retour au Bercail Toolbi, nous passerons les jours restants à marcher aux alentours du lac et dans les rues de Niague. Nous accompagnerons Patrice et Alassane dans leur quête d’un mouton afin de célébrer le baptême du nouveau-né de ce dernier. Et nous abuserons de la gentillesse sans limites de Maguette qui passa des heures (pendant lesquelles je refaisais le monde avec Patrice) à faire d’Astrid la fille illégitime de Whoopi Goldberg et Sean Paul (comprenez : à lui faire des tresses) et qui lui offrit un somptueux boubou lui allant comme un gant.

Les adieux faits, nous prenons la route direction Kedougou.

Première étape : Niague-Kaolack en mini bus Mercedes 508D. Nous visitons rapidement la ville réputée pour son tissu de qualité et ses tailleurs expérimentés. Nous passons la soirée au brasero, petit bar restaurant tenu par un libanais fan de l’OM. Tant mieux, c’est jour de match…

Lendemain, départ pour Tambacounda, notre seconde étape. En bus cette fois. Nous nous installons à 8h, bien décidés à attendre que le bus se remplisse et qu’il prenne la route. Ce sera en effet chose faite…. Mais à 14h!!! Nous arriverons finalement à Tamba à la nuit tombée et ne pourrons que très peu profiter de la ville. Fort heureusement, nous rencontrons à notre auberge un groupe d’espagnols/argentins/gambiens bien sympathiques avec qui nous passerons une soirée des plus agréables.

16 février au matin. Dernière étape : Tamba-Kedougou. À la gare routière nous optons pour le dernier transport qui manquait à notre tableau de chasse. J’ai nommé : le fameux taxi 7 places. Une vielle Peugeot 504 break (ou 505 pour les chanceux) avec 3 rangées de sièges. 7 passagers. 1 chauffeur. Et 2980 tonnes de marchandises dans le coffre et sur le toit ;.). Nous arrivons à Kédougou à 15h. Après s’être installé dans une petite auberge, nous rencontrons Corentin, un nantais de 30 ans qui travaille dans une mine d’or à quelques km d’ici. Petite anecdote : Corentin connait, du moins de nom Alexia, ma cousine, avec laquelle il a partagé (à un an d’intervalle) le même cursus universitaire (Géologie à Orléans puis Montréal). Une telle coïncidence devant être dignement célébrée, nous trinquâmes dans le restaurant de l’auberge, mon œil traînant de temps en autre sur le tableau d’affichage de PSG-Chelsea.

17 février. Départ à 9h en compagnie de Souleymane, notre guide-taxi. Au programme, visite des chutes de Dindéfélo et du village bédik d’Iwole (après avoir littéralement grimpé 483m au dessus d’Ibel). Nous avons mangé de la piste. Nous en avons pris plein les yeux. Nous avons bien crapahuté. Et nous avons fait de très belles rencontres. De loin notre journée préférée en terre sénégalaise. Là encore, les photos parlent d’elles-mêmes. Ce fut véritablement merveilleux. Mais le plus beau, c’est qu’aujourd’hui, nous sommes enfin réconciliés avec le pays de la Téranga …

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